Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Joseph Balsamo. Tome III
Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
1 ... 29 30 31 32 33 34 35 36 37 ... 79
Перейти на страницу:

Chapitre 100. O� les choses s�embrouillent de plus en plus

Madame de B�arn profita litt�ralement du conseil de Richelieu; deux heures et demie apr�s que le duc l�eut quitt�e, elle faisait antichambre � Luciennes, dans la soci�t� de M. Zamore.

Il y avait d�j� quelque temps qu�on ne l�avait vue chez madame du Barry; aussi sa pr�sence produisit-elle un effet de curiosit� dans le boudoir de la comtesse, o� son nom fut annonc�.

M. d�Aiguillon non plus n�avait pas perdu son temps, et il complotait avec la favorite lorsque Chon vint demander audience pour madame de B�arn.

Le duc voulait se retirer, madame du Barry le retint.

� J�aime mieux que vous soyez l�, dit-elle; au cas o� ma vieille qu�teuse viendrait me faire un emprunt, vous me seriez fort utile, elle demandera moins.

Le duc demeura.

Madame de B�arn, avec un visage compos� pour la circonstance, prit en face de la comtesse le fauteuil que celle-ci lui offrit; et, les premi�res civilit�s �chang�es:

� Puis-je savoir quelle bonne chance vous am�ne, madame? demanda madame du Barry.

� Ah! madame, dit la vieille plaideuse, un grand malheur!

� Quoi donc, madame?

� Une nouvelle qui affligera beaucoup Sa Majest�

� Dites vite, madame.

� Les parlements�

� Ah! ah! grommela le duc d�Aiguillon.

� M. le duc d�Aiguillon, se h�ta de dire la comtesse en pr�sentant son h�te � sa visiteuse, dans la crainte de quelque malentendu.

Mais la vieille comtesse �tait aussi fine que tous les courtisans r�unis et elle ne faisait de malentendu qu�� bon escient, et lorsque le malentendu lui paraissait utile.

� Je sais, dit-elle, toutes les turpitudes de ces robins, et leur peu de respect pour le m�rite et pour la naissance.

Ce compliment, d�coch� � bout portant sur le duc, attira un beau salut de celui-ci � la plaideuse, qui se leva et le lui rendit.

� Mais, poursuivit-elle, ce n�est plus de M. le duc qu�il s�agit, c�est de la population tout enti�re; les parlements refusent de fonctionner.

� En v�rit�! s��cria madame du Barry en se renversant sur le sofa, il n�y aura plus de justice en France?� Eh bien, apr�s?� quel changement cela fera-t-il?

Le duc sourit. Madame de B�arn, au lieu de prendre plaisamment la chose, assombrit encore plus son visage morose.

� C�est un grand d�sastre, madame, dit-elle.

� Bah! vraiment? r�pondit la favorite.

� On voit bien, madame la comtesse, que vous avez le bonheur de n�avoir pas de proc�s.

� Hum! fit M. d�Aiguillon pour appeler l�attention de madame du Barry, qui comprit enfin l�insinuation de la plaideuse.

� H�las! madame, dit-elle sur-le-champ, c�est vrai: vous me rappelez que, si je n�ai pas de proc�s, vous avez un proc�s bien important, vous!

� Oh! oui, madame!� et tout retard me sera ruineux.

� Pauvre dame!

� Il faudrait, madame la comtesse, que le roi pr�t une r�solution.

� Eh! madame, Sa Majest� y est fort dispos�e: elle exilera MM. les conseillers, et tout sera dit.

� Mais alors, madame, c�est un ajournement ind�fini.

� Voyez-vous un rem�de, madame? Veuillez nous l�indiquer.

La plaideuse se cacha sous ses coiffes, comme C�sar expirant sous sa toge.

� Il y aurait bien un moyen, dit alors d�Aiguillon; mais Sa Majest� reculera peut-�tre � l�employer.

� Lequel? dit la plaideuse avec anxi�t�.

� La ressource ordinaire de la royaut�, lorsqu�elle est un peu trop g�n�e en France, c�est de tenir un lit de justice et de dire: �Je veux!� alors que tous les opposants pensent: �Je ne veux pas.�

� Excellente id�e! s��cria madame de B�arn dans l�enthousiasme.

� Mais qu�il ne faudrait pas divulguer, r�pliqua finement d�Aiguillon, avec un geste que comprit madame de B�arn.

� Oh! madame, dit alors la plaideuse, madame, vous qui pouvez tant sur Sa Majest�, obtenez qu�elle dise: �Je veux qu�on juge le proc�s de madame de B�arn.� D�ailleurs, vous le savez, c�est chose promise, et depuis longtemps.

