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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Lorenza, Lorenza, nous ne pouvons nous s�parer. Li�s, li�s, nous somme li�s dans ce monde, entendez-vous bien? Tout ce qui exc�dera les limites de cette maison, ne me le demandez pas.

Et Balsamo pronon�a ces mots d�une voix si nette, et en m�me temps si r�serv�e dans son absolutisme, que Lorenza ne continua pas m�me d�insister.

� Ainsi, vous ne le voulez pas? dit-elle abattue.

� Je ne le puis.

� C�est irr�vocable?

� Irr�vocable, Lorenza.

� Eh bien, autre chose, dit-elle avec un sourire.

� Oh! ma bonne Lorenza, souriez encore, encore ainsi et, avec un pareil sourire, vous me ferez faire tout ce que vous voudrez.

� Oui, n�est-ce pas, je vous ferai faire tout ce que je voudrai, pourvu que, moi, je fasse tout ce qu�il vous plaira? Eh bien, soit. Je serai raisonnable autant que possible.

� Parle, Lorenza, parle.

� Tout � l�heure vous m�avez dit: �Un jour, Lorenza, tu ne souffriras plus; un jour, tu seras libre; un jour, tu seras heureuse.�

� Oh! je l�ai dit et je jure le Ciel que j�attends ce jour avec la m�me impatience que toi.

� Eh bien, ce jour peut arriver tout de suite, Balsamo, dit la jeune femme avec une expression caressante que son mari ne lui avait jamais vue que pendant son sommeil. Je suis lasse, voyez-vous, oh! bien lasse; vous comprendrez cela, si jeune encore, j�ai d�j� tant souffert! Eh bien, mon ami � car vous dites que vous �tes mon ami � �coutez-moi donc: ce jour heureux, donnez-le-moi tout de suite.

� J��coute, dit Balsamo avec un trouble inexprimable.

� J�ach�ve mon discours par la demande que j�eusse d� vous faire en commen�ant, Acharat.

La jeune femme frissonna.

� Parlez, mon amie.

� Eh bien, j�ai remarqu� souvent, quand vous faisiez des exp�riences sur de malheureux animaux, et vous me disiez que ces exp�riences �taient n�cessaires � l�humanit�; j�ai remarqu� que souvent vous aviez le secret de la mort, soit par une goutte de poison, soit par une veine ouverte, et que cette mort �tait douce, et que cette mort avait la rapidit� de la foudre, et que ces malheureuses et innocentes cr�atures, condamn�es comme moi au malheur de la captivit�, �taient lib�r�es tout � coup par la mort, premier bienfait qu�elles eussent re�u depuis leur naissance. Eh bien�

Elle s�arr�ta p�lissant.

� Eh bien, Lorenza? r�p�ta Balsamo.

� Eh bien, ce que vous faites parfois dans l�int�r�t de la science vis-�-vis de malheureux animaux, faites-le vis-�-vis de moi pour ob�ir aux lois de l�humanit�; faites-le pour une amie qui vous b�nira de toute son �me, pour une amie qui baisera vos mains avec une reconnaissance infinie, si vous lui accordez ce qu�elle vous demande. Faites-le, Balsamo, pour moi qui suis � vos genoux, pour moi qui vous promets, � mon dernier soupir, plus d�amour et de joie que vous n�en avez fait �clore en moi pendant toute ma vie; pour moi qui vous promets un sourire franc et radieux au moment o� je quitterai la terre. Balsamo, par l��me de votre m�re, par le sang de notre Dieu, par tout ce qu�il y a de doux et de solennel, de sacr� dans le monde des vivants et dans le monde des morts, je vous en conjure, tuez-moi, tuez-moi!

� Lorenza! s��cria Balsamo en saisissant entre ses bras la jeune femme, qui, � ces derniers mots, s��tait lev�e, Lorenza, tu es en d�lire; moi, te tuer! toi, mon amour, toi, ma vie!

Lorenza se d�gagea des bras de Balsamo par un violent effort et tomba � genoux.

� Je ne me rel�verai pas, dit-elle, que tu ne m�aies accord� ma demande. Tue-moi sans secousse, sans douleur, sans agonie; accorde-moi cette gr�ce, puisque tu dis que tu m�aimes, de m�endormir comme tu m�as endormie souvent; seulement, �te-moi le r�veil, c�est le d�sespoir.

� Lorenza, mon amie, dit Balsamo, mon Dieu! ne voyez-vous donc point que vous me percez le c�ur? Quoi! vous �tes malheureuse � ce point? Voyons, Lorenza, remettez-vous, ne vous abandonnez point au d�sespoir. H�las! vous me ha�ssez donc bien?

� Je hais l�esclavage, la g�ne, la solitude; et, puisque c�est vous qui me faites esclave, malheureuse et solitaire, eh bien, oui, je vous hais.

