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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Le duc essuya son front mouill� d�une sueur glac�e, s�inclina sans r�pondre un seul mot et sortit du cabinet en chancelant, comme s�il e�t �t� atteint d�apoplexie foudroyante.

Sans le grand air qui frappa son visage, il f�t tomb� � la renverse.

Mais c��tait un homme d�une puissante volont�. Une fois dans la galerie, il reprit sa force, et, traversant, le front haut, la haie des courtisans, il rentra dans son appartement pour serrer et br�ler divers papiers.

Un quart d�heure apr�s, il quittait le ch�teau dans son carrosse.

La disgr�ce de M. de Choiseul fut un coup de foudre qui incendia la France.

Les parlements, soutenus, en effet, par la tol�rance du ministre, proclam�rent que l��tat venait de perdre sa plus ferme colonne. La noblesse tenait � lui comme � un des siens. Le clerg� s��tait senti m�nag� par cet homme, dont la dignit� personnelle, exag�r�e souvent jusqu�� l�orgueil, donnait un air de sacerdoce � ses fonctions minist�rielles.

Le parti encyclop�diste ou philosophe, fort nombreux d�j� et surtout tr�s fort, parce qu�il se recrutait chez les gens �clair�s, instruits et ergoteurs, poussa les hauts cris en voyant le gouvernement �chapper aux mains du ministre qui encensait Voltaire, pensionnait l�Encyclop�die, et conservait, en les d�veloppant dans un sens d�utilit�, les traditions de madame de Pompadour, M�c�ne femelle des gens du Mercure et de la philosophie.

Le peuple avait bien plus raison que tous les m�contents. Il se plaignait aussi, le peuple, et sans approfondir, mais, comme toujours, il touchait la grosse v�rit�, la plaie vive.

M. de Choiseul, au point de vue g�n�ral, �tait un mauvais ministre et un mauvais citoyen; mais, relativement, c��tait un parangon de vertu, de morale et de patriotisme. Quand le peuple, mourant de faim dans les campagnes, entendait parler des prodigalit�s de Sa Majest�, des caprices ruineux de madame du Barry, lorsqu�on lui envoyait directement des avis comme l�Homme aux quarante �cus, ou des conseils comme le Contrat social, occultement des r�v�lations comme les Nouvelles � la main et les Id�es singuli�res d�un bon citoyen, alors le peuple s��pouvantait de retomber aux mains impures de la favorite, moins respectable que la femme d�un charbonnier, avait dit Rousseau, aux mains des favoris de la favorite, et, fatigu� de tant de souffrances, s��tonnait de voir l�avenir plus noir que n�avait �t� le pass�.

Ce n��tait pas que le peuple, qui avait des antipathies, e�t des sympathies bien marqu�es. Il n�aimait pas les parlements, parce que les parlements, ses protecteurs naturels, l�avaient toujours abandonn� pour des questions oiseuses de pr�s�ance ou d�int�r�t �go�ste; parce que, mal �clair�s par le faux reflet de l�omnipotence royale, ces parlements s��taient imagin� �tre quelque chose comme une aristocratie entre la noblesse et le peuple.

Il n�aimait pas la noblesse par instinct et par souvenir. Il craignait l��p�e autant qu�il ha�ssait l��glise. Rien ne pouvait le toucher dans le renvoi de M. de Choiseul; mais il entendait les plaintes de la noblesse, du clerg�, du parlement, et ce bruit, ajout� � ses murmures, faisait un fracas qui l�enivrait.

La d�viation de ce sentiment fut du regret et une quasi-popularit� acquise au nom de M. de Choiseul.

Tout Paris, le mot peut ici se justifier par une preuve, accompagna jusqu�aux portes l�exil� partant pour Chanteloup.

Le peuple faisait la haie sur le passage des carrosses; les parlementaires et les gens de cour, qui n�avaient pu �tre re�us par le duc, emboss�rent leurs �quipages devant la haie du peuple pour le saluer au passage et recueillir son adieu.

Le plus �pais de la bagarre fut � la barri�re d�Enfer, qui est la route de Touraine. Il y eut l� une telle affluence de gens de pied, de cavaliers et de carrosses, que la circulation en fut interrompue pendant plusieurs heures.

