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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Quiconque l�e�t vu, ce philosophe des anciennes th�ories, ce sceptique, ce d�daigneux, aspirer � longs traits l�air de la faveur dans son bourbier le moins respirable, se f�t dit que Dieu avait p�tri du m�me limon l�esprit et le c�ur de M. de Taverney.

Taverney seul e�t pu r�pondre � propos de ce changement:

� Ce n�est pas moi qui ai chang�, c�est le temps.

Donc, il resta pr�s d�Andr�e, assis, un peu embarrass�; car la jeune fille, avec son in�puisable s�r�nit�, le per�ait de deux regards profonds comme la mer en son plus profond ab�me.

� M. de Richelieu n�a-t-il pas dit, monsieur, que Sa Majest� vous avait confi� un t�moignage de sa satisfaction? Quel est-il, je vous prie?

� Ah! fit Taverney, elle est int�ress�e� Tiens, je ne l�eusse pas cru. Tant mieux, Satan, tant mieux!

Il tira lentement de sa poche l��crin donn� la veille par le mar�chal, � peu pr�s comme les bons papas tirent un sac de bonbons ou un jouet que les yeux de l�enfant arrachent de leur poche avant que les mains aient agi.

� Voici, dit-il.

� Ah! des bijoux� fit Andr�e.

� Sont-ils de votre go�t?

C��tait une garniture de perles d�un grand prix. Douze gros diamants reliaient entre eux les rangs de ces perles; un fermoir de diamants, des boucles d�oreilles, et un rang de diamants pour les cheveux, donnaient � ce pr�sent une valeur de trente mille �cus au moins.

� Mon Dieu, mon p�re! s��cria Andr�e.

� Eh bien?

� C�est trop beau� le roi s�est tromp�. Je serais honteuse de porter cela� Aurais-je donc des toilettes qui puissent s�allier avec la richesse de ces diamants?

� Plaignez-vous donc, je vous prie! dit ironiquement Taverney.

� Monsieur, vous ne me comprenez pas� Je regrette de ne pouvoir porter ces bijoux, parce qu�ils sont trop beaux.

� Le roi, qui a donn� l��crin, mademoiselle, est assez grand seigneur pour vous donner les robes�

� Mais, monsieur� cette bont� du roi�

� Ne croyez-vous pas que je l�aie m�rit�e par mes services? dit Taverney.

� Ah! pardon, monsieur; c�est vrai, r�pliqua Andr�e en baissant la t�te, mais sans �tre bien convaincue.

Au bout d�un moment de r�flexion, elle referma l��crin.

� Je ne porterai pas ces diamants, dit-elle.

� Pourquoi? s��cria Taverney inquiet.

� Parce que, mon p�re, vous et mon fr�re, vous avez besoin de tout le n�cessaire, et que ce superflu blesse mes yeux depuis que je viens de penser � votre g�ne.

Taverney lui pressa la main en souriant.

� Oh! ne vous occupez plus de cela, ma fille. Le roi a fait plus pour moi que pour vous. Nous sommes en faveur, ch�re enfant. Il ne serait ni d�une sujette respectueuse ni d�une femme reconnaissante de para�tre devant Sa Majest� sans la parure qu�elle a bien voulu vous donner.

� J�ob�irai, monsieur.

� Oui; mais il faut que vous ob�issiez avec plaisir� Cette parure ne para�t pas �tre de votre go�t?

� Je ne me connais pas en diamants, monsieur.

� Sachez donc que les perles seules valent cinquante mille livres.

Andr�e joignit les mains.

� Monsieur, dit-elle, il est �trange que Sa Majest� me fasse, � moi, un pareil pr�sent; r�fl�chissez-y.

� Je ne vous comprends pas, mademoiselle, dit Taverney d�un ton sec.

� Si je porte ces pierreries, je vous assure, monsieur, que le monde s�en �tonnera.

� Pourquoi? dit Taverney du m�me ton, avec un regard imp�rieux et froid qui fit baisser celui de sa fille.

� Un scrupule.

� Mademoiselle, il est fort �trange, vous m�avouerez, de vous voir des scrupules l� o�, moi, je n�en vois pas. Vivent les jeunes filles candides pour savoir le mal et l�apercevoir, si bien cach� qu�il soit, alors que nul ne l�avait remarqu�! Vive la jeune fille na�ve et vierge pour faire rougir les vieux grenadiers comme moi!

Andr�e cacha sa confusion dans ses deux belles mains nacr�es.

� Oh! mon fr�re, murmura-t-elle tout bas, pourquoi es-tu d�j� si loin?

