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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Vraiment?

� D�honneur.

� Prenez le mien.

� Je ne demande pas mieux.

� Il est � votre service, comtesse.

� Et au mien aussi, prince?

� Et au v�tre aussi, duc.

� Comment s�appelle-t-il?

� Le comte de F�nix.

Madame du Barry et le duc se regard�rent tous deux en p�lissant.

� Voil� qui est bizarre! dirent-ils ensemble.

� Est-ce que vous le connaissez? demanda le prince.

� Non. Et vous le tenez pour sorcier?

� Plut�t deux fois qu�une.

� Vous lui avez parl�?

� Sans doute.

� Et vous l�avez trouv�?�

� Parfait.

� � quelle occasion?

� Mais�

Le cardinal h�sita.

� � l�occasion de ma bonne aventure, que je me suis fait dire par lui.

� Et a-t-il devin� juste?

� C�est-�-dire qu�il m�a racont� des choses de l�autre monde.

� Il n�a point un autre nom que celui de comte de F�nix?

� Si fait: je l�ai entendu appeler encore�

� Dites, monseigneur, fit la comtesse avec impatience.

� Joseph Balsamo, madame.

La comtesse joignit les mains en regardant Richelieu. Richelieu se gratta le bout du nez en regardant la comtesse.

� Est-ce bien noir, le diable? demanda tout � coup madame du Barry.

� Le diable, comtesse? Mais je ne l�ai pas vu.

� Que lui dites-vous donc l�, comtesse? s��cria Richelieu. Voil�, pardieu! une belle soci�t� pour un cardinal.

� Est-ce que l�on vous dit la bonne aventure sans vous montrer le diable? demanda la comtesse.

� Oh! certainement, dit le cardinal; on ne montre le diable qu�aux gens de peu; pour nous, on s�en passe.

� Enfin, dites ce que vous voudrez, prince, continua madame du Barry; il y a toujours un peu de diablerie l�-dessous.

� Dame! je le crois.

� Des feux verts, n�est-ce pas? des spectres, des casseroles infernales qui puent le br�l� abominablement?

� Mais non, mais non; mon sorcier a d�excellentes mani�res; c�est un fort galant homme, et qui re�oit tr�s bien, au contraire.

� Est-ce que vous ne vous ferez pas tirer votre horoscope par ce sorcier-l�, comtesse? demanda Richelieu.

� J�en meurs d�envie, je l�avoue.

� Faites, madame.

� Mais o� cela se passe-t-il, demanda madame du Barry esp�rant que le cardinal allait lui donner l�adresse qu�elle cherchait.

� Dans une belle chambre fort coquettement meubl�e.

La comtesse avait peine � cacher son impatience.

� Bon! dit-elle; mais la maison?

� Maison d�cente, quoique d�architecture singuli�re.

La comtesse tr�pignait de d�pit d��tre si peu comprise.

Richelieu vint � son secours.

� Mais vous ne voyez donc pas, monseigneur, dit-il, que madame enrage de ne point savoir encore o� demeure votre sorcier?

� O� il demeure, avez-vous dit?

� Oui.

� Ah! fort bien, r�pliqua le cardinal. Eh! ma foi, attendez donc� non� si� non� C�est au Marais, presque au coin du boulevard, rue Saint-Fran�ois, Saint-Anastase� non. C�est un nom de saint, toujours.

� Mais quel saint, voyons, vous qui devez les conna�tre tous?

� Non, ma foi! au contraire; je les connais fort peu, dit le cardinal; mais attendez donc, mon dr�le de laquais doit savoir cela, lui.

� Justement, dit le duc, on l�a pris derri�re. Arr�tez, Champagne, arr�tez.

Et le duc tira le cordon qui correspondait au petit doigt du cocher.

Le cocher arr�ta court sur leurs jarrets nerveux les chevaux fr�missants.

� Olive, dit le cardinal, es-tu l�, dr�le?

� Oui, monseigneur.

� O� donc ai-je �t� un soir, au Marais, bien loin?

Le laquais avait parfaitement entendu la conversation, mais il n�eut garde de para�tre instruit.

� Au Marais�? dit-il ayant l�air de chercher.

� Oui, pr�s du boulevard.

� Quel jour, monseigneur?

� Un jour que je revenais de Saint-Denis.

� De Saint-Denis? reprit Olive, pour se faire valoir et se donner un air plus naturel.

� Eh! oui, de Saint-Denis; la voiture m�attendit au boulevard, je crois.

� Fort bien, monseigneur, fort bien, dit Olive; un homme vint m�me jeter dans la voiture un paquet fort lourd, je me rappelle maintenant.

