Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Joseph Balsamo. Tome III
Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
1 ... 57 58 59 60 61 62 63 64 65 ... 79
Перейти на страницу:

Dans un massif �pais de lilas et de boules de neige, Gilbert, � genoux sur la terre, regardait le jeu des ombres derri�re les tapisseries diaphanes.

Le ciel tombant sur la terre n�e�t pas distrait ce contemplateur, enivr� de la beaut� qu�il suivait dans tous les m�andres de la danse.

Cependant, lorsque Richelieu et Taverney pass�rent en fr�lant le buisson dans lequel �tait cach� cet oiseau nocturne, le son de leur voix et une certaine parole surtout firent lever la t�te � Gilbert.

C�est que cette parole �tait, pour lui surtout, importante et bien significative.

Le mar�chal, appuy� au bras de son ami et pench� � son oreille, lui disait:

� Tout bien consid�r�, tout bien pes�, baron, c�est dur � t�avouer, mais il faut vite faire partir ta fille pour un couvent.

� Et pourquoi cela? demanda le baron.

� Parce que le roi, j�en gagerais, r�pondit le mar�chal, est amoureux de mademoiselle de Taverney.

Gilbert, � ces paroles, devint plus p�le que les boules de neige floconneuses qui retombaient sur son �paule et sur son front.

Chapitre 114. Les pressentiments

Le lendemain, comme midi venait de sonner � l�horloge de Trianon, Nicole vint crier � Andr�e, qui n�avait pas encore quitt� sa chambre:

� Mademoiselle, mademoiselle, voici M. Philippe.

Ce cri partait du bas de l�escalier.

Andr�e, toute surprise, mais toute joyeuse en m�me temps, ferma son peignoir de mousseline et courut au-devant du jeune homme, qui venait bien r�ellement de descendre de cheval dans la cour de Trianon, et qui s�informait � quelques domestiques de l�heure � laquelle il pourrait parler � sa s�ur.

Andr�e ouvrit donc la porte elle-m�me, et se trouva aussit�t en face de Philippe, que l�officieuse Nicole avait �t� qu�rir dans la cour, et conduisait par les degr�s.

La jeune fille se jeta au cou de son fr�re, et tous deux rentr�rent dans la chambre d�Andr�e, suivis de Nicole.

Ce fut alors seulement qu�Andr�e s�aper�ut que Philippe �tait plus s�rieux que de coutume, que son sourire m�me n��tait point exempt de tristesse, qu�il portait son �l�gant uniforme avec la plus scrupuleuse exactitude, et qu�il tenait un manteau de voyage pli� sous son bras gauche.

� Qu�y a-t-il donc, Philippe? demanda-t-elle aussit�t avec cet instinct des �mes tendres pour qui un regard est une r�v�lation suffisante.

� Ma s�ur, dit Philippe, j�ai re�u ce matin l�ordre de rejoindre mon r�giment.

� Et vous partez?

� Et je pars.

� Oh! fit Andr�e, qui exhala dans ce cri douloureux tout son courage et une partie de ses forces.

Et, quoique ce f�t une chose bien naturelle et � laquelle elle d�t s�attendre que ce d�part, elle se sentit tellement bris�e en l�apprenant, qu�elle fut forc�e de se retenir au bras de son fr�re.

� Mon Dieu! demanda Philippe �tonn�, ce d�part vous afflige-t-il donc � ce point, Andr�e? Dans la vie d�un soldat, vous le savez, c�est un �v�nement des plus vulgaires.

� Oui, oui, sans doute, murmura la jeune fille; et o� allez-vous, mon fr�re?

� Ma garnison est � Reims; ce n�est pas un voyage bien long que j�entreprends, comme vous voyez. Il est vrai que, de l�, le r�giment, selon toute probabilit�, retourne � Strasbourg.

� H�las! fit Andr�e; et quand partez-vous?

� L�ordre m�enjoint de me mettre en route � l�instant m�me.

� Ce sont donc des adieux que vous venez me faire?

� Oui, ma s�ur.

� Des adieux!

� Avez-vous quelque chose de particulier � me dire, Andr�e? demanda Philippe inquiet de cette tristesse, trop exag�r�e pour qu�elle n�e�t point quelque autre cause que ce d�part.

Andr�e comprit que ces mots �taient � l�adresse de Nicole, laquelle regardait cette sc�ne avec une surprise que motivait l�extr�me douleur d�Andr�e.

En effet, le d�part de Philippe, c�est-�-dire d�un officier pour sa garnison, n��tait pas une catastrophe qui d�t causer tant de larmes.

Andr�e comprit donc du m�me coup et le sentiment de Philippe et la surprise de Nicole; elle prit un mantelet qu�elle jeta sur ses �paules et, dirigeant son fr�re vers l�escalier:

� Venez, dit-elle, jusqu�� la grille du parc, Philippe; je vous reconduirai par l�all�e couverte. J�ai, en effet, bien des choses � vous dire, mon fr�re.

