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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Ah! comtesse, murmurait-il, vous me le payerez!�

� Mar�chal, dit Jean avec finesse, nous allons r�aliser � nous quatre ce fameux faisceau de l�Antiquit�; vous savez, celui qu�on ne pouvait rompre.

� � nous quatre? Cher monsieur Jean, comment comprenez-vous cela?

� Ma s�ur la puissance, d�Aiguillon l�autorit�, vous le conseil, moi la surveillance.

� Tr�s bien! Tr�s bien!

� Et, de cette fa�on, qu�on vienne un peu entamer ma s�ur! Je d�fie tout et tous!

� Pardieu! fit Richelieu, dont le cerveau bouillait.

� Qu�on oppose des rivales � pr�sent! s��cria Jean ivre de ses plans et de ses id�es triomphales.

� Oh! dit Richelieu en se frappant le front.

� Quoi donc, cher mar�chal? que vous prend-il?

� Rien, je trouve votre id�e de ligue admirable.

� N�est-ce pas?

� Et j�entre avec les pieds et les mains dans votre opinion.

� Bravo!

� Est-ce que Taverney demeure � Trianon avec sa fille?

� Non, il demeure � Paris.

� Elle est tr�s belle, cette fille, cher vicomte.

� F�t-elle belle comme Cl�op�tre ou comme� ma s�ur, je ne la crains plus� d�s que nous sommes ligu�s.

� Vous dites que Taverney demeure � Paris, rue Saint-Honor�, je crois?

� Je n�ai pas dit rue Saint-Honor�, c�est rue Coq-H�ron qu�il demeure. Est ce que vous avez une id�e, par hasard, pour ch�tier le Taverney?

� Je crois que oui, vicomte, je crois que j�ai une id�e.

� Vous �tes un homme incomparable; je vous quitte et je disparais, pour savoir un peu ce que l�on dit en ville.

� Adieu donc, vicomte� � propos, vous ne m�avez pas dit le nouveau minist�re?

� Oh! des oiseaux de passage: Terray, Bertin, je ne sais plus qui� La monnaie de d�Aiguillon, enfin, du vrai ministre ajourn�.

� Qui l�est peut-�tre ind�finiment, pensa le mar�chal en envoyant � Jean son plus gracieux sourire comme caresse d�adieu.

Jean partit. Raft� rentra. Il avait tout entendu et savait � quoi s�en tenir; tous ses soup�ons venaient de se r�aliser. Il ne dit pas un mot � son ma�tre, il le connaissait trop bien.

Il n�appela pas m�me de valet de chambre, il le d�shabilla lui-m�me et le conduisit � son lit dans lequel le vieux mar�chal s�enfon�a aussit�t, en grelottant la fi�vre, apr�s avoir pris une pilule que son secr�taire lui fit avaler.

Raft� ferma les rideaux et sortit. L�antichambre �tait pleine de valets d�j� empress�s, d�j� aux �coutes. Raft� prit le premier valet de chambre par le bras:

� Soigne bien M. le mar�chal, dit-il; il souffre. Il a eu ce matin une vive contrari�t�; il a d� d�sob�ir au roi�

� D�sob�ir au roi? s��cria le valet de chambre �pouvant�.

� Oui, Sa Majest� envoyait un portefeuille � monseigneur; le mar�chal a su que cela se faisait par l�entremise de la du Barry, et il a refus�! Oh! c�est superbe, et les Parisiens lui doivent un arc de triomphe! Mais le choc �tait rude, et notre ma�tre est malade; soigne-le bien!

Raft�, apr�s ces quelques mots dont il connaissait d�avance la port�e circulative, regagna son cabinet.

Un quart d�heure apr�s, tout Versailles connaissait la noble conduite et le patriotisme g�n�reux du mar�chal, qui dormait d�un profond sommeil sur la popularit� que venait de lui b�tir son secr�taire.

Chapitre 91. Le petit couvert de M. le dauphin

Le m�me jour, mademoiselle de Taverney sortit de sa chambre � trois heures pour se rendre chez la dauphine, qui avait l�habitude d�une lecture avant son d�ner.

L�abb�, premier lecteur de Son Altesse royale, n�exer�ait plus ses fonctions. Il s�en tenait � la politique transcendante depuis certaines intrigues diplomatiques dans lesquelles il avait d�ploy� un assez beau talent de faiseur d�affaires.

Mademoiselle de Taverney sortit donc assez par�e pour se rendre � son poste. Elle subissait, comme tous les h�tes de Trianon, les difficult�s d�une installation un peu brusque. Elle n�avait encore rien organis�, ni son service, ni l�emm�nagement de son petit mobilier, et elle avait �t� provisoirement habill�e par une des femmes de chambre de madame de Noailles, cette dame d�honneur intraitable que la dauphine appelait madame l��tiquette.

