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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Qui est-ce? demanda le duc.

� Que fais-tu ici, coquin? dit Taverney.

Gilbert, car c��tait lui, et le lecteur l�a d�j� reconnu, r�pliqua fi�rement:

� Vous le voyez, je regarde.

� Au lieu de faire ton ouvrage, dit Richelieu.

� Mon ouvrage est fini, dit humblement Gilbert au duc, sans daigner regarder Taverney.

� Je trouverai donc ce fain�ant partout! dit Taverney.

� L�, l�, monsieur, interrompit une voix doucement. Mon petit Gilbert est un bon travailleur et un botaniste tr�s appliqu�.

Taverney se retourna et vit M. de Jussieu qui caressait les joues de Gilbert.

Il rougit de col�re et s��loigna.

� Les valets ici! murmura-t-il.

� Chut! lui dit Richelieu, Nicole y est bien� Regarde� au coin de cette porte, l�-haut� La petite �grillarde! elle ne perd pas non plus une �illade.

En effet, Nicole, derri�re vingt autres domestiques de Trianon, levait par-dessus sa t�te charmante, et ses yeux, dilat�s par la surprise et l�admiration, semblaient tout voir en double.

Gilbert l�aper�ut et tourna d�un autre c�t�.

� Viens, viens, dit le duc � Taverney, j�ai l�id�e que le roi veut te parler� il cherche.

Et les deux amis s��loign�rent dans la direction de la loge du roi.

Madame du Barry, tout debout, correspondait avec M. d�Aiguillon, debout aussi. Celui-ci ne perdait pas de vue aucun mouvement de son oncle.

Rousseau, demeur� seul, admirait Andr�e; il �tait occup�, si l�on veut nous passer cette expression, � en devenir amoureux.

Les illustres acteurs allaient se d�shabiller dans leurs loges, o� Gilbert avait renouvel� les fleurs.

Taverney, rest� seul dans le couloir depuis que M. de Richelieu �tait all� trouver le roi, sentait son c�ur transi et br�l� tour � tour dans l�attente. Enfin le duc revint et mit un doigt sur ses l�vres.

Taverney p�lit de joie et vint � la rencontre de son ami, qui l�entra�na sous la loge royale.

L�, ils entendirent ce que peu de gens pouvaient entendre.

Madame du Barry disant au roi:

� Attendrai-je Votre Majest� � souper ce soir?

Et le roi r�pondant:

� Je me sens fatigu�, comtesse; excusez-moi.

Au m�me instant le dauphin arrivait et, marchant presque sur les pieds de la comtesse sans para�tre la voir:

� Sire, dit-il, Votre Majest� nous fera-t-elle l�honneur de souper � Trianon?

� Non, mon fils; je le disais � l�instant m�me � madame; je me sens fatigu�; toute votre jeunesse m��tourdirait� Je souperai seul.

Le dauphin s�inclina et partit. Madame du Barry salua jusqu�� la ceinture et se retira, tremblante de col�re.

Le roi fit alors un signe � Richelieu.

� Duc, dit-il, j�ai � vous parler de certaine affaire qui vous regarde.

� Sire�

� Je n�ai pas �t� content� Je veux que vous m�expliquiez� Tenez� Je soupe seul, vous me tiendrez compagnie.

Et le roi regardait Taverney.

� Vous connaissez, je crois, ce gentilhomme, duc?

� M. de Taverney? Oui, sire.

� Ah! le p�re de la charmante chanteuse.

� Oui, sire.

� �coutez-moi, duc.

Le roi se baissa pour parler � l�oreille de Richelieu.

Taverney s�enfon�a les ongles dans la peau, pour ne pas donner signe d��motion.

Un moment apr�s, Richelieu passa devant Taverney et lui dit:

� Suis-moi sans affectation.

� O� cela? dit Taverney de m�me.

� Viens toujours.

Le duc partit. Taverney le suivit � vingt pas jusqu�aux appartements du roi.

Le duc entra dans la chambre; Taverney demeura dans l�antichambre.

Chapitre 112. L��crin

M. de Taverney n�attendit pas longtemps. Richelieu, ayant demand� au valet de chambre de Sa Majest� ce que le roi avait laiss� sur sa toilette, ressortit bient�t avec un objet que le baron ne put distinguer d�abord sous l�enveloppe de soie qui le couvrait.

Mais le mar�chal tira son ami d�inqui�tude, il l�entra�na du c�t� de la galerie.

� Baron, dit-il aussit�t qu�il se vit seul avec lui, tu m�as paru douter quelquefois de mon amiti� pour toi?

� Pas depuis notre r�conciliation, r�pliqua Taverney.

