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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Et il tendit quelques instants sa pens�e vers ce but, l�imprimant dans son cerveau comme pour lui donner plus d��lan quand elle jaillirait vers Paris; et, apr�s cette op�ration myst�rieuse, � laquelle concoururent sans doute tous les divins atomes anim�s par Dieu, ma�tre et seigneur de toutes choses, Balsamo, les dents serr�es encore, les poings crisp�s, rendit les r�nes � Dj�rid, mais sans lui faire sentir cette fois ni le genou ni l��peron.

On e�t dit que Balsamo voulait se convaincre lui-m�me.

Alors le noble coursier marcha paisiblement, selon la permission tacite que lui donnait son ma�tre, posant, avec cette d�licatesse particuli�re � sa race, un pied presque silencieux, tant il �tait l�ger, sur le pav� de la route.

Balsamo, d�ailleurs, pendant tout ce temps qui, � des regards superficiels, e�t paru perdu, Balsamo combinait tout un plan de d�fense; il l�achevait au moment o� Dj�rid touchait le pav� de S�vres.

Arriv� en face de la grille du parc, il s�arr�ta et regarda autour de lui; on e�t dit qu�il attendait quelqu�un.

En effet, presque aussit�t, un homme se d�tacha de dessous une porte coch�re et vint � lui.

� Est-ce toi, Fritz? demanda Balsamo.

� Oui, ma�tre.

� T�es-tu inform�?

� Oui.

� Madame du Barry est-elle � Paris ou � Luciennes?

� Elle est � Paris.

Balsamo leva un regard triomphant vers le ciel.

� Comment es-tu venu?

� Avec Sultan.

� O� est-il?

� Dans la cour de cette auberge.

� Tout sell�?

� Tout sell�.

� C�est bien, tiens-toi pr�t.

Fritz alla d�tacher Sultan. C��tait un de ces braves chevaux allemands, de bon caract�re, qui murmurent bien un peu dans les marches forc�es, mais qui ne vont pas moins tant qu�il reste du souffle dans leurs flancs, et de l��peron au talon de leur ma�tre.

Fritz revint vers Balsamo.

Celui-ci �crivait sous la lanterne que MM. les commis du pied fourch� tenaient allum�e toute la nuit pour leurs op�rations fiscales.

� Retourne � Paris, dit-il, et remets, quelque part qu�elle soit, ce billet � madame du Barry en personne, dit Balsamo; tu as une demi-heure pour cela; apr�s quoi, tu retourneras rue Saint-Claude, o� tu attendras la signora Lorenza, qui ne peut manquer de rentrer; tu la laisseras passer sans lui rien dire, et sans lui opposer le moindre obstacle. Va, et rappelle-toi surtout que dans une demi-heure ta commission doit �tre faite.

� C�est bien, dit Fritz; elle le sera.

Et en m�me temps qu�il faisait � Balsamo cette r�ponse rassurante, il attaquait de l��peron et du fouet Sultan, qui partit, �tonn� de cette agression inaccoutum�e, en poussant un hennissement douloureux.

Pour Balsamo, se remettant peu � peu, il prit la route ne Paris, o� il entra trois quarts d�heure apr�s, presque frais de visage, et l��il calme, ou plut�t pensif.

C�est que Balsamo avait raison: si rapide que f�t Dj�rid, ce fils hennissant du d�sert, Dj�rid �tait en retard, et sa volont� seule pouvait marcher aussi vite que Lorenza �chapp�e de sa prison.

De la rue Saint-Claude, la jeune femme avait gagn� le boulevard, et, tournant � droite, aper�u bient�t les remparts de la Bastille; mais Lorenza, toujours enferm�e, ignorait Paris: d�ailleurs, son premier but �tait de fuir la maison maudite dans laquelle elle ne voyait qu�un cachot; sa vengeance venait en second.

Elle venait donc de s�engager dans le faubourg Saint-Antoine, toute troubl�e, toute press�e, lorsqu�elle fut accost�e par un jeune homme qui la suivait depuis quelques minutes avec �tonnement.

En effet, Lorenza, Italienne des environs de Rome, ayant presque toujours v�cu d�une vie exceptionnelle, en dehors de toutes les habitudes de la mode, de tous les costumes et de tous les usages de l��poque, Lorenza s�habillait plut�t comme une femme d�Orient que comme une Europ�enne, c�est-�-dire toujours amplement, toujours somptueusement, ressemblant bien peu � ces charmantes poup�es serr�es comme des gu�pes dans un long corsage et toutes frissonnantes de soie et de mousseline, sous lesquelles on cherchait presque inutilement un corps, tant leur ambition �tait de para�tre immat�rielles.

