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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Enfin, �tant parvenu � d�nouer la cha�ne que les deux beaux bras de la jeune femme avaient jet�e � son cou:

� Ma Lorenza ch�rie, lui dit-il en lui mettant le papier dans la main, peux tu me dire � qui sont ces cheveux?

Lorenza les prit et les appuya sur sa poitrine, puis contre son front; quoique ses deux yeux fussent ouverts, c��tait par la poitrine et le front qu�elle voyait pendant son sommeil.

� Oh! dit-elle, c�est une illustre t�te que celle � qui on les a d�rob�s.

� N�est-ce pas?� Une t�te heureuse? Dis!

� Elle peut l��tre.

� Cherche bien, Lorenza.

� Oui, elle peut l��tre; il n�y a pas d�ombre encore sur sa vie.

� Cependant elle est mari�e�

� Oh! fit Lorenza avec un doux sourire.

� Eh bien quoi? et que veut dire ma Lorenza?

� Elle est mari�e, cher Balsamo, ajouta la jeune femme, et cependant�

� Et cependant?

� Et cependant�

Lorenza sourit encore.

� Moi aussi, je suis mari�e, dit-elle.

� Sans doute.

� Et cependant�

Balsamo regarda Lorenza avec un profond �tonnement; malgr� le sommeil de la jeune femme, une pudibonde rougeur s��tendait sur son visage.

� Et cependant? r�p�ta Balsamo. Ach�ve.

Elle jeta de nouveau ses bras autour du cou de son amant, et, cachant sa t�te dans sa poitrine:

� Et cependant je suis vierge, dit-elle.

� Et cette femme, cette princesse, cette reine, s��cria Balsamo, toute mari�e qu�elle est?�

� Cette femme, cette princesse, cette reine, r�p�ta Lorenza, elle est aussi pure et aussi vierge que moi; plus pure, plus vierge m�me, car elle n�aime pas comme moi.

� Oh! fatalit�! murmura Balsamo. Merci, Lorenza, je sais tout ce que je voulais savoir.

Il l�embrassa, serra pr�cieusement les cheveux dans sa poche, et, coupant � Lorenza une petite m�che de ses cheveux noirs, il la br�la aux bougies et en recueillit la cendre dans le papier qui avait envelopp� les cheveux de la dauphine.

Alors il redescendit, et, tout en marchant, r�veilla la jeune femme.

Le pr�lat, tout �mu d�impatience, attendait, doutait.

� Eh bien, monsieur le comte? dit-il.

� Eh bien, monseigneur�

� L�oracle?�

� L�oracle a dit que vous pouviez esp�rer.

� Il a dit cela? s��cria le prince transport�.

� Concluez, du moins, comme il vous plaira, monseigneur, l�oracle ayant dit que cette femme n�aimait pas son mari.

� Oh! fit M. de Rohan avec un transport de joie.

� Quant aux cheveux, dit Balsamo, il m�a fallu les br�ler pour obtenir la r�v�lation par l�essence; en voici les cendres que je vous rends scrupuleusement apr�s les avoir recueillies, comme si chaque parcelle valait un million.

� Merci, monsieur, merci, je ne pourrai jamais m�acquitter envers vous.

� Ne parlons pas de cela, monseigneur. Une seule recommandation, dit-iclass="underline" n�allez pas avaler les cendres dans du vin, comme font quelquefois les amoureux; c�est d�une sympathie si dangereuse que votre amour deviendrait incurable, tandis que le c�ur de l�amante se refroidirait!

� Ah! je n�aurai garde, dit le pr�lat presque �pouvant�. Adieu, monsieur le comte, adieu.

Vingt minutes apr�s, le carrosse de Son �minence croisait au coin de la rue des Petits-Champs la voiture de M. de Richelieu, qu�elle faillit renverser dans un de ces trous �normes creus�s par la construction d�une maison.

Les deux seigneurs se reconnurent.

� Eh! prince! dit Richelieu avec un sourire.

� Eh! duc! r�pliqua M. Louis de Rohan avec un doigt sur la bouche.

Et ils furent transport�s en sens inverse.

Chapitre 93. M. de Richelieu appr�cie Nicole

M. de Richelieu s�en allait droit au petit h�tel de M. de Taverney, rue Coq-H�ron.

Gr�ce au privil�ge que nous poss�dons de compter � demi avec le Diable boiteux, et qui nous donne la facilit� de p�n�trer dans chaque maison ferm�e, nous savons avant M. de Richelieu que le baron, devant sa chemin�e, les pieds sur d�immenses chenets sous lesquels se mourait un d�bris de tison, sermonnait Nicole en lui prenant parfois le menton, malgr� les petites moues rebelles et d�daigneuses de la jeune fille.

