Joseph Balsamo. Tome III
- Автор: Дюма Александр
- Серия: Les Mémoires d’un médecin #3
- Язык: французский
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:
� Madame la comtesse, et vous, monsieur le duc, veuillez �couter, puisque vous voulez entendre, dit s�v�rement Balsamo.
Et il se tourna vers la porte.
Chapitre 85. La voix
Il y eut un moment de silence solennel, puis Balsamo demanda en fran�ais:
� �tes-vous l�?
� J�y suis, r�pondit une voix pure et argentine qui, per�ant les tentures et les porti�res, retentit aux oreilles des assistants plut�t comme un timbre m�tallique que comme les accents d�une voix humaine.
� Peste! voil� qui devient int�ressant, dit le duc; et tout cela sans flambeaux, sans magie, sans flammes du Bengale.
� C�est effrayant! murmura la comtesse.
� Faites bien attention � mes interrogations, continua Balsamo.
� J��coute de tout mon �tre.
� Dites-moi d�abord combien de personnes sont avec moi en ce moment?
� Deux.
� De quel sexe?
� Un homme et une femme.
� Lisez dans ma pens�e le nom de l�homme.
� M. le duc de Richelieu.
� Et celui de la femme?
� Madame la comtesse du Barry.
� Ah! ah! murmura le duc, c�est assez fort ceci!
� C�est-�-dire, murmura la comtesse tremblante, c�est-�-dire que je n�ai rien vu de pareil.
� Bien, fit Balsamo; maintenant, lisez la premi�re phrase de la lettre que je tiens.
La voix ob�it.
La comtesse et le duc se regardaient avec un �tonnement qui commen�ait � toucher � l�admiration.
� Cette lettre, que j�ai �crite sous votre dict�e, qu�est-elle devenue?
� Elle court.
� De quel c�t�?
� Du c�t� de l�occident.
� Est-elle loin?
� Oh! oui, bien loin, bien loin.
� Qui la porte?
� Un homme v�tu d�une veste verte, coiff� d�un bonnet de peau, chauss� de grandes bottes.
� Est-il � pied ou � cheval?
� Il est � cheval.
� Quel cheval monte-t-il?
� Un cheval pie.
� O� le voyez-vous?
Il y eut un moment de silence.
� Regardez, dit imp�rieusement Balsamo.
� Sur une grande route plant�e d�arbres.
� Mais sur quelle route?
� Je ne sais, toutes les routes se ressemblent.
� Quoi! rien ne vous indique quelle est cette route, pas un poteau, pas une inscription, rien?
� Attendez, attendez: une voiture passe pr�s de cet homme � cheval; elle le croise, venant vers moi.
� Quelle esp�ce de voiture?
� Une lourde voiture pleine d�abb�s et de militaires.
� Une patache, murmura Richelieu.
� Cette voiture ne porte aucune inscription? demanda Balsamo.
� Si fait, r�pondit la voix.
� Lisez.
� Sur la voiture, je lis Versailles en lettres jaunes presque effac�es.
� Quittez cette voiture, et suivez le courrier.
� Je ne le vois plus.
� Pourquoi ne le voyez-vous plus?
� Parce que la route tourne.
� Tournez la route et rejoignez-le.
� Oh! il court de toute la force de son chevaclass="underline" il regarde � sa montre.
� Que voyez-vous en avant du cheval?
� Une longue avenue, des b�timents superbes, une grande ville.
� Suivez toujours.
� Je le suis.
� Eh bien?
� Le courrier frappe toujours son cheval � coups redoubl�s; l�animal est tremp� de sueur; ses fers font sur le pav� un bruit qui fait retourner tous les passants. Ah! le courrier entre dans une longue rue qui va en descendant. Il tourne � droite. Il ralentit le pas de son cheval. Il s�arr�te � la porte d�un vaste h�tel.
� C�est ici qu�il faut le suivre avec attention, entendez-vous?
La voix poussa un soupir.
� Vous �tes fatigu�e. Je comprends cela.
� Oh! bris�e.
� Que cette fatigue disparaisse, je le veux.
� Ah!
� Eh bien?
� Merci.
� �tes-vous fatigu�e encore?
� Non.
� Voyez-vous toujours le courrier?
� Attendez� Oui, oui, il monte un grand escalier de pierre. Il est pr�c�d� par un valet en livr�e bleu et or. Il traverse de grands salons pleins de dorures. Il arrive � un cabinet �clair�. Le laquais ouvre la porte et se retire.
� Que voyez-vous?
� Le courrier salue.
