Bouclier périlleux [Perilous Shield - fr]
- Автор: Хемри Джон
- Серия: La flotte perdue: Étoiles perdues #2
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: L'Atalante
- ISBN: 978-2-84172-679-0
- Переводчик: Frank Reichert
- Жанр: Космическая фантастика
Электронная книга - «Bouclier périlleux [Perilous Shield - fr]». Краткое содержание книги:
De haute lutte, Midway a conquis son indépendance et s’est soustrait à la dictature syndic. Mais à quoi bon si c’est pour retomber sous sa férule faute d’une flotte spatiale digne de ce nom ? Ou pour succomber à une nouvelle agression des Énigmas ? Car voici que surgissent aux confins du système stellaire les vaisseaux du CECH Boyens, le vieil adversaire, ainsi que ceux des extraterrestres belliqueux. Et, même si Black Jack Geary, retour d’expédition dans l’espace inexploré, a plus d’un tour dans son sac pour venir à bout de ces menaces-là, il reste l’ennemi dans l’ombre, l’ennemi infiltré, celui qui vous sourit en face et vous poignarde dans le dos.
Des siècles de conditionnement dictatorial ne s’effacent pas d’un trait. La présidente Gwen Iceni et le général Drakon vont pourtant devoir apprendre à se faire confiance alors que le danger rôde autour d’eux.
La proue du destroyer de l’Alliance achevait de décrire un cercle complet.
Rogero se rendit compte qu’il assistait à ce spectacle en retenant son souffle ; il attendait la suite.
Au lieu de continuer à se retourner, le Bandoulière tangua et roula de côté, pour se retrouver bientôt orienté dans la même direction que les cargos.
Bradamont hocha la tête avec lassitude. « Terminé. Ils se contentent maintenant de nous escorter. Le Coupe va probablement revenir se joindre au Bandoulière. »
La même impression de fatigue accabla Rogero lorsqu’il se détendit enfin. « Ils vont rester derrière nous jusqu’au point de saut ?
— Quand les navettes furtives auront renoncé à nous poursuivre, il y a de bonnes chances pour que le Bandoulière et le Coupe nous contournent afin d’adopter une position différente par rapport aux cargos, et de compliquer ainsi la tâche aux défenses fixes qui s’aviseraient de nous bombarder de cailloux, car elles risqueraient de les toucher ce faisant. C’est du moins ce que je ferais à leur place.
— Merci, capitaine Bradamont, laissa tomber Rogero. Je vais ordonner aux soldats des autres unités de se mettre au repos et tâcher de localiser le lieutenant Foster pour lui annoncer qu’on peut se détendre à bord. Il ne serait pas mauvais que vous regagniez le compartiment des trans, où vous pourrez vérifier si l’amiral Timbal n’aurait pas envoyé d’autres messages. »
Bradamont opina avec un petit sourire, se mit au garde-à-vous et salua.
Conscient qu’ils ne se seraient jamais tirés d’affaire sans elle, Rogero lui retourna impeccablement le geste.
Garadun fit signe à Ito. « Puisque les forces de l’Alliance nous escortent, nous allons nous aussi fournir une escorte à son officier. Seule dans les coursives de cette unité, elle n’est pas en sécurité. Maintenant que le cargo est bourré de vétérans de la flottille de réserve, vous devriez affecter quelques soldats des forces terrestres à sa protection.
— Merci. C’est promis. »
Bradamont avait fait halte, les yeux rivés à l’écran. Était-ce un effet de son imagination ou bien ses yeux brillaient-ils effectivement d’une lueur d’envie ? Elle avait renoncé aux vaisseaux de l’Alliance pour ce poste d’officier de liaison et, à présent, ne pouvait plus qu’en imaginer d’autres qui arpentaient leurs ponts et les regarder manœuvrer.
Elle le surprit à l’observer et détourna le regard. Non, il ne se trompait pas sur ses sentiments.
« Merci », répéta-t-il, ne s’adressant cette fois qu’à elle. Il avait la certitude qu’elle le savait, il ne lui exprimait pas seulement sa gratitude pour l’aide qu’elle avait apportée lors du dernier incident. « Je vais vous accompagner aussi. C’est sur mon chemin. »
Bradamont, Garadun, Ito et lui quittèrent le poste de commandement pour emprunter les coursives désormais bondées de rescapés de la flottille de réserve. L’uniforme de la flotte de l’Alliance attirait à Bradamont des regards surpris, qui, presque aussitôt, viraient à la colère haineuse. On entendait s’élever des vociférations, des mains se tendaient pour frapper et bousculer, mais Garadun et Ito ripostaient du poing et de la voix. L’année de détention de ces ex-prisonniers de guerre n’avait en rien effrité la discipline de fer inculquée par l’entraînement syndic. Hommes et femmes répondaient aux ordres d’un sous-CECH et d’un cadre supérieur en reculant et en se mettant au garde-à-vous, le visage blême.