Nicole se f�t-elle accommod�e de la caresse sans le sermon, ou bien e�t-elle pr�f�r� le sermon sans la caresse, voil� ce que nous n�oserions affirmer.

La conversation roulait entre le ma�tre et la servante sur un point important, c�est-�-dire que jamais, � de certaines heures du soir, Nicole n�arrivait exactement au coup de sonnette, qu�elle avait toujours quelque chose � faire dans le jardin ou dans la serre, et que partout ailleurs qu�en ces deux endroits elle faisait mal son service.

� quoi Nicole, se tournant et retournant avec une gr�ce toute charmante et toute voluptueuse, r�pondait:

� Tant pis!� moi, je m�ennuie ici, on m�avait promis que j�irais � Trianon avec mademoiselle!

C��tait l�-dessus que M. de Taverney avait cru devoir charitablement lui caresser les joues et le menton, sans doute pour la distraire.

Nicole, poursuivant son th�me et repoussant toute consolation, d�plorait son malheureux sort.

� C�est vrai! g�missait-elle, je suis entre quatre vilains murs; je n�ai pas de soci�t�, je n�ai presque pas d�air; il y avait pour moi la perspective d�un divertissement et d�un avenir.

� Quoi donc? dit le baron.

� Trianon, donc! r�pliqua Nicole; Trianon, o� j�aurais vu du monde, o� j�aurais vu du luxe, o� j�aurais regard� et o� l�on m�aurait regard�e.

� Oh! oh! petite Nicole, fit le baron.

� Eh! monsieur, je suis femme et j�en vaux une autre.

� Cordieu! voil� parler, dit sourdement le baron. Cela vit, cela remue. Oh! si j��tais jeune et si j��tais riche!

Et il ne put s�emp�cher de jeter un regard d�admiration et de convoitise sur tant de jeunesse, de s�ve et de beaut�.

Nicole r�vait et parfois s�impatientait.

� Allons, couchez-vous, monsieur, dit-elle, que je puisse aussi m�aller coucher, moi.

� Encore un mot, Nicole.

Tout � coup la sonnette de la rue fit tressaillir Taverney et bondir Nicole.

� Qui peut venir, dit le baron, � onze heures et demie du soir? Va voir, ma petite.

Nicole alla ouvrir, demanda le nom du visiteur, et laissa la porte de la rue entreb�ill�e.

Par cette ouverture bienheureuse, une ombre qui venait de la cour s��chappa, non sans faire assez de bruit pour que le mar�chal, car c��tait lui, ne se retourn�t et ne v�t la fuite.

Nicole revint � lui, la bougie � la main, l�air tout �panoui.

� Tiens, tiens, tiens! dit le mar�chal en souriant et en la suivant au salon, ce vieux coquin de Taverney, il ne m�avait parl� que de sa fille.

Le duc �tait un de ces gens qui n�ont pas besoin de regarder � deux fois pour avoir vu, et vu compl�tement.

L�ombre qui fuyait le fit penser � Nicole; Nicole, � l�ombre. Il devina sur la jolie figure de celle-ci ce que l�ombre �tait venue faire, et aussit�t, apr�s avoir vu l��il si malicieux, les dents si blanches et la taille si fine de la soubrette, il n�eut plus rien � apprendre sur son caract�re et ses go�ts.

Nicole annon�a, non sans un battement de c�ur, � l�entr�e du salon:

� M. le duc de Richelieu!

Ce nom �tait destin� � faire sensation ce soir-l�. Il produisit un tel effet sur le baron, que celui-ci se leva de son fauteuil et marcha droit � la porte, sans pouvoir en croire son oreille.

Mais, avant m�me d��tre arriv� � la porte, il aper�ut M. de Richelieu dans la p�nombre du corridor.

� Le duc!� balbutia-t-il.

� Mais oui, cher ami, le duc lui-m�me�, r�pliqua Richelieu de sa voix la plus aimable. Oh! cela vous �tonne, apr�s la visite de l�autre jour. Eh bien baron rien de plus vrai, pourtant� Maintenant, la main, s�il te pla�t.

� Monsieur le duc, vous me comblez.

� Tu n�as plus d�esprit, mon cher, dit le vieux mar�chal en donnant sa canne et son chapeau � Nicole pour s�asseoir plus commod�ment dans un fauteuil; tu t�encro�tes, tu radotes� tu ne sais plus ton monde, � ce qu�il para�t.

� Cependant, duc, il me semble, r�pondit Taverney fort �mu, que ta r�ception de l�autre jour �tait tellement significative qu�il n�y avait point a s�y tromper.

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