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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Moi, sire? Ma foi, non; je suis trop heureux pour cela des bont�s de Votre Majest� pour ma maison.

Le roi ne s�attendait pas � ce coup; il se pr�parait � railler, on allait au devant de lui.

� Qu�est-ce que j�ai donc fait, duc?

� Sire, Votre Majest� a donn� le commandement de ses chevau-l�gers � M. le duc d�Aiguillon.

� Oui, c�est vrai, duc.

� Et pour cela il fallait toute l��nergie, toute l�habilet� de Votre Majest�. C�est presque un coup �tat.

On �tait � la fin du repas; le roi attendit un moment et se leva de table.

La conversation e�t pu l�embarrasser, mais Richelieu �tait d�cid� � ne pas l�cher sa proie. Aussi, lorsque le roi se mit � causer avec madame de Noailles, la dauphine et mademoiselle de Taverney, Richelieu man�uvra-t-il si savamment, qu�il se retrouva en pleine conversation, conversation qu�il avait dirig�e selon son gr�.

� Sire, dit-il, Votre Majest� sait que les succ�s enhardissent.

� Est-ce pour nous dire que vous �tes hardi, duc?

� C�est pour demander � Votre Majest� une nouvelle gr�ce, apr�s celle que le roi a daign� me faire; un de mes bons amis, un ancien serviteur de Votre Majest�, a son fils dans les gendarmes. Le jeune homme est plein de m�rite, mais pauvre. Il a re�u d�une auguste princesse un brevet de capitaine, mais il lui manque la compagnie.

� La princesse est ma fille? demanda le roi en se retournant vers la dauphine.

� Oui, sire, dit Richelieu, et le p�re de ce jeune homme s�appelle le baron de Taverney.

� Mon p�re!� s��cria involontairement Andr�e. Philippe!� C�est pour Philippe, monsieur le duc, que vous demandez une compagnie?

Puis, honteuse de cet oubli de l��tiquette, Andr�e fit un pas en arri�re, rougissante et les mains jointes.

Le roi se retourna pour admirer la rougeur, l��motion de la belle enfant; il revint aussi � Richelieu avec un regard de bienveillance qui apprit au courtisan combien sa demande �tait agr�able � cause de l�occasion qu�elle fournissait.

� En effet, dit la dauphine, ce jeune homme est charmant, et j�avais pris l�engagement de faire sa fortune. Que les princes sont malheureux! Dieu, quand il leur donne la bonne volont�, leur �te la m�moire ou le raisonnement; ne devais-je pas penser que ce jeune homme �tait pauvre, que ce n��tait pas assez de lui donner l��paulette, et qu�il fallait encore lui donner la compagnie?

� Eh! madame, comment Votre Altesse l�e�t-elle su?

� Oh! je le savais, r�pliqua vivement la dauphine avec un geste qui rappela au souvenir d�Andr�e la maison si nue, si modeste, et pourtant si heureuse � son enfance; oui, je le savais, et j�ai cru avoir tout fait en donnant un grade � M. Philippe de Taverney. Il s�appelle Philippe, n�est-ce pas, mademoiselle?

� Oui, madame.

Le roi regarda toutes ces physionomies si nobles, si ouvertes; puis il arr�ta les yeux sur celle de Richelieu, qui s�illuminait aussi d�un reflet de g�n�rosit� qu�il empruntait sans doute � son auguste voisine.

� Ah! duc, dit-il � demi-voix, je vais me brouiller avec Luciennes.

Puis vivement, � Andr�e:

� Dites que cela vous fera plaisir, mademoiselle, ajouta-t-il.

� Ah! sire, fit Andr�e en joignant les mains, je vous en supplie!

� Accord�, alors, dit Louis XV. Vous choisirez une bonne compagnie � ce pauvre jeune homme, duc, et j�en ferai les fonds si d�j� elle n�est toute pay�e et toute vacante.

Cette bonne action r�jouit tous les assistants; elle valut au roi un c�leste sourire d�Andr�e, elle valut � Richelieu un remerciement de cette belle bouche, � qui, dans sa jeunesse, il e�t demand� plus encore, ambitieux et avare comme il �tait.

Quelques visiteurs arriv�rent successivement; parmi eux le cardinal de Rohan, qui, depuis l�installation de la dauphine � Trianon, faisait assid�ment sa cour.

Mais le roi, pendant toute la soir�e, n�eut de bons �gards et d�agr�ables paroles que pour Richelieu. Il se fit m�me accompagner de lui lorsqu�il prit cong� de la dauphine pour retourner � son Trianon. Le vieux mar�chal suivit le roi avec des tressaillements de joie.