� Qui salue-t-il?
� Attendez� Il salue un homme assis � un bureau et qui tourne le dos � la porte.
� Comment est habill� cet homme?
� Oh! en grande toilette, et comme pour un bal.
� A-t-il quelque d�coration?
� Il porte un grand ruban bleu en sautoir.
� Son visage?
� Je ne le vois pas� Ah!
� Quoi?
� Il se retourne.
� Quelle physionomie a-t-il?
� Le regard vif, des traits irr�guliers, de belles dents.
� Quel �ge?
� Cinquante � cinquante-huit ans.
� Le duc! souffla la comtesse au mar�chal, c�est le duc.
Le mar�chal fit de la t�te un signe qui signifiait: �Oui, c�est lui� mais �coutez.�
� Ensuite? commanda Balsamo.
� Le courrier remet � l�homme au cordon bleu�
� Vous pouvez dire le duc: c�est un duc.
� Le courrier, reprit la voix ob�issante, remet au duc une lettre qu�il tire d�un sac de cuir qu�il portait derri�re son dos. Le duc la d�cachette et la lit avec attention.
� Apr�s?
� Il prend une plume, une feuille de papier et �crit.
� Il �crit! murmura Richelieu. Diable! si l�on pouvait savoir ce qu�il �crit, ce serait beau, cela.
� Dites-moi ce qu�il �crit, ordonna Balsamo.
� Je ne puis.
� Parce que vous �tes trop loin. Entrez dans le cabinet. Y �tes-vous?
� Oui.
� Penchez-vous par-dessus son �paule.
� M�y voici.
� Lisez-vous maintenant?
� L��criture est mauvaise, fine, hach�e.
� Lisez, je le veux.
La comtesse et Richelieu retinrent leur haleine.
� Lisez, reprit Balsamo d�un ton plus imp�ratif encore.
� �Ma s�ur�, dit la voix en tremblant et en h�sitant.
� C�est la r�ponse, murmur�rent ensemble le duc de Richelieu et la comtesse.
� �Ma s�ur, reprit la voix, rassurez-vous: la crise a eu lieu, c�est vrai; elle a �t� rude, c�est vrai encore; mais elle est pass�e. J�attends demain avec impatience; car demain, � mon tour, je compte prendre l�offensive, et tout me porte � esp�rer un succ�s d�cisif. Bien pour le parlement de Rouen, bien pour milord X�, bien pour le p�tard.
�Demain, apr�s mon travail avec le roi, j�ajouterai un post-scriptum � ma lettre, et vous l�enverrai par le m�me courrier.�
Balsamo, la main gauche �tendue, semblait arracher p�niblement chaque parole � la voix, tandis que de la main droite il crayonnait � la h�te ces lignes, qu�� Versailles M. de Choiseul �crivait dans son cabinet.
� C�est tout? demanda Balsamo.
� C�est tout.
� Que fait le duc maintenant?
� Il plie en deux le papier sur lequel il vient d��crire, puis en deux encore, et le met dans un petit portefeuille rouge qu�il tire du c�t� gauche de son habit.
� Vous entendez? dit Balsamo � la comtesse plong�e dans la stupeur. Et ensuite?
� Ensuite, il cong�die le courrier en lui parlant.
� Que lui dit-il?
� Je n�ai entendu que la fin de la phrase.
� C��tait?�
� �� une heure, � la grille de Trianon.� Le courrier salue et sort.
� C�est cela, dit Richelieu, il donne rendez-vous au courrier � la sortie du travail, comme il dit dans sa lettre.
Balsamo fit un signe de la main pour commander le silence.
� Maintenant que fait le duc? demanda-t-il.
� Il se l�ve. Il tient � la main la lettre qu�on lui a remise. Il va droit � son lit, passe dans la ruelle, pousse un ressort qui ouvre un coffret de fer. Il y jette la lettre et referme le coffret.
� Oh! s��cri�rent � la fois le duc et la comtesse tout p�les: oh! c�est magique, en v�rit�.
� Savez-vous tout ce que vous d�siriez savoir, madame? demanda Balsamo.
� Monsieur le comte, dit madame du Barry en s�approchant de lui avec terreur, vous venez de me rendre un service que je payerais de dix ans de ma vie, ou plut�t que je ne pourrai jamais payer. Demandez-moi ce que vous voudrez.
� Oh! madame, vous savez que nous sommes d�j� en compte.
� Dites, dites ce que vous d�sirez.
� Le temps n�est pas venu.
� Eh bien, lorsqu�il sera venu, f�t-ce un million