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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Vous m�y avez cependant d�j� emmen�e, au pavillon de Hanovre, dit Nicole avec d�pit.

� Ah! que tu as mauvaise gr�ce, Nicole, de me reprocher de t�avoir emmen�e � mon h�tel, quand j�ai fait cela pour te rendre service; car, enfin, avoue que, sans l�eau de M. Raft�, qui a fait de toi une charmante brune, tu n�entrais pas � Trianon; ce qui, au reste, valait mieux, peut-�tre, que d�en �tre chass�e; mais aussi pourquoi diable donner comme cela des rendez-vous � M. de Beausire, et � la grille des �curies encore!

� Ainsi, vous savez m�me cela? dit Nicole, qui vit bien qu�il fallait changer de tactique et se mettre � la discr�tion enti�re du mar�chal.

� Parbleu! tu vois bien que je le sais, et madame de Noailles aussi. Tiens, ce soir encore, tu avais rendez-vous�

� C�est vrai, monsieur le duc; mais, foi de Nicole, je n�irai pas.

� Sans doute, tu es pr�venue; mais M. de Beausire ira, lui qui n�est pas pr�venu, et on le prendra. Alors, comme tout naturellement il ne voudra pas passer pour un voleur qu�on pend, ou un espion qu�on b�tonne, il aimera mieux dire, d�autant plus que la chose n�est pas d�sagr�able � avouer: �Laissez-moi, je suis l�amant de la petite Nicole.�

� Monsieur le duc, je vais le faire pr�venir.

� Impossible, pauvre enfant; et par qui, je te le demande; par celui qui t�a d�nonc�e, peut-�tre?

� H�las! c�est vrai, dit Nicole jouant le d�sespoir.

� Comme c�est beau, le remords! s��cria Richelieu.

Nicole se cacha le visage dans ses deux mains, en observant bien de laisser passer assez de jour entre ses doigts pour ne pas perdre un geste, un regard de Richelieu.

� Tu es adorable, en v�rit�, dit le duc, � qui aucune de ces petites roueries f�minines n��chappait; que n�ai-je cinquante ans de moins! Mais n�importe, palsambleu! Nicole, je veux te tirer de l�.

� Oh! monsieur le duc, si vous faites ce que vous dites, ma reconnaissance�

� Je n�en veux pas, Nicole. Je te rendrai service sans int�r�ts, au contraire.

� Ah! c�est bien beau � vous, monseigneur, et du fond de mon c�ur je vous en remercie.

� Ne me remercie pas encore. Tu ne sais rien. Que diable! attends que tu saches.

� Tout me sera bon, monsieur le duc, pourvu que mademoiselle Andr�e ne me chasse pas.

� Ah! mais tu tiens donc �norm�ment � rester � Trianon?

� Par-dessus tout, monsieur le duc.

� Eh bien, Nicole, ma jolie fille, raye ce premier point de dessus tes tablettes.

� Mais, si je ne suis pas d�couverte, cependant, monsieur le duc?

� D�couverte, oui ou non, tu ne partiras pas moins.

� Oh! pourquoi cela?

� Je vais te le dire: parce que, si tu es d�couverte par madame de Noailles, il n�y a pas de cr�dit, m�me celui du roi, qui puisse te sauver.

� Ah! si je pouvais voir le roi!

� Eh bien, petite, en v�rit�, il ne manquerait plus que cela. Ensuite, parce que, si tu n�es pas d�couverte, c�est moi qui te ferai partir.

� Vous?

� Sur-le-champ.

� En v�rit�, monsieur le mar�chal, je n�y comprends rien.

� C�est comme j�ai l�avantage de te le dire.

� Et voil� votre protection?

� Si tu n�en veux pas, il est temps encore; dis un mot, Nicole.

� Oh! si fait, monsieur le duc, je la veux, au contraire.

� Je te l�accorde.

� Eh bien?

� Eh bien, je ferai donc ceci, �coute.

� Parlez, monseigneur.

� Au lieu de te laisser chasser et emprisonner, je te ferai libre et riche.

� Libre et riche?

� Oui.

� Et que faut-il faire pour devenir libre et riche? Dites vite, monsieur le mar�chal.

� Presque rien.

� Mais encore�

� Ce que je vais te prescrire.

� Est-ce bien difficile?

� Une besogne d�enfant.

� Ainsi, dit Nicole, il y a quelque chose � faire?

� Ah! dame!� tu sais la devise de ce monde, Nicole: rien pour rien.

� Et ce qu�il y a � faire, est-ce pour moi? est-ce pour vous?

Le duc regarda Nicole.

� Tudieu! dit-il, la petite masque, est-elle rou�e!

� Enfin, achevez, monsieur le duc.

� Eh bien, c�est pour toi, r�pondit-il bravement.