Andr�e portait une robe de soie bleue � taille longue et pinc�e comme le corsage d�une gu�pe. Cette robe s�ouvrait et se divisait par devant pour laisser voir un dessous de mousseline � trois rangs de tuyaux brod�s; des manches courtes �galement brod�es de mousseline festonn�e et �tag�e depuis l��paule accompagnaient le fichu brod� � la paysanne qui cachait pudiquement la gorge de la jeune fille. Mademoiselle Andr�e avait relev� simplement ses beaux cheveux avec un ruban bleu pareil � la robe. Ces cheveux tombant de ses joues sur son cou et sur ses �paules en longues et �paisses boucles rehaussaient bien mieux que les plumes, les aigrettes et les dentelles dont on usait alors, la mine fi�re et modeste de la belle fille au teint mat et pur, que le rouge n�avait jamais souill�.

Tout en marchant, Andr�e passait dans ses mitaines de soie blanche les doigts les plus effil�s et les plus suavement arrondis qu�il f�t possible de voir, tandis que dans le sable du jardin s�imprimait la pointe du haut talon de ses mules de satin bleu tendre.

Elle apprit, en arrivant au pavillon de Trianon, que madame la dauphine �tait all�e faire un tour de promenade avec son architecte et son ma�tre jardinier. On entendait cependant crier � l��tage sup�rieur la roue du tour sur lequel M. le dauphin s�occupait � faire une serrure de s�ret� pour un coffre qu�il affectionnait beaucoup.

Andr�e, pour aller rejoindre la dauphine, traversa le parterre, o�, malgr� la saison avanc�e, des fleurs, couvertes soigneusement la nuit, levaient leur t�te p�lie pour aspirer les fugitifs rayons d�un soleil plus p�le qu�elles. Et, comme d�j� le soir approchait, car en cette saison la nuit vient � six heures, des gar�ons jardiniers s�occupaient d�abaisser les cloches de verre sur les plantes les plus frileuses de chaque plate-bande.

Au d�tour d�une all�e d�arbres verts, qui, taill�s en charmille et bord�s de rosiers du Bengale, aboutissaient � une belle pi�ce de gazon, Andr�e aper�ut tout � coup un de ces jardiniers qui, en la voyant, se relevait sur sa b�che et la saluait avec une politesse plus habile et plus savante que ne l�est la politesse du peuple.

Elle regarda, et dans cet ouvrier reconnut Gilbert, dont les mains, malgr� le travail, �taient encore assez blanches pour faire le d�sespoir de M. de Taverney.

Andr�e rougit malgr� elle; il lui semblait que la pr�sence de Gilbert en ce lieu �tait le r�sultat d�une �trange complaisance du sort.

Gilbert redoubla son salut, et Andr�e le lui rendit en continuant de marcher.

Mais elle �tait une cr�ature trop loyale et trop courageuse pour r�sister � un mouvement de l��me, et laisser sans r�ponse une question de son esprit inquiet.

Elle revint sur ses pas, et Gilbert, qui d�j� �tait devenu p�le et la suivait sinistrement de l��il, revint tout � coup � la vie et fit un bond pour se rapprocher d�elle.

� Vous ici, monsieur Gilbert? dit froidement Andr�e.

� Oui, mademoiselle.

� Par quel hasard?

� Mademoiselle, il faut bien vivre, et vivre honn�tement.

� Mais savez-vous que vous avez du bonheur?

� Oh! beaucoup, mademoiselle, dit Gilbert.

� Pla�t-il?

� Je dis, mademoiselle, que j�ai, comme vous le pensez, beaucoup de bonheur.

� Qui vous a fait entrer ici?

� M. de Jussieu, un protecteur � moi.

� Ah! fit Andr�e surprise, vous connaissez M. de Jussieu?

� C��tait l�ami de mon premier protecteur, de mon ma�tre, de M. Rousseau.

� Bon courage, monsieur Gilbert! dit Andr�e en s�appr�tant � partir.

� Vous vous portez mieux, mademoiselle?� dit Gilbert avec une voix si tremblante, qu�on devinait bien qu�elle s��tait fatigu�e en venant de son c�ur dont elle repr�sentait chaque vibration.

� Mieux? comment cela? dit Andr�e froidement.

� Mais� l�accident?�

� Ah! oui� Merci, monsieur Gilbert, je vais mieux; ce n��tait rien.

� Oh! vous avez bien failli p�rir, dit Gilbert au comble de l��motion, le danger �tait terrible.

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