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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Allons donc, duc! s��cria la comtesse en riant aux �clats, vous voil� devant le sorcier. Y croyez-vous?

� Je suis stup�fait, comtesse. Mais alors, continua le duc s�adressant de nouveau � Balsamo� Mais alors, vous vous appelez�

� Oh! nous autres sorciers, monsieur le duc, vous le savez, nous changeons de nom � toutes les g�n�rations� et, en 1725, c��tait la mode des noms en us, en os et en as, et il ne m��tonnerait pas quand, � cette �poque, il m�aurait pris la fantaisie de troquer mon nom contre quelque nom grec ou latin� Ceci pos�, je suis � vos ordres, madame la comtesse, � vos ordres, monsieur le duc�

� Comte, nous venons vous consulter, le mar�chal et moi.

� C�est beaucoup d�honneur que vous me faites, madame, surtout si c�est naturellement que cette id�e vous est venue.

� Le plus naturellement du monde, comte; votre pr�diction me court par la t�te; seulement, je doute qu�elle se r�alise.

� Ne doutez jamais de ce que dit la science, madame.

� Oh! oh! fit Richelieu, c�est que notre couronne est bien aventur�e, comte� Il ne s�agit pas ici d�une blessure que l�on gu�rit avec trois gouttes d��lixir.

� Non, mais d�un ministre que l�on renverse avec trois paroles�, r�pliqua Balsamo. Eh bien! ai-je devin�? Dites, voyons.

� Parfaitement, dit la comtesse toute tremblante. En v�rit�, duc, que dites vous de tout cela?

� Oh! ne vous �tonnez pas pour si peu, madame, dit Balsamo, qui voit madame du Barry et Richelieu inquiets doit deviner pourquoi, sans sorcellerie.

� Aussi, ajouta le mar�chal, vous adorerai-je, si vous nous indiquez le rem�de.

� � la maladie qui vous travaille?

� Oui, nous avons le Choiseul.

� Et vous voudriez bien en �tre gu�ris.

� Oui, grand magicien, justement.

� Monsieur le comte, vous ne nous laisserez pas dans l�embarras, dit la comtesse; il y va de votre honneur.

� Je suis tout pr�t � vous servir de mon mieux, madame; cependant, je voudrais savoir si M. le duc n�avait pas d�avance quelque id�e arr�t�e en venant ici.

� Je l�avoue, monsieur le comte� Ma foi, c�est charmant d�avoir un sorcier que l�on peut appeler M. le comte: cela ne vous change pas de vos habitudes.

Balsamo sourit.

� Voyons, reprit-il, soyez franc.

� Sur l�honneur, je ne demande pas mieux, dit le duc.

� Vous aviez quelque consultation � me demander?

� C�est vrai.

� Ah! sournois, dit la comtesse; il ne m�en parlait pas.

� Je ne pouvais dire cela qu�� M. le comte, et dans le creux le plus secret de l�oreille encore, r�pondit le mar�chal.

� Pourquoi, duc?

� Parce que vous eussiez rougi, comtesse, jusqu�au blanc des yeux.

� Ah! par curiosit�, dites, mar�chal; j�ai du rouge, on n�en verra rien.

� Eh bien, dit Richelieu, voici ce � quoi j�ai pens�. Prenez garde, comtesse, je jette mon bonnet par-dessus les moulins.

� Jetez, duc, je vous le renverrai.

� Oh! c�est que vous m�allez battre tout � l�heure, si je dis ce que je veux dire.

� Vous n��tes pas accoutum� � �tre battu, monsieur le duc, dit Balsamo au vieux mar�chal enchant� du compliment.

� Eh bien, donc, reprit-il, voici: n�en d�plaise � madame, � Sa Majest� Comment vais-je dire cela?

� Qu�il est mortel de lenteurs! s��cria la comtesse.

� Vous le voulez donc?

� Oui.

� Absolument?

� Mais oui, cent fois oui.

� Alors, je me risque. C�est une chose triste � dire, monsieur le comte, mais Sa Majest� n�est plus amusable. Le mot n�est pas de moi, comtesse, il est de madame de Maintenon.

� Il n�y a rien l� qui me blesse, duc, dit madame du Barry.

� Tant mieux mille fois, alors je serai � mon aise. Eh bien, il faudrait que M. le comte, qui trouve de si pr�cieux �lixirs�

� En trouv�t un, dit Balsamo, qui rend�t au roi la facult� d��tre amus�.

� Justement.

� Eh! monsieur le duc, c�est l� un enfantillage, l�a b c du m�tier. Le premier charlatan trouvera un philtre.

