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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Je vous eusse tir�e d�embarras.

� Vous?

� Oui, moi.

� Comte, est-il trop tard?

Le comte sourit.

� Jamais.

� Oh! mon cher comte�, dit madame du Barry en joignant les mains.

� Donc, vous voulez une lettre?

� Oui.

� De madame de Grammont?

� Si c�est possible.

� Qui compromette M. de Choiseul sur les trois points que j�ai dits.

� C�est-�-dire que je donnerais� un de mes yeux pour l�avoir.

� Oh! comtesse, ce serait trop cher; d�autant plus que cette lettre�

� Cette lettre?

� Je vous la donnerai pour rien, moi.

Et Balsamo tira de sa poche un papier pli� en quatre.

� Qu�est cela? demanda la comtesse d�vorant le papier des yeux.

� Oui, qu�est cela? interrogea le duc.

� La lettre que vous d�sirez.

Et le comte, au milieu du plus profond silence, lut aux deux auditeurs �merveill�s la lettre que nos lecteurs connaissent d�j�.

Au fur et � mesure qu�il lisait, la comtesse ouvrait de grands yeux et commen�ait � perdre contenance.

� C�est une calomnie, diable! prenons garde! murmura Richelieu, quand Balsamo eut achev�.

� C�est, monsieur le duc, la copie, pure, simple et litt�rale, d�une lettre de madame la duchesse de Grammont, qu�un courrier exp�di� ce matin de Rouen est en train de porter � M. le duc de Choiseul, � Versailles.

� Oh! mon Dieu! s��cria le mar�chal, dites-vous vrai, monsieur Balsamo?

� Je dis toujours vrai, monsieur le mar�chal.

� La duchesse aurait �crit une semblable lettre?

� Oui, monsieur le mar�chal.

� Elle aurait eu cette imprudence?

� C�est incroyable, je l�avoue; mais cela est.

Le vieux duc regarda la comtesse, qui n�avait plus la force d�articuler un seul mot.

� Eh bien, dit-elle enfin, je suis comme le duc, j�ai peine � croire, pardonnez-moi, monsieur le comte, que madame de Grammont, une femme de t�te, ait compromis toute sa position et celle de son fr�re par une lettre de cette force� D�ailleurs� pour conna�tre une semblable lettre, il faut l�avoir lue.

� Et puis, se h�ta de dire le mar�chal, si M. le comte avait lu cette lettre, il l�aurait gard�e: c�est un tr�sor pr�cieux.

Balsamo secoua doucement la t�te.

� Oh! monsieur, dit-il, ce moyen est bon pour ceux qui d�cach�tent les lettres afin de conna�tre des secrets� et non pour ceux qui, comme moi, lisent � travers les enveloppes� Fi donc!� Quel int�r�t, d�ailleurs, aurais-je, moi, � perdre M. de Choiseul et madame de Grammont? Vous venez me consulter� en amis, je suppose; je vous r�ponds de m�me. Vous d�sirez que je vous rende un service, je vous le rends. Vous ne venez pas, j�imagine, me proposer le prix de ma consultation comme aux devineurs du quai de la Ferraille?

� Oh! comte, fit madame du Barry.

� Eh bien, je vous donne un conseil et vous ne me paraissez pas le comprendre. Vous m�annoncez le d�sir de renverser M. de Choiseul, et vous en cherchez les moyens; je vous en cite un, vous l�approuvez; je vous le mets en main, vous n�y croyez pas!

� C�est que� c�est que� comte, �coutez donc�

� La lettre existe, vous dis-je, puisque j�en ai la copie.

� Mais enfin, qui vous a averti, monsieur le comte? s��cria Richelieu.

� Ah! voil� le grand mot� qui m�a averti? En une minute, vous voulez en savoir aussi long que moi, le travailleur, le savant, l�adepte, qui ai v�cu trois mille sept cents ans.

� Oh! oh! dit Richelieu avec d�couragement, vous allez me g�ter la bonne opinion que j�avais de vous, comte.

� Je ne vous prie pas de me croire, monsieur le duc, et ce n�est pas moi qui ai �t� vous chercher � la chasse du roi.

� Duc, il a raison, dit la comtesse. Monsieur de Balsamo, je vous en supplie, pas d�impatience.

� Jamais celui qui a le temps ne s�impatiente, madame.

� Soyez assez bon� joignez cette faveur � toutes celles que vous m�avez faites, pour me dire comment vous avez la r�v�lation de pareils secrets?

� Je n�h�siterai pas, madame, dit Balsamo aussi lentement que s�il cherchait mot � mot sa r�ponse; cette r�v�lation m�est faite par une voix.

