Joseph Balsamo. Tome III
- Автор: Дюма Александр
- Серия: Les Mémoires d’un médecin #3
- Язык: французский
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:
Balsamo la regarda un instant, comme un homme qui ne peut s�arracher � sa contemplation; puis, comme le timbre retentissait de nouveau, il s��lan�a vers la chemin�e, poussa un ressort, et disparut derri�re les fleurs.
Fritz l�attendait au salon avec un homme v�tu d�une veste de coureur et chauss� de bottes �paisses arm�es de longs �perons.
La physionomie vulgaire de cet homme annon�ait un homme du peuple, son �il seul rec�lait une parcelle de feu sacr� qu�on e�t dit lui avoir �t� communiqu�e par une intelligence sup�rieure � la sienne.
Sa main gauche �tait appuy�e sur un fouet court et noueux, tandis que sa main droite figurait des signes que Balsamo, apr�s un court examen, reconnut, et auxquels, muet lui-m�me, il r�pondit en effleurant son front du doigt indicateur.
La main du postillon monta aussit�t � sa poitrine, o� elle tra�a un nouveau caract�re qu�un indiff�rent n�e�t pas reconnu, tant il ressemblait au geste que l�on fait pour attacher un bouton.
� ce dernier signe, le ma�tre r�pondit par l�exhibition d�une bague qu�il portait au doigt.
Devant ce symbole redoutable, l�envoy� plia un genou.
� D�o� viens-tu? dit Balsamo.
� De Rouen, ma�tre.
� Que fais-tu?
� Je suis courrier au service de madame de Grammont.
� Qui t�a plac� chez elle?
� La volont� du grand Cophte.
� Quel ordre as-tu re�u en entrant � son service?
� De n�avoir pas de secrets pour le ma�tre.
� O� vas-tu?
� � Versailles.
� Qu�y portes-tu?
� Une lettre.
� � qui?
� Au ministre.
� Donne.
Le courrier tendit � Balsamo une lettre qu�il venait de tirer d�un sac de cuir attach� derri�re son dos.
� Dois-je attendre? demanda-t-il.
� Oui.
� J�attends.
� Fritz!
L�Allemand parut.
� Cache S�bastien dans l�office.
� Oui, ma�tre.
� Il sait mon nom! murmura l�adepte avec une superstitieuse frayeur.
� Il sait tout, lui r�pliqua Fritz en l�entra�nant. Balsamo resta seuclass="underline" il regarda le cachet bien pur et bien profond de cette lettre, que le coup d��il suppliant du courrier semblait lui avoir recommand� de respecter le plus possible.
Puis, lent et pensif, il remonta vers la chambre de Lorenza et ouvrit la porte de communication.
Lorenza dormait toujours, mais fatigu�e, mais �nerv�e par l�inaction. Il lui prit la main qu�elle serra convulsivement, et il appliqua sur son c�ur la lettre du courrier, toute cachet�e qu�elle �tait.
� Voyez-vous? lui dit-il.
� Oui, je vois, r�pondit Lorenza.
� Quel est l�objet que je tiens � la main?
� Une lettre.
� Pouvez-vous la lire?
� Je le puis.
� Lisez-la donc, alors.
Alors Lorenza, les yeux ferm�s, la poitrine haletante, r�cita mot � mot les lignes suivantes, que Balsamo �crivait sous sa dict�e � mesure qu�elle parlait:
�Cher fr�re,
�Comme je l�avais pr�vu, mon exil me sera au moins bon � quelque chose. J�ai quitt� ce matin le pr�sident de Rouen; il est � nous, mais timide. Je l�ai press� en votre nom. Il se d�cide enfin, et les remontrances de sa compagnie seront avant huit jours � Versailles.
�Je pars imm�diatement pour Rennes, afin d�activer un peu Caradeuc et La Chalotais, qui s�endorment.
�Notre agent de Caudebec se trouvait � Rouen. Je l�ai vu. L�Angleterre ne s�arr�tera pas en chemin; elle pr�pare une verte notification au cabinet de Versailles.
�X� m�a demand� s�il fallait la produire. J�ai autoris�.
�Vous recevrez les derniers pamphlets de Th�venot, de Morande et de Delille contre la du Barry. Ce sont des p�tards qui feraient sauter une ville.
�Une mauvaise rumeur m��tait venue: il y avait de la disgr�ce dans l�air. Mais vous ne m�avez pas encore �crit, et j�en ris. Cependant, ne me laissez pas dans le doute et r�pondez-moi courrier par courrier.
�Votre message me trouvera � Caen, o� j�ai quelques-uns de nos messieurs � pratiquer.
�Adieu, je vous embrasse.