Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Joseph Balsamo. Tome III
Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
1 ... 32 33 34 35 36 37 38 39 40 ... 79
Перейти на страницу:

� Oui, monsieur, pour vous servir.

Les deux hommes �chang�rent une r�v�rence.

Le troisi�me n�avait pas encore pris la parole. C��tait un homme jeune aussi et d�une noble figure, qui, durant toute la c�r�monie, n�avait fait qu�observer l�attitude de la foule.

Le jeune chirurgien partit le premier, se hasardant au milieu du peuple, qui, moins reconnaissant que Rousseau, l�avait d�j� oubli�, mais � la m�moire duquel il comptait bien se rappeler un jour.

L�autre jeune homme attendit qu�il f�t parti, et, s�adressant alors � Rousseau:

� Vous ne partez pas, monsieur? dit-il.

� Oh! je suis trop vieux pour me risquer dans cette cohue.

� En ce cas, dit l�inconnu en baissant la voix, � ce soir, rue Pl�tri�re, monsieur Rousseau� N�y manquez pas!

Le philosophe tressaillit comme si un fant�me se f�t dress� devant lui. Son teint, p�le d�ordinaire, devint livide. Il voulut r�pondre � cet homme, mais il avait d�j� disparu.

Chapitre 102. De l�influence des paroles de l�inconnu sur Jean-Jacques Rousseau

Apr�s avoir entendu ces paroles singuli�res prononc�es par un homme qu�il ne connaissait pas, Rousseau, tremblant et malheureux, fendit les groupes, et, sans se rappeler qu�il �tait vieux et qu�il craignait la foule, il se fit jour; bient�t il eut gagn� le pont Notre-Dame; puis il traversa, en continuant de r�ver et de s�interroger lui-m�me, le quartier de la Gr�ve, par lequel il aboutissait plus directement au sien.

� Ainsi, se dit-il, ce secret que tout initi� garde au p�ril de sa vie, il est donc en la possession du premier venu. Voil� donc ce que gagnent les associations myst�rieuses � passer par l��tamine populaire� Un homme me conna�t, qui sait que je serai son associ�, et peut-�tre son complice l�-bas. Un pareil �tat de choses est absurde et intol�rable.

Et, en disant ces mots, Rousseau marchait tr�s vite, lui d�ordinaire si plein de pr�cautions, surtout depuis son accident de la rue M�nilmontant.

� Ainsi, continuait le philosophe, j�aurai voulu savoir le fond de ces plans de r�g�n�ration humaine que proposent certains esprits qui se parent du titre d�illumin�s; j�aurai fait la folie de croire qu�il peut venir de bonnes id�es de l�Allemagne, ce pays de la bi�re et des brouillards; j�aurai compromis mon nom avec celui de quelques sots ou de quelques intrigants auxquels il servira de manteau pour abriter leur sottise. Oh! non, il n�en sera pas ainsi; non, un �clair m�a montr� l�ab�me, je n�irai pas m�y jeter de gaiet� de c�ur.

Et Rousseau reprenait haleine, appuy� sur sa canne, debout et un instant immobile au milieu de la rue.

� C��tait pourtant, poursuivit le philosophe une belle chim�re: la libert� dans l�esclavage, l�avenir conquis sans secousses et sans bruit, le r�seau myst�rieusement ourdi pendant le sommeil des tyrans de la terre� C��tait trop beau, j�ai �t� dupe d�y croire� Je ne veux pas de craintes, de soup�ons, d�ombrages qui sont indignes d�un esprit libre et d�un corps ind�pendant.

Il en �tait � ces mots et il venait de reprendre sa course, lorsque la vue de quelques agents de M. de Sartine, r�dant avec leurs yeux � pivot, �pouvanta l�esprit libre et donna une telle impulsion au corps ind�pendant, qu�il alla se perdre dans le plus profond de l�ombre des piliers sous lesquels il cheminait.

Des piliers � la rue Pl�tri�re, il n�y a pas loin; Rousseau fit le trajet avec rapidit�, monta ses �tages en respirant comme un daim qu�on force, et alla tomber sur une chaise dans sa chambre, sans pouvoir r�pondre un mot � toutes les questions de Th�r�se.

Pourtant il finit par lui rendre compte de son �motion: c��tait la course, la chaleur, la nouvelle de la col�re du roi au lit de justice, une commotion de la terreur populaire, un contrecoup de ce qui venait de se passer.

Th�r�se r�pliqua en grognant que ce n��tait pas une raison pour faire refroidir le d�ner, et qu�un homme, d�ailleurs, ne devait pas �tre une poule mouill�e s�effarouchant au moindre bruit.

Rousseau n�eut rien � r�pondre � ce dernier argument, qu�il avait tant de fois proclam� en autres termes.

