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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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�Messieurs, la s�ance est lev�e.�

Ces paroles prononc�es, Balsamo se couvrit la t�te et s�enveloppa de son manteau.

Chacun des initi�s partit alors � son tour, seul et silencieux, pour ne pas �veiller de soup�ons.

Chapitre 105. Le corps et l��me

Le dernier rest� pr�s du ma�tre fut Marat, le chirurgien.

Il s�approcha humblement et fort p�le du terrible orateur dont la puissance �tait illimit�e.

� Ma�tre, demanda-t-il, ai-je donc, en effet, commis une faute?

� Une grande, monsieur, dit Balsamo; et, ce qu�il y a de pis, c�est que vous ne croyez pas l�avoir commise.

� Eh bien oui, je l�avoue; non seulement je ne crois pas avoir commis une faute, mais je crois avoir parl� comme il convient.

� Orgueil! orgueil! murmura Balsamo; orgueil, d�mon destructeur! Les hommes vont combattre la fi�vre dans les veines du malade, la peste dans les eaux et dans les airs; mais ils laissent l�orgueil pousser de si profondes racines dans leurs c�urs, qu�ils ne peuvent parvenir � l�extirper.

� Oh! ma�tre, dit Marat, vous avez de moi une bien triste opinion. Suis-je donc, en effet, si peu de chose, que je ne puisse compter parmi mes semblables? Ai-je si mal recueilli le fruit de mes travaux, que je sois incapable de dire un mot sans �tre tax� d�ignorance? Suis-je donc un si ti�de adepte, que l�on suspecte ma conviction? N�euss�-je que cela, j�existe au moins par le d�vouement � la sainte cause du peuple.

� Monsieur, r�pliqua Balsamo, c�est parce que le principe du bien lutte encore en vous contre celui du mal, qui me para�t devoir l�emporter un jour, que je tenterai de vous corriger de ces d�fauts. Si je dois y r�ussir, si l�orgueil ne l�a pas d�j� emport� en vous sur tout autre sentiment, j�y r�ussirai en une heure.

� En une heure? dit Marat.

� Oui. Voulez-vous me donner cette heure?

� Certainement.

� O� vous verrai-je?

� Ma�tre, c�est � moi d�aller vous trouver au rendez-vous que vous voudrez bien fixer � votre serviteur.

� Eh bien, dit Balsamo, j�irai chez vous.

� Faites attention � l�engagement que vous prenez, ma�tre; j�habite une mansarde, rue des Cordeliers. Une mansarde, vous entendez, dit Marat avec une affectation de simplicit� orgueilleuse, avec une fanfaronnade de mis�re qui n��chappa point � Balsamo, tandis que vous�

� Tandis que moi?

� Tandis que vous, vous habitez, dit-on, un palais.

Celui-ci haussa les �paules, comme ferait un g�ant qui, du haut de sa taille, mesurerait les col�res d�un nain.

� Eh bien, soit, monsieur, r�pondit-il, j�irai vous voir dans votre mansarde.

� Quand cela, monsieur?

� Demain.

� � quelle heure?

� Le matin.

� C�est qu�au point du jour, je vais � mon amphith��tre et, de l�, � l�h�pital.

� Pr�cis�ment, c�est ce qu�il me faut. Je vous eusse demand� de m�y conduire si vous ne me l�eussiez pas propos�.

� Vous entendez, de bonne heure. Je dors peu, dit Marat.

� Et moi, je ne dors pas, r�pondit Balsamo. Ainsi donc, au point du jour.

� Je vous attendrai.

L�-dessus, ils se s�par�rent, car ils �taient arriv�s � la porte de la rue, aussi sombre et aussi solitaire au moment de leur sortie qu�elle �tait peupl�e et bruyante au moment de leur entr�e.

Balsamo prit � gauche et disparut rapidement.

Marat l�imita en tirant � droite avec ses jambes longues et gr�les.

Balsamo fut exact: � six heures du matin, il heurtait, le lendemain, � la porte du palier qui, centre d�un long corridor perc� de six portes, formait le dernier �tage d�une vieille maison de la rue des Cordeliers.

Marat, on le voyait bien, avait tout pr�par� pour recevoir plus dignement son h�te illustre. Le maigre lit de noyer, la commode � dessus de bois, reluisaient de propret� sous le chiffon de laine d�une femme de m�nage, qui s�escrimait � tour de bras sur ces meubles vermoulus.

Marat lui-m�me pr�tait une aide active � cette femme et rafra�chissait dans un petit pot de fa�ence bleue des fleurs p�les et �tiol�es, le principal ornement de la mansarde.

