Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Joseph Balsamo. Tome III
Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
1 ... 44 45 46 47 48 49 50 51 52 ... 79
Перейти на страницу:

� De naturel, au contraire, monsieur; cessez d�appeler surnaturel tout ce qui ressort des fonctions de la destin�e de l��me. Naturelles sont ces fonctions; connues, c�est autre chose.

� Inconnues � nous, ma�tre, ces fonctions ne doivent pas �tre des myst�res pour vous. Le cheval, inconnu aux P�ruviens, �tait familier aux Espagnols, qui l�avaient dompt�.

� Ce serait orgueilleux � moi de dire: �Je sais.� Je suis plus humble, monsieur, je dis: �Je crois.�

� Eh bien, que croyez-vous?

� Je crois que la loi du monde, la premi�re, la plus puissante de toutes, est celle du progr�s. Je crois que Dieu n�a rien cr�� que dans un but de bien-�tre ou de moralit�. Seulement, comme la vie de ce monde est incalcul�e et incalculable, le progr�s est lent. Notre plan�te, au dire des �critures, comptait soixante si�cles quand l�imprimerie est venue comme un vaste phare r�fl�chir le pass� et �clairer l�avenir; avec l�imprimerie, plus d�obscurit�, plus d�oubli; l�imprimerie, c�est la m�moire du monde. Eh bien, Gutenberg a invent� l�imprimerie et moi, j�ai retrouv� la confiance.

� Ah! dit ironiquement Marat, vous en arriverez peut-�tre � lire dans les c�urs?

� Pourquoi pas?

� Alors, vous ferez pratiquer � la poitrine de l�homme cette petite fen�tre que d�siraient tant y voir les anciens?

� Il n�est pas besoin de cela, monsieur: j�isolerai l��me du corps; et l��me, fille pure, fille immacul�e de Dieu, me dira toutes les turpitudes de cette enveloppe mortelle qu�elle est condamn�e � animer.

� Vous r�v�lerez des secrets mat�riels?

� Pourquoi pas?

� Vous me direz, par exemple, qui m�a vol� ma montre?

� Vous abaissez la science � un triste niveau, monsieur. Mais, n�importe! la grandeur de Dieu est aussi bien prouv�e par le grain de sable que par la montagne, par le ciron que par l��l�phant. Oui, je vous dirai qui vous a vol� votre montre.

En ce moment, on frappa timidement � la porte. C��tait la femme de m�nage de Marat qui �tait rentr�e et qui, selon l�ordre donn� par le jeune chirurgien, apportait la lettre.

Chapitre 107. La porti�re de Marat

La porte s�ouvrit et donna passage � dame Grivette.

Cette femme, que nous n�avons pas pris le temps d�esquisser parce que sa figure �tait de celles que le peintre rel�gue au dernier plan tant qu�il n�a pas besoin d�elles; cette femme s�avance maintenant dans le tableau mouvant de cette histoire, et demande � prendre sa place dans l�immense panorama que nous avons entrepris de d�rouler aux yeux de nos lecteurs; panorama dans lequel nous encadrerions, si notre g�nie �galait notre volont�, depuis le mendiant jusqu�au roi, depuis Caliban jusqu�� Ariel, depuis Ariel jusqu�� Dieu.

Nous allons donc essayer de crayonner dame Grivette, qui se d�tache de son ombre et qui s�avance vers nous.

C��tait une longue et s�che cr�ature de trente-deux � trente-trois ans, jaune de couleur, avec des yeux bleus bord�s de noir, type effrayant du d�p�rissement que subissent � la ville, dans des conditions de mis�re, d�asphyxie incessante et de d�gradation physique et morale, ces cr�atures que Dieu a faites belles, et qui fussent devenues magnifiques dans leur entier d�veloppement, comme le sont en ce cas-l� toutes les cr�atures de l�air, du ciel et de la terre, quand l�homme n�a pas fait de leur vie un long supplice, c�est-�-dire lorsqu�il n�a pas fatigu� leur pied avec l�entrave et leur estomac avec la faim, ou avec une nourriture presque aussi fatale que pourrait l��tre l�absence de toute nourriture.

Ainsi la porti�re de Marat e�t �t� une belle femme, si, depuis l��ge de quinze ans, elle n�e�t habit� un taudis sans air et sans jour, si le feu de ses instincts naturels, aliment� par cette chaleur de four, ou par un froid de glace, e�t sans cesse br�l� avec mesure. Elle avait des mains longues et maigres, que le fil de la couturi�re avait sillonn�es de petites coupures, que l�eau savonneuse de la buanderie avait crevass�es et amollies, que la braise de la cuisine avait r�ties et tann�es; mais, malgr� tout cela, des mains, on le voyait � la forme, c�est-�-dire � cette trace ind�l�bile du muscle divin; des mains qu�on e�t appel�es des mains royales, si, au lieu des ampoules du balai, elles eussent eu celles du sceptre.

