Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Joseph Balsamo. Tome III
Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
1 ... 51 52 53 54 55 56 57 58 59 ... 79
Перейти на страницу:

La jeune femme, avec ses dentelles frissonnantes, avec sa coiffure gigantesque, son �ventail et ses parfums, �tait radieuse comme un astre. Rousseau venait d��tre heurt� par elle.

Le jeune homme, mince, d�licat, charmant, froissant son cordon bleu sur son jabot d�Angleterre, poussait des �clats de rire d�une engageante franchise, et les coupait soudain par des r�ticences ou des chuchotements qui faisaient rire la dame � son tour, et les montrait ensemble de la meilleure intelligence du monde.

Rousseau reconnut madame la comtesse du Barry dans cette belle dame, dans cette s�duisante cr�ature; et, aussit�t qu�il l�eut vue, selon son habitude de s�absorber dans une seule contemplation, il ne vit plus son compagnon.

Le jeune homme au cordon bleu n��tait autre que M. le comte d�Artois, qui fol�trait du plus joyeux de son c�ur avec la ma�tresse de son grand-p�re.

Madame du Barry, en apercevant cette noire figure de Rousseau, se mit � crier:

� Ah! mon Dieu!

� Eh quoi! fit le comte d�Artois regardant � son tour le philosophe.

Et d�j� il �tendait la main pour faire doucement passage � sa compagne.

� M. Rousseau! s��cria madame du Barry.

� Rousseau de Gen�ve? dit le comte d�Artois, du ton d�un �colier en vacances.

� Oui, Monseigneur, r�pliqua la comtesse.

� Ah! bonjour, monsieur Rousseau, dit l�espi�gle en voyant que Rousseau venait de pousser une pointe d�sesp�r�e pour forcer le passage; bonjour� Nous allons entendre de votre musique.

� Monseigneur�, balbutia Rousseau qui aper�ut le cordon bleu.

� Ah! de la bien charmante musique, dit la comtesse, bien conforme � l�esprit et au c�ur de son auteur!

Rousseau releva la t�te et vint br�ler son regard au regard de feu de la comtesse.

� Madame�, dit-il de mauvaise humeur.

� Je jouerai Colin, madame, s��cria le comte d�Artois, et je vous prie, madame la comtesse, de jouer Colette.

� De tout mon c�ur, Monseigneur; mais je n�oserai jamais, moi qui ne suis pas artiste, profaner la musique du ma�tre.

Rousseau e�t donn� sa vie pour oser regarder encore; mais la voix, mais le ton, mais la flatterie, mais la beaut� avaient chacun d�pos� un hame�on dans son c�ur.

Il voulut fuir.

� Monsieur Rousseau, dit le prince en lui barrant le passage, je veux que vous m�appreniez le r�le de Colin.

� Je n�oserais demander � monsieur de me donner des conseils pour celui de Colette, dit la comtesse en jouant la timidit�, de sorte qu�elle acheva de terrasser le philosophe.

Les yeux de celui-ci cependant demand�rent pourquoi.

� Monsieur me hait, dit-elle au prince de sa voix enchanteresse.

� Allons donc! s��cria le comte d�Artois, vous! qui peut vous ha�r, madame?

� Vous le voyez bien, dit-elle.

� M. Rousseau est trop honn�te homme et fait de trop jolies choses pour fuir une aussi charmante femme, dit le comte d�Artois.

Rousseau poussa un grand soupir, comme s�il e�t �t� pr�t � rendre l��me, et il s�enfuit par la mince ouverture que le comte d�Artois laissa imprudemment entre lui et la muraille.

Mais Rousseau n�avait pas de bonheur ce soir-l�; il ne fit pas quatre pas sans aller se heurter � un nouveau groupe.

Cette fois, ce groupe se composait de deux hommes; l�un vieux, l�autre jeune: l�un avait le cordon bleu, c��tait le jeune; l�autre, qui pouvait avoir cinquante-cinq ans, �tait v�tu de rouge et tout p�le d�aust�rit�.

Ces deux hommes entendirent le joyeux comte d�Artois crier et rire de toute sa force:

� Ah! monsieur Rousseau, monsieur Rousseau, je dirai que madame la comtesse vous a fait fuir, et, en v�rit�, personne ne le voudra croire.

� Rousseau? murmur�rent les deux hommes.

� Arr�tez-le, mon fr�re, dit le prince toujours riant; arr�tez-le, monsieur de la Vauguyon.

Rousseau comprit alors sur quel �cueil son �toile f�cheuse venait de le faire �chouer.