Il tenait encore un torchon de toile sous le bras, ce qui indiquait qu�il n�avait touch� aux fleurs qu�apr�s avoir donn� son coup de main aux meubles.

Comme la clef �tait � la porte et que Balsamo �tait entr� sans frapper, il surprit Marat dans cette occupation.

Marat, � la vue du ma�tre, rougit beaucoup plus qu�il ne convenait � un sto�cien v�ritable.

� Vous voyez, monsieur, dit-il en jetant sournoisement derri�re un rideau le torchon r�v�lateur, je suis homme de m�nage, et j�aide � cette bonne femme. Je choisis l�ouvrage, par exemple, ce qui n�est peut-�tre pas d�un bon pl�b�ien, mais qui n�est pas non plus tout � fait d�un grand seigneur.

� C�est d�un jeune homme pauvre et qui aime la propret�, dit froidement Balsamo, voil� tout. �tes-vous bient�t pr�t, monsieur? Vous savez que mes moments sont compt�s.

� Je passe mon habit, monsieur� Dame Grivette, mon habit� C�est ma porti�re, monsieur; c�est mon valet de chambre, c�est ma cuisini�re, c�est mon intendant, et elle me co�te un �cu par mois.

� Je loue l��conomie, dit Balsamo; c�est la richesse des pauvres, c�est la sagesse des riches.

� Mon chapeau, ma canne, dit Marat.

� Allongez la main, dit Balsamo; voil� votre chapeau, et sans doute cette canne, qui est pr�s de votre chapeau, est la v�tre.

� Oh! pardon, monsieur, je suis tout confus.

� �tes-vous pr�t?

� Oui, monsieur. Ma montre, dame Grivette.

Dame Grivette se tourna et se retourna, mais ne r�pondit point.

� Vous n�avez pas besoin de montre, monsieur, pour aller � l�amphith��tre et � l�h�pital; on serait peut-�tre longtemps � la retrouver, et cela nous retarderait.

� Cependant, monsieur, je tiens beaucoup � ma montre, qui est excellente et que j�ai achet�e � force d��conomies.

� En votre absence, dame Grivette la cherchera, r�pondit Balsamo avec un sourire; et, si elle cherche bien, � votre retour, elle sera retrouv�e.

� Oh! certainement, dit dame Grivette, elle sera retrouv�e, si toutefois monsieur ne l�a pas laiss�e ailleurs; rien ne se perd ici.

� Vous voyez bien, dit Balsamo. Allons, monsieur, allons.

Marat n�osa point insister et suivit Balsamo tout en grommelant.

Lorsqu�ils furent � la porte:

� O� allons-nous d�abord? dit Balsamo.

� � l�amphith��tre, si vous voulez, ma�tre; j�y ai d�sign� un sujet qui a d� mourir cette nuit d�une m�ningite aigu�; j�ai des observations � faire sur son cerveau, et je ne voudrais pas que mes camarades me le prissent.

� Allons donc � l�amphith��tre, monsieur Marat.

� D�autant plus que ce n�est qu�� deux pas d�ici; que l�amphith��tre touche � l�h�pital, et que nous ne faisons qu�entrer et sortir; vous pouvez m�me m�attendre � la porte.

� Au contraire, je d�sire entrer avec vous: vous me direz votre opinion sur le sujet.

� Quand il �tait un corps, monsieur?

� Non, depuis qu�il est un cadavre.

� Hol�! prenez-y garde, dit Marat en souriant; je pourrai gagner un point sur vous, car je connais cette partie de ma profession et suis, dit-on, un assez habile anatomiste.

� Orgueil, orgueil, toujours orgueil! murmura Balsamo.

� Que dites-vous? demanda Marat.

� Je dis que nous allons voir cela, monsieur, r�pliqua Balsamo. Entrons.

Marat s�engagea le premier dans l�all�e �troite qui conduisait � cet amphith��tre, au bout de la rue Hautefeuille.

Balsamo le suivit sans h�siter jusque dans la salle longue et �troite o�, sur une table de marbre, on voyait deux cadavres �tendus, l�un de femme l�autre d�homme.

La femme �tait morte jeune. L�homme �tait vieux et chauve; un m�chant suaire leur voilait le corps, en laissant leurs visages � moiti� d�couverts.

Tous deux �taient couch�s c�te � c�te sur ce lit glac�, eux qui jamais peut-�tre ne s��taient vus en ce monde, et dont les �mes, voyageant alors dans l��ternit�, devaient �tre bien surprises de voir un pareil voisinage � leurs enveloppes mortelles.

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