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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Nicole y �tait en effet.

� peine Gilbert �tait-il install� dans son massif, qu�un bruit �trange parvint � son oreille: c��tait le bruit de l�or sur la pierre, c��tait ce retentissement m�tallique dont rien, sinon la r�alit�, ne peut donner une id�e juste.

Gilbert se glissa comme un serpent jusqu�au mur en terrasse surmont� d�une haie de lilas, laquelle, au mois de mai, r�pandait son parfum et secouait ses fleurs sur les passants qui longeaient le mur de cette all�e creuse qui s�pare le grand Trianon du petit.

Arriv� � ce point, les regards de Gilbert, habitu�s � l�obscurit�, virent Nicole qui vidait sur une pierre, en de�� de la grille, et prudemment plac�e hors de la port�e de la main de M. de Beausire, la bourse donn�e par M. de Richelieu.

Les gros louis en ruisselaient bondissants et reluisants, tandis que M. de Beausire, l��il allum� et la main tremblante, regardait attentivement Nicole et les louis sans comprendre comment l�une poss�dait les autres.

Nicole parla.

� Plus d�une fois, dit-elle, vous m�avez propos� de m�enlever, mon cher monsieur de Beausire.

� Et de vous �pouser m�me! s��cria l�exempt tout enthousiasm�.

� Oh! quant � ce dernier point, mon cher monsieur, dit la jeune fille, nous le discuterons plus tard: pour le moment fuir est le principal. Pouvons-nous fuir dans deux heures?

� Dans dix minutes, si vous voulez.

� Non pas; j�ai quelque chose � faire auparavant, et ce que j�ai � faire demande deux heures.

� Dans deux heures comme dans dix minutes, je suis � vos ordres, tendre amie.

� Bien! prenez cinquante louis � la jeune fille compta cinquante louis et les passa par la grille � M. de Beausire, lequel, sans les compter, lui, les engouffra dans la poche de sa veste �; et, dans une heure et demie, continua t-elle, soyez ici avec un carrosse.

� Mais�, objecta Beausire.

� Oh! si vous ne voulez pas, prenons que rien n�est convenu entre nous et rendez-moi mes cinquante louis.

� Je ne recule pas, ch�re Nicole; seulement, je crains l�avenir.

� Pour qui?

� Pour vous.

� Pour moi?

� Oui. Les cinquante louis disparus, et ils finiront par dispara�tre, vous allez vous trouver � plaindre, vous allez regretter Trianon, vous allez�

� Oh! comme vous �tes d�licat, cher monsieur de Beausire! Allons, allons, ne craignez rien, je ne suis pas de ces femmes que l�on rend malheureuses, moi; n�ayez donc pas de scrupules: d�ailleurs, apr�s ces cinquante louis, nous verrons.

Et Nicole fit sonner les cinquante autres rest�s dans la bourse.

Les yeux de Beausire �taient phosphorescents.

� Pour vous, dit-il, je me jetterais dans un four br�lant.

� Oh! l�! l�! on ne vous demande pas tant, monsieur de Beausire; ainsi, c�est convenu, dans une heure et demie le carrosse, dans deux heures la fuite.

� C�est convenu, s��cria Beausire en saisissant la main de Nicole et en l�attirant pour la baiser � travers la grille.

� Silence donc! dit Nicole; �tes-vous fou?�

� Non, je suis amoureux.

� Hum! fit Nicole.

� Vous ne me croyez pas, cher c�ur?

� Si fait, je vous crois. Ayez de bons chevaux surtout.

� Oh! oui.

Ils se s�par�rent.

Mais, au bout d�une seconde, Beausire se retourna tout effar�.

� Psit! psit! fit-il.

� Eh bien, quoi? demanda Nicole d�assez loin d�j� et voilant sa bouche avec sa main, afin de faire porter sans explosion sa voix � la distance voulue.

� Et la grille, demanda Beausire, vous passerez donc par-dessus?

� Il est stupide, murmura Nicole, qui en ce moment n��tait qu�� dix pas de Gilbert.

Puis, plus haut:

� J�ai la clef, dit-elle.

Beausire poussa un ah! plein d�admiration et s�enfuit pour tout de bon cette fois.

Nicole s�en revint, t�te baiss�e et jambes alertes, pr�s de sa ma�tresse.

Gilbert, demeur� seul, se posa les quatre questions suivantes:

�Pourquoi Nicole s�enfuit-elle avec Beausire, qu�elle n�aime pas?

�Pourquoi Nicole a-t-elle en sa possession une si forte somme d�argent?

�Pourquoi Nicole a-t-elle la clef de la grille?