� Mais, moi, je vous aime trop pour vous voir mourir. Lorenza, vous ne mourrez donc pas, et je ferai la cure la plus difficile de toutes celles que j�ai faites, ma Lorenza; je vous ferai aimer la vie.

� Non, non, impossible; vous m�avez fait ch�rir la mort.

� Lorenza, par piti�, ma Lorenza, je te promets qu�avant peu�

� La mort ou la vie! s��cria la jeune femme, qui s�enivrait graduellement de sa col�re. Aujourd�hui est le jour supr�me; voulez-vous me donner la mort, c�est-�-dire le repos?

� La vie, ma Lorenza, la vie.

� C�est la libert� alors.

Balsamo garda le silence.

� Alors, la mort, la douce mort par un philtre, par un coup d�aiguille, la mort pendant le sommeiclass="underline" le repos! le repos! le repos!

� La vie et la patience, Lorenza.

Lorenza poussa un �clat de rire terrible, et faisant un bond en arri�re, elle tira de sa poitrine un couteau � la lame fine et aigu� qui, pareil � l��clair, �tincela dans sa main.

Balsamo poussa un cri; mais il �tait trop tard: lorsqu�il s��lan�a, lorsqu�il atteignit la main, l�arme avait d�j� fait son trajet et �tait retomb�e sur la poitrine de Lorenza. Balsamo avait �t� �bloui par l��clair; il fut aveugl� par la vue du sang.

� son tour, il poussa un cri terrible et saisit Lorenza � bras-le-corps, allant chercher au milieu de sa course l�arme pr�te � retomber une seconde fois et la saisissant � pleine main.

Lorenza retira le couteau par un violent effort, et la lame tranchante glissa entre les doigts de Balsamo.

Le sang jaillit de sa main mutil�e.

Alors, au lieu de continuer la lutte, Balsamo �tendit cette main toute sanglante sur la jeune femme et d�une voix irr�sistible:

� Dormez, Lorenza, dit-il, dormez, je le veux!

Mais, cette fois, l�irritation �tait telle, que l�ob�issance fut moins prompte que d�habitude.

� Non, non, murmura Lorenza chancelante et cherchant � se frapper encore. Non, je ne dormirai pas!

� Dormez! vous dis-je! s��cria une seconde fois Balsamo en faisant un pas vers elle, dormez, je vous l�ordonne.

Cette fois, la puissance de volont� fut telle chez Balsamo, que toute r�action fut vaincue; Lorenza poussa un soupir, laissa �chapper le couteau, chancela et alla rouler sur des coussins.

Ses yeux restaient seuls ouverts, mais le feu sinistre de ses yeux p�lit graduellement et ils se ferm�rent. Le cou, crisp�, se d�tendit; la t�te se pencha sur l��paule, comme fait la t�te d�un oiseau bless�, un frissonnement nerveux courut par tout son corps. Lorenza �tait endormie.

Alors seulement Balsamo put �carter les v�tements de Lorenza et sonda sa blessure, qui lui parut l�g�re. Cependant, le sang s�en �chappait avec abondance.

Balsamo poussa l��il du lion, le ressort joua, la plaque s�ouvrit; puis, d�tachant le contrepoids qui faisait descendre la trappe d�Althotas, il se pla�a sur cette trappe et monta dans le laboratoire du vieillard.

� Ah! c�est toi, Acharat? dit celui-ci toujours dans son fauteuil. Tu sais que c�est dans huit jours que j�ai cent ans. Tu sais que, d�ici l�, il me faut le sang d�un enfant ou d�une vierge?

Mais Balsamo ne l��coutait point, il courut � l�armoire o� se trouvaient les baumes magiques, saisit une de ces fioles dont il avait tant de fois �prouv� l�efficacit�; puis il se repla�a sur la trappe, frappa du pied et redescendit.

Althotas fit rouler son fauteuil jusqu�� l�orifice de la trappe, avec l�intention de le saisir par ses v�tements.

� Tu entends, malheureux! lui dit-il; tu entends, si dans huit jours je n�ai pas un enfant ou une vierge pour achever mon �lixir, je suis mort.

Balsamo se retourna; les yeux du vieillard semblaient flamboyer au milieu de son visage aux muscles immobiles; on e�t dit que les yeux seuls vivaient.

� Oui, oui, r�pondit Balsamo; oui, sois tranquille, on te donnera ce que tu demandes.

Puis, l�chant le ressort, il fit remonter la trappe qui, ainsi qu�un ornement, alla s�adapter au plafond.

Apr�s quoi, il s��lan�a dans la chambre de Lorenza, o� il �tait � peine rentr�, que la sonnette de Fritz retentit.

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