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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Pr�s de madame de Noailles �taient les autres dames auxquelles leur position � la cour constituait le droit ou m�ritait la faveur d�assister au souper de Leurs Altesses royales.

Trois fois par semaine, madame de Noailles soupait � la m�me table que M. le dauphin et madame la dauphine. Mais, les jours o� elle ne soupait pas, elle se f�t bien gard�e de ne point assister au souper; c��tait d�ailleurs un moyen de protester contre l�exclusion de ces quatre jours sur sept.

En face de la duchesse de Noailles, surnomm�e par la dauphine madame l��tiquette, se tenait sur un gradin � peu pr�s pareil M. le duc de Richelieu.

Lui aussi �tait un strict observateur des convenances; seulement, son �tiquette � lui demeurait invisible � tous les yeux, �ternellement cach�e qu�elle �tait sous l��l�gance la plus parfaite, et quelquefois m�me sous le persiflage le plus fin.

Il r�sultait de cette antith�se entre le premier gentilhomme de la chambre et la premi�re dame d�honneur de Son Altesse royale madame la dauphine, que la conversation, sans cesse abandonn�e par la duchesse de Noailles, �tait sans cesse relev�e par M. de Richelieu.

Le mar�chal avait voyag� dans toutes les cours de l�Europe, et il avait pris dans chacune d�elles le ton d��l�gance qui �tait le mieux appropri� � sa nature, de sorte que, admirable de tact et de convenance, il savait � la fois toutes les anecdotes qui pouvaient se raconter � une table de jeunes infantes et au petit couvert de madame du Barry.

Il s�aper�ut, ce soir-l�, que la dauphine mangeait avec app�tit et que le dauphin d�vorait. Il supposa qu�ils ne lui tiendraient pas t�te dans la conversation, et qu�il ne s�agissait que de faire passer � madame de Noailles une heure de purgatoire anticip�.

Il se mit � parler philosophie, th��tre, double sujet de conversation doublement antipathique � la v�n�rable duchesse.

Il raconta donc le sujet d�une des derni�res boutades philanthropiques du philosophe de Ferney, nom que l�on donnait d�j� � l�auteur de la Henriade; et, quand il vit la duchesse sur les dents, il changea de texte et d�tailla tout ce qu�en sa qualit� de gentilhomme de la chambre, il avait de tracas pour faire jouer plus ou moins mal mesdames les com�diennes ordinaires du roi.

La dauphine aimait les arts, et surtout le th��tre; elle avait trouv� un costume complet de Clytemnestre � mademoiselle Raucourt; elle �couta donc M. de Richelieu non seulement avec indulgence, mais encore avec plaisir.

Alors on vit la pauvre dame d�honneur, au m�pris de l��tiquette, s�agiter sur son gradin, se moucher haut et secouer sa v�n�rable t�te, sans songer au nuage de poudre qui, � chacun de ses mouvements, enveloppait son front, comme � chaque bouff�e de bise un nuage de neige enveloppe la cime du mont Blanc.

Mais ce n��tait pas le tout que d�amuser madame la dauphine, il fallait encore plaire � M. le dauphin. Richelieu abandonna donc la question du th��tre, pour lequel l�h�ritier de la couronne de France n�avait jamais eu une grande sympathie, pour parler philosophie humanitaire. Il eut, � propos des Anglais, toute cette chaleur que Rousseau jette comme un fluide vivifiant sur le personnage d��douard Bomston.

Or, madame de Noailles ex�crait les Anglais autant que les philosophes.

Une id�e neuve �tait une fatigue pour elle, et une fatigue d�rangeait l��conomie de toute sa personne. Madame de Noailles, qui se sentait faite pour conserver, hurlait aux id�es nouvelles comme les chiens aux masques.

Richelieu avait un double but en jouant ce jeu, il tourmentait madame l��tiquette, ce qui faisait sensiblement plaisir � madame la dauphine, et il trouvait par-ci par-l� quelques apophtegmes vertueux, quelques axiomes de math�matiques recueillis joyeusement par M. le dauphin, prince amateur des choses exactes.

Il faisait donc sa cour � merveille, cherchant de tous ses yeux quelqu�un qu�il comptait voir l� et qu�il n�y trouvait pas, lorsqu�un cri pouss� au bas de l�escalier monta dans la vo�te sonore, r�p�t� par deux autres voix �tag�es sur le palier d�abord, puis sur l�escalier m�me.

� Le roi!

