Joseph Balsamo. Tome III
- Автор: Дюма Александр
- Серия: Les Mémoires d’un médecin #3
- Язык: французский
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:
� Qui est-ce? demanda le duc.
� Que fais-tu ici, coquin? dit Taverney.
Gilbert, car c��tait lui, et le lecteur l�a d�j� reconnu, r�pliqua fi�rement:
� Vous le voyez, je regarde.
� Au lieu de faire ton ouvrage, dit Richelieu.
� Mon ouvrage est fini, dit humblement Gilbert au duc, sans daigner regarder Taverney.
� Je trouverai donc ce fain�ant partout! dit Taverney.
� L�, l�, monsieur, interrompit une voix doucement. Mon petit Gilbert est un bon travailleur et un botaniste tr�s appliqu�.
Taverney se retourna et vit M. de Jussieu qui caressait les joues de Gilbert.
Il rougit de col�re et s��loigna.
� Les valets ici! murmura-t-il.
� Chut! lui dit Richelieu, Nicole y est bien� Regarde� au coin de cette porte, l�-haut� La petite �grillarde! elle ne perd pas non plus une �illade.
En effet, Nicole, derri�re vingt autres domestiques de Trianon, levait par-dessus sa t�te charmante, et ses yeux, dilat�s par la surprise et l�admiration, semblaient tout voir en double.
Gilbert l�aper�ut et tourna d�un autre c�t�.
� Viens, viens, dit le duc � Taverney, j�ai l�id�e que le roi veut te parler� il cherche.
Et les deux amis s��loign�rent dans la direction de la loge du roi.
Madame du Barry, tout debout, correspondait avec M. d�Aiguillon, debout aussi. Celui-ci ne perdait pas de vue aucun mouvement de son oncle.
Rousseau, demeur� seul, admirait Andr�e; il �tait occup�, si l�on veut nous passer cette expression, � en devenir amoureux.
Les illustres acteurs allaient se d�shabiller dans leurs loges, o� Gilbert avait renouvel� les fleurs.
Taverney, rest� seul dans le couloir depuis que M. de Richelieu �tait all� trouver le roi, sentait son c�ur transi et br�l� tour � tour dans l�attente. Enfin le duc revint et mit un doigt sur ses l�vres.
Taverney p�lit de joie et vint � la rencontre de son ami, qui l�entra�na sous la loge royale.
L�, ils entendirent ce que peu de gens pouvaient entendre.
Madame du Barry disant au roi:
� Attendrai-je Votre Majest� � souper ce soir?
Et le roi r�pondant:
� Je me sens fatigu�, comtesse; excusez-moi.
Au m�me instant le dauphin arrivait et, marchant presque sur les pieds de la comtesse sans para�tre la voir:
� Sire, dit-il, Votre Majest� nous fera-t-elle l�honneur de souper � Trianon?
� Non, mon fils; je le disais � l�instant m�me � madame; je me sens fatigu�; toute votre jeunesse m��tourdirait� Je souperai seul.
Le dauphin s�inclina et partit. Madame du Barry salua jusqu�� la ceinture et se retira, tremblante de col�re.
Le roi fit alors un signe � Richelieu.
� Duc, dit-il, j�ai � vous parler de certaine affaire qui vous regarde.
� Sire�
� Je n�ai pas �t� content� Je veux que vous m�expliquiez� Tenez� Je soupe seul, vous me tiendrez compagnie.
Et le roi regardait Taverney.
� Vous connaissez, je crois, ce gentilhomme, duc?
� M. de Taverney? Oui, sire.
� Ah! le p�re de la charmante chanteuse.
� Oui, sire.
� �coutez-moi, duc.
Le roi se baissa pour parler � l�oreille de Richelieu.
Taverney s�enfon�a les ongles dans la peau, pour ne pas donner signe d��motion.
Un moment apr�s, Richelieu passa devant Taverney et lui dit:
� Suis-moi sans affectation.
� O� cela? dit Taverney de m�me.
� Viens toujours.
Le duc partit. Taverney le suivit � vingt pas jusqu�aux appartements du roi.
Le duc entra dans la chambre; Taverney demeura dans l�antichambre.
Chapitre 112. L��crin
M. de Taverney n�attendit pas longtemps. Richelieu, ayant demand� au valet de chambre de Sa Majest� ce que le roi avait laiss� sur sa toilette, ressortit bient�t avec un objet que le baron ne put distinguer d�abord sous l�enveloppe de soie qui le couvrait.
Mais le mar�chal tira son ami d�inqui�tude, il l�entra�na du c�t� de la galerie.
� Baron, dit-il aussit�t qu�il se vit seul avec lui, tu m�as paru douter quelquefois de mon amiti� pour toi?