Et Ito, à tout le moins, avait pleinement endossé son personnage de cadre supérieur : sa voix tonnait dans les coursives et portait assurément à bonne distance. « Veuillez prêter l’oreille ! Tous les travailleurs et superviseurs de ligne et tous les cadres subalternes devront traiter cet officier de l’Alliance en bras droit du colonel Rogero. Tous les propos qui lui seront adressés devront se conformer à ce statut, et tout acte de violence intenté à son encontre sera regardé comme une voie de fait délibérée sur un supérieur. Est-ce bien clair ? »
Chacun dans la coursive laissa s’écouler les deux secondes de battement requises avant de répondre. « Oui, chef ! »
Le reste du trajet jusqu’au petit compartiment des trans s’effectua dans le silence ; la nouvelle précédait le petit groupe plus vite qu’il ne pouvait progresser, et tout le monde se plaquait contre la cloison pour le laisser passer. Au moment de quitter Rogero, Bradamont lui fit signe de se rapprocher. « Le traitement qu’on me faisait subir l’a-t-elle vraiment scandalisée à ce point ?
— Je crois qu’il a sincèrement contrarié le cadre Ito. Mais c’est à cause de vos dernières initiatives. Elle voit désormais en vous une égale autant qu’une ex-ennemie. Ce qui l’a réellement offusquée, c’est de voir des travailleurs et des superviseurs se conduire aussi grossièrement avec quelqu’un dont le grade équivaut à celui de cadre supérieur, et l’insubordination dont ces gens ont fait preuve devant le sous-CECH Garadun et elle-même.
— Je vois. » Bradamont eut un sourire désabusé. « Quelles que soient ses raisons, je devrais sans doute lui en être reconnaissante.
— Je vais laisser deux soldats ici avant votre départ. Vous aurez dorénavant une escorte.
— Il semble qu’on se plie aux directives d’Ito », fit-elle remarquer.
Rogero observa un bref silence : il prenait soudain conscience du peu qu’elle savait des méthodes du Syndicat. Certes, on pouvait difficilement voir en Bradamont un agneau innocent, mais, quand on en venait aux coulisses de l’existence syndic, elle était pratiquement ignare, en dépit de l’attentat contre le général Drakon survenu peu après son arrivée. « Vous avez pourtant compris la nécessité de la présence de gardes du corps à la surface, n’est-ce pas ?
— Oui. La tentative de meurtre de votre général, tout de suite après mon débarquement, l’a amplement démontrée. Mais cela se passait dans un environnement bien moins contrôlé que celui-ci. J’ai pu constater que ces gens étaient très disciplinés. »
Comment le lui faire comprendre ? « Un contrôle très rigide peut dissimuler, voire engendrer bon nombre d’agissements insoupçonnés, déclara-t-il. Il y a ce qui se passe à la surface et ce qui se passe en dessous. Je m’endors régulièrement avec une arme à portée de la main parce que les assassinats n’ont rien d’extraordinaire. Différends personnels, rivalités professionnelles, opportunités d’avancement, dénonciations possibles d’un concurrent qu’on accuse de ce forfait ou d’un autre… les mobiles sont légion. Les querelles se vident au moyen de stratagèmes qui ne voient jamais le jour. Les règles sont faites pour être tournées, les méthodes pour les contourner, sans que personne jouissant de quelque autorité le reconnaisse. Tout ce à quoi on peut échapper est méritoire et, si l’on se fait prendre ou si l’on vous accuse, ne vous attendez à aucune pitié, sauf si vous êtes protégé par un parrain suffisamment puissant. C’était ainsi qu’on pratiquait dans la société syndic, à tous égards. C’est aussi contre cela que se sont révoltés la présidente Iceni et le général Drakon. »
Bradamont le fixa sombrement. « Le général Drakon m’a tenu le même discours. Les serpents et le SSI n’étaient pas un élément hétérogène, mais un symptôme.
— C’est malheureusement vrai. C’est bien pourquoi tous ont commencé à se rebeller contre le Syndicat dès qu’il s’est un tant soit peu affaibli. Attendez l’arrivée de votre escorte avant de repartir. » Il dégaina son arme de poing et la lui tendit. « Et gardez ça à portée de main. Ne vous inquiétez pas. J’en ai un autre. »