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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Gilbert vit donc cette femme blanche et solennelle s�avancer comme si elle venait au-devant de lui.

Il recula devant elle, et alla, reculant toujours, s�enfoncer dans une charmille.

C��tait ainsi, il se le rappelait, qu�il avait d�j� vu Andr�e au ch�teau de Taverney.

Andr�e passa devant Gilbert, l�effleura m�me et ne le vit pas.

Le jeune homme, �cras�, �perdu, se laissa tomber sur son mollet repli� sous lui: il avait peur.

Ne sachant � quoi attribuer cette �trange sortie d�Andr�e, il la suivait des yeux; mais sa raison �tait confondue, mais son sang battait avec imp�tuosit� ses tempes, mais il �tait plus pr�s de la folie que de ce froid bon sens qu�il faut � l�observateur.

Il demeura donc accroupi sur l�herbe au milieu des feuilles, et guettant comme il faisait depuis que ce fatal amour �tait entr� dans son c�ur.

Tout � coup, le myst�re de cette sortie lui fut expliqu�: Andr�e n��tait ni folle, ni �gar�e, comme il le croyait. Andr�e, de ce pas froid et s�pulcral, allait � un rendez-vous.

Un �clair venait de sillonner le ciel.

Gilbert, � la lueur bleu�tre de cet �clair, vit un homme cach� sous la sombre avenue de tilleuls, et, si rapide qu�eut �t� la flamme d�orage, il avait vu se d�tacher sur le fond noir son visage p�le et ses v�tements en d�sordre.

Andr�e marchait vers cet homme, qui tenait un bras �tendu comme pour l�attirer � lui.

Quelque chose comme la morsure d�un fer rouge mordit le c�ur de Gilbert et le fit se redresser sur ses genoux pour mieux voir.

En ce moment, un autre �clair passa dans la nuit.

Gilbert reconnut Balsamo, couvert de sueur et de poussi�re; Balsamo, qui, � l�aide de quelque myst�rieuse intelligence, avait p�n�tr� dans Trianon; Balsamo enfin qui attirait Andr�e � lui, aussi invinciblement, aussi fatalement que le serpent attire l�oiseau.

� deux pas de lui, Andr�e s�arr�ta.

Il lui prit la main. Andr�e tressaillit de tout son corps.

� Voyez-vous? dit-il.

� Oui, r�pondit Andr�e; mais, en m�appelant ainsi, vous avez failli me tuer.

� Pardon, pardon, r�pondit Balsamo; mais c�est que j�ai la t�te perdue, c�est que je ne m�appartiens plus, c�est que je deviens fou, c�est que je me meurs.

� En effet, vous souffrez, dit Andr�e, avertie de la souffrance de Balsamo par le contact de sa main.

� Oui, oui, je souffre, et je viens chercher la consolation pr�s de vous. Vous seule pouvez me sauver.

� Interrogez-moi.

� Une seconde fois, voyez-vous?

� Oh! parfaitement.

� Voulez-vous me suivre chez moi, le pouvez-vous?

� Je le puis, si vous voulez me conduire par la pens�e.

� Venez.

� Ah! dit Andr�e, nous entrons dans Paris, nous suivons le boulevard, nous nous enfon�ons dans une rue qui n�est �clair�e que par une seule lanterne.

� C�est cela: entrons, entrons.

� Nous sommes dans une antichambre. Il y a un escalier � droite; mais vous m�entra�nez vers le mur: le mur s�ouvre; des degr�s se pr�sentent�

� Montez! montez! s��cria Balsamo, c�est notre chemin.

� Ah! nous voici dans une chambre; il y a des peaux de lion, des armes. Tiens, la plaque de la chemin�e s�ouvre.

� Passons; o� �tes-vous?

� Dans une chambre singuli�re, dans une chambre sans issues, dont les fen�tres sont grill�es; oh! comme tout est en d�sordre dans cette chambre!

� Mais, vide, vide, n�est-ce pas?

� Vide.

� Pouvez-vous voir la personne qui l�habitait?

� Oui, si l�on me donne un objet qui l�ait touch�e, qui vienne d�elle ou qui lui appartienne.

� Tenez; voici de ses cheveux.

Andr�e prit les cheveux et les approcha de sa personne.

� Oh! je la reconnais, dit-elle, j�ai d�j� vu cette femme; elle fuyait vers Paris.

� C�est cela, c�est cela; pouvez-vous me dire ce qu�elle a fait depuis deux heures et comment elle s�est enfuie?

� Attendez, attendez; oui: elle est couch�e sur un sofa; elle a la poitrine � moiti� nue, avec une blessure au-dessous du sein.

� Voyez, Andr�e, voyez, ne la quittez plus.

