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Joseph Balsamo. Tome III - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome III

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome III». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Le r�sultat pour lui devait arriver le lendemain seulement; c��tait, en effet, le lendemain que serait connue et publi�e par le roi lui-m�me la nomination du nouveau minist�re.

La surprise du mar�chal fut donc grande lorsqu�en se r�veillant, ou plut�t lorsque, r�veill� par un grand bruit de voitures, il apprit de son valet de chambre que les cours de l�h�tel �taient encombr�es ainsi que les antichambres et les salons.

� Oh! oh! dit-il, je fais du bruit, � ce qu�il para�t.

� Il est de bien bonne heure, monsieur le mar�chal, dit le valet de chambre voyant la pr�cipitation que le duc mettait � d�faire son bonnet de nuit.

� D�sormais, r�pliqua le duc, il n�y aura plus d�heure pour moi, souvenez vous de cela.

� Oui, monseigneur.

� Qu�a-t-on r�pondu aux visiteurs?

� Que monseigneur n��tait pas lev�.

� Tout simplement?

� Tout simplement.

� C�est une sottise; il fallait ajouter que j�avais veill� tard, ou, bien mieux, il fallait� Voyons, o� est Raft�?

� M. Raft� dort, dit le valet de chambre.

� Comment, il dort? Mais qu�on le r�veille, le malheureux!

� Allons, allons! dit un vieillard vert et souriant qui parut sur le seuil, voil� Raft�; que lui veut-on?

Toute la boursouflure du duc tomba devant ces paroles.

� Ah! je disais bien aussi, moi, que tu ne dormais pas.

� Et quand j�aurais dormi, qu�y aurait-il l� d��tonnant? il est jour � peine.

� Mais, mon cher Raft�, tu vois que, moi, je ne dors pas.

� C�est autre chose, vous �tes ministre, vous� Comment dormiriez-vous?

� Allons, voil� que tu vas me gronder, dit le mar�chal en grima�ant devant la glace; est-ce que tu n�es pas content?

� Moi! qu�est-ce que cela me fait? Vous allez vous fatiguer beaucoup, et puis vous serez malade; il en r�sultera que ce sera moi qui gouvernerai l��tat, et ce n�est pas amusant, monseigneur.

� Oh! comme tu as vieilli, Raft�.

� J�ai juste quatre ans de moins que vous, monseigneur. Oh! oui, je suis vieux.

Le mar�chal frappa du pied avec impatience.

� As-tu pass� par l�antichambre? dit-il.

� Oui.

� Qui est l�?

� Tout le monde.

� Que dit-on?

� Chacun se raconte ce qu�il va vous demander.

� C�est bien naturel� Mais, de ma nomination, en as-tu entendu parler?

� Oh! j�aime autant ne pas vous dire ce qu�on en dit.

� Ouais�! d�j� la critique?

� Et parmi ceux qui ont besoin de vous. Que sera-ce, monseigneur, chez les gens dont vous aurez besoin!

� Ah! par exemple, Raft�, dit le vieux mar�chal en affectant de rire, ceux qui diraient que tu me flattes�

� Tenez, monseigneur, dit Raft�, pourquoi diable vous �tes-vous attel� � cette charrue qu�on appelle le minist�re? Vous �tes donc las d��tre heureux et de vivre?

� Mon cher, j�ai go�t� de tout, except� de cela.

� Corbleu! Vous n�avez jamais go�t� d�arsenic non plus; que n�en avalez-vous dans votre chocolat, par curiosit�?

� Raft�, tu n�es qu�un paresseux; tu devines que toi, mon secr�taire, tu vas avoir beaucoup de besogne, et tu recules� tu l�as dit, d�ailleurs.

Le mar�chal se fit habiller avec soin.

� Donne-moi une tournure militaire, recommanda-t-il au valet de chambre, et donne-moi mes ordres militaires.

� Il para�t que nous sommes � la Guerre? fit Raft�.

� Mon Dieu oui, il para�t que nous sommes � cela.

� Ah ��! mais, continua Raft�, je n�ai pas vu la nomination du roi, ce n�est pas r�gulier.

� Elle va arriver, sans doute.

� Alors sans doute est le mot officiel aujourd�hui.

� Que tu es devenu d�sagr�able, Raft�, en vieillissant! tu es formaliste et puriste. Si j�avais su cela, je ne t�aurais pas fait faire mon discours de r�ception � l�Acad�mie, c�est cela qui t�a rendu p�dant.

� �coutez donc, monseigneur, puisque nous sommes gouvernement, soyons r�guliers� C�est bizarre.

� Quoi donc est bizarre?

� M. le comte de la Vaudraye, qui vient de me parler dans la rue, m�annon�ait que rien n��tait fait encore pour le minist�re.

