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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Balsamo la regarda un instant, comme un homme qui ne peut s�arracher � sa contemplation; puis, comme le timbre retentissait de nouveau, il s��lan�a vers la chemin�e, poussa un ressort, et disparut derri�re les fleurs.

Fritz l�attendait au salon avec un homme v�tu d�une veste de coureur et chauss� de bottes �paisses arm�es de longs �perons.

La physionomie vulgaire de cet homme annon�ait un homme du peuple, son �il seul rec�lait une parcelle de feu sacr� qu�on e�t dit lui avoir �t� communiqu�e par une intelligence sup�rieure � la sienne.

Sa main gauche �tait appuy�e sur un fouet court et noueux, tandis que sa main droite figurait des signes que Balsamo, apr�s un court examen, reconnut, et auxquels, muet lui-m�me, il r�pondit en effleurant son front du doigt indicateur.

La main du postillon monta aussit�t � sa poitrine, o� elle tra�a un nouveau caract�re qu�un indiff�rent n�e�t pas reconnu, tant il ressemblait au geste que l�on fait pour attacher un bouton.

� ce dernier signe, le ma�tre r�pondit par l�exhibition d�une bague qu�il portait au doigt.

Devant ce symbole redoutable, l�envoy� plia un genou.

� D�o� viens-tu? dit Balsamo.

� De Rouen, ma�tre.

� Que fais-tu?

� Je suis courrier au service de madame de Grammont.

� Qui t�a plac� chez elle?

� La volont� du grand Cophte.

� Quel ordre as-tu re�u en entrant � son service?

� De n�avoir pas de secrets pour le ma�tre.

� O� vas-tu?

� � Versailles.

� Qu�y portes-tu?

� Une lettre.

� � qui?

� Au ministre.

� Donne.

Le courrier tendit � Balsamo une lettre qu�il venait de tirer d�un sac de cuir attach� derri�re son dos.

� Dois-je attendre? demanda-t-il.

� Oui.

� J�attends.

� Fritz!

L�Allemand parut.

� Cache S�bastien dans l�office.

� Oui, ma�tre.

� Il sait mon nom! murmura l�adepte avec une superstitieuse frayeur.

� Il sait tout, lui r�pliqua Fritz en l�entra�nant. Balsamo resta seuclass="underline" il regarda le cachet bien pur et bien profond de cette lettre, que le coup d��il suppliant du courrier semblait lui avoir recommand� de respecter le plus possible.

Puis, lent et pensif, il remonta vers la chambre de Lorenza et ouvrit la porte de communication.

Lorenza dormait toujours, mais fatigu�e, mais �nerv�e par l�inaction. Il lui prit la main qu�elle serra convulsivement, et il appliqua sur son c�ur la lettre du courrier, toute cachet�e qu�elle �tait.

� Voyez-vous? lui dit-il.

� Oui, je vois, r�pondit Lorenza.

� Quel est l�objet que je tiens � la main?

� Une lettre.

� Pouvez-vous la lire?

� Je le puis.

� Lisez-la donc, alors.

Alors Lorenza, les yeux ferm�s, la poitrine haletante, r�cita mot � mot les lignes suivantes, que Balsamo �crivait sous sa dict�e � mesure qu�elle parlait:

�Cher fr�re,

�Comme je l�avais pr�vu, mon exil me sera au moins bon � quelque chose. J�ai quitt� ce matin le pr�sident de Rouen; il est � nous, mais timide. Je l�ai press� en votre nom. Il se d�cide enfin, et les remontrances de sa compagnie seront avant huit jours � Versailles.

�Je pars imm�diatement pour Rennes, afin d�activer un peu Caradeuc et La Chalotais, qui s�endorment.

�Notre agent de Caudebec se trouvait � Rouen. Je l�ai vu. L�Angleterre ne s�arr�tera pas en chemin; elle pr�pare une verte notification au cabinet de Versailles.

�X� m�a demand� s�il fallait la produire. J�ai autoris�.

�Vous recevrez les derniers pamphlets de Th�venot, de Morande et de Delille contre la du Barry. Ce sont des p�tards qui feraient sauter une ville.

�Une mauvaise rumeur m��tait venue: il y avait de la disgr�ce dans l�air. Mais vous ne m�avez pas encore �crit, et j�en ris. Cependant, ne me laissez pas dans le doute et r�pondez-moi courrier par courrier.

�Votre message me trouvera � Caen, o� j�ai quelques-uns de nos messieurs � pratiquer.

�Adieu, je vous embrasse.

�Duchesse de Grammont.�

Lorenza s�arr�ta apr�s cette lecture.

