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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� �coute, mon vieil ami, r�pondit Richelieu, l�autre jour tu t�es conduit comme un �colier et moi comme un p�dant; de toi � moi, il n�y avait que la f�rule. Tu veux parler, je veux t�en �pargner la peine; tu serais dans le cas de dire une sottise et moi de t�en r�pondre une autre. Sautons donc de l�autre jour � aujourd�hui. Sais-tu ce que je viens faire ici ce soir?

� Non, certes.

� Je viens t�apporter la compagnie que tu venais me demander avant-hier et que le roi a donn�e � ton fils� Que diable aussi, comprends donc les nuances; avant-hier, j��tais quasi-ministre: demander �tait une injustice; aujourd�hui que j�ai refus� le portefeuille et que je me retrouve le simple Richelieu d�autrefois, je serais absurde en ne demandant pas. J�ai demand�. J�ai obtenu, j�apporte.

� Duc, est-ce bien vrai, et� cette bont� de ta part?�

� Est un effet naturel de mon devoir d�ami� Le ministre refusait. Richelieu sollicite et donne.

� Ah! duc, tu m�enchantes; tu es donc un v�ritable ami?

� Pardieu!

� Mais le roi, le roi qui me fait une telle faveur�

� Le roi ne sait pas seulement ce qu�il fait, ou peut-�tre me tromp�-je et le sait-il � merveille.

� Que veux-tu dire?

� Je veux dire que Sa Majest� a sans doute quelque motif en ce moment de d�plaire � madame du Barry, et que c�est � ce motif bien plus qu�� mon influence que tu dois la faveur qu�il t�accorde.

� Tu crois?

� J�en suis s�r, j�y aide. Tu sais que c�est � cause de cette dr�lesse que j�ai refus� le portefeuille?

� On me l�a dit; mais, je l�avoue�

� Que tu n�y croyais pas. Allons, dis bravement.

� Eh bien, bravement, je l�avouerai�

� Cela veut dire que tu m�as connu sans scrupules, n�est-ce pas?

� Cela veut dire du moins que je t�ai connu sans pr�jug�s.

� Mon cher, je vieillis, et je n�aime plus les jolies femmes que pour moi� Et puis j�ai encore d�autres id�es� Revenons � ton fils, c�est un charmant gar�on.

� Fort mal avec le du Barry, qui �tait chez toi quand j�ai eu la maladresse de m�y pr�senter.

� Je le sais, et voil� pourquoi je ne suis pas ministre.

� Bon!

� Sans doute, mon ami.

� Tu as refus� le portefeuille pour ne pas d�plaire � mon fils?

� Si je te le disais, tu ne le croirais pas: il n�en est rien. J�ai refus� parce que les exigences des du Barry, qui commen�aient par l�exclusion de ton fils, eussent abouti � des �normit�s en tout genre.

� Alors, tu es brouill� avec ces esp�ces?

� Oui et non: ils me craignent, je les m�prise, c�est un pr�t� pour un rendu.

� C�est h�ro�que, mais c�est imprudent.

� Pourquoi donc?

� La comtesse a du cr�dit.

� Peuh! fit Richelieu.

� Comme tu dis cela!

� Je le dis comme un homme qui sent le faible de la position, et qui, s�il le fallait, attacherait le mineur au bon endroit pour faire sauter la place.

� Je vois la v�rit�: tu rends service � mon fils un peu pour piquer les du Barry.

� Beaucoup pour cela, et ta perspicacit� n�est pas en d�faut; ton fils me sert de grenade, j�incendie par son moyen� Mais, � propos, baron, est-ce que tu n�as pas aussi une fille?

� Oui.

� Jeune?

� Seize ans.

� Belle?

� Comme V�nus.

� Qui habite Trianon.

� Tu la connais donc?

� J�ai pass� la soir�e avec elle, et j�ai caus� d�elle une heure avec le roi.

� Avec le roi? s��cria Taverney dont les joues s�empourpr�rent.

� En personne.

� Le roi a parl� de ma fille, de mademoiselle Andr�e de Taverney?

� Qu�il d�vore des yeux, oui, mon cher.

� Ah! vraiment?

� Je te contrarie en te disant cela?

� Moi?� Non, certes� le roi m�honore en regardant ma fille� mais�

� Mais quoi?

� C�est que le roi�

� � de mauvaises m�urs; est-ce cela que tu veux dire?

� Dieu me pr�serve de parler mal de Sa Majest�; elle a bien le droit d�avoir les m�urs qu�il lui pla�t d�avoir.

� Eh bien, alors, que signifie cet �tonnement? As-tu la pr�tention de faire que mademoiselle Andr�e ne soit pas une beaut� accomplie, et que, par cons�quent, le roi ne la regarde pas d�un �il amoureux?