�Pourquoi Nicole, pouvant fuir tout de suite, retourne-t-elle aupr�s d�Andr�e?�

Gilbert trouvait bien une r�ponse � cette question: �Pourquoi Nicole a-t elle de l�argent?�Mais il n�en trouvait pas aux autres.

Aussi, � cette n�gation de sa perspicacit�, sa curiosit� naturelle ou sa d�fiance acquise, comme on voudra, fut-elle si puissamment surexcit�e, qu�il d�cida de passer, si froide qu�elle f�t, la nuit en plein air, sous les arbres humides, pour attendre le d�nouement de cette sc�ne dont il venait de voir le commencement.

Andr�e avait reconduit son p�re jusqu�aux barri�res du Grand Trianon. Elle revenait seule et pensive, quand Nicole d�boucha, toute courante, de l�all�e qui conduisait � la fameuse grille o� elle venait de prendre toutes ses mesures avec M. de Beausire.

Nicole s�arr�ta en apercevant sa ma�tresse et, sur un signe que lui fit Andr�e, elle monta derri�re elle et la suivit vers sa chambre.

Il pouvait en ce moment �tre huit heures et demie du soir. La nuit �tait venue plus prompte et plus �paisse que d�habitude, parce qu�un grand nuage noir, courant du sud au nord, avait envahi tout le ciel, de sorte qu�au del� de Versailles, par-dessus les grands bois, aussi loin que la vue pouvait s��tendre, on voyait le lugubre linceul envelopper peu � peu toutes les �toiles �tincelant, un instant auparavant, sur leur coupole d�azur.

Un petit vent lourd et bas rasait le sol, envoyant des bouff�es ardentes aux fleurs alt�r�es, qui courbaient la t�te comme pour implorer du ciel l�aum�ne de la pluie ou de la ros�e.

Cette menace de l�atmosph�re n�avait aucunement acc�l�r� la marche d�Andr�e; au contraire, la jeune fille, triste et profond�ment r�veuse, mettait comme � regret le pied sur chaque marche de l�escalier qui conduisait � sa chambre, et elle s�arr�tait � chaque fen�tre pour regarder le ciel si bien en harmonie avec sa tristesse et retarder ainsi sa rentr�e dans le petit appartement.

Nicole impatiente, Nicole d�pit�e, Nicole, qui craignait que quelque fantaisie de sa ma�tresse ne la conduis�t au del� de l�heure, grommelait tout bas ces sortes d�impr�cations que les valets n��pargnent jamais aux ma�tres assez imprudents pour se permettre de satisfaire un caprice aux d�pens des caprices de leurs valets.

Enfin, Andr�e poussa la porte de sa chambre et, tombant plut�t qu�elle ne s�assit sur un fauteuil, commanda doucement � Nicole d�entreb�iller la fen�tre qui donnait sur la cour.

Nicole ob�it.

Puis, revenant � sa ma�tresse avec cet air d�int�r�t que la flatteuse savait si bien prendre:

� J�ai peur que mademoiselle ne soit un peu malade ce soir, dit-elle; mademoiselle a les yeux rouges et gonfl�s, brillants n�anmoins. Je crois que mademoiselle aurait grand besoin de repos.

� Tu crois, Nicole? dit Andr�e, qui n�avait pas �cout�.

Et elle �tendit nonchalamment les pieds sur un carreau de tapisserie.

Nicole accepta cette pose pour un ordre de d�shabiller sa ma�tresse et se mit � d�tacher les rubans et les fleurs de sa coiffure, esp�ce d��difice que la d�molisseuse la plus habile ne jetait point bas avant un bon quart d�heure.

Andr�e, pendant tout ce travail, ne souffla pas un seul mot. Nicole, laiss�e � son libre arbitre, hacha, comme on dit, la besogne, et, sans faire crier Andr�e, tant sa pr�occupation �tait grande, lui tira tout � son aise les cheveux.

La toilette de nuit termin�e, Andr�e donna ses ordres pour le lendemain. Il s�agissait d�aller d�s le matin � Versailles chercher quelques livres que Philippe devait avoir fait transporter pour sa s�ur; il y avait, en outre, � pr�venir l�accordeur de se rendre � Trianon pour mettre le clavecin en �tat.

Nicole r�pondit tranquillement que, si on ne la r�veillait point dans la nuit, elle se l�verait de bonne heure, et qu�avant le r�veil de mademoiselle, toutes les commissions seraient faites.

� Demain aussi, j��crirai, continua Andr�e se parlant � elle-m�me; oui, j��crirai � Philippe, cela m�all�gera un peu.

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