Joseph Balsamo. Tome III
- Автор: Дюма Александр
- Серия: Les Mémoires d’un médecin #3
- Язык: французский
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:
� Vraiment?
� D�honneur.
� Prenez le mien.
� Je ne demande pas mieux.
� Il est � votre service, comtesse.
� Et au mien aussi, prince?
� Et au v�tre aussi, duc.
� Comment s�appelle-t-il?
� Le comte de F�nix.
Madame du Barry et le duc se regard�rent tous deux en p�lissant.
� Voil� qui est bizarre! dirent-ils ensemble.
� Est-ce que vous le connaissez? demanda le prince.
� Non. Et vous le tenez pour sorcier?
� Plut�t deux fois qu�une.
� Vous lui avez parl�?
� Sans doute.
� Et vous l�avez trouv�?�
� Parfait.
� � quelle occasion?
� Mais�
Le cardinal h�sita.
� � l�occasion de ma bonne aventure, que je me suis fait dire par lui.
� Et a-t-il devin� juste?
� C�est-�-dire qu�il m�a racont� des choses de l�autre monde.
� Il n�a point un autre nom que celui de comte de F�nix?
� Si fait: je l�ai entendu appeler encore�
� Dites, monseigneur, fit la comtesse avec impatience.
� Joseph Balsamo, madame.
La comtesse joignit les mains en regardant Richelieu. Richelieu se gratta le bout du nez en regardant la comtesse.
� Est-ce bien noir, le diable? demanda tout � coup madame du Barry.
� Le diable, comtesse? Mais je ne l�ai pas vu.
� Que lui dites-vous donc l�, comtesse? s��cria Richelieu. Voil�, pardieu! une belle soci�t� pour un cardinal.
� Est-ce que l�on vous dit la bonne aventure sans vous montrer le diable? demanda la comtesse.
� Oh! certainement, dit le cardinal; on ne montre le diable qu�aux gens de peu; pour nous, on s�en passe.
� Enfin, dites ce que vous voudrez, prince, continua madame du Barry; il y a toujours un peu de diablerie l�-dessous.
� Dame! je le crois.
� Des feux verts, n�est-ce pas? des spectres, des casseroles infernales qui puent le br�l� abominablement?
� Mais non, mais non; mon sorcier a d�excellentes mani�res; c�est un fort galant homme, et qui re�oit tr�s bien, au contraire.
� Est-ce que vous ne vous ferez pas tirer votre horoscope par ce sorcier-l�, comtesse? demanda Richelieu.
� J�en meurs d�envie, je l�avoue.
� Faites, madame.
� Mais o� cela se passe-t-il, demanda madame du Barry esp�rant que le cardinal allait lui donner l�adresse qu�elle cherchait.
� Dans une belle chambre fort coquettement meubl�e.
La comtesse avait peine � cacher son impatience.
� Bon! dit-elle; mais la maison?
� Maison d�cente, quoique d�architecture singuli�re.
La comtesse tr�pignait de d�pit d��tre si peu comprise.
Richelieu vint � son secours.
� Mais vous ne voyez donc pas, monseigneur, dit-il, que madame enrage de ne point savoir encore o� demeure votre sorcier?
� O� il demeure, avez-vous dit?
� Oui.
� Ah! fort bien, r�pliqua le cardinal. Eh! ma foi, attendez donc� non� si� non� C�est au Marais, presque au coin du boulevard, rue Saint-Fran�ois, Saint-Anastase� non. C�est un nom de saint, toujours.
� Mais quel saint, voyons, vous qui devez les conna�tre tous?
� Non, ma foi! au contraire; je les connais fort peu, dit le cardinal; mais attendez donc, mon dr�le de laquais doit savoir cela, lui.
� Justement, dit le duc, on l�a pris derri�re. Arr�tez, Champagne, arr�tez.
Et le duc tira le cordon qui correspondait au petit doigt du cocher.
Le cocher arr�ta court sur leurs jarrets nerveux les chevaux fr�missants.
� Olive, dit le cardinal, es-tu l�, dr�le?
� Oui, monseigneur.
� O� donc ai-je �t� un soir, au Marais, bien loin?
Le laquais avait parfaitement entendu la conversation, mais il n�eut garde de para�tre instruit.
� Au Marais�? dit-il ayant l�air de chercher.
� Oui, pr�s du boulevard.
� Quel jour, monseigneur?
� Un jour que je revenais de Saint-Denis.
� De Saint-Denis? reprit Olive, pour se faire valoir et se donner un air plus naturel.
� Eh! oui, de Saint-Denis; la voiture m�attendit au boulevard, je crois.