Ces mots �taient pour Nicole un ordre de d�part; elle s�effa�a le long du mur et rentra dans la chambre de sa ma�tresse, tandis que celle-ci descendait l�escalier avec Philippe.

Andr�e descendit l�escalier qui longe la chapelle et sortit par le passage qui aujourd�hui encore m�ne au jardin; mais, quoique interrog�e incessamment par le regard inquiet de Philippe, elle se tint longtemps suspendue � son bras, laissant s�appuyer sa t�te � son �paule sans prononcer une seule parole.

Puis tout � coup son c�ur se brisa, ses traits se couvrirent d�une p�leur mortelle, un long sanglot monta jusqu�� ses l�vres et des flots de larmes obscurcirent ses yeux.

� Ma ch�re s�ur, ma bonne Andr�e, s��cria Philippe; mais, au nom du Ciel, qu�avez-vous donc?

� Mon ami, mon unique ami, dit Andr�e, vous me laissez seule, en ce monde o� j�entre d�hier, et vous me demandez pourquoi je pleure! Ah! songez-y, Philippe, j�ai perdu ma m�re en naissant; c�est affreux � dire, mais je n�ai jamais eu de p�re. Tout ce que mon c�ur a �prouv� de petits chagrins, tout ce que mon esprit a renferm� de petits secrets, c�est � vous, � vous seul que je les ai confi�s. Qui m�a souri? qui m�a caress�e? qui m�a berc�e quand j��tais enfant? C�est vous. Qui m�a prot�g�e depuis que je suis grandie? C�est vous. Qui m�a fait croire que les cr�atures de Dieu n�avaient pas �t� jet�es dans ce monde seulement pour y souffrir? C�est vous, Philippe, toujours vous. Car enfin je n�ai jamais aim� rien ni personne, depuis que je suis au monde, except� vous, et personne non plus ne m�a aim�e que vous. Oh! Philippe! continua m�lancoliquement Andr�e, vous d�tournez la t�te, et je lis dans votre pens�e. Vous vous dites que je suis jeune, que je suis belle, et que j�ai tort de ne pas compter sur l�avenir et sur l�amour. H�las! vous le voyez cependant bien, Philippe, il ne suffit pas d��tre belle et d��tre jeune, puisque personne ne s�occupe de moi.

�Madame la dauphine est bonne, direz-vous, mon ami. Sans doute; elle est parfaite, � mes yeux du moins, et je la regarde comme une divinit�. Mais c�est surtout parce que je la range dans cette sph�re surhumaine, que j�ai pour elle du respect et non de l�affection. Or, l�affection, Philippe, c�est ce sentiment si n�cessaire � mon c�ur, qui, toujours refoul� dans mon c�ur, le brise. � Mon p�re� Eh! mon Dieu, mon p�re! je ne vous apprends rien de nouveau, Philippe: non seulement mon p�re n�est pas pour moi un protecteur ou un ami, mais encore mon p�re ne me regarde jamais sans me faire peur. Oui, oui, j�ai peur, Philippe, peur de lui, surtout depuis que je vous vois partir. Peur de quoi? Je n�en sais rien. Eh! mon Dieu, les oiseaux qui fuient, les troupeaux qui mugissent n�ont-ils pas, eux aussi, peur de l�orage, quand l�orage va venir?

�C�est de l�instinct, direz-vous; mais pourquoi refuseriez-vous � notre �me immortelle l�instinct du malheur? Tout, depuis quelque temps, r�ussit � notre famille. Je le sais bien. Vous voil� capitaine, vous; moi, me voil� plac�e presque dans l�intimit� de la dauphine; mon p�re a soup� hier, dit-on, presque en t�te � t�te avec le roi. Eh bien! Philippe, je le r�p�te, duss�-je vous para�tre insens�e, tout cela m�effraye plus que notre douce mis�re et notre obscurit� de Taverney.

� Et cependant, l�-bas, ch�re s�ur, dit tristement Philippe, vous �tiez seule aussi; l�-bas, non plus, je n��tais pas avec vous pour vous consoler.

� Oui; mais au moins j��tais seule, seule avec mes souvenirs d�enfance; il me semblait que cette maison, o� avait v�cu, o� avait respir�, o� �tait morte ma m�re, me devait la protection natale, si l�on peut s�exprimer ainsi; tout m�y �tait doux, caressant, ami. Je vous voyais partir avec calme et revenir avec joie. Mais, que vous partissiez ou revinssiez, mon c�ur n��tait pas tout � vous, il tenait � cette ch�re maison, � mes jardins, � mes fleurs, � cet ensemble dont autrefois vous n��tiez qu�une partie; aujourd�hui vous �tes le tout, Philippe; et quand vous me quittez, tout me quitte.

1 ... 57 58 59 60 61 62 63 64 65 ... 79
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)