Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Joseph Balsamo. Tome III
Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
1 ... 6 7 8 9 10 11 12 13 14 ... 79
Перейти на страницу:

� Et un fort bel homme. J�ai un caprice pour cet homme-l�, duc�

� Vous allez me rendre jaloux, dit Richelieu en riant et press� d�ailleurs de ramener la conversation � un s�rieux plus prononc� Ce serait un terrible ministre de la police que M. le comte de F�nix.

� J�y songeais, r�pliqua la comtesse. Seulement, il est impossible.

� Pourquoi, comtesse?

� Parce qu�il rendrait impossibles ses coll�gues.

� Comment cela?

� Sachant tout, voyant dans leur jeu�

Richelieu rougit sous son rouge.

� Comtesse, r�pliqua-t-il, je voudrais, si j��tais son coll�gue, qu�il f�t perp�tuellement dans le mien et qu�il vous communiqu�t les cartes: vous y verriez toujours le valet de c�ur aux genoux de la dame et aux pieds du roi.

� Il n�y a personne qui ait plus d�esprit que vous, mon cher duc, r�pliqua la comtesse. Mais parlons un peu de notre minist�re� Je croyais que vous aviez d� faire avertir votre neveu?�

� D�Aiguillon? Il est arriv�, madame, et dans des conjonctures qu�un augure romain e�t jug�es les meilleures du monde: son carrosse a crois� celui de M. de Choiseul partant.

� C�est, en effet, d�un augure favorable, dit la comtesse. Donc, il va venir?

� Madame, j�ai compris que M. d�Aiguillon, s�il �tait vu � Luciennes par tout le monde et dans un moment comme celui-ci, donnerait lieu � toutes sortes de commentaires; je l�ai pri� de demeurer en bas, au village, jusqu�� ce que je le mande d�apr�s vos ordres.

� Mandez-le donc, mar�chal, et tout de suite; car nous voil� seuls, ou � peu pr�s.

� D�autant plus volontiers que nous nous sommes tout � fait entendus, n�est-ce pas, comtesse?

� Absolument, oui, duc� Vous pr�f�rez� la Guerre aux Finances, n�est-ce pas? Ou bien, est-ce la Marine que vous d�sirez?

� Je pr�f�re la Guerre, madame; c�est l� que je pourrai rendre le plus de services.

� C�est juste. Voil� donc le sens dans lequel je parlerai au roi. Vous n�avez pas d�antipathies?

� Pour qui?

� Pour ceux de vos coll�gues que Sa Majest� pr�sentera.

� Je suis l�homme du monde le moins difficile � vivre, comtesse. Mais vous permettez que je fasse appeler mon neveu, puisque vous voulez bien lui accorder la faveur de le recevoir.

Richelieu s�approcha de la fen�tre; les derni�res lueurs du cr�puscule �clairaient encore la cour. Il fit signe � un de ses valets de pied, qui guettait cette fen�tre, et qui partit en courant sur son signe.

Cependant, on commen�ait � allumer chez la comtesse.

Dix minutes apr�s le d�part du valet, une voiture entra dans la premi�re cour. La comtesse tourna vivement les yeux vers la fen�tre.

Richelieu surprit le mouvement, qui lui parut un excellent pronostic pour les affaires de M. d�Aiguillon, et, par cons�quent, pour les siennes.

� Elle go�te l�oncle, se dit-il, elle prend go�t au neveu; nous serons les ma�tres ici.

Tandis qu�il se repaissait de ces fum�es chim�riques, un petit bruit se fit entendre � la porte, et la voix du valet de chambre de confiance annon�a le duc d�Aiguillon.

C��tait un seigneur fort beau et fort gracieux, d�une mise aussi riche qu��l�gante et bien entendue. M. d�Aiguillon avait pass� l��ge de la fra�che jeunesse; mais il �tait de ces hommes qui, par le regard et la volont�, sont jeunes jusqu�� la vieillesse d�cr�pite.

Les soucis du gouvernement n�avaient pas imprim� une ride sur son front. Ils avaient seulement agrandi le pli naturel qui semble, chez les hommes d��tat et chez les po�tes, l�asile des grandes pens�es. Il tenait droite et haute sa belle t�te pleine de finesse et de m�lancolie, comme s�il savait que la haine de dix millions d�hommes pesait sur cette t�te, mais comme si, en m�me temps, il e�t voulu prouver que le poids n��tait pas au-dessus de sa force.

M. d�Aiguillon avait les plus belles mains du monde, de ces mains qui semblent blanches et d�licates, m�me dans les flots de la dentelle. On prisait fort en ce temps une jambe bien tourn�e; celle du duc �tait un mod�le d��l�gance nerveuse et de forme aristocratique. Il y avait en lui de la suavit� du po�te, de la noblesse du grand seigneur, de la souplesse et du moelleux d�un mousquetaire. Pour la comtesse, c��tait un triple id�aclass="underline" elle trouvait en un seul mod�le trois types que d�instinct cette belle sensuelle devait aimer.