M. d�Aiguillon se pin�a les l�vres, salua madame du Barry et quitta le boudoir. Il venait d�entendre dans la cour le carrosse du roi.

� Voici le roi! dit madame du Barry en se levant pour cong�dier la plaideuse.

� Oh! madame, pourquoi ne me permettriez-vous pas de me jeter aux pieds de Sa Majest�?

� Pour lui demander un lit de justice? Je le veux bien, r�pliqua vivement la comtesse. Demeurez ici, madame, puisque tel est votre d�sir.

� peine madame de B�arn avait-elle rajust� ses coiffes que le roi entra.

� Ah! dit-il, vous avez des visites, comtesse?�

� Madame de B�arn, sire.

� Sire, justice! s��cria la vieille dame en faisant une profonde r�v�rence.

� Oh! oh! s��cria Louis XV avec un persiflage inintelligible pour quiconque ne le connaissait pas; quelqu�un vous aurait-il offens�, madame?

� Sire, je demande justice.

� Contre qui?

� Contre le parlement.

� Ah! bon! fit le roi en frappant dans ses mains; vous vous plaignez de mes parlements? Eh bien, faites-moi donc le plaisir de les mettre � la raison. J�ai aussi � m�en plaindre, moi, et je vous demande justice �galement, ajouta-t-il en imitant la r�v�rence de la vieille comtesse.

� Sire, enfin vous �tes le roi, vous �tes le ma�tre.

� Le roi, oui; le ma�tre, pas toujours.

� Sire, exprimez votre volont�.

� C�est ce que je fais tous les soirs, madame; et eux, tous les matins, expriment aussi leur volont�. Or, comme ces deux volont�s sont diam�tralement oppos�es l�une de l�autre, il en est de nous comme de la terre et de la lune, qui courent �ternellement l�une apr�s l�autre sans jamais se rencontrer.

� Sire, votre voix est assez puissante pour couvrir toutes les criailleries de ces gens-l�.

� C�est ce qui vous trompe. Je ne suis pas avocat, moi, et eux le sont. Si je dis oui, ils disent non; impossible de s�entendre� Ah! si, quand j�ai dit oui, vous trouvez un moyen de les emp�cher de dire non, je fais alliance avec vous.

� Sire, ce moyen, je l�ai.

� Donnez-le-moi tout de suite.

� Ainsi ferai-je, sire. Tenez un lit de justice.

� Voil� bien un autre embarras, dit le roi; un lit de justice! Y pensez-vous, madame? C�est quasi une r�volution.

� C�est un moyen de dire en face � ces gens rebelles que vous �tes le ma�tre. Vous savez, sire, que le roi, lorsqu�il manifeste ainsi sa volont�, a seul droit de parler, nul ne r�pond. Vous leur direz: �Je veux�, et ils baisseront la t�te�

� Le fait est, dit la comtesse du Barry, que l�id�e est pompeuse.

� Pompeuse, oui, r�pliqua Louis XV; bonne, non.

� C�est cependant beau, poursuivit madame du Barry avec chaleur, le cort�ge, les gentilshommes, les pairs, toute la maison militaire du roi, puis une immense quantit� de peuple, puis ce lit de justice compos� de cinq oreillers fleurdelis�s d�or� Ce serait une belle c�r�monie.

� Vous croyez? dit le roi un peu �branl� dans ses convictions.

� Et le magnifique habit du roi, le manteau doubl� d�hermine, les diamants de la couronne, le sceptre d�or, tout cet �clat qui convient � un visage auguste et beau. Oh! que vous seriez splendide ainsi, sire!

� Il y a fort longtemps qu�on n�a vu de lit de justice, dit Louis XV avec une nonchalance affect�e.

� Depuis votre enfance, sire, dit madame de B�arn; le souvenir de votre resplendissante beaut� est rest� dans tous les c�urs.

� Et puis, ajouta madame du Barry, ce serait une bonne occasion pour M. le chancelier de d�ployer sa rude et concise �loquence, pour �craser ces gens l� sous la v�rit�, sous la dignit�, sous l�autorit�.

� Il faudra que j�attende le premier m�fait du parlement, dit Louis XV; alors je verrai.

� Qu�attendriez-vous donc, sire, de plus �norme que ce qu�il vient de faire?

� Et qu�a-t-il donc fait? Voyons.

� Vous ne le savez pas?

� Il a un peu taquin� M. d�Aiguillon, ce n�est pas un cas pendable� bien que, fit le roi en regardant madame du Barry, bien que ce cher duc soit de mes amis. Or, si les parlements ont taquin� le duc, j�ai r�par� leur m�chancet� par mon arr�t� d�hier ou d�avant-hier, je ne me souviens plus. Nous voil� donc manche � manche.

1 ... 29 30 31 32 33 34 35 36 37 ... 79
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)