� Dont la vertu, continua le duc, sera mise sur le compte du m�rite de madame?

� Duc! s��cria la comtesse.

� Eh! je le savais bien, que vous vous f�cheriez; mais c�est vous qui l�avez voulu.

� Monsieur le duc, r�pliqua Balsamo, vous avez eu raison: voici madame la comtesse qui rougit. Mais, tout � l�heure nous le disions, il ne s�agit pas de blessure ici, non plus que d�amour. Ce n�est pas avec un philtre que vous d�barrasserez la France de M. de Choiseul. En effet, le roi aim�t-il madame dix fois plus qu�il ne le fait, et c�est impossible, M. de Choiseul conserverait sur son esprit le prestige et l�influence que madame exerce sur le c�ur.

� C�est vrai, dit le mar�chal. Mais c��tait notre seule ressource.

� Vous croyez?

� Dame! trouvez-en une autre.

� Oh! je crois la chose facile.

� Facile, entendez-vous, comtesse? Ces sorciers ne doutent de rien.

� Pourquoi douter, quand il s�agit tout simplement de prouver au roi que M. de Choiseul le trahit? � au point de vue du roi, bien entendu, car M. de Choiseul ne croit pas trahir en faisant ce qu�il fait.

� Et que fait-il?

� Vous le savez aussi bien que moi, comtesse; il soutient la r�volte du parlement contre l�autorit� royale.

� Certainement; mais il faudrait savoir par quel moyen.

� Par le moyen d�agents qui les encouragent en leur promettant l�impunit�.

� Quels sont ces agents? Voil� ce qu�il faudrait savoir.

� Croyez-vous, par exemple, que madame de Grammont soit partie pour autre chose que pour exalter les chauds et �touffer les timides?

� Certainement qu�elle n�est point partie pour autre chose, s��cria la comtesse.

� Oui; mais le roi ne voit dans ce d�part qu�un simple exil.

� C�est vrai.

� Comment lui prouver qu�il y a dans ce d�part autre chose que ce qu�on veut y laisser voir?

� En accusant madame de Grammont.

� Ah! s�il ne s�agissait que d�accuser, comte!� dit le mar�chal.

� Il s�agit malheureusement de prouver l�accusation, dit la comtesse.

� Et si cette accusation �tait prouv�e, bien prouv�e, croyez-vous que M. de Choiseul resterait ministre?

� Assur�ment non! s��cria la comtesse.

� Il ne s�agit donc que de prouver une trahison de M. de Choiseul, poursuivit Balsamo avec assurance, et de la faire surgir claire, pr�cise et palpable aux yeux de Sa Majest�.

Le mar�chal se renversa dans son fauteuil en riant aux �clats.

� Il est charmant! s��cria-t-il; il ne doute de rien! Trouver M. de Choiseul en flagrant d�lit de trahison!� voil� tout!� pas davantage!

Balsamo demeura impassible et attendit que l�acc�s d�hilarit� du mar�chal f�t bien pass�.

� Voyons, dit alors Balsamo, parlons s�rieusement et r�capitulons.

� Soit.

� M. de Choiseul n�est-il pas soup�onn� de soutenir la r�bellion du parlement?

� C�est convenu; mais la preuve?

� M. de Choiseul ne passe-t-il pas, continua Balsamo, pour m�nager une guerre avec l�Angleterre, afin de se conserver un r�le d�homme indispensable?

� On le croit; mais la preuve?�

� Enfin, M. de Choiseul n�est-il pas l�ennemi d�clar� de madame la comtesse que voici et ne cherche-t-il pas par tous les moyens possibles � la renverser du tr�ne que je lui ai promis?

� Ah! pour cela, c�est bien vrai, dit la comtesse; mais encore faudrait-il le prouver� Oh! si je le pouvais!

� Que faut-il pour cela? Une mis�re.

Le mar�chal se mit � souffler sur ses ongles.

� Oui, une mis�re, dit-il ironiquement.

� Une lettre confidentielle, par exemple, dit Balsamo.

� Voil� tout� peu de chose.

� Une lettre de madame de Grammont, n�est-ce pas, monsieur le mar�chal? continua le comte.

� Sorcier, mon bon sorcier, trouvez-en donc une! s��cria madame du Barry. Voil� cinq ans que j�y t�che, moi; j�y ai d�pens� cent mille livres par an, et je ne l�ai jamais pu.

� Parce que vous ne vous �tes pas adress�e � moi, madame, dit Balsamo.

� Comment cela? fit la comtesse.

� Sans doute, si vous vous fussiez adress�e � moi�

� Eh bien?

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