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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Est-ce que le dr�le a devin� que la comtesse nous �coutait? Peste! qu�il est adroit! C�est un ma�tre. En ce cas, prenons garde � lui!

Il avait raison, Richelieu; la comtesse �coutait, et chacune des paroles de d�Aiguillon lui �tait entr� bien avant dans le c�ur; elle buvait � longs traits le charme de cet aveu, elle savourait l�exquise d�licatesse de celui qui, m�me avec un confident intime, n�avait pas trahi le secret de la liaison pass�e, de peur de jeter une ombre sur un portrait encore aim� peut-�tre.

� Ainsi, tu me refuses? dit Richelieu.

� Oh! pour cela, oui, mon oncle; car, malheureusement, je vois la chose impossible.

� Essaie au moins, malheureux!

� Et comment?

� Te voici des n�tres � tu verras la comtesse tous les jours: plais-lui, morbleu!

� Avec un but int�ress�?� Non, non!� Si j�avais le malheur de lui plaire, avec cette am�re pens�e, je m�enfuirais tout au bout du monde, car j�aurais honte de moi-m�me.

Richelieu se gratta encore le menton.

� La chose est faite, se dit-il, ou d�Aiguillon est un sot.

Tout � coup, on entendit un bruit dans les cours, et quelques voix cri�rent: �Le roi!�

� Diable! s��cria Richelieu, le roi ne doit pas me voir ici, je me sauve.

� Mais moi? dit le duc.

� Toi, c�est diff�rent, il faut qu�il te voie. Reste� reste� et, pour Dieu, ne jette pas le manche apr�s la cogn�e.

Cela dit, Richelieu se d�roba par le petit escalier, en disant au duc:

� � demain!

Chapitre 88. La part du roi

Le duc d�Aiguillon, rest� seul, se retrouva d�abord assez embarrass�. Il avait parfaitement compris tout ce que lui disait son oncle, parfaitement compris que madame du Barry l��coutait, parfaitement compris enfin que, pour un homme d�esprit, il s�agissait, en cette occurrence, d��tre un homme de c�ur, et de jouer seul la partie dans laquelle le vieux duc cherchait � se faire un associ�.

L�arriv�e du roi interrompit fort heureusement l�explication qui e�t forc�ment r�sult� de la contenance toute puritaine de M. d�Aiguillon.

Le mar�chal n��tait pas homme � demeurer longtemps dupe, et surtout � faire briller d�un �clat exag�r� la vertu d�un autre aux d�pens de la sienne.

Mais, �tant rest� seul, d�Aiguillon eut le temps de r�fl�chir.

Le roi arrivait en effet. D�j� ses pages avaient ouvert la porte de l�antichambre, et Zamore s��lan�ait vers le monarque en lui demandant des bonbons, touchante familiarit� que, dans ses moments de sombre humeur, Louis XV payait d�une nasarde ou d�un frottement d�oreilles fort d�sagr�ables au jeune Africain.

Le roi s�installa dans le cabinet des chinoiseries, et, ce qui convainquit d�Aiguillon que madame du Barry n�avait pas perdu un mot de la conversation avec son oncle, c�est que lui, d�Aiguillon, entendit parfaitement, d�s les premiers mots, l�entretien du roi avec la comtesse.

Sa Majest� paraissait fatigu�e comme un homme qui aurait lev� un poids immense. Atlas �tait moins impotent apr�s sa journ�e faite, quand il avait tenu le ciel douze heures sur ses �paules.

Louis XV se fit remercier, applaudir, caresser par sa ma�tresse; il se fit raconter tout le contrecoup du renvoi de M. de Choiseul, et cela le divertit beaucoup.

Alors madame du Barry se hasarda. Il �tait temps, beau temps pour la politique, et, d�ailleurs, elle se sentait brave � remuer une des quatre parties du monde.

� Sire, dit-elle, vous avez d�truit, c�est bien; vous avez d�moli, c�est superbe; mais, � pr�sent, il s�agit de reb�tir.

� Oh! c�est fait, dit le roi n�gligemment.

� Vous avez un minist�re?

� Oui.

� Comme �a, tout d�un coup, sans respirer?

� Voil�-t-il de mes gens sans cervelle� Oh! femme que vous �tes! Avant de chasser son cuisinier, comme vous disiez l�autre jour, est-ce qu�on n�en arr�te pas un nouveau?

� Redites-moi encore que vous avez compos� le cabinet.

Le roi se souleva sur le vaste sofa o� il s��tait couch� plut�t qu�assis, usant pour coussin principal des �paules de la belle comtesse.