� C�est possible, r�pondit le cardinal; mais qui te parle de cela, animal?

� Que d�sire donc monseigneur?

� Savoir le nom de la rue.

� Rue Saint-Claude, monseigneur.

� Claude, c�est cela! s��cria le cardinal. J�eusse pari� pour un nom de saint.

� Rue Saint-Claude! r�p�ta la comtesse en lan�ant � Richelieu un regard si expressif, que le mar�chal, craignant toujours de laisser approfondir ses secrets, surtout lorsqu�il s�agissait de conspiration, interrompit madame du Barry par ces mots:

� Eh! comtesse, le roi.

� O�?

� L�-bas.

� Le roi, le roi! s��cria la comtesse. � gauche, Champagne, � gauche, que Sa Majest� ne nous voie pas.

� Et pourquoi cela, comtesse? dit le cardinal effar�. Je croyais, au contraire, que vous me conduisiez pr�s de Sa Majest�.

� Ah! c�est vrai, vous avez envie de voir le roi, vous.

� Je ne viens que pour cela, madame.

� Eh bien, l�on va vous conduire au roi.

� Mais vous?

� Nous, nous restons ici.

� Cependant, comtesse�

� Pas de g�ne, prince, je vous en supplie; chacun � son affaire. Le roi est l�-bas, sous ce bosquet de ch�taigniers, vous avez affaire au roi, � merveille. Champagne!

Champagne arr�ta court.

� Champagne, laissez-nous descendre, et menez Son �minence au roi.

� Quoi! seul, comtesse?

� Vous demandiez l�oreille du roi, monsieur le cardinal.

� C�est vrai.

� Eh bien, vous l�aurez tout enti�re.

� Ah! cette bont� me comble.

Et le pr�lat baisa galamment la main de madame du Barry.

� Mais vous-m�me, o� vous retirez-vous, madame? demanda-t-il.

� Ici, sous ces gland�es.

� Le roi vous cherchera.

� Tant mieux.

� Il sera fort inquiet de ne pas vous voir.

� Et cela le tourmentera, c�est ce que je d�sire.

� Vous �tes adorable, comtesse.

� C�est justement ce que me dit le roi quand je l�ai tourment�. Champagne, quand vous aurez conduit Son �minence, vous reviendrez au galop.

� Oui, madame la comtesse.

� Adieu, duc, fit le cardinal.

� Au revoir, monseigneur, r�pondit le duc.

Et le valet ayant abaiss� le marchepied, le duc mit pied � terre avec la comtesse, l�g�re comme une �chapp�e de couvent, tandis que le carrosse voiturait rapidement Son �minence vers le tertre o� Sa Majest� Tr�s Chr�tienne cherchait, avec ses mauvais yeux, cette m�chante comtesse que tout le monde avait vue, except� lui.

Madame du Barry ne perdit pas de temps. Elle prit le bras du duc, et, l�entra�nant dans le taillis:

� Savez-vous, dit-elle, que c�est Dieu qui nous l�a envoy�, ce cher cardinal!

� Pour se d�barrasser un instant de lui, je comprends cela, r�pondit le duc.

� Non, pour nous mettre sur la trace de notre homme.

� Alors nous allons chez lui?

� Je le crois bien. Seulement�

� Quoi, comtesse?

� J�ai peur, je l�avoue.

� De qui?

� Du sorcier, donc. Oh! je suis fort cr�dule, moi.

� Diable!

� Et vous, croyez-vous aux sorciers?

� Dame! je ne dis pas non, comtesse.

� Mon histoire de la pr�diction�

� C�est un fait. Et moi-m�me�, dit le vieux mar�chal en se frottant l�oreille.

� Eh bien! vous?

� Moi-m�me, j�ai connu certain sorcier�

� Bah!

� Qui m�a rendu un jour un tr�s grand service.

� Quel service, duc?

� Il m�a ressuscit�.

� Ressuscit�! vous?

� Certainement, j��tais mort, rien que cela.

� Contez-moi la chose, duc.

� Cachons-nous, alors.

� Duc, vous �tes horriblement poltron.

� Mais non. Je suis prudent, voil� tout.

� Sommes-nous bien ici?

� Je le crois.

� Eh bien, l�histoire, l�histoire.

� Voil�. J��tais � Vienne. C��tait du temps de mon ambassade. Je re�us le soir, sous un r�verb�re, un grand coup d��p�e tout au travers du corps. C��tait une �p�e de mari, chose malsaine en diable. Je tombai. On me ramassa, j��tais mort.

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