� Vous ne voyez rien autre chose? demanda Balsamo.

� Je ne vois rien.

� Pas de post-scriptum?

� Non.

Balsamo, dont le front s��tait d�rid� � mesure qu�elle lisait, reprit � Lorenza la lettre de la duchesse.

� Pi�ce curieuse, dit-il, que l�on me payerait bien cher. Oh! comment �crit-on de pareilles choses! s��cria-t-il. Oui, ce sont les femmes qui perdent toujours les hommes sup�rieurs. Ce Choiseul n�a pu �tre renvers� par une arm�e d�ennemis, par un monde d�intrigues, et voil� que le souffle d�une femme l��crase en le caressant. Oui, nous p�rissons tous par la trahison ou la faiblesse des femmes� Si nous avons un c�ur, et dans ce c�ur une fibre sensible, nous sommes perdus.

Et, en disant ces mots, Balsamo regardait avec une tendresse inexprimable Lorenza palpitante sous ce regard.

� Est-ce vrai, lui dit-il, ce que je pense?

� Non, non, ce n�est pas vrai, r�pliqua-t-elle ardemment. Tu vois bien que je t�aime trop, moi, pour te nuire comme toutes ces femmes sans raison et sans c�ur.

Balsamo se laissa enlacer par les bras de son enchanteresse.

Tout � coup un double tintement de la sonnette de Fritz r�sonna deux fois.

� Deux visites, dit Balsamo.

Un violent coup de sonnette acheva la phrase t�l�graphique de Fritz.

Et, se d�gageant des bras de Lorenza, Balsamo sortit de la chambre, laissant la jeune femme toujours endormie.

Il rencontra le courrier sur son chemin: celui-ci attendait les ordres du ma�tre.

� Voil� la lettre, dit-il.

� Qu�en faut-il faire?

� La remettre � son adresse.

� C�est tout?

� C�est tout.

L�adepte regarda l�enveloppe et le cachet, et, les voyant aussi intacts qu�il les avait apport�s, manifesta sa joie et disparut dans les t�n�bres.

� Quel malheur de ne pas garder un pareil autographe! dit Balsamo, et quel malheur surtout de ne pas pouvoir le faire passer par des mains s�res entre les mains du roi!

Fritz apparut alors devant lui.

� Qui est l�? demanda-t-il.

� Une femme et un homme.

� Sont-ils d�j� venus ici?

� Non.

� Les connais-tu?

� Non.

� La femme est-elle jeune?

� Jeune et jolie.

� L�homme?

� Soixante � soixante-cinq ans.

� O� sont-ils?

� Au salon.

Balsamo entra.

Chapitre 84. �vocation

La comtesse avait compl�tement cach� son visage sous une mante; comme elle avait eu le temps de passer � l�h�tel de famille, son costume �tait celui d�une petite bourgeoise.

Elle �tait venue en fiacre avec le mar�chal qui, plus timide, s��tait habill� de gris, comme un valet sup�rieur de bonne maison.

� Monsieur le comte, dit madame du Barry, me reconnaissez-vous?

� Parfaitement, madame la comtesse.

Richelieu restait en arri�re.

� Veuillez vous asseoir, madame, et vous aussi, monsieur.

� Monsieur est mon intendant, dit la comtesse.

� Vous faites erreur, madame, r�pliqua Balsamo en s�inclinant; monsieur est M. le duc de Richelieu, que je reconnais � merveille, et qui serait bien ingrat s�il ne me reconnaissait pas.

� Comment cela? demanda le duc tout d�ferr�, comme disait Tallemant des R�aux.

� Monsieur le duc, on doit un peu de reconnaissance � ceux qui nous ont sauv� la vie, je pense.

� Ah! ah! duc, dit la comtesse en riant; entendez-vous, duc?

� Eh! vous m�avez sauv� la vie, � moi, monsieur le comte? fit Richelieu �tonn�.

� Oui, monseigneur, � Vienne, en 1725, lors de votre ambassade.

� En 1725! mais vous n��tiez pas n�, mon cher monsieur.

Balsamo sourit.

� Il me semble que si, monsieur le duc, dit-il, puisque je vous ai rencontr� mourant, ou plut�t mort sur une liti�re; vous veniez de recevoir un coup d��p�e au beau travers de la poitrine, � telles enseignes que je vous ai vers� sur la plaie trois gouttes de mon �lixir� L�, tenez, � l�endroit o� vous chiffonnez votre point d�Alen�on, un peu riche pour un intendant.

� Mais, interrompit le mar�chal, vous avez trente � trente-cinq ans � peine, monsieur le comte.

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