� Elle �tait endormie; elle se r�veille; elle cherche autour d�elle; elle tire un mouchoir; elle monte sur une chaise; elle attache le mouchoir aux barreaux de sa fen�tre. Oh! mon Dieu!

� Elle veut donc mourir r�ellement?

� Oh! oui, elle est d�cid�e. Mais cette mort l��pouvante. Elle laisse le mouchoir attach� aux barreaux. Descends, ah! pauvre femme!

� Quoi?

� Oh! comme elle pleure! Comme elle souffre! Comme elle se tord les bras; elle cherche un angle de muraille o� se briser le front.

� Oh! mon Dieu! mon Dieu! murmura Balsamo.

� Oh! elle s��lance contre la chemin�e. La chemin�e repr�sente deux lions de marbre; elle va se briser le front contre la t�te du lion.

� Apr�s?� apr�s?� Voyez, Andr�e, voyez, je le veux!

� Elle s�arr�te.

Balsamo respira.

� Elle regarde.

� Que regarde-t-elle? demanda Balsamo.

� Elle a aper�u du sang sur l��il du lion.

� Mon Dieu! mon Dieu! murmura Balsamo.

� Oui, du sang, et cependant elle ne s�est pas frapp�e. Oh! c�est �trange! ce sang n�est pas le sien, c�est le v�tre.

� Ce sang est le mien! s��cria Balsamo, ivre d��garement.

� Oui, le v�tre, le v�tre! Vous vous �tes coup� les doigts avec un couteau, avec un poignard, et vous avez appuy� votre doigt ensanglant� sur l��il du lion. Je vous vois.

� C�est vrai, c�est vrai� Mais comment s�enfuit-elle?

� Attendez, attendez, je la vois examiner ce sang, r�fl�chir, puis appuyer son doigt o� vous avez appuy� le v�tre. Ah! l��il du lion c�de, un ressort agit. La plaque de la chemin�e s�ouvre.

� Imprudent! s��crie Balsamo; malheureux imprudent! malheureux fou que je suis! Je me suis trahi moi-m�me� Et elle sort? continua Balsamo, elle fuit?

� Oh! il faut lui pardonner, � la pauvre femme; elle �tait bien malheureuse.

� O� est-elle? O� va-t-elle? Suivez-la, Andr�e, je le veux!

� Attendez, elle s�arr�te un instant dans la chambre aux armes et aux fourrures; une armoire est ouverte; une cassette ordinairement enferm�e dans cette armoire est pos�e sur une table. Elle reconna�t la cassette et la prend.

� Que contient cette cassette?

� Vos papiers, je crois.

� Comment est-elle?

� Recouverte de velours bleu avec des clous d�argent, des fermoirs d�argent, une serrure d�argent.

� Oh! dit Balsamo frappant du pied avec col�re, c�est donc elle qui a pris cette cassette?

� Oui, oui, c�est elle. Elle descend l�escalier qui donne dans l�antichambre, elle ouvre la porte, elle tire la cha�ne qui fait ouvrir la porte de la rue, elle sort.

� Est-il bien tard?

� Il doit �tre tard, car il fait nuit.

� Tant mieux! elle sera partie peu de temps avant mon retour, et j�aurai le temps de la rejoindre peut-�tre; suivez-la, suivez-la, Andr�e.

� Une fois hors de la maison, elle court comme une folle; comme une folle, elle gagne le boulevard� Elle court� elle court, sans s�arr�ter.

� De quel c�t�?

� Du c�t� de la Bastille.

� Vous la voyez toujours?

� Oui, elle est comme une insens�e; elle se heurte aux passants. Elle s�arr�te enfin, elle cherche � savoir o� elle est� Elle interroge.

� Que dit-elle? �coutez, Andr�e, �coutez, et, au nom du Ciel, ne perdez pas une de ses paroles. Vous avez dit qu�elle interrogeait?

� Oui, un homme v�tu de noir.

� Que lui demande-t-elle?

� Elle lui demande l�adresse du lieutenant de police.

� Oh! ce n��tait donc pas une vaine menace. La lui donne-t-on?

� Oui.

� Que fait-elle?

� Elle revient sur ses pas, elle prend une rue qui va en biais; elle passe sur une grande place.

� La place Royale, c�est le chemin. Lisez-vous dans son intention?

� Courez vite, courez vite! elle va vous d�noncer. Si elle arrive avant vous, si elle voit M. de Sartine, vous �tes perdu!

Balsamo poussa un cri terrible, s��lan�a dans le taillis, franchit une petite porte qu�ouvrit et referma une esp�ce d�ombre, d�un bond sauta sur son cheval Dj�rid, qui battait la terre � la porte.

L�animal, aiguillonn� � la fois par la voix et par l��peron, partit comme une fl�che dans la direction de Paris, et l�on n�entendit plus que le froissement des pav�s sur lesquels il volait.

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