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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Balsamo sourit.

� Eh! comtesse, s��cria le mar�chal, ce serait plut�t � vous de demander un million au comte. L�homme qui sait ce qu�il sait, et surtout qui voit ce qu�il voit, ne d�couvre-t-il pas l�or et les diamants dans les entrailles de la terre, comme il d�couvre la pens�e dans le c�ur des hommes?

� Alors, comte, dit la comtesse, je me prosterne dans mon impuissance.

� Non, comtesse, un jour vous vous acquitterez envers moi. Je vous en donnerai l�occasion.

� Comte, dit le duc � Balsamo, je suis subjugu�, vaincu, �cras�! Je crois.

� Comme saint Thomas a cru, n�est-ce pas, monsieur le duc? Cela ne s�appelle pas croire, cela s�appelle voir.

� Appelez la chose comme vous voudrez; mais je fais amende honorable, et, quand on me parlera d�sormais de sorciers, eh bien, je saurai ce que j�ai � dire.

Balsamo sourit.

� Maintenant, madame, dit-il � la comtesse, voulez-vous permettre une chose?

� Dites.

� Mon esprit est fatigu�: laissez-moi lui rendre sa libert� par une formule magique.

� Faites, monsieur.

� Lorenza, dit Balsamo en arabe, merci; je t�aime; retourne � ta chambre par le m�me chemin que tu as pris en venant, et attends-moi. Va, ma bien aim�e!

� Je suis bien fatigu�e, r�pondit en italien la voix, plus douce encore que pendant l��vocation; d�p�che-toi, Acharat.

� J�y vais.

Et l�on entendit avec le m�me fr�lement les pas s��loigner.

Puis Balsamo, apr�s quelques minutes pendant lesquelles il se convainquit du d�part de Lorenza, salua profond�ment, mais avec une dignit� majestueuse, les deux visiteurs, qui effar�s tous deux, tous deux absorb�s par le flot de tumultueuses pens�es qui les envahissait, regagn�rent leur fiacre plut�t comme des gens ivres que comme des �tres dou�s de raison.

Chapitre 86. Disgr�ce

Le lendemain, onze heures sonnaient � la grande horloge de Versailles, quand le roi Louis XV, sortant de son appartement, traversa la galerie voisine de sa chambre, et appela d�une voix haute et s�che:

� Monsieur de la Vrilli�re!

Le roi �tait p�le et semblait agit�; plus il prenait de soin pour cacher cette pr�occupation, plus cela �clatait dans l�embarras de son regard et dans la tension des muscles ordinairement impassibles de son visage.

Un silence glac� s��tablit aussit�t dans les rangs des courtisans, parmi lesquels on remarquait M. le duc de Richelieu et le vicomte Jean du Barry, tous deux calmes et affectant l�indiff�rence et l�ignorance.

Le duc de la Vrilli�re s�approcha et prit des mains du roi une lettre de cachet que Sa Majest� lui tendait.

� M. le duc de Choiseul est-il � Versailles? demanda le roi.

� Sire, depuis hier; il est revenu de Paris � deux heures de l�apr�s-midi.

� Est-il � son h�tel? est-il au ch�teau?

� Il est au ch�teau, sire.

� Bien, dit le roi; portez-lui cet ordre, duc.

Un long fr�missement courut dans les rangs des spectateurs, qui se courb�rent tous en chuchotant comme les �pis sous le souffle du vent d�orage.

Le roi, fron�ant le sourcil, comme s�il voulait ajouter par la terreur � l�effet de cette sc�ne, rentra fi�rement dans son cabinet, suivi de son capitaine des gardes et du commandant des chevau-l�gers.

Tous les regards suivirent M. de la Vrilli�re, qui, inquiet lui-m�me de la d�marche qu�il allait faire, traversait lentement la cour du ch�teau et se rendait � l�appartement de M. de Choiseul.

Pendant ce temps, toutes les conversations �clataient, mena�antes ou timides, autour du vieux mar�chal, qui faisait l��tonn� plus que les autres, mais dont, gr�ce � certain sourire pr�cieux, nul n��tait dupe.

M. de la Vrilli�re revint et fut entour� aussit�t.

� Eh bien? lui dit-on.

� Eh bien, c��tait un ordre d�exil.

� D�exil?

� Oui, en bonne forme.

� Vous l�avez lu, duc?

� Je l�ai lu.

� Positif?

� Jugez-en.

Et le duc de la Vrilli�re pronon�a les paroles suivantes, qu�il avait retenues avec cette m�moire implacable qui constitue les courtisans:

�Mon cousin, le m�contentement que me causent vos services me force � vous exiler � Chanteloup, o� vous vous rendrez dans les vingt-quatre heures. Je vous aurais envoy� plus loin si ce n��tait l�estime particuli�re que j�ai pour madame de Choiseul, dont la sant� m�est fort int�ressante. Prenez garde que votre conduite ne me fasse prendre un autre parti.�

Un long murmure courut dans le groupe qui enveloppait M. le duc de la Vrilli�re.

