Joseph Balsamo. Tome III
- Автор: Дюма Александр
- Серия: Les Mémoires d’un médecin #3
- Язык: французский
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:
� Allons donc, duc! s��cria la comtesse en riant aux �clats, vous voil� devant le sorcier. Y croyez-vous?
� Je suis stup�fait, comtesse. Mais alors, continua le duc s�adressant de nouveau � Balsamo� Mais alors, vous vous appelez�
� Oh! nous autres sorciers, monsieur le duc, vous le savez, nous changeons de nom � toutes les g�n�rations� et, en 1725, c��tait la mode des noms en us, en os et en as, et il ne m��tonnerait pas quand, � cette �poque, il m�aurait pris la fantaisie de troquer mon nom contre quelque nom grec ou latin� Ceci pos�, je suis � vos ordres, madame la comtesse, � vos ordres, monsieur le duc�
� Comte, nous venons vous consulter, le mar�chal et moi.
� C�est beaucoup d�honneur que vous me faites, madame, surtout si c�est naturellement que cette id�e vous est venue.
� Le plus naturellement du monde, comte; votre pr�diction me court par la t�te; seulement, je doute qu�elle se r�alise.
� Ne doutez jamais de ce que dit la science, madame.
� Oh! oh! fit Richelieu, c�est que notre couronne est bien aventur�e, comte� Il ne s�agit pas ici d�une blessure que l�on gu�rit avec trois gouttes d��lixir.
� Non, mais d�un ministre que l�on renverse avec trois paroles�, r�pliqua Balsamo. Eh bien! ai-je devin�? Dites, voyons.
� Parfaitement, dit la comtesse toute tremblante. En v�rit�, duc, que dites vous de tout cela?
� Oh! ne vous �tonnez pas pour si peu, madame, dit Balsamo, qui voit madame du Barry et Richelieu inquiets doit deviner pourquoi, sans sorcellerie.
� Aussi, ajouta le mar�chal, vous adorerai-je, si vous nous indiquez le rem�de.
� � la maladie qui vous travaille?
� Oui, nous avons le Choiseul.
� Et vous voudriez bien en �tre gu�ris.
� Oui, grand magicien, justement.
� Monsieur le comte, vous ne nous laisserez pas dans l�embarras, dit la comtesse; il y va de votre honneur.
� Je suis tout pr�t � vous servir de mon mieux, madame; cependant, je voudrais savoir si M. le duc n�avait pas d�avance quelque id�e arr�t�e en venant ici.
� Je l�avoue, monsieur le comte� Ma foi, c�est charmant d�avoir un sorcier que l�on peut appeler M. le comte: cela ne vous change pas de vos habitudes.
Balsamo sourit.
� Voyons, reprit-il, soyez franc.
� Sur l�honneur, je ne demande pas mieux, dit le duc.
� Vous aviez quelque consultation � me demander?
� C�est vrai.
� Ah! sournois, dit la comtesse; il ne m�en parlait pas.
� Je ne pouvais dire cela qu�� M. le comte, et dans le creux le plus secret de l�oreille encore, r�pondit le mar�chal.
� Pourquoi, duc?
� Parce que vous eussiez rougi, comtesse, jusqu�au blanc des yeux.
� Ah! par curiosit�, dites, mar�chal; j�ai du rouge, on n�en verra rien.
� Eh bien, dit Richelieu, voici ce � quoi j�ai pens�. Prenez garde, comtesse, je jette mon bonnet par-dessus les moulins.
� Jetez, duc, je vous le renverrai.
� Oh! c�est que vous m�allez battre tout � l�heure, si je dis ce que je veux dire.
� Vous n��tes pas accoutum� � �tre battu, monsieur le duc, dit Balsamo au vieux mar�chal enchant� du compliment.
� Eh bien, donc, reprit-il, voici: n�en d�plaise � madame, � Sa Majest� Comment vais-je dire cela?
� Qu�il est mortel de lenteurs! s��cria la comtesse.
� Vous le voulez donc?
� Oui.
� Absolument?
� Mais oui, cent fois oui.
� Alors, je me risque. C�est une chose triste � dire, monsieur le comte, mais Sa Majest� n�est plus amusable. Le mot n�est pas de moi, comtesse, il est de madame de Maintenon.
� Il n�y a rien l� qui me blesse, duc, dit madame du Barry.
� Tant mieux mille fois, alors je serai � mon aise. Eh bien, il faudrait que M. le comte, qui trouve de si pr�cieux �lixirs�
� En trouv�t un, dit Balsamo, qui rend�t au roi la facult� d��tre amus�.
� Justement.