M. le comte de Provence et le gouverneur des enfants de France!

Le comte de Provence barra donc aussi le chemin � Rousseau.

� Bonjour, monsieur, lui dit-il de sa voix br�ve et p�dante.

Rousseau, �perdu, s�inclina en murmurant:

� Je n�en sortirai pas!

� Ah! je suis bien aise de vous trouver, monsieur! dit le prince du ton d�un pr�cepteur qui cherchait et qui retrouve un �colier en faute.

� Encore des compliments absurdes, pensa Rousseau. Que ces grands sont fades!

� J�ai lu votre traduction de Tacite, monsieur.

� Ah! c�est vrai, se dit Rousseau; celui-ci est un savant, un p�dant.

� Savez-vous que c�est fort difficile � traduire, Tacite?

� Mais, Monseigneur, je l�ai �crit dans une petite pr�face.

� Oui je le sais bien, je le sais bien; vous y dites que vous ne savez que m�diocrement le latin.

� Monseigneur, c�est bien vrai.

� Alors, pourquoi traduire Tacite, monsieur Rousseau?

� Monseigneur, c�est un exercice de style.

� Ah! monsieur Rousseau, vous avez eu tort de traduire imperatoria brevitate par un discours grave et concis.

Rousseau, inquiet, chercha dans sa m�moire.

� Oui, dit le jeune prince avec l�aplomb d�un vieux savant qui rel�ve une faute dans Saumaise; oui, vous avez traduit ainsi. C�est dans le paragraphe o� Tacite raconte que Pison harangua ses soldats.

� Eh bien, Monseigneur?

� Eh bien, monsieur Rousseau, imperatoria brevitate signifie avec la concision d�un g�n�ral� ou d�un homme habitu� � commander. La concision du commandement� voil� l�expression, n�est-ce pas, monsieur de la Vauguyon?

� Oui, Monseigneur, r�pondit le gouverneur.

Rousseau ne r�pondit rien. Puis le prince ajouta:

� Cela est un bel et bon contresens, monsieur Rousseau� Oh! je vous en trouverai encore un.

Rousseau p�lit.

� Tenez, monsieur Rousseau, c�est dans le paragraphe relatif � Cecina. Il commence ainsi: At in superiore Germania� Vous savez, on fait le portrait de Cecina, et Tacite dit: Cito sermone.

� Je me rappelle parfaitement, Monseigneur.

� Vous avez traduit cela par parlant bien

� Sans doute, Monseigneur, et je croyais�

Cito sermone veut dire parle vite, c�est-�-dire facilement.

� J�ai dit parlant bien?

� Il y aurait eu decoro ou ornato ou eleganti sermone; cito est une �pith�te pittoresque, monsieur Rousseau. C�est comme dans la peinture du changement de conduite d�Othon. Tacite dit: Delata voluptas, dissimulata luxuria cunctaque, ad imperii decorem composita.

� J�ai traduit par: Renvoyant � d�autres temps le luxe et la volupt�, il surprit tout le monde en s�appliquant � r�tablir la gloire de l�empire.

� � tort, monsieur Rousseau, � tort. D�abord, vous avez fait une seule phrase de trois petites phrases, ce qui vous a forc� de mal traduire dissimulata luxuria; ensuite, vous avez fait un contresens dans le dernier membre de cette phrase. Tacite n�a pas voulu dire que l�empereur Othon s�appliqu�t � r�tablir la gloire de l�empire; il a voulu dire que, ne satisfaisant plus ses passions et dissimulant ses habitudes de luxe, Othon accommodait tout, appliquait tout, faisait tourner tout� tout, vous entendez bien, monsieur Rousseau, c�est-�-dire ses passions et ses vices m�mes, � la gloire de l�empire. Voil� le sens, il est complexe; le v�tre est restreint; n�est-ce pas, monsieur de la Vauguyon?

� Oui, Monseigneur.

Rousseau suait et soufflait sous cette pression impitoyable.

Le prince le laissa respirer un moment; apr�s quoi:

� Vous �tes bien sup�rieur dans la philosophie, dit-il.

Rousseau s�inclina.

� Seulement, votre �mile est un livre dangereux.

� Dangereux, Monseigneur?

� Oui, par la quantit� d�id�es fausses que cela donnera aux petits bourgeois.

� Monseigneur, d�s qu�un homme est p�re, il rentre dans les conditions de mon livre, f�t-il le plus grand, f�t-il le dernier du royaume� �tre p�re� c�est�

1 ... 51 52 53 54 55 56 57 58 59 ... 79
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)