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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Madame la comtesse, et vous, monsieur le duc, veuillez �couter, puisque vous voulez entendre, dit s�v�rement Balsamo.

Et il se tourna vers la porte.

Chapitre 85. La voix

Il y eut un moment de silence solennel, puis Balsamo demanda en fran�ais:

� �tes-vous l�?

� J�y suis, r�pondit une voix pure et argentine qui, per�ant les tentures et les porti�res, retentit aux oreilles des assistants plut�t comme un timbre m�tallique que comme les accents d�une voix humaine.

� Peste! voil� qui devient int�ressant, dit le duc; et tout cela sans flambeaux, sans magie, sans flammes du Bengale.

� C�est effrayant! murmura la comtesse.

� Faites bien attention � mes interrogations, continua Balsamo.

� J��coute de tout mon �tre.

� Dites-moi d�abord combien de personnes sont avec moi en ce moment?

� Deux.

� De quel sexe?

� Un homme et une femme.

� Lisez dans ma pens�e le nom de l�homme.

� M. le duc de Richelieu.

� Et celui de la femme?

� Madame la comtesse du Barry.

� Ah! ah! murmura le duc, c�est assez fort ceci!

� C�est-�-dire, murmura la comtesse tremblante, c�est-�-dire que je n�ai rien vu de pareil.

� Bien, fit Balsamo; maintenant, lisez la premi�re phrase de la lettre que je tiens.

La voix ob�it.

La comtesse et le duc se regardaient avec un �tonnement qui commen�ait � toucher � l�admiration.

� Cette lettre, que j�ai �crite sous votre dict�e, qu�est-elle devenue?

� Elle court.

� De quel c�t�?

� Du c�t� de l�occident.

� Est-elle loin?

� Oh! oui, bien loin, bien loin.

� Qui la porte?

� Un homme v�tu d�une veste verte, coiff� d�un bonnet de peau, chauss� de grandes bottes.

� Est-il � pied ou � cheval?

� Il est � cheval.

� Quel cheval monte-t-il?

� Un cheval pie.

� O� le voyez-vous?

Il y eut un moment de silence.

� Regardez, dit imp�rieusement Balsamo.

� Sur une grande route plant�e d�arbres.

� Mais sur quelle route?

� Je ne sais, toutes les routes se ressemblent.

� Quoi! rien ne vous indique quelle est cette route, pas un poteau, pas une inscription, rien?

� Attendez, attendez: une voiture passe pr�s de cet homme � cheval; elle le croise, venant vers moi.

� Quelle esp�ce de voiture?

� Une lourde voiture pleine d�abb�s et de militaires.

� Une patache, murmura Richelieu.

� Cette voiture ne porte aucune inscription? demanda Balsamo.

� Si fait, r�pondit la voix.

� Lisez.

� Sur la voiture, je lis Versailles en lettres jaunes presque effac�es.

� Quittez cette voiture, et suivez le courrier.

� Je ne le vois plus.

� Pourquoi ne le voyez-vous plus?

� Parce que la route tourne.

� Tournez la route et rejoignez-le.

� Oh! il court de toute la force de son chevaclass="underline" il regarde � sa montre.

� Que voyez-vous en avant du cheval?

� Une longue avenue, des b�timents superbes, une grande ville.

� Suivez toujours.

� Je le suis.

� Eh bien?

� Le courrier frappe toujours son cheval � coups redoubl�s; l�animal est tremp� de sueur; ses fers font sur le pav� un bruit qui fait retourner tous les passants. Ah! le courrier entre dans une longue rue qui va en descendant. Il tourne � droite. Il ralentit le pas de son cheval. Il s�arr�te � la porte d�un vaste h�tel.

� C�est ici qu�il faut le suivre avec attention, entendez-vous?

La voix poussa un soupir.

� Vous �tes fatigu�e. Je comprends cela.

� Oh! bris�e.

� Que cette fatigue disparaisse, je le veux.

� Ah!

� Eh bien?

� Merci.

� �tes-vous fatigu�e encore?

� Non.

� Voyez-vous toujours le courrier?

� Attendez� Oui, oui, il monte un grand escalier de pierre. Il est pr�c�d� par un valet en livr�e bleu et or. Il traverse de grands salons pleins de dorures. Il arrive � un cabinet �clair�. Le laquais ouvre la porte et se retire.

� Que voyez-vous?

� Le courrier salue.

� Qui salue-t-il?

� Attendez� Il salue un homme assis � un bureau et qui tourne le dos � la porte.