Par une singularit� remarquable, ou, pour mieux dire, par un encha�nement de circonstances combin�es par la savante tactique de M. d�Aiguillon, ces deux h�ros de l�animadversion publique, la courtisane et le courtisan, ne s��taient pas encore vus face � face, avec tous leurs avantages.

Depuis trois ans, en effet, M. d�Aiguillon s��tait fait tr�s occup� en Bretagne ou dans son cabinet. Il avait peu prodigu� sa personne � la cour, sachant bien qu�il allait arriver une crise favorable ou d�favorable: que, dans le premier cas, mieux fallait offrir � ses administr�s les b�n�fices de l�inconnu; dans le second, dispara�tre sans trop laisser de traces pour pouvoir facilement sortir du gouffre plus tard avec une figure neuve.

Et puis une autre raison dominait tous ces calculs; celle-ci est du ressort du roman, elle �tait pourtant la meilleure.

Avant que madame du Barry f�t comtesse et effleur�t chaque nuit de ses l�vres la couronne de France, elle avait �t� une jolie cr�ature souriante et ador�e; elle avait �t� aim�e, bonheur sur lequel elle ne devait plus compter jamais depuis qu�elle �tait crainte.

Parmi tous les hommes jeunes, riches, puissants et beaux qui avaient fait leur cour � Jeanne Vaubernier, parmi tous les rimeurs qui avaient accol� au bout de deux vers ces mots Lange et ange, M. le duc d�Aiguillon avait autrefois figur� en premi�re ligne. Mais, soit que le duc n�e�t pas �t� press�, soit que mademoiselle Lange n�e�t pas �t� aussi facile que ses d�tracteurs le pr�tendaient, soit qu�enfin, et ceci n��tera de m�rite ni � l�un ni � l�autre, soit que l�amour subit du roi e�t divis� les deux c�urs pr�ts � s�entendre, M. d�Aiguillon avait rengain� vers, acrostiches, bouquets et parfums; mademoiselle Lange avait ferm� sa porte de la rue des Petits-Champs; le duc avait tir� vers la Bretagne, �touffant ses soupirs, et mademoiselle Lange avait envoy� tous les siens du c�t� de Versailles, � M. le baron de Gonesse, c�est-�-dire au roi de France.

Il en r�sulta que cette disparition subite de d�Aiguillon avait fort peu occup� d�abord madame du Barry, parce qu�elle avait peur du pass�, mais qu�ensuite, voyant l�attitude silencieuse de son ancien adorateur, elle avait �t� intrigu�e, puis �merveill�e, et que, bien plac�e pour juger les hommes, elle avait jug� celui-l� un v�ritable homme d�esprit.

C��tait beaucoup, cette distinction, pour la comtesse; mais ce n��tait pas tout, et le moment allait venir o� peut-�tre elle jugerait d�Aiguillon un homme de c�ur.

Il faut dire que la pauvre mademoiselle Lange avait ses raisons pour craindre le pass�. Un mousquetaire, amant jadis heureux, disait-il, �tait entr� un jour jusque dans Versailles pour redemander � mademoiselle Lange un peu de ses faveurs pass�es, et ces paroles, �touff�es bien vite par une hauteur toute royale, n�en avaient pas moins fait jurer l��cho pudique du palais de madame de Maintenon.

On a vu que, dans toute sa conversation avec madame du Barry, le mar�chal n�avait jamais effleur� le chapitre d�une connaissance de son neveu et de mademoiselle Lange. Ce silence, de la part d�un homme aussi habitu� que le vieux duc � dire les choses du monde les plus difficiles, avait profond�ment surpris, et, faut-il le dire, inqui�t� la comtesse.

Elle attendait donc impatiemment M. d�Aiguillon pour savoir enfin � quoi s�en tenir, et si le mar�chal avait �t� discret, ou �tait ignorant.

Le duc entra.

Respectueux avec aisance et assez s�r de lui pour saluer entre la reine et la femme de cour ordinaire, il subjugua tout d�un coup, par cette nuance d�licate, une protectrice toute dispos�e � trouver le bien parfait et le parfait merveilleux.

M. d�Aiguillon prit ensuite la main de son oncle qui, s�avan�ant vers la comtesse, lui dit de sa voix pleine de caresses:

� Voici M. le duc d�Aiguillon, madame: ce n�est pas mon neveu, c�est un de vos serviteurs les plus passionn�s que j�ai l�honneur de vous pr�senter.

1 ... 6 7 8 9 10 11 12 13 14 ... 79
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)