� Fort bien, monseigneur, fort bien, dit Olive; un homme vint m�me jeter dans la voiture un paquet fort lourd, je me rappelle maintenant.
� C�est possible, r�pondit le cardinal; mais qui te parle de cela, animal?
� Que d�sire donc monseigneur?
� Savoir le nom de la rue.
� Rue Saint-Claude, monseigneur.
� Claude, c�est cela! s��cria le cardinal. J�eusse pari� pour un nom de saint.
� Rue Saint-Claude! r�p�ta la comtesse en lan�ant � Richelieu un regard si expressif, que le mar�chal, craignant toujours de laisser approfondir ses secrets, surtout lorsqu�il s�agissait de conspiration, interrompit madame du Barry par ces mots:
� Eh! comtesse, le roi.
� O�?
� L�-bas.
� Le roi, le roi! s��cria la comtesse. � gauche, Champagne, � gauche, que Sa Majest� ne nous voie pas.
� Et pourquoi cela, comtesse? dit le cardinal effar�. Je croyais, au contraire, que vous me conduisiez pr�s de Sa Majest�.
� Ah! c�est vrai, vous avez envie de voir le roi, vous.
� Je ne viens que pour cela, madame.
� Eh bien, l�on va vous conduire au roi.
� Mais vous?
� Nous, nous restons ici.
� Cependant, comtesse�
� Pas de g�ne, prince, je vous en supplie; chacun � son affaire. Le roi est l�-bas, sous ce bosquet de ch�taigniers, vous avez affaire au roi, � merveille. Champagne!
Champagne arr�ta court.
� Champagne, laissez-nous descendre, et menez Son �minence au roi.
� Quoi! seul, comtesse?
� Vous demandiez l�oreille du roi, monsieur le cardinal.
� C�est vrai.
� Eh bien, vous l�aurez tout enti�re.
� Ah! cette bont� me comble.
Et le pr�lat baisa galamment la main de madame du Barry.
� Mais vous-m�me, o� vous retirez-vous, madame? demanda-t-il.
� Ici, sous ces gland�es.
� Le roi vous cherchera.
� Tant mieux.
� Il sera fort inquiet de ne pas vous voir.
� Et cela le tourmentera, c�est ce que je d�sire.
� Vous �tes adorable, comtesse.
� C�est justement ce que me dit le roi quand je l�ai tourment�. Champagne, quand vous aurez conduit Son �minence, vous reviendrez au galop.
� Oui, madame la comtesse.
� Adieu, duc, fit le cardinal.
� Au revoir, monseigneur, r�pondit le duc.
Et le valet ayant abaiss� le marchepied, le duc mit pied � terre avec la comtesse, l�g�re comme une �chapp�e de couvent, tandis que le carrosse voiturait rapidement Son �minence vers le tertre o� Sa Majest� Tr�s Chr�tienne cherchait, avec ses mauvais yeux, cette m�chante comtesse que tout le monde avait vue, except� lui.
Madame du Barry ne perdit pas de temps. Elle prit le bras du duc, et, l�entra�nant dans le taillis:
� Savez-vous, dit-elle, que c�est Dieu qui nous l�a envoy�, ce cher cardinal!
� Pour se d�barrasser un instant de lui, je comprends cela, r�pondit le duc.
� Non, pour nous mettre sur la trace de notre homme.
� Alors nous allons chez lui?
� Je le crois bien. Seulement�
� Quoi, comtesse?
� J�ai peur, je l�avoue.
� De qui?
� Du sorcier, donc. Oh! je suis fort cr�dule, moi.
� Diable!
� Et vous, croyez-vous aux sorciers?
� Dame! je ne dis pas non, comtesse.
� Mon histoire de la pr�diction�
� C�est un fait. Et moi-m�me�, dit le vieux mar�chal en se frottant l�oreille.
� Eh bien! vous?
� Moi-m�me, j�ai connu certain sorcier�
� Bah!
� Qui m�a rendu un jour un tr�s grand service.
� Quel service, duc?
� Il m�a ressuscit�.
� Ressuscit�! vous?
� Certainement, j��tais mort, rien que cela.
� Contez-moi la chose, duc.
� Cachons-nous, alors.
� Duc, vous �tes horriblement poltron.
� Mais non. Je suis prudent, voil� tout.
� Sommes-nous bien ici?
� Je le crois.
� Eh bien, l�histoire, l�histoire.
� Voil�. J��tais � Vienne. C��tait du temps de mon ambassade. Je re�us le soir, sous un r�verb�re, un grand coup d��p�e tout au travers du corps. C��tait une �p�e de mari, chose malsaine en diable. Je tombai. On me ramassa, j��tais mort.