� Comment est habill� cet homme?

� Oh! en grande toilette, et comme pour un bal.

� A-t-il quelque d�coration?

� Il porte un grand ruban bleu en sautoir.

� Son visage?

� Je ne le vois pas� Ah!

� Quoi?

� Il se retourne.

� Quelle physionomie a-t-il?

� Le regard vif, des traits irr�guliers, de belles dents.

� Quel �ge?

� Cinquante � cinquante-huit ans.

� Le duc! souffla la comtesse au mar�chal, c�est le duc.

Le mar�chal fit de la t�te un signe qui signifiait: �Oui, c�est lui� mais �coutez.�

� Ensuite? commanda Balsamo.

� Le courrier remet � l�homme au cordon bleu�

� Vous pouvez dire le duc: c�est un duc.

� Le courrier, reprit la voix ob�issante, remet au duc une lettre qu�il tire d�un sac de cuir qu�il portait derri�re son dos. Le duc la d�cachette et la lit avec attention.

� Apr�s?

� Il prend une plume, une feuille de papier et �crit.

� Il �crit! murmura Richelieu. Diable! si l�on pouvait savoir ce qu�il �crit, ce serait beau, cela.

� Dites-moi ce qu�il �crit, ordonna Balsamo.

� Je ne puis.

� Parce que vous �tes trop loin. Entrez dans le cabinet. Y �tes-vous?

� Oui.

� Penchez-vous par-dessus son �paule.

� M�y voici.

� Lisez-vous maintenant?

� L��criture est mauvaise, fine, hach�e.

� Lisez, je le veux.

La comtesse et Richelieu retinrent leur haleine.

� Lisez, reprit Balsamo d�un ton plus imp�ratif encore.

� �Ma s�ur�, dit la voix en tremblant et en h�sitant.

� C�est la r�ponse, murmur�rent ensemble le duc de Richelieu et la comtesse.

� �Ma s�ur, reprit la voix, rassurez-vous: la crise a eu lieu, c�est vrai; elle a �t� rude, c�est vrai encore; mais elle est pass�e. J�attends demain avec impatience; car demain, � mon tour, je compte prendre l�offensive, et tout me porte � esp�rer un succ�s d�cisif. Bien pour le parlement de Rouen, bien pour milord X�, bien pour le p�tard.

�Demain, apr�s mon travail avec le roi, j�ajouterai un post-scriptum � ma lettre, et vous l�enverrai par le m�me courrier.�

Balsamo, la main gauche �tendue, semblait arracher p�niblement chaque parole � la voix, tandis que de la main droite il crayonnait � la h�te ces lignes, qu�� Versailles M. de Choiseul �crivait dans son cabinet.

� C�est tout? demanda Balsamo.

� C�est tout.

� Que fait le duc maintenant?

� Il plie en deux le papier sur lequel il vient d��crire, puis en deux encore, et le met dans un petit portefeuille rouge qu�il tire du c�t� gauche de son habit.

� Vous entendez? dit Balsamo � la comtesse plong�e dans la stupeur. Et ensuite?

� Ensuite, il cong�die le courrier en lui parlant.

� Que lui dit-il?

� Je n�ai entendu que la fin de la phrase.

� C��tait?�

� �� une heure, � la grille de Trianon.� Le courrier salue et sort.

� C�est cela, dit Richelieu, il donne rendez-vous au courrier � la sortie du travail, comme il dit dans sa lettre.

Balsamo fit un signe de la main pour commander le silence.

� Maintenant que fait le duc? demanda-t-il.

� Il se l�ve. Il tient � la main la lettre qu�on lui a remise. Il va droit � son lit, passe dans la ruelle, pousse un ressort qui ouvre un coffret de fer. Il y jette la lettre et referme le coffret.

� Oh! s��cri�rent � la fois le duc et la comtesse tout p�les: oh! c�est magique, en v�rit�.

� Savez-vous tout ce que vous d�siriez savoir, madame? demanda Balsamo.

� Monsieur le comte, dit madame du Barry en s�approchant de lui avec terreur, vous venez de me rendre un service que je payerais de dix ans de ma vie, ou plut�t que je ne pourrai jamais payer. Demandez-moi ce que vous voudrez.

� Oh! madame, vous savez que nous sommes d�j� en compte.

� Dites, dites ce que vous d�sirez.

� Le temps n�est pas venu.

� Eh bien, lorsqu�il sera venu, f�t-ce un million�

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