� ce mot magique, madame de Noailles se leva comme si un ressort d�acier l�e�t fait saillir de son gradin; Richelieu se souleva lentement avec habitude; le dauphin essuya pr�cipitamment sa bouche avec sa serviette et se tint debout devant sa place, le visage tourn� vers la porte.

Quant � madame la dauphine, elle se dirigea vers l�escalier, pour rencontrer le roi plus vite et lui faire les honneurs de sa maison.

Chapitre 92. Les cheveux de la reine

Le roi tenait encore mademoiselle de Taverney par la main en arrivant sur le palier, et, en arrivant � cette place seulement, il la salua si courtoisement, si longuement, que Richelieu eut le temps de voir le salut, d�en admirer la gr�ce, et de se demander � quelle heureuse mortelle il avait �t� adress�.

Son ignorance ne dura pas longtemps. Louis XV prit le bras de la dauphine, qui avait tout vu et qui avait d�j� parfaitement reconnu Andr�e.

� Ma fille, lui dit-il, je viens sans fa�on vous demander � souper. J�ai travers� tout le parc, et, en chemin, rencontrant mademoiselle de Taverney, je l�ai pri�e de me faire compagnie.

� Mademoiselle de Taverney! murmura Richelieu, presque �tourdi de ce coup impr�vu. Par ma foi! j�ai trop de bonheur!

� En sorte que non seulement je ne gronderai pas mademoiselle, qui �tait en retard, r�pondit gracieusement la dauphine, mais que je la remercierai de nous avoir amen� Votre Majest�.

Andr�e, rouge comme une des belles cerises qui garnissaient le surtout au milieu des fleurs, s�inclina sans r�pondre.

� Diable! diable! elle est belle, en effet, se dit Richelieu; et ce vieux dr�le de Taverney n�en disait pas plus sur elle qu�elle n�en m�rite.

D�j� le roi �tait � table, apr�s avoir re�u le salut de M. le dauphin. Dou� comme son a�eul d�un app�tit complaisant, le monarque fit honneur au service improvis� que le ma�tre d�h�tel pla�a devant lui comme par enchantement.

Cependant, tout en mangeant, le roi, qui tournait le dos � la porte, semblait chercher quelque chose, ou plut�t quelqu�un.

En effet, mademoiselle de Taverney, qui ne jouissait d�aucun privil�ge, sa position n��tant pas encore bien fix�e aupr�s de madame la dauphine, mademoiselle de Taverney, disons-nous, n��tait point entr�e dans la salle � manger, et, apr�s sa profonde r�v�rence en r�ponse � celle du roi, elle �tait entr�e dans la chambre de madame la dauphine, qui, deux ou trois fois d�j�, lui avait fait faire la lecture, apr�s s��tre mise au lit.

Madame la dauphine comprit que c��tait sa belle compagne de route que cherchait le regard du roi.

� Monsieur de Coigny, dit-elle � un jeune officier des gardes plac� derri�re le roi, faites donc entrer, je vous prie, mademoiselle de Taverney. Avec la permission de madame de Noailles, nous d�rogerons ce soir � l��tiquette.

M. de Coigny sortit, et un instant apr�s introduisit Andr�e, qui, ne comprenant rien � cette succession de faveurs inaccoutum�es, entra toute tremblante.

� Mettez-vous l�, mademoiselle, dit la dauphine, pr�s de madame la duchesse.

Andr�e monta timidement le gradin; elle �tait si troubl�e, qu�elle eut l�audace de s�asseoir � un pied seulement de la dame d�honneur.

Aussi re�ut-elle un coup d��il si foudroyant de celle-ci, que la pauvre enfant, comme si elle eut �t� mise en contact avec une bouteille de Leyde rudement charg�e, recula de quatre pieds au moins.

Le roi Louis XV la regardait et souriait.

� Ah ��! mais, se dit le duc de Richelieu, ce n�est presque pas la peine que je m�en m�le, et voil� des choses qui marchent toutes seules.

Le roi se retourna alors et aper�ut le mar�chal, tout pr�par� � soutenir ce regard.

� Bonjour, monsieur le duc, dit Louis XV; faites-vous bon m�nage avec madame la duchesse de Noailles?

� Sire, r�pliqua le mar�chal, madame la duchesse me fait toujours l�honneur de me maltraiter comme un �tourdi.

� Est-ce que vous �tes all� aussi sur la route de Chanteloup, vous, duc?

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