Lorsque le duc r�ussit � franchir la barri�re, il se trouva escort� par plus de cent carrosses qui faisaient comme une aur�ole au sien.

Les acclamations et les soupirs le suivaient encore. Il eut trop d�esprit et de connaissance de la situation pour ne pas comprendre que tout ce bruit �tait moins du regret de sa personne que de l�appr�hension pour les inconnus qui surgiraient de ses ruines.

Une chaise de poste arrivait au galop sur la route encombr�e, et, sans un violent effort du postillon, les chevaux, blancs de poussi�re et d��cume, allaient se pr�cipiter dans l�attelage de M. de Choiseul.

Une t�te se pencha hors de cette chaise, comme aussi M. de Choiseul se pencha hors de son carrosse.

M. d�Aiguillon salua profond�ment le ministre d�chu, dont il venait briguer l�h�ritage. M. de Choiseul se rejeta dans la voiture: une seule seconde venait d�empoisonner les lauriers de sa d�faite.

Mais, au m�me moment, comme compensation sans doute, une voiture aux armes de France, qui passait conduite � huit chevaux sur l�embranchement de la route de S�vres � Saint-Cloud, et qui, soit hasard, soit effet de l�encombrement, ne traversait pas la grand-route, cette voiture royale croisa aussi le carrosse de M. de Choiseul.

La dauphine �tait sur le si�ge du fond avec sa dame d�honneur, madame de Noailles.

Sur le devant �tait mademoiselle Andr�e de Taverney.

M. de Choiseul, rouge de plaisir et de gloire, se pencha hors de la porti�re, en saluant profond�ment.

� Adieu, madame, dit-il d�une voix entrecoup�e.

� Au revoir, monsieur de Choiseul, r�pondit la dauphine avec un sourire imp�rial et le d�dain majestueux de toute �tiquette.

� Vive M. de Choiseul! cria une voix enthousiaste apr�s ces paroles de la dauphine.

Mademoiselle Andr�e se retourna vivement au son de cette voix.

� Gare! gare! cri�rent les �cuyers de la princesse en for�ant Gilbert, tout p�le et tout avide de voir, � se ranger le long des foss�s de la route.

C��tait, en effet, notre h�ros qui, dans un enthousiasme philosophique, avait cri�: �Vive M. de Choiseul!�

Chapitre 87. M. le duc d�Aiguillon

Autant l�on promenait � Paris et sur la route de Chanteloup de mines grima�antes et d�yeux rouges, autant � Luciennes on apportait de visages �panouis et de sourires charmants.

C�est qu�� Luciennes, cette fois, tr�nait, non plus une mortelle, la plus belle et la plus adorable de toutes les mortelles, comme disaient les courtisans et les po�tes, mais une v�ritable divinit� qui gouvernait la France.

Aussi, le soir du jour de la disgr�ce de M. de Choiseul, la route s�encombra-t-elle des m�mes �quipages qui avaient couru le matin derri�re le carrosse du ministre exil�; de plus, on y vit tous les partisans du chancelier, de la corruption et de la faveur, ce qui faisait un cort�ge imposant.

Mais madame du Barry avait sa police; Jean savait, � un baron pr�s, le nom de ceux qui avaient �t� jeter la derni�re fleur sur les Choiseul expir�s; il disait ces noms � la comtesse, et ceux-l� �taient exclus impitoyablement, tandis que le courage des autres contre l�opinion publique �tait r�compens� par le sourire protecteur et la vue compl�te de la divinit� du jour.

Apr�s la grande file des carrosses et les encombrements g�n�raux, eurent lieu les r�ceptions particuli�res. Richelieu, le h�ros de la journ�e, h�ros secret, il est vrai, et modeste surtout, vit passer le tourbillon des visiteurs et des solliciteurs, et occupa le dernier fauteuil du boudoir.

Dieu sait la joie et comme on se f�licita! � les serrements de main, les petits rires �touff�s, les tr�pignements enthousiastes semblaient �tre devenus le langage habituel des habitants de Luciennes.

� Il faut avouer, dit la comtesse, que le comte de Balsamo ou de F�nix, comme vous voudrez l�appeler, mar�chal, est le premier homme de ce temps-ci. Ce serait bien dommage vraiment qu�on fit br�ler encore les sorciers.

� Oui, comtesse, oui, c�est un bien grand homme, r�pondit Richelieu.

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