Joseph Balsamo. Tome III
- Автор: Дюма Александр
- Серия: Les Mémoires d’un médecin #3
- Язык: французский
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:
� Je demande, monsieur, � entrer dans un couvent; � y vivre ignor�e, ensevelie. Je demande � ce que ce couvent devienne une tombe, mais que ma tombe ne soit jamais viol�e par qui que ce soit au monde.
� Ah! dit le magistrat, ce n�est pas d�une exigence bien grande. Vous aurez le couvent; parlez.
� Ainsi, j�ai votre parole, monsieur?
� Je crois vous l�avoir donn�e, ce me semble.
� Alors, dit Lorenza, prenez ce coffret; il renferme des myst�res qui vous feront trembler pour la s�ret� du roi et du royaume.
� Ces myst�res, vous les connaissez donc?
� Superficiellement; mais je sais qu�ils existent.
� Et qu�ils sont importants?
� Qu�ils sont terribles.
� Des myst�res politiques, dites-vous?
� N�avez-vous jamais entendu dire qu�il existait une soci�t� secr�te?
� Ah! celle des ma�ons?
� Celle des invisibles.
� Oui; mais je n�y crois pas.
� Quand vous aurez ouvert ce coffret, vous y croirez.
� Ah! s��cria M. de Sartine vivement, voyons.
Et il prit le coffret des mains de Lorenza.
Mais tout � coup, ayant r�fl�chi, il le posa sur le bureau.
� Non, dit-il avec d�fiance, ouvrez le coffret vous-m�me.
� Mais, moi, je n�en ai point la clef.
� Comment n�en avez-vous point la clef? Vous m�apportez un coffret qui renferme le repos d�un royaume et vous en oubliez la clef!
� Est-il donc si difficile d�ouvrir une serrure?
� Non, quand on la conna�t.
Puis, apr�s un instant:
� Nous avons ici, continua-t-il, des clefs pour toutes les serrures; on va vous en donner un trousseau � il regarda fixement Lorenza � et vous ouvrirez vous-m�me, continua-t-il.
� Donnez, dit simplement Lorenza.
M. de Sartine tendit � la jeune femme un trousseau de petites clefs ayant toutes les formes.
Elle le prit.
M. de Sartine toucha sa main, elle �tait froide comme une main de marbre.
� Mais, dit-il, pourquoi n�avez-vous pas apport� la clef du coffre?
� Parce que le ma�tre du coffre ne s�en s�pare jamais.
� Et le ma�tre du coffre, cet homme plus puissant qu�un roi, quel est-il?
� Ce qu�il est, personne ne peut le dire; le temps qu�il a v�cu, l��ternit� seul le sait; les faits qu�il accomplit, nul ne les voit que Dieu.
� Mais son nom, son nom?
� Je l�en ai vu changer dix fois, de nom.
� Enfin, celui sous lequel vous le connaissez, vous?
� Acharat.
� Et il demeure?
� Rue Saint�
Tout � coup, Lorenza tressaillit, frissonna, laissa tomber le coffret qu�elle tenait d�une main et les clefs qu�elle tenait de l�autre; elle fit un effort pour r�pondre, sa bouche se tordit dans une convulsion douloureuse; elle porta ses deux mains � sa gorge, comme si les mots pr�s de sortir l�eussent �trangl�e; puis, levant au ciel ses deux bras tremblants, sans avoir pu articuler un son, elle tomba de sa hauteur sur le tapis du cabinet.
� Pauvre petite! murmura M. de Sartine; que diable lui arrive-t-il donc? C�est qu�elle est vraiment fort jolie. Allons, allons, il y a de l�amour jaloux dans cette vengeance-l�!
Il sonna aussit�t et releva lui-m�me la jeune femme qui, les yeux �tonn�s, les l�vres immobiles, semblait morte et d�j� d�tach�e de ce monde.
Deux valets entr�rent.
� Enlevez avec pr�caution cette jeune dame, dit le lieutenant de police, et portez-la dans la chambre voisine. Tachez qu�elle reprenne ses sens; surtout pas de violence. Allez.
Les valets ob�issants emport�rent Lorenza.