Taverney entendit-il ce mot? le devina-t-il avec cette merveilleuse perspicacit� que nous lui connaissons? On ne saurait le dire; mais il changea de ton � l�instant m�me et, prenant les deux mains d�Andr�e:

� Voyons, enfant, dit-il, est-ce que votre p�re n�est pas un peu votre ami?

Un doux sourire se fit jour � travers les ombres dont le beau front d�Andr�e �tait couvert.

� Est-ce que je ne suis pas l� pour vous aimer, pour vous conseiller? est-ce que vous ne vous sentez pas fi�re de contribuer � la fortune de votre fr�re et � la mienne?

� Oh! si, dit Andr�e.

Le baron concentra sur sa fille un regard tout embras� de caresses.

� Eh bien, dit-il, vous serez, comme le disait tout � l�heure M. de Richelieu, la reine des Taverney� Le roi vous a distingu�e� Madame la dauphine aussi, dit-il vivement; dans l�intimit� de ces augustes personnes, vous b�tirez notre avenir, en leur faisant la vie heureuse� Amie de la dauphine, amie� du roi, quelle gloire!� Vous avez des talents sup�rieurs et une beaut� sans rivale; vous avez un esprit sain, exempt d�avarice et d�ambition� Oh! mon enfant, quel r�le vous pouvez jouer!� Vous souvient-il de cette petite fille qui adoucit les derniers moments de Charles VI? Son nom fut b�ni en France� Vous souvient-il d�Agn�s Sorel, qui restitua l�honneur � la couronne de France? Tous les bons Fran�ais v�n�rent sa m�moire� Andr�e, vous serez le b�ton de vieillesse de notre glorieux monarque� Il vous ch�rira comme sa fille, et vous r�gnerez en France par le droit de la beaut�, du courage et de la fid�lit�.

Andr�e ouvrait les yeux avec �tonnement. Le baron reprit sans lui laisser le temps de r�fl�chir:

� Ces femmes perdues qui d�shonorent le tr�ne, vous les chasserez d�un seul regard; votre pr�sence purifiera la cour. C�est � votre influence g�n�reuse que la noblesse du royaume devra le retour des bonnes m�urs, de la politesse, de la pure galanterie. Ma fille, vous pouvez, vous devez �tre un astre r�g�n�rateur pour ce pays et une couronne de gloire pour notre nom.

� Mais, dit Andr�e �tourdie, que me faudra-t-il faire pour cela?

� Andr�e, reprit-il, je vous ai dit souvent qu�il faut en ce monde forcer les gens � �tre vertueux en leur faisant aimer la vertu. La vertu renfrogn�e, triste et psalmodiant des sentences, fait fuir ceux m�mes qui voudraient le plus ardemment s�approcher d�elle. Donnez � la v�tre toutes les amorces de la coquetterie, du vice m�me. Cela est facile � une fille spirituelle et forte comme vous l��tes. Faites-vous si belle, que la cour ne parle que de vous; faites-vous si agr�able aux yeux du roi, qu�il ne puisse se passer de vous; faites-vous si secr�te, si r�serv�e pour tous, except� pour Sa Majest�, qu�on vous attribue bien vite tout le pouvoir que vous ne pouvez manquer d�obtenir.

� Je ne comprends pas bien ce dernier avis, dit Andr�e.

� Laissez-moi vous guider; vous ex�cuterez sans comprendre, ce qui vaut mieux pour une sage et g�n�reuse cr�ature comme vous. � propos, pour ex�cuter le premier point, ma fille, je dois garnir votre bourse. Prenez ces cent louis, et montez votre toilette d�une fa�on digne du rang auquel vous �tes appel�e depuis que le roi nous a fait l�honneur de nous distinguer.

Taverney donna cent louis � sa fille, lui baisa la main et sortit.

Il reprit rapidement l�all�e par laquelle il �tait venu, et n�aper�ut pas, au fond du bosquet des Amours, Nicole en grande conversation avec un seigneur qui lui parlait � l�oreille.

Chapitre 117. Ce qu�il fallait � Althotas pour compl�ter son �lixir de vie

Le lendemain de cette conversation, vers quatre heures de l�apr�s-midi, Balsamo �tait occup�, dans son cabinet de la rue Saint-Claude, � lire une lettre que Fritz venait de lui remettre. Cette lettre �tait sans signature: il la tournait et retournait entre ses mains.

� Je connais cette �criture, disait-il, longue, irr�guli�re, un peu trembl�e, et avec force fautes d�orthographe.

Et il relisait:

�Monsieur le comte,

Une personne qui vous a consult� quelque temps avant la chute du dernier minist�re et qui d�j� vous avait consult� longtemps auparavant, se pr�sentera aujourd�hui chez vous pour obtenir une consultation nouvelle. Vos nombreuses occupations vous permettront-elles de donner � cette personne une demi-heure entre quatre et cinq heures du soir?�

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