Taverney ne r�pondit rien, il haussa seulement les �paules et tomba dans une r�verie o� le poursuivit le regard impitoyablement inquisiteur de Richelieu.

� Bon! je devine ce que tu dirais si, au lieu de penser tout bas, tu parlais tout haut, poursuivit le vieux mar�chal en rapprochant son fauteuil de celui du baron; tu dirais que le roi est habitu� � la mauvaise soci�t� qu�il s�encanaille, comme on dit aux Porcherons, et, par cons�quent, qu�il se gardera bien de tourner les yeux vers cette noble fille, au maintien pudique, aux chastes amours, et ne remarquera pas ce tr�sor de gr�ces et de charmes de tout genre� lui qui ne se prend qu�aux propos licencieux, qu�aux �illades libertines et aux propos de grisette.

� D�cid�ment tu es un grand homme, duc.

� Et pourquoi cela?

� Parce que tu as devin� juste, dit Taverney.

� Pourtant, avouez-le, baron, poursuivit Richelieu, il serait bien temps que notre ma�tre ne nous for��t pas, nous autres gentilshommes, nous pairs et compagnons du roi de France, � baiser la main plate et avilie d�une courtisane de cette esp�ce. Il serait temps qu�il nous rem�t dans notre air, � nous, et qu�apr�s �tre tomb� de la Ch�teauroux, qui �tait marquise et d�un bois � faire des duchesses, � la Pompadour, fille et femme de traitant, puis de la Pompadour � la du Barry, qui s�appelle tout bonnement Jeanneton, il ne tombe pas de la du Barry � quelque Maritorne de cuisine ou � quelque Goton des champs. C�est humiliant pour nous, baron, qui avons une couronne au casque, de baisser la t�te devant ces p�ronnelles.

� Oh! que voil� des v�rit�s bien dites, murmura Taverney, et comme il est clair que le vide est fait � la cour par ces nouvelles fa�ons!

� Plus de reine, plus de femmes; plus de femmes, plus de courtisans; le roi entretient une grisette, et le peuple est sur le tr�ne, repr�sent� par mademoiselle Jeanne Vaubernier, ling�re � Paris.

� Et cela est ainsi cependant, et�

� Vois-tu, baron, interrompit le mar�chal, il y aurait un bien beau r�le pour une femme d�esprit qui voudrait r�gner en France � l�heure qu�il est�

� Sans doute, dit Taverney, dont le c�ur battait; mais malheureusement la place est prise.

� Pour une femme, continua le mar�chal, qui sans avoir les vices de ces prostitu�es, en aurait l� hardiesse, le calcul et les vues; pour une femme qui pousserait si haut sa fortune, que l�on en parlerait encore alors m�me que la monarchie n�existerait plus. Sais-tu si ta fille a de l�esprit, baron?

� Beaucoup, et du bon sens surtout.

� Elle est bien belle!

� N�est-ce pas?

� Belle de ce tour voluptueux et charmant qui pla�t tant aux hommes, belle de cette candeur et de cette fleur de virginit� qui impose le respect aux femmes m�mes� Il faut bien soigner ce tr�sor-l�, mon vieil ami.

� Tu m�en parles avec un feu�

� Moi! c�est-�-dire que j�en suis amoureux fou, et que je l��pouserais demain sans mes soixante-quatorze ans. Mais est-elle bien plac�e l�-bas? a-t-elle au moins ce luxe qui convient � une si belle fleur?� Songes-y, baron; ce soir, elle est rentr�e seule chez elle, sans femme, sans chasseur, avec un laquais du dauphin portant une lanterne devant elle: cela ressemble � de la domesticit�.

� Que veux-tu, duc! tu le sais, je ne suis pas riche.

� Riche ou non, mon cher, il faut au moins une femme de chambre � ta fille.

Taverney soupira.

� Je le sais bien, dit-il, qu�il la lui faut, ou plut�t qu�il la lui faudrait.

� Eh quoi! n�en as-tu pas une?

Le baron ne r�pondit pas.

� Qu�est-ce que cette jolie fille, poursuivit Richelieu, que tu tenais l� tout � l�heure? Jolie et fine, ma foi.

� Oui, mais�

� Mais quoi, baron?

� Je ne puis justement l�envoyer � Trianon.

� Pourquoi donc? Elle me semble, au contraire, convenir parfaitement � l�emploi; ce sera une soubrette � quatre �pingles.

� Tu n�as donc pas regard� son visage, duc?

� Moi? Je n�ai fait que cela.

� Tu l�as regard�e et tu n�as pas constat� sa ressemblance �trange!�

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