� Par une voix! s��cri�rent ensemble le duc et la comtesse; une voix qui vous dit tout?

� Tout ce que je d�sire savoir, oui.

� C�est une voix qui vous a dit ce que madame de Grammont avait �crit � son fr�re?

� Je vous affirme, madame, que c�est une voix qui me l�a dit.

� C�est miraculeux!

� Mais vous n�y croyez pas.

� Eh bien, non, comte, dit le duc; comment voulez-vous donc que l�on croie � de pareilles choses?

� Mais y croiriez-vous, si je vous disais ce que fait � cette heure le courrier qui porte la lettre de M. de Choiseul?

� Dame! r�pliqua la comtesse.

� Moi, s��cria le duc, j�y croirais si j�entendais la voix� Mais MM. les n�cromanciens ou les magiciens ont ce privil�ge que, seuls, ils voient et entendent le surnaturel.

Balsamo attacha les yeux sur M. de Richelieu avec une expression singuli�re, qui fit passer un frisson dans les veines de la comtesse et d�termina, chez le sceptique �go�ste qu�on appelait le duc de Richelieu, un l�ger froid � la nuque et au c�ur.

� Oui, dit-il apr�s un long silence, seul je vois et j�entends les objets et les �tres surnaturels; mais quand je me trouve avec des gens de votre rang, de votre esprit, duc, et de votre beaut�, comtesse, j�ouvre mes tr�sors et je partage� Vous plairait-il beaucoup entendre la voix myst�rieuse qui m�avertit?

� Oui, dit le duc en serrant les poings pour ne pas trembler.

� Oui, balbutia la comtesse en tremblant.

� Eh bien, monsieur le duc, eh bien, madame la comtesse, vous allez entendre. Quelle langue voulez-vous qu�elle parle?

� Le fran�ais, s�il vous pla�t, dit la comtesse. Je n�en sais pas d�autre, et une autre me ferait trop peur.

� Et vous, monsieur le duc?

� Comme madame� le fran�ais. Je tiens � r�p�ter ce qu�aura dit le diable, et � voir s�il est bien �lev� et s�il parle correctement la langue de mon ami M. de Voltaire.

Balsamo, la t�te pench�e sur sa poitrine, marcha vers la porte qui donnait dans le petit salon, lequel ouvrait, on le sait, sur l�escalier.

� Permettez, dit-il, que je vous enferme, afin de ne pas trop vous exposer.

La comtesse p�lit et se rapprocha du duc, dont elle prit le bras.

Balsamo, touchant presque � la porte de l�escalier, allongea le pas vers le point de la maison o� se trouvait Lorenza, et, en langue arabe, il pronon�a d�une voix �clatante ces mots, que nous traduirons en langue vulgaire:

� Mon amie!� m�entendez-vous?� Si vous m�entendez, tirez le cordon de la sonnette et sonnez deux fois.

Balsamo attendit l�effet de ces paroles en regardant le duc et la comtesse, qui ouvraient d�autant plus les oreilles et les yeux qu�ils ne pouvaient comprendre ce que disait le comte.

La sonnette vibra nettement � deux reprises.

La comtesse bondit sur son sofa, le duc s�essuya le front avec son mouchoir.

� Puisque vous m�entendez, poursuivit Balsamo dans le m�me idiome, poussez le bouton de marbre qui figure l��il droit du lion sur la sculpture de la chemin�e, la plaque s�ouvrira; passez par cette plaque, traversez ma chambre, descendez l�escalier, et venez jusque dans la chambre attenante � celle o� je suis.

Un moment apr�s, un bruit l�ger comme un souffle insaisissable, comme un vol de fant�me, avertit Balsamo que ses ordres avaient �t� compris et ex�cut�s.

� Quelle est cette langue? dit Richelieu jouant l�assurance; la langue cabalistique?

� Oui, monsieur le duc, le dialecte usit� pour l��vocation.

� Vous avez dit que nous comprendrions?

� Ce que dirait la voix, oui; mais non pas ce que je dirais, moi.

� Et le diable est venu?

� Qui vous a parl� du diable, monsieur le duc?

� Mais il me semble qu�on n��voque que le diable.

� Tout ce qui est esprit sup�rieur, �tre surnaturel, peut �tre �voqu�.

� Et l�esprit sup�rieur, l��tre surnaturel�?

Balsamo �tendit la main vers la tapisserie qui fermait la porte de la chambre voisine.

� Est en communication directe avec moi, monseigneur.

� J�ai peur, dit la comtesse; et vous, duc?

� Ma foi, comtesse, je vous avoue que j�aimerais presque autant �tre � Mahon ou � Philippsburg.

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