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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Eh bien, sire, dit vivement madame du Barry, madame la comtesse venait nous annoncer que, ce matin, ces messieurs noirs prennent la belle.

� Comment cela? dit le roi en fron�ant le sourcil.

� Parlez, madame, le roi le permet, dit la favorite.

� Sire, MM. les conseillers ont r�solu de ne plus tenir la cour du parlement jusqu�� ce que Votre Majest� leur ait donn� gain de cause.

� Pla�t-il? dit le roi. Vous vous trompez, madame, ce serait un acte de r�bellion et mon parlement n�osera pas se r�volter, j�esp�re.

� Sire, je vous assure�

� Oh! madame, ce sont des bruits.

� Votre Majest� veut-elle m�entendre?

� Parlez, comtesse.

� Eh bien, mon procureur m�a rendu ce matin le dossier de mon proc�s� Il ne plaide plus, parce qu�on ne juge plus.

� Bruits, vous dis-je; essai, �pouvantail.

Et, tout en disant cela, le roi se promenait tout agit� dans le boudoir.

� Sire, Votre Majest� croira-t-elle M. de Richelieu plus que moi? Eh bien, on a rendu en ma pr�sence � M. de Richelieu les sacs du proc�s, comme � moi, et M. le duc s�est retir� bien courrouc�.

� On gratte � la porte, dit le roi pour changer la conversation.

� C�est Zamore, sire.

Zamore entra.

� Ma�tresse, une lettre, dit-il.

� Vous permettez, sire? demanda la comtesse. Ah! mon Dieu! dit-elle tout � coup.

� Quoi donc?

� De M. le chancelier, sire. M. de Maupeou, sachant que Votre Majest� a bien voulu me visiter, sollicite mon intervention pour obtenir un moment d�audience.

� Qu�y a-t-il encore?

� Faites entrer M. le chancelier, dit madame du Barry.

La comtesse de B�arn se leva et voulut prendre cong�.

� Vous n��tes pas de trop, madame, lui dit le roi. Bonjour, monsieur de Maupeou. Quoi de nouveau?

� Sire, dit en s�inclinant le chancelier, le parlement vous g�nait: vous n�avez plus de parlement.

� Et comment cela? Sont-ils tous morts? ont-ils mang� de l�arsenic?

� Pl�t au ciel!� Non, sire, ils vivent; mais ils ne veulent plus si�ger et donnent leurs d�missions. Je viens de les recevoir en masse.

� Les conseillers?

� Non, sire, les d�missions.

� Quand je vous disais, sire, que c��tait s�rieux, dit la comtesse � demi voix.

� Tr�s s�rieux, r�pondit Louis XV avec impatience. Eh bien, monsieur le chancelier, qu�avez-vous fait?

� Sire, je suis venu prendre les ordres de Votre Majest�.

� Exilons ces gens-l�, Maupeou.

� Sire, ils ne jugeront pas davantage en exil.

� Enjoignons-leur de juger!� Bah! les injonctions sont us�es� les lettres de jussion aussi�

� Ah! sire, il faut cette fois montrer de la volont�.

� Oui, vous avez raison.

� Courage! dit tout bas madame de B�arn � madame du Barry.

� Et montrer le ma�tre, apr�s avoir trop souvent montr� le p�re! s��cria la comtesse.

� Chancelier, dit lentement le roi, je ne sais plus qu�un moyen: il est grave mais efficace. Je veux tenir un lit de justice; il faut que ces gens-l� tremblent une bonne fois.

� Ah! sire, s��cria le chancelier, voil� parler; qu�ils plient ou qu�ils rompent!

� Madame, ajouta le roi en s�adressant � la plaideuse, si votre proc�s n�est pas jug�, vous le voyez, ce ne sera pas de ma faute.

� Sire, vous �tes le plus grand roi du monde.

� Oh! oui!� dirent en �cho et la comtesse, et Chon, et le chancelier.

� Ce n�est cependant pas ce que le monde dit, murmura le roi.

Chapitre 101. Le lit de justice

Il eut lieu, ce fameux lit de justice, avec tout le c�r�monial qu�avaient exig�, d�une part l�orgueil royal, de l�autre les intrigues qui poussaient le ma�tre � ce coup �tat.

La maison du roi fut mise sous les armes, une profusion d�archers � courte robe, de soldats du guet et d�agents de police �taient destin�s � prot�ger M. le chancelier, qui, comme un g�n�ral en un jour d�cisif, devait exposer sa personne sacr�e pour l�entreprise.