� On penserait, Jeannette, lui dit-il, � vous entendre vous inqui�ter, que vous connaissez mon minist�re pour le bl�mer, et que vous en avez un � me proposer.

� Mais�, dit la comtesse, ce n�est pas si absurde, cela.

� Vraiment?� vous avez un minist�re?

� Vous en avez bien un, vous! r�pliqua-t-elle.

� Oh! moi, c�est mon �tat, comtesse. Voyons un peu vos candidats�

� Non pas! Dites-moi les v�tres.

� Je le veux bien, pour vous donner l�exemple.

� � la Marine, d�abord, o� �tait ce cher M. de Praslin?

� Ah! du nouveau, comtesse; un homme charmant, qui n�a jamais vu la mer.

� Allons donc!

� D�honneur! ceci est une invention magnifique. Je vais me rendre tr�s populaire, et on va me couronner dans les deux mers, en effigie, s�entend.

� Mais qui, sire? qui donc?

� Gageons qu�en mille vous ne devinez pas.

� Un homme dont le choix vous rend populaire?� Ma foi, non.

� Un homme du parlement, ma ch�re� Un premier pr�sident du parlement de Besan�on.

� M. de Boynes?

� Lui-m�me� Peste! comme vous �tes savante!� Vous connaissez ces gens-l�?

� Il le faut bien, vous me parlez parlement toute la journ�e. Ah ��! mais cet homme-l� ne sait pas ce que c�est qu�un aviron.

� Tant mieux. M. de Praslin savait trop bien son �tat, et il m�a co�t� trop cher avec ses constructions navales.

� Mais aux Finances, sire?

� Oh! pour les Finances, c�est diff�rent; je choisis un homme sp�cial.

� Un financier?

� Non� un militaire. Il y a trop longtemps que les financiers me grugent.

� Mais � la Guerre, grand Dieu?

� Tranquillisez-vous, j�y mets un financier. Terray; c�est un �plucheur de comptes; il va trouver des erreurs dans toutes les additions de M. de Choiseul. Je vous dirai que j�avais eu l�id�e de prendre pour la guerre un homme merveilleux, un pur, comme ils disent; c��tait pour plaire aux philosophes.

� Bon! qui donc? Voltaire?

� Presque� le chevalier du Muy� Un Caton.

� Ah! mon Dieu! vous m��pouvantez.

� C��tait fait� J�avais fait venir l�homme, ses provisions �taient sign�es; il m�avait remerci�, lorsque mon bon ou mon mauvais g�nie, d�cidez, comtesse, me pousse � lui dire de venir ce soir � Luciennes, souper et causer.

� Fi! l�horreur!

� Eh bien, comtesse, voil� pr�cis�ment ce que du Muy m�a r�pondu.

� Il vous a dit cela?

� En d�autres termes, comtesse; mais enfin il m�a dit que servir le roi �tait son plus ardent d�sir, mais que, pour servir madame du Barry, c��tait impossible.

� Eh bien, il est joli, votre philosophe!

� Vous comprenez ma r�ponse, comtesse, je lui ai tendu la main� pour qu�il me rend�t son brevet, que j�ai mis en pi�ces avec un fort patient sourire, et le chevalier a disparu. Louis XIV pourtant e�t fait pourrir ce gaillard-l� dans un des vilains trous de la Bastille; mais je suis Louis XV, et j�ai un parlement qui me donne le fouet, au lieu que ce soit moi qui donne le fouet au parlement. Voil�.

� C�est �gal, sire, dit la comtesse en couvrant de baisers son royal amant, vous �tes un homme accompli.

� Ce n�est pas ce que tout le monde dira. Terray est ex�cr�.

� Qui ne l�est pas?� Et aux affaires �trang�res?

� Ce brave Bertin, que vous connaissez.

� Non.

� Alors que vous ne connaissez pas.

� Mais, dans tout cela, je ne vois pas un seul bon ministre, moi.

� Soit; dites-moi les v�tres.

� Je n�en dirai qu�un.

� Vous ne le dites pas; vous avez peur.

� Le mar�chal.

� Quel mar�chal? fit le roi avec une grimace.

� Le duc de Richelieu.

� Ce vieillard? cette poule mouill�e?

� Bon! le vainqueur de Mahon, une poule mouill�e!

� Un vieux paillard�

� Sire, votre compagnon.

� Un homme immoral, qui fait fuir toutes les femmes.

� Que voulez-vous! c�est depuis qu�il ne court plus apr�s elles.

� Ne me parlez jamais de Richelieu, c�est ma b�te noire; ce vainqueur de Mahon m�a men� dans tous les tripots de Paris�; on nous chansonnait. Non pas, non pas! Richelieu! oh! rien que le nom me met hors de moi.

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