Richelieu sourit.

� M. de la Vaudraye a raison, dit-il. Mais tu es donc d�j� sorti?

� Pardieu! il le fallait bien; cet enrag� vacarme de carrosses m�a r�veill�, je me suis fait habiller, j�ai pris mes ordres militaires aussi, et j�ai fait un tour par la ville.

� Ah! M. Raft� s��gaie � mes d�pens?

� Oh! monseigneur, Dieu m�en pr�serve! c�est que�

� C�est que� quoi?

� En me promenant, j�ai rencontr� encore quelqu�un.

� Qui cela?

� Le secr�taire de l�abb� Terray.

� Eh bien?

� Eh bien, il m�a dit que son ma�tre �tait mis � la Guerre.

� Oh! oh! dit Richelieu avec son �ternel sourire.

� Qu�en conclut monseigneur?

� Que, si M. Terray est � la Guerre, je n�y suis pas; que s�il n�y est pas, j�y suis peut-�tre.

Raft� en avait assez fait pour sa conscience. C��tait un homme hardi, infatigable, ambitieux, tout aussi spirituel que son ma�tre, et bien plus arm� que lui, car il se savait roturier et d�pendant, deux d�fauts de cuirasse qui, pendant quarante ans, avaient exerc� toute sa ruse, toute sa force, toute son agilit� d�esprit. Raft�, voyant son ma�tre si bien assur�, crut lui-m�me n�avoir plus rien � craindre.

� Allons, dit-il, monseigneur, h�tez-vous, ne vous faites pas trop attendre, ce serait d�un mauvais augure.

� Je suis pr�t; mais qui est l�, encore une fois?

� Voici la liste.

Il pr�senta une longue liste � son ma�tre, qui lut avec satisfaction les premiers noms de la noblesse, de la robe et de la finance.

� Si j�allais �tre populaire, hein, Raft�?

� Nous sommes au temps des miracles, r�pondit celui-ci.

� Tiens, Taverney! dit le mar�chal en continuant sa lecture. Que vient-il faire ici?

� Je n�en sais rien, monsieur le mar�chal. Allons, faites votre entr�e.

Et, presque avec autorit�, le secr�taire for�a son ma�tre � passer dans le grand salon.

Richelieu dut �tre satisfait, l�accueil qu�il re�ut n�e�t pas �t� au-dessous des ambitions d�un prince du sang.

Mais toute la politesse, si fine, si habile, si cauteleuse de cette �poque et de cette soci�t� servit mal le hasard, qui m�nageait � Richelieu une dure mystification.

Par convenance et par respect de l��tiquette toute cette foule s�abstint de prononcer devant Richelieu le mot minist�re; quelques-uns, plus hardis, all�rent jusqu�au mot compliment; ceux-l� savaient qu�il fallait glisser l�g�rement sur le mot, et que Richelieu n�y r�pondait qu�� peine.

Pour tout le monde, cette visite faite au lever du soleil fut une simple d�monstration, comme un souhait par exemple.

Il n��tait pas rare, � cette �poque, que les insaisissables nuances fussent comprises par des masses et � l�unanimit�.

Il y eut quelques courtisans qui se hasard�rent, dans la conversation, � exprimer un v�u, un d�sir, une esp�rance.

L�un aurait souhait�, disait-il, voir son gouvernement plus rapproch� de Versailles. Il se plaisait � causer de cela avec un homme d�un cr�dit aussi grand que celui de M. de Richelieu.

Un autre pr�tendait avoir �t� oubli� trois fois par M. de Choiseul dans des promotions de chevaliers de l�ordre; il comptait sur l�obligeante m�moire de M. de Richelieu pour rafra�chir celle du roi, � pr�sent que rien ne faisait plus obstacle au bon vouloir de Sa Majest�.

Enfin, cent demandes plus ou moins avides, mais toutes envelopp�es avec un art extr�me, se produisirent aux oreilles charm�es du mar�chal.

Peu � peu la foule s��loigna; on voulait, disait-on, laisser M. le mar�chal � ses importantes occupations.

Un seul homme demeura dans le salon.

Il ne s��tait pas approch� avec les autres, il n�avait rien demand�, il ne s��tait pas pr�sent� m�me.

Quand les rangs furent �claircis, cet homme vint au duc avec un sourire sur les l�vres.

� Ah! monsieur de Taverney, fit le mar�chal; enchant�, enchant�!

� Je t�attendais, duc, pour te faire mon compliment, et un compliment positif, un compliment sinc�re.

� Ah vraiment! et de quoi donc? r�pliqua Richelieu, que la r�serve de ses visiteurs avait mis lui-m�me dans la n�cessit� d��tre discret et comme myst�rieux.

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