Lorenza n�avait donc conserv� ou plut�t adopt� du costume des Fran�aises d�alors que les souliers � talons de deux pouces de haut, cette impossible chaussure qui faisait cambrer le pied, ressortir la d�licatesse des chevilles, et qui, dans ce si�cle tant soit peu mythologique, rendait la fuite impossible aux Ar�thuses poursuivies par les Alph�es.

L�Alph�e qui poursuivait notre Ar�thuse la joignit donc facilement; il avait vu ses jambes divines sous ses jupes de satin et de dentelles, ses cheveux sans poudre et ses yeux brillant d�un feu �trange sous un mantelet roul� autour de la t�te et du cou; il crut voir dans Lorenza une femme d�guis�e, soit pour quelque mascarade, soit pour quelque rendez-vous d�amour, et se rendant � pied, faute de fiacre, � quelque petite maison du faubourg.

Il s�approcha donc, et, se pla�ant � c�t� de Lorenza le chapeau � la main:

� Mon Dieu! madame, dit-il, vous ne sauriez aller loin ainsi, avec cette chaussure qui retarde votre marche; voulez-vous accepter mon bras jusqu�� ce que nous trouvions une voiture, et j�aurai l�honneur de vous accompagner o� vous allez.

Lorenza tourna la t�te avec brusquerie, regarda de son �il noir et profond celui qui lui faisait une offre qui � bon nombre de femmes e�t paru une impertinence, et, s�arr�tant:

� Oui, dit-elle, je le veux bien.

Le jeune homme tendit galamment le bras.

� O� allons-nous, madame? demanda-t-il.

� � l�h�tel de la lieutenance de police.

Le jeune homme tressaillit.

� Chez M. de Sartine? demanda-t-il.

� Je ne sais s�il s�appelle M. de Sartine; mais je veux parler � celui qui est lieutenant de police.

Le jeune homme commen�a � r�fl�chir.

Cette femme, jeune et belle, qui sous un costume �tranger, � huit heures du soir, courait les rues de Paris tenant une cassette sous son bras et demandant l�h�tel du lieutenant de police, auquel elle tournait le dos, lui parut suspecte.

� Ah! diable! fit-il, l�h�tel de M. le lieutenant de police, ce n�est point par ici.

� O� est-ce?

� Dans le faubourg Saint-Germain.

� Et par o� va-t-on au faubourg Saint-Germain?

� Par ici, madame, r�pondit le jeune homme, calme quoique poli toujours; et, si vous le voulez, � la premi�re voiture que nous rencontrerons�

� Oui, c�est cela, une voiture, vous avez raison.

Le jeune homme ramena Lorenza sur le boulevard, et, ayant rencontr� un fiacre, il l�appela.

Le cocher vint � l�appel.

� O� faut-il vous conduire, madame? demanda-t-il.

� � l�h�tel de M. de Sartine, dit le jeune homme.

Et, par un reste de politesse, ou plut�t d��tonnement, ouvrant la porti�re, il salua Lorenza, et apr�s l�avoir aid�e � monter, il la regarda s��loigner comme on fait en r�ve d�une vision.

Le cocher, plein de respect pour le nom terrible, fouetta ses chevaux et partit dans la direction indiqu�e.

Ce fut alors que Lorenza traversa la place Royale, ce fut alors qu�Andr�e, dans son sommeil magn�tique, l�ayant vue et entendue, la d�non�a � Balsamo.

En vingt minutes Lorenza fut � la porte de l�h�tel.

� Faut-il vous attendre, ma belle dame? demanda le cocher.

� Oui, r�pondit machinalement Lorenza.

Et, l�g�re, elle s�engouffra sous le portail du splendide h�tel.

Chapitre 123. L�h�tel de M. de Sartine

Une fois dans la cour, Lorenza se vit entour�e de tout un monde d�exempts et de soldats.

Elle s�adressa au garde-fran�aise qui se trouva le plus proche d�elle, et le pria de la conduire au lieutenant de police; ce garde la renvoya au suisse, qui, voyant cette femme si belle, si �trange, si richement v�tue et tenant sous son bras un magnifique coffret, reconnut que la visite pourrait n��tre pas oiseuse, et la fit monter par un grand escalier jusqu�� une antichambre o� tout venant, sur la sagace inquisition de ce suisse, pouvait � toute heure du jour et de la nuit apporter � M. de Sartine un �claircissement, une d�nonciation ou une requ�te.

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