Tant il est vrai que ce pauvre corps humain n�est que l�enseigne de notre profession.

Dans cette femme, l�esprit, sup�rieur au corps, et qui, par cons�quent, avait mieux r�sist� que lui, l�esprit veillait comme une lampe; il �clairait, pour ainsi dire, le corps par un reflet diaphane, et parfois on voyait monter � des yeux h�b�t�s et ternis un rayon de l�intelligence, de la beaut�, de la jeunesse, de l�amour, de tout ce qu�il y a d�exquis enfin dans la nature humaine.

Balsamo regarda longtemps cette femme, ou plut�t cette nature singuli�re, qui, au reste, avait d�s la premi�re vue frapp� son �il observateur.

La porti�re entra donc tenant la lettre � la main, et, d�une voix doucereuse, d�une voix de vieille femme, car les femmes condamn�es � la mis�re sont vieilles � trente ans:

� Monsieur Marat, dit-elle, voici la lettre que vous avez demand�e.

� Ce n�est pas la lettre que je d�sirais avoir, c�est vous que je voulais voir, dit Marat.

� Eh bien, votre servante, monsieur Marat, me voici.

Dame Grivette fit une r�v�rence.

� Que d�sirez-vous?

� Je d�sire savoir des nouvelles de ma montre, dit Marat; vous vous en doutez bien.

� Ah! dame! �a, je ne peux pas dire ce qu�elle est devenue. Je l�ai vue hier toute la journ�e, pendue � son clou, � la chemin�e.

� Vous vous trompez: toute la journ�e, elle a �t� dans mon gousset; seulement, � six heures du soir, comme je sortais, comme j�allais au milieu d�une grande foule, comme je craignais qu�on me la vol�t, je l�ai mise sous le chandelier.

� Si vous l�avez mise sous le chandelier, elle doit y �tre encore.

Et la porti�re, avec une bonhomie feinte qu�elle ne se doutait pas �tre si puissamment r�v�latrice, alla lever justement, des deux chandeliers qui ornaient la chemin�e, celui sous lequel Marat avait cach� sa montre.

� Oui, voil� bien le chandelier, dit le jeune homme; mais la montre?

� Non, en v�rit�, elle n�y est plus. Est-ce que vous ne l�aviez pas mise l�, monsieur Marat?

� Mais, lorsque je vous dis�

� Cherchez bien.

� Oh! j�ai cherch�, dit Marat avec un regard courrouc�.

� Vous l�aurez perdue, alors.

� Mais je vous dis qu�hier, moi-m�me, je l�ai mise l�, sous ce chandelier.

� Quelqu�un alors sera entr� ici, dit dame Grivette; vous recevez tant de gens, tant d�inconnus!

� Pr�texte! pr�texte! s��cria Marat s�emportant de plus en plus; vous savez bien que personne n�est entr� depuis hier. Non, non, ma montre a pris le chemin qu�a pris la pomme d�argent de ma derni�re canne, qu�a pris cette petite cuiller d�argent que vous savez, qu�a pris mon couteau � six lames! On me vole, dame Grivette, on me vole. J�ai support� bien des choses, mais je ne supporterai pas celle-l�; prenez-y garde!

� Mais, monsieur, dit dame Grivette, est-ce que vous m�accusez, par hasard?

� Vous devez surveiller mes effets.

� Je n�ai pas seule la clef.

� Vous �tes la porti�re.

� Vous me donnez un �cu par mois, et vous voudriez �tre servi comme par dix domestiques.

� Il m�importe peu d��tre mal servi; il m�importe fort de n��tre pas vol�.

� Monsieur, je suis une honn�te femme!

� Une honn�te femme que je livrerai au commissaire de police, si, d�ici � une heure, ma montre n�est pas retrouv�e.

� Au commissaire de police?

� Oui.

� Au commissaire de police, une honn�te femme comme moi?

� Une honn�te femme, une honn�te femme!�

� Oui, et sur laquelle il n�y a rien � dire, entendez-vous!

� Allons, assez, dame Grivette.

� Ah! je me doutais d�j� que vous me soup�onniez quand vous �tes sorti.

� Je vous soup�onne depuis la disparition du pommeau de ma canne.

� Eh bien, moi, je vous dirai une chose, monsieur Marat, � mon tour.

� Laquelle?

� C�est que, pendant votre absence, j�ai consult�

� Qui cela?

� Mes voisins.

� � quel propos?

� � ce propos que vous me soup�onniez.

1 ... 44 45 46 47 48 49 50 51 52 ... 79
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)