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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Ces craintes me paraissent pu�riles, dit une voix; chaque jour, nous gagnons en force, et nous sommes dirig�s par de brillants g�nies et par de vigoureuses mains.

Balsamo s�inclina pour remercier le flatteur de son �loge.

� Oui; mais, comme l�a dit notre illustre pr�sident, la trahison se glisse partout, r�pliqua un fr�re qui n��tait autre que le chirurgien Marat, promu malgr� sa jeunesse � un grade sup�rieur gr�ce auquel il si�geait pour la premi�re fois au comit� consultatif. Songez, fr�res, qu�en doublant l�amorce on fait la capture plus importante. Si M. de Sartine, avec un sac d��cus, peut acheter la r�v�lation d�un de nos fr�res obscurs, le ministre, avec un million ou l�espoir d�une dignit�, peut acheter un de nos sup�rieurs. Or, chez nous, le fr�re obscur ne sait rien.

�Il conna�t tout au plus quelques noms parmi ses coll�gues, et ces noms ne repr�sentent aucune chose. C�est un ordre admirable que celui de notre constitution, mais il est �minemment aristocratique; les inf�rieurs ne savent rien, ne peuvent rien; on les assemble pour leur dire ou leur faire dire des futilit�s; et cependant ils concourent de leur temps, de leur argent, � la solidit� de notre �difice. Songez-y, le man�uvre apporte seulement la pierre et le mortier; mais, sans pierre et sans mortier, ferez-vous la maison? Or, ce man�uvre per�oit un mince salaire, et cependant, moi, je le regarde comme �gal � l�architecte, dont le plan cr�e et vivifie tout l�ouvrage; et je le regarde comme son �gal, parce qu�il est homme et que tout homme vaut un autre homme aux yeux du philosophe, attendu qu�il porte sa part de mis�re et de fatalit� comme un autre, et que, plus qu�un autre m�me, il est expos� � la chute d�une pierre et � la rupture d�un �chafaudage.

� Je vous interromps, fr�re, dit Balsamo. Vous abandonnez la question qui seule doit nous pr�occuper. Votre d�faut, fr�re, c�est d�exag�rer le z�le et de g�n�raliser les discussions. Il ne s�agit pas aujourd�hui de savoir si notre constitution est bonne ou mauvaise, mais de maintenir la fermet�, l�int�grit� de cette constitution. Que si je voulais discuter avec vous je r�pondrais: Non, l�organe qui re�oit le mouvement n�est pas l��gal du g�nie du cr�ateur; non, l�ouvrier n�est pas l��gal de l�architecte; non, le cerveau n�est pas l��gal du bras.

� Que M. de Sartine saisisse un de nos fr�res des derniers grades, s��cria Marat avec chaleur, l�enverra-t-il moins pourrir a la Bastille que vous et moi?

� D�accord; mais il n�y aura dommage que pour l�individu et non pour l�ordre, qui doit passer chez nous avant toutes choses; tandis que, si le chef est emprisonn�, la conjuration s�arr�te; tandis que, si le g�n�ral manque, l�arm�e perd la bataille. Fr�res, veillez donc au salut des chefs!

� Oui, mais qu�ils veillent de leur c�t� au n�tre.

� C�est leur devoir.

� Et que leurs fautes soient doublement punies.

� Encore une fois, mon fr�re, vous vous �loignez des constitutions de l�ordre. Ignorez-vous que le serment qui lie tous les membres de notre association est un et applique � tous les m�mes peines?

� Toujours les grands s�y soustrairont.

� Ce n�est point l�avis des grands, fr�res; �coutez la fin de la lettre de notre proph�te Swedenborg, un des grands parmi nous; voici ce qu�il ajoute:

�Le mal viendra d�un des grands, d�un tr�s grand de l�ordre, ou, s�il ne vient pas pr�cis�ment de lui, la faute ne lui en sera pas moins imputable; rappelez-vous que le feu et l�eau peuvent �tre complices: l�un donne la lumi�re, l�autre les r�v�lations.

�Veillez, fr�res! sur tout et sur tous, veillez!�

� Alors, dit Marat saisissant dans le discours de Balsamo et dans la lettre de Swedenborg le c�t� dont il voulait tirer parti, r�p�tons le serment qui nous lie, et engageons-nous � le tenir dans toute sa rigueur, quel que soit celui qui aura trahi ou sera cause de la trahison.