� Eh! monsieur le duc, c�est l� un enfantillage, l�a b c du m�tier. Le premier charlatan trouvera un philtre.
� Dont la vertu, continua le duc, sera mise sur le compte du m�rite de madame?
� Duc! s��cria la comtesse.
� Eh! je le savais bien, que vous vous f�cheriez; mais c�est vous qui l�avez voulu.
� Monsieur le duc, r�pliqua Balsamo, vous avez eu raison: voici madame la comtesse qui rougit. Mais, tout � l�heure nous le disions, il ne s�agit pas de blessure ici, non plus que d�amour. Ce n�est pas avec un philtre que vous d�barrasserez la France de M. de Choiseul. En effet, le roi aim�t-il madame dix fois plus qu�il ne le fait, et c�est impossible, M. de Choiseul conserverait sur son esprit le prestige et l�influence que madame exerce sur le c�ur.
� C�est vrai, dit le mar�chal. Mais c��tait notre seule ressource.
� Vous croyez?
� Dame! trouvez-en une autre.
� Oh! je crois la chose facile.
� Facile, entendez-vous, comtesse? Ces sorciers ne doutent de rien.
� Pourquoi douter, quand il s�agit tout simplement de prouver au roi que M. de Choiseul le trahit? � au point de vue du roi, bien entendu, car M. de Choiseul ne croit pas trahir en faisant ce qu�il fait.
� Et que fait-il?
� Vous le savez aussi bien que moi, comtesse; il soutient la r�volte du parlement contre l�autorit� royale.
� Certainement; mais il faudrait savoir par quel moyen.
� Par le moyen d�agents qui les encouragent en leur promettant l�impunit�.
� Quels sont ces agents? Voil� ce qu�il faudrait savoir.
� Croyez-vous, par exemple, que madame de Grammont soit partie pour autre chose que pour exalter les chauds et �touffer les timides?
� Certainement qu�elle n�est point partie pour autre chose, s��cria la comtesse.
� Oui; mais le roi ne voit dans ce d�part qu�un simple exil.
� C�est vrai.
� Comment lui prouver qu�il y a dans ce d�part autre chose que ce qu�on veut y laisser voir?
� En accusant madame de Grammont.
� Ah! s�il ne s�agissait que d�accuser, comte!� dit le mar�chal.
� Il s�agit malheureusement de prouver l�accusation, dit la comtesse.
� Et si cette accusation �tait prouv�e, bien prouv�e, croyez-vous que M. de Choiseul resterait ministre?
� Assur�ment non! s��cria la comtesse.
� Il ne s�agit donc que de prouver une trahison de M. de Choiseul, poursuivit Balsamo avec assurance, et de la faire surgir claire, pr�cise et palpable aux yeux de Sa Majest�.
Le mar�chal se renversa dans son fauteuil en riant aux �clats.
� Il est charmant! s��cria-t-il; il ne doute de rien! Trouver M. de Choiseul en flagrant d�lit de trahison!� voil� tout!� pas davantage!
Balsamo demeura impassible et attendit que l�acc�s d�hilarit� du mar�chal f�t bien pass�.
� Voyons, dit alors Balsamo, parlons s�rieusement et r�capitulons.
� Soit.
� M. de Choiseul n�est-il pas soup�onn� de soutenir la r�bellion du parlement?
� C�est convenu; mais la preuve?
� M. de Choiseul ne passe-t-il pas, continua Balsamo, pour m�nager une guerre avec l�Angleterre, afin de se conserver un r�le d�homme indispensable?
� On le croit; mais la preuve?�
� Enfin, M. de Choiseul n�est-il pas l�ennemi d�clar� de madame la comtesse que voici et ne cherche-t-il pas par tous les moyens possibles � la renverser du tr�ne que je lui ai promis?
� Ah! pour cela, c�est bien vrai, dit la comtesse; mais encore faudrait-il le prouver� Oh! si je le pouvais!
� Que faut-il pour cela? Une mis�re.
Le mar�chal se mit � souffler sur ses ongles.
� Oui, une mis�re, dit-il ironiquement.
� Une lettre confidentielle, par exemple, dit Balsamo.
� Voil� tout� peu de chose.
� Une lettre de madame de Grammont, n�est-ce pas, monsieur le mar�chal? continua le comte.
� Sorcier, mon bon sorcier, trouvez-en donc une! s��cria madame du Barry. Voil� cinq ans que j�y t�che, moi; j�y ai d�pens� cent mille livres par an, et je ne l�ai jamais pu.
� Parce que vous ne vous �tes pas adress�e � moi, madame, dit Balsamo.
� Comment cela? fit la comtesse.
� Sans doute, si vous vous fussiez adress�e � moi�
� Eh bien?