Tandis que Sa Majest� regagnait avec le duc et ses deux officiers les all�es sombres qui aboutissent au palais, Andr�e avait �t� cong�di�e par la dauphine.

� Vous avez besoin d��crire cette bonne nouvelle � Paris, avait dit la princesse; vous pouvez vous retirer, mademoiselle.

Et, pr�c�d�e d�un valet de pied qui portait une lanterne, la jeune fille traversait l�esplanade de cent pas qui s�parait Trianon des communs.

Devant elle aussi, de buisson en buisson, bondissait dans les feuillages une ombre qui suivait chaque mouvement de la jeune fille avec des yeux �tincelants: c��tait Gilbert.

Lorsque Andr�e fut arriv�e au perron et qu�elle commen�a � monter les marches de pierre, le valet retourna aux antichambres de Trianon.

Alors Gilbert, se glissant � son tour dans le vestibule, arriva aux cours des �curies, et, par un petit escalier roide comme une �chelle, grimpa dans sa mansarde, situ�e en face des fen�tres de la chambre d�Andr�e, dans un angle des b�timents.

Il vit de l� Andr�e appeler � l�aide une femme de chambre de madame de Noailles, qui avait sa chambre dans le m�me corridor. Mais, lorsque cette fille entra dans la chambre d�Andr�e, les rideaux de la fen�tre tomb�rent comme un voile imp�n�trable entre les ardents d�sirs du jeune homme et l�objet de ses id�es.

Au palais, il ne restait plus que M. de Rohan, redoublant de galanterie aupr�s de madame la dauphine, qui le traitait assez froidement.

Le pr�lat finit par craindre d��tre indiscret, d�autant plus qu�il avait d�j� vu M. le dauphin se retirer. Il prit donc cong� de Son Altesse royale avec les marques du plus profond et du plus tendre respect.

Au moment o� il montait en carrosse, une femme de chambre de la dauphine s�approcha de lui et entra presque dans sa voiture.

� Voici, dit-elle.

Et elle lui mit dans la main un petit papier soyeux dont le contact fit frissonner le cardinal.

� Voici, r�pliqua-t-il vivement en mettant dans la main de cette femme une bourse lourde, et qui, vide, e�t �t� un salaire honorable.

Le cardinal, sans perdre de temps, commanda au cocher de partir pour Paris, et de demander de nouveaux ordres � la barri�re.

Pendant tout le chemin, dans l�obscurit� de la voiture, il palpa et baisa comme un amant enivr� le contenu de ce papier.

Une fois � la barri�re:

� Rue Saint-Claude, dit-il.

Bient�t apr�s, il traversait la cour myst�rieuse et retrouvait ce petit salon o� se tenait Fritz, l�introducteur aux silencieuses fa�ons.

Balsamo se fit attendre un quart d�heure. Il parut enfin et donna au cardinal, pour cause de son retard, l�heure avanc�e, qui pouvait lui permettre de croire qu�aucune visite ne lui viendrait plus.

En effet, il �tait pr�s de onze heures du soir.

� C�est vrai, monsieur le baron, dit le cardinal, et je vous demande pardon de ce d�rangement. Mais vous souvenez-vous de m�avoir dit, un jour, que pour �tre assur� de certains secrets�?

� Il me fallait les cheveux de la personne dont nous parlions ce jour-l�, interrompit Balsamo, qui avait vu d�j� le petit papier aux mains du na�f pr�lat.

� Pr�cis�ment, monsieur le baron.

� Et vous m�apportez ces cheveux, monseigneur? Tr�s bien.

� Les voici.

� Croyez-vous qu�il sera possible de les ravoir apr�s l�exp�rience?

� � moins que le feu n�ait �t� n�cessaire� auquel cas�

� Sans doute, sans doute, dit le cardinal; mais alors je pourrai m�en procurer d�autres. Puis-je avoir une solution?

� Aujourd�hui?

� Je suis impatient, vous le savez.

� Il faut d�abord essayer, monseigneur.

Balsamo prit les cheveux et monta pr�cipitamment chez Lorenza.

� Je vais donc savoir, se disait-il en chemin, le secret de cette monarchie; je vais donc savoir le dessein cach� de Dieu.

Et, de l�autre c�t� de la muraille, avant m�me d�avoir ouvert la porte myst�rieuse, il endormit Lorenza. La jeune femme le re�ut donc avec un tendre embrassement.

Balsamo s�arracha avec peine de ses bras. Il e�t �t� difficile de dire quelle chose �tait plus douloureuse au pauvre baron, ou des reproches de la belle Italienne quand elle �tait �veill�e, ou de ses caresses quand elle dormait.

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