Il �tait bien ex�cr�, M. le chancelier; il le savait et, si sa vanit� lui pouvait faire redouter son assassinat, les gens mieux instruits des sentiments du public � son �gard pouvaient lui pr�dire sans exag�rer un bel et bon affront, ou tout au moins des hu�es.

Le m�me revenant bon �tait assur� � M. d�Aiguillon, que repoussait sourdement l�instinct populaire, un peu perfectionn� par les d�bats des parlements. Le roi jouait la s�r�nit�. Il n��tait cependant pas tranquille. Mais on le vit s�admirer dans son magnifique habit royal, et faire imm�diatement la r�flexion que rien ne prot�ge comme la majest�.

Il aurait pu ajouter: �Et l�amour des peuples.� Mais c��tait une phrase qu�on lui avait tant r�p�t�e � Metz, lors de sa maladie, qu�il ne crut pas pouvoir la redire sans �tre tax� de plagiat.

Le matin, madame la dauphine, pour qui ce spectacle �tait nouveau, et qui, au fond peut-�tre, d�sirait le voir, prit son air plaintif, et le porta pendant tout le chemin � la c�r�monie, ce qui disposa tr�s favorablement l�opinion envers elle.

Madame du Barry �tait brave. Elle avait la confiance que donnent la jeunesse et la beaut�. D�ailleurs, n�avait-on pas tout dit sur elle? qu�ajouter � tout? Elle parut rayonnante, comme si un reflet de l�auguste splendeur de son amant jaillissait jusqu�� elle.

M. le duc d�Aiguillon marchait hardiment au nombre des pairs qui pr�c�daient le roi. Son visage plein de noblesse et de caract�re n�accusait aucune trace de chagrin ni de m�contentement. Il ne portait pas la t�te en triomphateur. � le voir ainsi marchant, nul n�e�t devin� la bataille que le roi et les parlements s��taient livr�e sur le terrain de sa personnalit�.

On se le montra du doigt dans la foule; on lui lan�a des regards terribles des rangs des parlementaires et ce fut tout.

La grande salle du Palais �tait pleine � d�border, int�ress�s et int�ressants faisaient un total de plus de trois mille personnes.

Au dehors, la foule, contenue par les verges des huissiers, les b�tons et les masses des archers, ne trahissait sa pr�sence que par ce bourdonnement intraduisible qui n�est pas une voix, qui n�articule rien, mais qui se fait entendre cependant, et qu�on appellerait assez justement le bruit des fluides populaires.

M�me silence dans la grande salle lorsque le bruit des pas eut cess�, lorsque chacun eut pris sa place, et que le roi, majestueux et sombre, eut command� � son chancelier de prendre la parole.

Les parlementaires savaient d�avance ce que leur r�servait le lit de justice. Ils comprenaient bien pourquoi on les avait convoqu�s. Ce devait �tre pour leur faire entendre des volont�s peu mitig�es; mais ils connaissaient la longanimit�, pour ne pas dire la timidit� du roi et, s�ils avaient peur, c��tait plut�t des suites du lit de justice que de la s�ance elle-m�me.

Le chancelier prit la parole. Il �tait beau diseur. Son exorde fut habile, et les amateurs de style d�monstratif trouv�rent l� une ample p�ture.

Toutefois, le discours d�g�n�ra en une mercuriale si rude que la noblesse en eut le sourire aux l�vres et que les parlementaires commenc�rent � se trouver assez mal � l�aise.

Le roi ordonnait, par la bouche du chancelier, de couper court � toutes les affaires de Bretagne, dont il avait assez. Il ordonnait au parlement de se r�concilier avec M. le duc d�Aiguillon, dont le service lui agr�ait; de ne plus interrompre le service de la justice; moyennant quoi, tout se passerait comme � ce bienheureux temps de l��ge d�or, o� les ruisseaux coulaient en murmurant des discours en cinq points, du genre d�lib�ratif ou judiciaire, o� les arbres �taient charg�s de sacs de proc�s plac�s � la port�e de MM. les avocats ou les procureurs, qui avaient le droit de les cueillir comme fruits leur appartenant.

Ces friandises ne raccommod�rent pas le parlement avec M. de Maupeou, pas plus qu�avec M. le duc d�Aiguillon. Mais le discours �tait fait, il n�y avait pas de r�ponse possible.

Les parlementaires, au comble du d�pit, prirent tous, avec cet admirable ensemble qui donne tant de force aux corps constitu�s, une attitude tranquille et indiff�rente, qui d�plut souverainement � Sa Majest� et au monde aristocratique des tribunes.

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