� Ah! ah! dit Nicole, qui d�j�, comprenant que le mar�chal avait besoin d�elle, ne le craignait plus, et dont l�ing�nieuse cervelle fonctionnait pour d�couvrir la v�rit� au milieu des d�tours dont, par habitude, l�enveloppait son interlocuteur; que ferai-je donc pour moi, monsieur le duc?

� Voici: M. de Beausire vient � sept heures et demie?

� Oui, monsieur le mar�chal, c�est son heure.

� Il est sept heures dix minutes.

� C�est encore vrai.

� Si je veux, il sera pris.

� Oui, mais vous ne voulez pas.

� Non: tu iras le trouver et tu lui diras�

� Je lui dirai?�

� Mais, d�abord, l�aimes-tu, ce gar�on, Nicole?

� Puisque je lui donne des rendez-vous�

� Ce n�est pas une raison; tu peux vouloir l��pouser: les femmes ont de si �tranges caprices!

Nicole partit d�un �clat de rire.

� Moi, l��pouser? dit-elle. Ah! ah! ah!

Richelieu demeura stup�fait; il n�avait pas, m�me � la cour, rencontr� beaucoup de femmes de cette force l�.

� Eh bien, soit, tu ne veux pas �pouser; mais tu aimes alors: tant mieux.

� Soit. J�aime M. de Beausire, mettons cela, monseigneur, et passons.

� Peste! quelle enjambeuse!

� Sans doute. Vous comprenez, ce qui m�int�resse�

� Eh bien?

� C�est de savoir ce qui me reste � faire.

� Nous disons d�abord que, puisque tu l�aimes, tu fuiras avec lui.

� Dame! si vous le voulez absolument, il faudra bien.

� Oh! oh! je ne veux rien, moi; un moment, petite!

Nicole vit qu�elle allait trop vite, et qu�elle ne tenait encore ni le secret ni l�argent de son rude antagoniste.

Elle plia donc, sauf plus tard � se relever.

� Monseigneur, dit-elle, j�attends vos ordres.

� Eh bien, tu vas aller trouver M. de Beausire et tu lui diras: �Nous sommes d�couverts; mais j�ai un protecteur qui nous sauve, vous de Saint Lazare, moi de la Salp�tri�re. Partons.�

Nicole regarda Richelieu.

� Partons, r�p�ta-t-elle.

Richelieu comprit ce regard si fin et si expressif.

� Parbleu! dit-il, c�est entendu, je pourvoirai aux frais du voyage.

Nicole ne demanda pas d�autre �claircissement; il fallait bien qu�elle s�t tout puisqu�on la payait.

Le mar�chal sentit ce pas fait par Nicole et se h�ta, de son c�t�, de dire tout ce qu�il avait � dire, comme on se h�te de payer quand on a perdu, pour n�avoir plus le d�sagr�ment de payer.

� Sais-tu � quoi tu penses, Nicole? dit-il.

� Ma foi, non, r�pondit la jeune fille; mais, vous qui savez tant de choses, monsieur le mar�chal, je parie que vous l�avez devin�?

� Nicole, dit-il, tu songes que, si tu fuis, ta ma�tresse pourra, ayant besoin de toi, par hasard, t�appeler dans la nuit, et, ne te trouvant pas, donner l�alarme, ce qui t�exposerait � �tre rattrap�e.

� Non, dit Nicole, je ne pensais point � cela, parce que, toute r�flexion faite, voyez-vous, monsieur le mar�chal, j�aime mieux rester ici.

� Mais si l�on prend M. de Beausire?

� Eh bien, on le prendra.

� Mais s�il avoue?

� Il avouera.

� Ah! fit Richelieu avec un commencement d�inqui�tude, tu seras perdue, alors.

� Non; car mademoiselle Andr�e est bonne et, comme elle m�aime au fond, elle parlera de moi au roi; et, si l�on fait quelque chose � M. de Beausire, on ne me fera rien, � moi.

Le mar�chal se mordit les l�vres.

� Et moi, Nicole, reprit-il, je te dis que tu es une sotte; que mademoiselle Andr�e n�est pas bien avec le roi, et que je vais te faire enlever tout � l�heure si tu ne m��coutes pas comme je veux que tu m��coutes; entends-tu, petite vip�re?

� Oh! oh! monseigneur, je n�ai la t�te ni plate ni cornue; j��coute, mais je fais mes r�serves.

� Bien. Tu vas donc aller de ce pas ruminer ton plan de fuite avec M. de Beausire.

� Mais comment voulez-vous que je m�expose � fuir, monsieur le mar�chal, puisque vous me dites vous-m�me que mademoiselle peut se r�veiller, me demander, m�appeler, que sais-je? toutes choses auxquelles je n�avais pas song� d�abord, mais que vous avez pr�vues, vous, monseigneur, qui �tes un homme d�exp�rience.

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