Th�r�se ajouta que ces philosophes, ces gens d�imagination, �taient bien tous les m�mes� qu�ils ne cessent, dans leurs �crits, de crier fanfare; qu�ils annoncent n�avoir peur de rien; que Dieu et les hommes leur sont de peu; mais qu�au moindre aboiement du plus petit chien, ils crient: �� l�aide!� qu�au moindre acc�s de fi�vre, ils crient: �Mon Dieu! je suis mort.�

C��tait un des th�mes favoris de Th�r�se, celui qui faisait le plus briller son �loquence, celui auquel Rousseau, timide naturellement, trouvait les plus mauvaises r�ponses. Aussi Rousseau ber�ait-il, au son de cette aigre musique, sa pens�e � lui, qui certes valait bien celle de Th�r�se, malgr� tout le bl�me que lui prodiguait cette femme.

� Le bonheur se compose de parfums et de bourdonnements, disait-il; or, ce sont choses de convention que le bruit et l�odeur� Qui �tablira que l�oignon sente moins bon que la rose, et que le paon chante moins bien que le rossignol?

Sur cet axiome, qui pouvait passer pour un bel et bon paradoxe, on se mit � table et l�on d�na.

Rousseau, apr�s son d�ner, n�alla pas s�asseoir � son clavecin comme d�habitude. Il fit vingt tours dans sa chambre et regarda plus de cent fois � la fen�tre pour �tudier la physionomie de la rue Pl�tri�re.

Th�r�se alors fut prise d�un de ces acc�s de jalousie comme en ont par contrari�t� les gens taquins, c�est-�-dire les gens les moins r�ellement jaloux de la terre.

Car, s�il est une affectation qui soit d�sagr�able, c�est celle d�un d�faut! passe encore pour les qualit�s.

Th�r�se, qui m�prisait profond�ment la virilit�, la complexion, l�esprit et les habitudes de Rousseau, Th�r�se, qui le trouvait vieux, souffrant et laid, n�avait pas peur qu�on lui enlev�t son mari; elle ne supposait pas que les femmes dussent le voir avec d�autres yeux qu�elle-m�me. Cependant comme c�est un des supplices les plus friands pour une femme que la torture par la jalousie, Th�r�se se donnait parfois ce r�gal.

Voyant donc Rousseau s�approcher si souvent de la fen�tre, r�ver et ne pas tenir en place:

� Bon! dit-elle, je comprends toute votre agitation� Vous avez quitt� tout � l�heure quelqu�un.

Rousseau la regarda d�un air effar�, ce qui fut un indice de plus pour elle.

� Quelqu�un que vous cherchez � revoir, continua-t-elle.

� Pla�t-il? dit Rousseau.

� Nous avons des rendez-vous, � ce qu�il para�t?

� Oh! fit Rousseau, qui comprit qu�on lui parlait de jalousie, des rendez vous! Vous �tes folle, Th�r�se!

� Je sais bien que ce serait une folie, dit-elle; mais vous �tes capable de toutes; allez, allez, avec votre teint de papier m�ch�, avec vos palpitations de c�ur, avec votre petite toux s�che, allez faire des conqu�tes: c�est un bon moyen de vous avancer.

� Mais, Th�r�se, vous savez bien qu�il n�en est rien, dit Rousseau avec humeur; laissez-moi donc r�ver tranquillement.

� Vous �tes un libertin, dit Th�r�se avec le plus grand s�rieux du monde.

Rousseau rougit comme si on venait de lui dire une v�rit� ou de lui faire un compliment.

Alors Th�r�se se crut en droit de montrer un visage terrible, de bouleverser le m�nage, de faire claquer les portes et de jouer avec la tranquillit� de Rousseau, comme les enfants avec ces anneaux de m�tal qu�ils enferment dans des bo�tes et qu�ils secouent � grand bruit.

Rousseau se r�fugia dans son cabinet. Ce tumulte avait un peu affaibli ses id�es.

Il songea qu�il y aurait sans doute un danger � ne pas assister � la c�r�monie myst�rieuse dont l��tranger lui avait parl� au coin du quai.

� S�il y a des peines contre les r�v�lateurs, il doit y en avoir contre les ti�des ou contre les n�gligents, pensa-t-il. Or, j�ai toujours remarqu� que les gros dangers ne sont rien, pas plus que les grosses menaces; les cas d�application de peines ou d�ex�cution, en pareille circonstance, sont extr�mement rares; mais, pour les petites vengeances, les coups sournois, les mystifications et autre menue monnaie, il y faut prendre garde. Quelque jour, les fr�res ma�ons se payeraient de mon m�pris par la tension d�une corde dans mon escalier; je m�y briserais une jambe et les huit ou dix dents qui me restent� ou bien ils auront un moellon tout pr�t � me laisser choir sur la t�te lorsque je c�toierai un �chafaudage� Mieux que cela, dans leur ma�onnerie, il y aura quelque pamphl�taire vivant tout pr�s de moi, sur mon palier peut-�tre, plongeant par ses fen�tres dans ma chambre. Cela n�est pas impossible, puisque les r�unions ont lieu rue Pl�tri�re m�me� Eh bien, ce coquin �crira sur moi des platitudes qui me ridiculiseront dans tout Paris� N�ai-je pas des ennemis partout?

1 ... 32 33 34 35 36 37 38 39 40 ... 79
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)