� Et que vous a-t-il r�pondu, monsieur de Saint-Florentin? demanda Richelieu affectant de ne donner au duc ni son nouveau titre ni son nouveau nom.

� Il m�a r�pondu: �Monsieur le duc, je suis persuad� de tout le plaisir que vous avez � m�apporter cette lettre.�

� C��tait dur, mon pauvre duc, fit Jean.

� Que voulez-vous, monsieur le vicomte! On ne re�oit pas une pareille tuile sur la t�te sans crier un peu.

� Et que va-t-il faire? savez-vous? demanda Richelieu.

� Mais, selon toute probabilit�, il va ob�ir.

� Hum! fit le mar�chal.

� Voici le duc! s��cria Jean, qui faisait sentinelle pr�s de la fen�tre.

� Il vient ici! s��cria le duc de la Vrilli�re.

� Quand je vous le disais, monsieur de Saint-Florentin.

� Il traverse la cour, continua Jean.

� Seul?

� Absolument seul, son portefeuille sous le bras.

� Ah! mon Dieu! murmura Richelieu, est-ce que la sc�ne d�hier va recommencer?

� Ne m�en parlez pas, j�en ai le frisson, r�pondit Jean.

Il n�avait pas achev�, que le duc de Choiseul, la t�te haute, le regard assur�, parut � l�entr�e de la galerie, foudroyant d�un coup d��il clair et calme tous ses ennemis ou ceux qui allaient se d�clarer tels en cas de disgr�ce.

Nul ne s�attendait � cette d�marche apr�s ce qui venait de se passer; nul ne s�y opposa donc.

� �tes-vous s�r d�avoir bien lu, duc? demanda Jean.

� Parbleu!

� Et il revient apr�s une lettre comme celle que vous nous avez dite?

� Je n�y comprends plus rien, sur ma parole d�honneur!

� Mais le roi va le faire jeter � la Bastille!

� Ce sera un scandale �pouvantable!

� Je le plaindrais presque.

� Ah! le voil� qui entre chez le roi. C�est inou�.

En effet le duc, sans faire attention � l�esp�ce de r�sistance que lui opposait l�huissier � la figure toute stup�faite, p�n�tra jusque dans le cabinet du roi, qui poussa, en le voyant, une exclamation de surprise.

Le duc tenait � la main sa lettre de cachet; il la montra au roi avec un visage presque souriant.

� Sire, dit-il, ainsi que Votre Majest� voulut bien m�en avertir hier, j�ai re�u tout � l�heure une nouvelle lettre.

� Oui, monsieur, r�pliqua le roi.

� Et, comme Votre Majest� eut la bont� de me dire hier de ne jamais regarder comme s�rieuse une lettre qui ne serait pas ratifi�e par la parole expresse du roi, je viens demander l�explication.

� Elle sera courte, monsieur le duc, r�pondit le roi. Aujourd�hui, la lettre est valable.

� Valable! dit le duc, une lettre aussi offensante pour un serviteur aussi d�vou�

� Un serviteur d�vou�, monsieur, ne fait pas jouer � son ma�tre un r�le ridicule.

� Sire, dit le ministre avec hauteur, je croyais �tre n� assez pr�s du tr�ne pour en comprendre la majest�.

� Monsieur, repartit le roi d�une voix br�ve, je ne veux pas vous faire languir. Hier au soir, dans le cabinet de votre h�tel, � Versailles, vous avez re�u un courrier de madame de Grammont.

� C�est vrai, sire.

� Il vous a remis une lettre.

� Est-il d�fendu, sire, � un fr�re et � une s�ur de correspondre?

� Attendez, s�il vous pla�t� Je sais le contenu de cette lettre�

� Oh! sire!

� Le voici� j�ai pris la peine de la transcrire de ma main.

Et le roi tendit au duc une copie exacte de la lettre qu�il avait re�ue.

� Sire!�

� Ne niez pas, monsieur le duc; vous avez serr� cette lettre en un coffret de fer plac� dans la ruelle de votre lit.

Le duc devint p�le comme un spectre.

� Ce n�est pas tout, continua impitoyablement le roi, vous avez r�pondu � madame de Grammont. Cette lettre, j�en sais le contenu �galement. Cette lettre, elle est l�, dans votre portefeuille, et n�attend pour partir qu�un post-scriptum, que vous devez ajouter en me quittant. Vous voyez que je suis instruit, n�est-ce pas?

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