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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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La jeune femme se tut.

� M�aimerez-vous enfin? acheva Balsamo avec un soupir.

� Je ne veux promettre que ce que je puis tenir, dit Lorenza; ni l�amour ni la haine ne d�pendent de nous. J�esp�re que Dieu, en �change de ces bons proc�d�s de votre part, permettra que la haine s�efface et que l�amour vienne.

� Ce n�est malheureusement pas assez d�une pareille promesse, Lorenza, pour que je me fie � vous. Il me faut un serment absolu, sacr�, dont la rupture soit un sacril�ge, un serment qui vous lie en ce monde et dans l�autre, qui entra�ne votre mort dans celui-ci et votre damnation dans celui l�.

Lorenza se tut.

� Ce serment, voulez-vous le faire?

Lorenza laissa tomber sa t�te dans ses deux mains, et son sein se gonfla sous la pression de sentiments oppos�s.

� Faites-moi ce serment, Lorenza, tel que je le dicterai, avec la solennit� dont je l�entourerai, et vous �tes libre.

� Que faut-il que je jure, monsieur?

� Jurez que jamais, sous aucun pr�texte, rien de ce que vous avez surpris relativement � la science d�Althotas ne sortira de votre bouche.

� Oui, je jurerai cela.

� Jurez que rien de ce que vous avez surpris relativement � nos r�unions politiques ne sera jamais divulgu� par vous.

� Je jurerai encore cela.

� Avec le serment et dans la forme que j�indiquerai?

� Oui; est-ce tout?

� Non, jurez � et c�est l� le principal, Lorenza, car aux autres serments ma vie seulement est attach�e; � celui que je vais vous dire est attach� mon bonheur �, jurez que jamais vous ne vous s�parerez de moi, Lorenza. Jurez, et vous �tes libre.

La jeune femme tressaillit, comme si un fer glac� e�t p�n�tr� jusqu�� son c�ur.

� Et sous quelle forme ce serment doit-il �tre fait?

� Nous irons ensemble dans une �glise, Lorenza; nous communierons ensemble avec la m�me hostie. Sur cette hostie enti�re, vous jurerez de ne jamais rien r�v�ler de relatif � Althotas, de ne jamais rien r�v�ler de relatif � mes compagnons. Vous jurerez de ne jamais vous s�parer de moi. Nous couperons l�hostie en deux, et nous en prendrons chacun la moiti�, en adjurant le Seigneur Dieu, vous que vous ne me trahirez jamais, moi, que je vous rendrai toujours heureuse.

� Non, dit Lorenza, un tel serment est un sacril�ge.

� Un serment n�est un sacril�ge, Lorenza, reprit tristement Balsamo, que lorsqu�on fait ce serment avec intention de ne point le tenir.

� Je ne ferai point ce serment, dit Lorenza. J�aurais trop peur de perdre mon �me.

� Ce n�est point, je vous le r�p�te, en le faisant que vous perdriez votre �me, dit Balsamo: c�est en le trahissant.

� Je ne le ferai pas.

� Alors prenez patience, Lorenza, dit Balsamo sans col�re, mais avec une tristesse profonde.

Le front de Lorenza s�assombrit, comme on voit s�assombrir une prairie couverte de fleurs quand passe un nuage entre elle et le ciel.

� Ainsi vous me refusez? dit-elle.

� Non pas, Lorenza, c�est vous, au contraire.

Un mouvement nerveux indiqua tout ce que la jeune femme comprimait d�impatience � ses paroles.

� �coutez, Lorenza, dit Balsamo, voici ce que je puis faire pour vous, et c�est beaucoup, croyez-moi.

� Dites, r�pondit la jeune femme avec un sourire amer. Voyons jusqu�o� s��tendra cette g�n�rosit� que vous faites si fort valoir.

� Dieu, le hasard ou la fatalit�, comme vous le voudrez, Lorenza, nous ont li�s l�un � l�autre par des n�uds indissolubles; n�essayons donc pas de les rompre dans cette vie, puisque la mort seule peut les briser.

� Voyons, je sais cela, dit Lorenza avec impatience.

� Eh bien, dans huit jours, Lorenza, quoi qu�il m�en co�te et quelque chose que je risque en faisant ce que je fais, dans huit jours vous aurez une compagne.

� O� cela? demanda-t-elle.

� Ici.

� Ici! s��cria-t-elle, derri�re ces barreaux, derri�re ces portes inexorables, derri�re ces portes d�airain? Une compagne de prison? Oh! vous n�y pensez pas, monsieur, ce n�est point l� ce que je vous demande.

� Lorenza, c�est cependant tout ce que je puis accorder.

La jeune femme fit un geste d�impatience plus prononc�.