� Pas depuis notre r�conciliation, r�pliqua Taverney.
� Alors tu as dout� de ta fortune et de celle de tes enfants?
� Oh! pour cela, oui.
� Eh bien, tu avais tort. Ta fortune et celle de tes enfants se fait avec une rapidit� qui devrait te donner le vertige.
� Bah! fit Taverney, qui entrevoyait une partie de la v�rit�, mais qui ne se f�t pas livr� � Dieu et, par cons�quent, se gardait bien du diable; comment la fortune de mes enfants se fait-elle si vite?
� Mais nous avons d�j� M. Philippe capitaine, avec une compagnie pay�e par le roi.
� Oh! c�est vrai� et je te le dois.
� Nullement. Ensuite nous allons avoir mademoiselle de Taverney marquise peut-�tre.
� Allons donc! s��cria Taverney; comment, ma fille?�
� �coute, Taverney, le roi est plein de go�t; la beaut�, la gr�ce et la vertu, lorsqu�elles sont accompagn�es du talent, enchantent Sa Majest� Or, mademoiselle de Taverney r�unit tous ces avantages � un point �minent� Le roi est donc enchant� de mademoiselle de Taverney.
� Duc, r�pliqua Taverney en prenant un air de dignit� plus que grotesque pour le mar�chal, duc, comment expliques-tu ce mot: enchant�?
Richelieu n�aimait pas la pr�tention; il r�pliqua s�chement � son ami:
� Baron, je ne suis pas fort sur la linguistique, je sais m�me fort peu l�orthographe. Enchant�, pour moi, a toujours signifi� content outre mesure, voil�� Si tu es marri outre mesure de voir ton roi content de la beaut�, du talent, du m�rite de tes enfants, tu n�as qu�� parler� je m�en vais retourner pr�s de Sa Majest�.
Et Richelieu pivota sur ses talons avec une aisance toute juv�nile.
� Duc, tu ne m�as pas bien compris, s��cria le baron en l�arr�tant. Vertubleu! tu es vif.
� Pourquoi me dis-tu que tu n�es pas content?
� Eh! je n�ai pas dit cela.
� Tu me demandes des commentaires sur le bon plaisir du roi� La peste soit du sot!
� Encore un coup, duc, je n�ai pas ouvert la bouche de cela. Il est bien certain que je suis content, moi.
� Ah! toi� Eh bien, qui sera m�content?� Ta fille?
� Eh! eh!
� Mon cher, tu as �lev� ta fille comme un sauvage que tu es.
� Mon cher, mademoiselle ma fille s�est �lev�e toute seule; tu comprends bien que je n�ai pas �t� m�ext�nuer � cela. J�avais assez de vivre dans mon trou de Taverney� La vertu lui est pouss�e toute seule.
� Et l�on dit que les gens de campagne savent arracher les mauvaises herbes. Bref, ta fille est une b�gueule.
� Tu te trompes, c�est une colombe.
Richelieu fit la grimace.
� Eh bien, la pauvre enfant n�a qu�� chercher un bon mari, car les occasions de fortune lui deviendront rares avec ce d�faut-l�.
Taverney regarda le duc avec inqui�tude.
� Heureusement pour elle, continua-t-il, que le roi est si �perdument amoureux de la du Barry, que jamais il ne fera attention s�rieusement � d�autres.
L�inqui�tude de Taverney se changea en angoisses.
� Ainsi, continua Richelieu, ta fille et toi, vous pouvez vous rassurer. Je vais faire � Sa Majest� les objections n�cessaires et le roi n�y tiendra pas le moins du monde.
� Mais � quoi, bon Dieu? s��cria Taverney tout p�le, en secouant le bras de son ami.
� � faire un petit pr�sent � mademoiselle Andr�e, mon cher baron.
� Un petit pr�sent!� Qu�est-ce donc? dit Taverney plein de convoitise et d�espoir.
� Oh! presque rien, fit n�gligemment Richelieu; ceci� tiens.
Et il d�veloppa un �crin de la soie.
� Un �crin?
� Une mis�re� un collier de quelques milliers de livres que Sa Majest�, flatt�e de lui avoir entendu chanter sa chanson favorite, voulait faire accepter � la chanteuse; c�est dans l�ordre. Mais, puisque ta fille est effarouch�e, n�en parlons plus.
� Duc, tu n�y penses pas, ce serait offenser le roi.
� Sans doute que ce serait offenser le roi; mais est-ce que ce n�est pas toujours le propre de la vertu d�offenser quelqu�un ou quelque chose?
� Enfin, duc, songes-y, dit Taverney, l�enfant n�est pas si d�raisonnable.
� C�est-�-dire que c�est toi et non pas l�enfant qui parle?
� Oh! mais je sais si bien ce qu�elle dira ou fera!