� Alors tu as dout� de ta fortune et de celle de tes enfants?

� Oh! pour cela, oui.

� Eh bien, tu avais tort. Ta fortune et celle de tes enfants se fait avec une rapidit� qui devrait te donner le vertige.

� Bah! fit Taverney, qui entrevoyait une partie de la v�rit�, mais qui ne se f�t pas livr� � Dieu et, par cons�quent, se gardait bien du diable; comment la fortune de mes enfants se fait-elle si vite?

� Mais nous avons d�j� M. Philippe capitaine, avec une compagnie pay�e par le roi.

� Oh! c�est vrai� et je te le dois.

� Nullement. Ensuite nous allons avoir mademoiselle de Taverney marquise peut-�tre.

� Allons donc! s��cria Taverney; comment, ma fille?�

� �coute, Taverney, le roi est plein de go�t; la beaut�, la gr�ce et la vertu, lorsqu�elles sont accompagn�es du talent, enchantent Sa Majest� Or, mademoiselle de Taverney r�unit tous ces avantages � un point �minent� Le roi est donc enchant� de mademoiselle de Taverney.

� Duc, r�pliqua Taverney en prenant un air de dignit� plus que grotesque pour le mar�chal, duc, comment expliques-tu ce mot: enchant�?

Richelieu n�aimait pas la pr�tention; il r�pliqua s�chement � son ami:

� Baron, je ne suis pas fort sur la linguistique, je sais m�me fort peu l�orthographe. Enchant�, pour moi, a toujours signifi� content outre mesure, voil�� Si tu es marri outre mesure de voir ton roi content de la beaut�, du talent, du m�rite de tes enfants, tu n�as qu�� parler� je m�en vais retourner pr�s de Sa Majest�.

Et Richelieu pivota sur ses talons avec une aisance toute juv�nile.

� Duc, tu ne m�as pas bien compris, s��cria le baron en l�arr�tant. Vertubleu! tu es vif.

� Pourquoi me dis-tu que tu n�es pas content?

� Eh! je n�ai pas dit cela.

� Tu me demandes des commentaires sur le bon plaisir du roi� La peste soit du sot!

� Encore un coup, duc, je n�ai pas ouvert la bouche de cela. Il est bien certain que je suis content, moi.

� Ah! toi� Eh bien, qui sera m�content?� Ta fille?

� Eh! eh!

� Mon cher, tu as �lev� ta fille comme un sauvage que tu es.

� Mon cher, mademoiselle ma fille s�est �lev�e toute seule; tu comprends bien que je n�ai pas �t� m�ext�nuer � cela. J�avais assez de vivre dans mon trou de Taverney� La vertu lui est pouss�e toute seule.

� Et l�on dit que les gens de campagne savent arracher les mauvaises herbes. Bref, ta fille est une b�gueule.

� Tu te trompes, c�est une colombe.

Richelieu fit la grimace.

� Eh bien, la pauvre enfant n�a qu�� chercher un bon mari, car les occasions de fortune lui deviendront rares avec ce d�faut-l�.

Taverney regarda le duc avec inqui�tude.

� Heureusement pour elle, continua-t-il, que le roi est si �perdument amoureux de la du Barry, que jamais il ne fera attention s�rieusement � d�autres.

L�inqui�tude de Taverney se changea en angoisses.

� Ainsi, continua Richelieu, ta fille et toi, vous pouvez vous rassurer. Je vais faire � Sa Majest� les objections n�cessaires et le roi n�y tiendra pas le moins du monde.

� Mais � quoi, bon Dieu? s��cria Taverney tout p�le, en secouant le bras de son ami.

� � faire un petit pr�sent � mademoiselle Andr�e, mon cher baron.

� Un petit pr�sent!� Qu�est-ce donc? dit Taverney plein de convoitise et d�espoir.

� Oh! presque rien, fit n�gligemment Richelieu; ceci� tiens.

Et il d�veloppa un �crin de la soie.

� Un �crin?

� Une mis�re� un collier de quelques milliers de livres que Sa Majest�, flatt�e de lui avoir entendu chanter sa chanson favorite, voulait faire accepter � la chanteuse; c�est dans l�ordre. Mais, puisque ta fille est effarouch�e, n�en parlons plus.

� Duc, tu n�y penses pas, ce serait offenser le roi.

� Sans doute que ce serait offenser le roi; mais est-ce que ce n�est pas toujours le propre de la vertu d�offenser quelqu�un ou quelque chose?

� Enfin, duc, songes-y, dit Taverney, l�enfant n�est pas si d�raisonnable.

� C�est-�-dire que c�est toi et non pas l�enfant qui parle?

� Oh! mais je sais si bien ce qu�elle dira ou fera!

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