� Mon amie! mon amie! reprit Balsamo avec douceur, r�fl�chissez-y bien, � deux vous porterez plus facilement le poids de ce malheur n�cessaire.

� Vous vous trompez, monsieur; je n�ai jusqu�� pr�sent souffert que de ma propre douleur et non de la douleur d�autrui. Cette �preuve me manque et je comprends que vous vouliez me la faire subir. Oui, vous mettrez aupr�s de moi une victime comme moi, que je verrai maigrir, p�lir, expirer de douleur comme moi; que j�entendrai battre, comme je l�ai fait, cette muraille, porte odieuse que j�interroge mille fois le jour, pour savoir o� elle s�ouvre quand elle vous donne passage; et, quand la victime, ma compagne, aura comme moi us� ses ongles sur le bois et le marbre en essayant de l�enfoncer ou de le disjoindre; quand elle aura, comme moi, us� ses paupi�res avec ses pleurs; quand elle sera morte comme je suis morte et que vous aurez deux cadavres au lieu d�un, dans votre bont� infernale vous direz: �Ces deux enfants se divertissent; elles se font soci�t�; elles sont heureuses.� Oh! non, non, mille fois non!

Et elle frappa violemment du pied le parquet.

Balsamo essaya encore de la calmer.

� Voyons, dit-il, Lorenza, de la douceur, du calme; raisonnons, je vous en supplie.

� Il me demande du calme! il me demande de la raison! Le bourreau demande de la douceur au patient qu�il torture, du calme � l�innocent qu�il martyrise.

� Oui, je vous demande du calme et de la douceur; car vos col�res, Lorenza, ne changent rien � notre destin�e, elles l�endolorissent, voil� tout. Acceptez ce que je vous offre, Lorenza; je vous donnerai une compagne, une compagne qui ch�rira l�esclavage, parce que cet esclavage lui aura donn� votre amiti�. Vous ne verrez pas un visage triste et larmoyant comme vous le craignez, mais, au contraire, un sourire et une gaiet� qui d�rideront votre front. Voyons, ma bonne Lorenza, acceptez ce que je vous offre; car, je vous le jure, je ne puis vous offrir davantage.

� C�est-�-dire que vous mettrez pr�s de moi une mercenaire � laquelle vous aurez dit qu�il y a l�-haut une folle, une pauvre femme malade et condamn�e � mourir; vous inventerez la maladie. �Renfermez-vous pr�s de cette folle, consentez au d�vouement, et je vous payerai vos soins aussit�t que la folle sera morte.�

� Oh! Lorenza, Lorenza! murmura Balsamo.

� Non, ce n�est point cela et je me trompe, n�est-ce pas? poursuivit ironiquement Lorenza, et je devine mal; que voulez-vous! je suis ignorante, moi; je connais si mal le monde et le c�ur du monde. Allons, allons, vous lui direz � cette femme: �Veillez, la folle est dangereuse; pr�venez-moi de toutes ses actions, de toutes ses pens�es, veillez sur sa vie, veillez sur son sommeil.� Et vous lui donnerez de l�or tant qu�elle voudra; l�or ne vous co�te rien, � vous, vous en faites.

� Lorenza, vous vous �garez; au nom du Ciel, Lorenza, lisez mieux dans mon c�ur. Vous donner une compagne, mon amie, c�est compromettre des int�r�ts si grands, que vous fr�miriez si vous ne me ha�ssiez pas� Vous donner une compagne, je vous l�ai dit, c�est risquer ma s�ret�, ma libert�, ma vie: et tout cela, cependant, je le risque pour vous �pargner quelques ennuis.

� Des ennuis! s��cria Lorenza en riant de ce rire sauvage et effrayant qui faisait fr�mir Balsamo. Il appelle cela des ennuis!

� Eh bien, des douleurs; oui, vous avez raison, Lorenza, ce sont de poignantes douleurs. Oui, Lorenza; eh bien, je te le r�p�te, aie patience, et un jour viendra o� toutes ces douleurs prendront fin; un jour viendra o� tu seras libre, un jour viendra o� tu seras heureuse.

� Voyons, dit-elle, voulez-vous m�accorder de me retirer dans un couvent? J�y ferai des v�ux.

� Dans un couvent!

� Je prierai, je prierai pour vous d�abord, et pour moi ensuite. Je serai bien enferm�e, c�est vrai, mais j�aurai un jardin, de l�air, de l�espace, un cimeti�re pour me promener parmi les tombes, en cherchant d�avance la place de la mienne. J�aurai des compagnes qui seront malheureuses de leur propre malheur et non du mien. Laissez-moi me retirer dans un couvent, et je vous ferai tous les serments que vous voudrez. Un couvent, Balsamo, un couvent, je vous le demande � mains jointes!

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