Balsamo se recueillit un instant, et, se levant de son si�ge, il pronon�a les paroles consacr�es que nos lecteurs ont d�j� vues une fois, d�une voix lente, solennelle et terrible:

�Au nom du Fils crucifi�, je jure de briser les liens charnels qui m�attachent � p�re, m�re, fr�res, s�urs, �pouse, parents, amis, ma�tresse, rois, chefs, bienfaiteurs, et tout �tre quelconque � qui j�ai promis foi, ob�issance, reconnaissance ou service.

�Je jure de r�v�ler au chef que je reconnais d�apr�s les statuts de l�ordre, ce que j�ai vu, fait, pris, lu ou entendu, appris ou devin�, et m�me de rechercher et �pier ce qui ne s�offrirait pas seulement � mes yeux.

�J�honorerai le poison, le fer et le feu comme des moyens d��purer le globe par la mort ou l�h�b�tation des ennemis de la v�rit� et de la libert�.

�Je souscris � la loi du silence; je consens � mourir comme frapp� de la foudre, le jour o� j�aurai m�rit� un ch�timent, et j�attends sans me plaindre le coup de couteau qui m�atteindra en quelque lieu de la terre que je sois.�

Alors, les sept hommes qui composaient la sombre assembl�e r�p�t�rent mot � mot ce serment, debout et la t�te d�couverte.

Puis, quand les paroles sacramentelles eurent �t� �puis�es:

� Nous voil� garantis, dit Balsamo; ne m�lons plus d�incidents � notre discussion. J�ai un compte � rendre au comit� des principaux �v�nements de l�ann�e.

�Ma gestion des affaires de la France pr�sentera quelque int�r�t � des esprits �clair�s et z�l�s comme les v�tres.

�Je commence.

�La France est situ�e au centre de l�Europe, comme le c�ur au centre du corps; elle vit, elle fait vivre. C�est dans ses agitations qu�il faut chercher la cause de tout le malaise de l�organisme g�n�ral.

�Je suis donc venu en France, et je me suis approch� de Paris comme le m�decin s�approche du c�ur: j�ai auscult�, j�ai palp�, j�ai exp�riment�. Lorsque je l�ai abord�e, voil� un an, la monarchie fatiguait; aujourd�hui, les vices la tuent. J�ai d� pr�cipiter l�effet de ces d�bauches mortelles, et, pour cela, je les ai favoris�es.

�Un obstacle �tait sur ma route, cet obstacle �tait un homme; cet homme, c��tait non pas le premier, mais le plus puissant de l��tat apr�s le roi.

�Il �tait dou� de quelques-unes de ces qualit�s qui plaisent aux autres hommes. Il �tait trop orgueilleux, c�est vrai, mais il appliquait son orgueil � ses �uvres; il savait adoucir la servitude du peuple en lui faisant croire, voir m�me quelquefois qu�il est une partie de �tat; et, en le consultant parfois sur ses propres mis�res, il arborait un �tendard autour duquel les masses se rallient toujours, l�esprit national.

�Il ha�ssait les Anglais, naturels ennemis de la France; il ha�ssait la favorite, naturelle ennemie des classes laborieuses. Or, cet homme, s�il e�t �t� un usurpateur, s�il e�t �t� l�un de nous, s�il e�t march� dans nos voies, agi dans notre but, cet homme, je l�eusse m�nag�, je l�eusse maintenu au pouvoir, je l�eusse soutenu avec toutes les ressources que je puis cr�er pour mes prot�g�s; car, au lieu de recr�pir la royaut� vermoulue, il l�e�t renvers�e avec nous au jour convenu. Mais il �tait de la classe aristocratique, mais il �tait n� avec les respects du premier rang auquel il ne voulait pas pr�tendre, de la monarchie � laquelle il n�osait attenter; il m�nageait la royaut� tout en m�prisant le roi; il faisait plus, il servait de bouclier � cette royaut� sur laquelle nos coups se dirigeaient. Le parlement et le peuple, pleins de respect pour cette digue vivante oppos�e aux envahissements de la pr�rogative royale, se maintenaient eux-m�mes dans une r�sistance mod�r�e, assur�s qu�ils �taient d�une aide puissante quand le moment serait venu.

�J�ai compris la situation. J�ai entrepris la chute de M. de Choiseul.

�Cette �uvre puissante, � laquelle depuis dix ans s�attelaient tant de haines et tant d�int�r�ts, je l�ai commenc�e et termin�e en quelques mois, par des moyens qu�il est inutile de vous dire. Par un secret qui est une de mes forces, force d�autant plus grande qu�elle demeurera �ternellement cach�e aux yeux de tous et ne se manifestera jamais que par l�effet, j�ai renvers�, chass� M. de Choiseul, et attach� � sa suite un long cort�ge de regrets, de d�sappointements, de lamentations et de col�res.

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