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Bouclier périlleux [Perilous Shield - fr]

Электронная книга - «Bouclier périlleux [Perilous Shield - fr]». Краткое содержание книги:

L’autorité des Mondes syndiqués s’effondre lentement depuis la victoire de l’Alliance. Partout éclatent sécessions et guerres civiles. Que deviendront ces « étoiles perdues » ?
De haute lutte, Midway a conquis son indépendance et s’est soustrait à la dictature syndic. Mais à quoi bon si c’est pour retomber sous sa férule faute d’une flotte spatiale digne de ce nom ? Ou pour succomber à une nouvelle agression des Énigmas ? Car voici que surgissent aux confins du système stellaire les vaisseaux du CECH Boyens, le vieil adversaire, ainsi que ceux des extraterrestres belliqueux. Et, même si Black Jack Geary, retour d’expédition dans l’espace inexploré, a plus d’un tour dans son sac pour venir à bout de ces menaces-là, il reste l’ennemi dans l’ombre, l’ennemi infiltré, celui qui vous sourit en face et vous poignarde dans le dos.
Des siècles de conditionnement dictatorial ne s’effacent pas d’un trait. La présidente Gwen Iceni et le général Drakon vont pourtant devoir apprendre à se faire confiance alors que le danger rôde autour d’eux.
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Rogero se tourna vers Foster. « Lieutenant, tous les soldats doivent rester sur le pied de guerre. Cuirasse bouclée et arme chargée à bloc. Ils doivent s’attendre à voir des commandos de l’Alliance débarquer de navettes furtives. Dès que la dernière navette de passagers se sera détachée, les sas de tous les cargos devront être hermétiquement scellés et gardés.

— Les commandos seront probablement aussi en cuirasse furtive, fit remarquer Bradamont. Et ils disposeront d’autres moyens que les sas pour s’introduire à bord. »

Rogero la fixa, surpris par sa voix éraillée, et il se rendit compte qu’elle avait l’air physiquement malade.

Elle croisa son regard. « Ils sont de l’Alliance », lâcha-t-elle à voix basse.

Bien sûr. Ses propres compatriotes. Bradamont l’aidait à se préparer à combattre ceux-là mêmes aux côtés de qui elle s’était battue. Si ces commandos les abordaient, certains mourraient sans doute, comme de nombreux soldats de Rogero. Sinon tous.

Et Rogero également, peut-être.

« Vous devriez regagner vos quartiers, dit-il. Vous y seriez davantage en sécurité.

— Pas question de m’y planquer, répliqua-t-elle. S’ils entrent dans ce poste de commandement, je serai là pour les attendre. »

Sachant qu’elle ne fléchirait pas, il ne pouvait que l’accepter.

Mais Ito lui adressa un coup d’œil sceptique avant de couler un regard vers Bradamont.

« Les cinq dernières navettes de l’Alliance s’accouplent avec les cargos pour terminer le transfert, déclara le lieutenant Foster. Les pilotes se plaignent de notre accélération.

— Dites-leur déjà de débarquer nos passagers, ordonna Rogero. Dès que le dernier sera à bord, ils pourront rentrer chez eux.

— Les navettes s’activent sacrément, ajouta Foster.

— Cette bonne vieille peur de la mort. Un fichu stimulant. Méthode syndic ! »

Tout le monde – sauf Bradamont – éclata de rire à cette vieille plaisanterie syndic, encore que l’hilarité générale trahît une nervosité certaine ; les yeux ne cessaient de se tourner vers l’écran comme si, miraculeusement, les navettes furtives de l’Alliance allaient soudain redevenir visibles.

« Une heure ? demanda Garadun à Bradamont, tout en consultant d’un air dégoûté le chiffre du taux d’accélération du cargo.

— Ce n’est qu’une estimation. Je ne peux pas l’affirmer.

— Je déteste être traqué par un ennemi invisible. » Les yeux de Garadun s’assombrirent, comme hantés par des souvenirs funestes. « Les Énigmas, par exemple. Comment Black Jack les a-t-il vaincus ?

— Nous avons découvert qu’ils avaient leurré vos senseurs, expliqua Bradamont. Les nôtres aussi, d’ailleurs. Des virus informatiques implantés dans nos systèmes contrôlaient les images que nous captions quand ils voulaient rester invisibles.

— Quelle sorte de virus informatiques pouvaient rester indétectables à nos diagnostics de sécurité ? questionna Ito.

— Ces vers répondaient à des algorithmes quantiques. Ne me demandez pas comment ils s’y prenaient. Je crois qu’aucun être humain ne serait en mesure de le comprendre. Mais nous avons trouvé le moyen de les éliminer.

— J’imagine que c’est encore Black Jack, lâcha Garadun, amer.

— Non. Le capitaine Cresida. Le commandant d’un de nos croiseurs de combat. » Bradamont ferma fugitivement les yeux. « Elle a trouvé la mort durant le combat contre votre flottille quand son vaisseau a été détruit. »

Personne ne souffla mot, car il n’y avait strictement rien à dire. On se contenta de fixer les écrans où les vecteurs des cargos s’étiraient avec une douloureuse lenteur, à mesure que ces lourdauds accéléraient à un train de sénateur, le plus vif dont ils fussent capables.

Ito finit par rompre le silence au bout de quelques minutes : « Pourquoi ces commandos nous pourchassent-ils ? Pourquoi cherchent-ils à nous reprendre vivants ? Les gardes de l’Alliance n’ont jamais fait mystère de leur furieuse envie de se débarrasser de nous.

— En partie parce que les circonstances de votre fuite leur déplaisent, avança Rogero. Mais aussi, vraisemblablement, parce qu’ils aimeraient me mettre la main dessus.

— Pourquoi ?

— Parce que je me suis rendu sur Ambaru et qu’on me sait le responsable de l’opération, répondit Rogero avec toute l’aisance d’un homme à qui le talon de fer du Syndicat a appris à mentir. Je ne m’en suis échappé que grâce à leur amiral Timbal. Ils tiennent donc à m’agrafer. Peut-être ont-ils aussi des enregistrements des quelques mois que j’ai passés dans un camp de travail syndic. J’appartenais à la direction du camp et sans doute cela fait-il de moi un criminel à leurs yeux. »

Garadun fronça les sourcils de rage. « Pas d’armes pour nous défendre, une capacité d’accélération et une maniabilité lamentables alors que l’Alliance, elle, nous dépêche ce qu’elle a de plus efficace. J’ai déjà combattu dans de meilleures conditions.

— Mon colonel ? interrogea le lieutenant Foster. Ne devrions-nous pas nous mettre en cuirasse ? »

Rogero secoua la tête. « Pas tant que les dernières navettes n’auront pas fini de décharger. Vous pourrez alors rejoindre votre unité. Je resterai ici.

— Mais…

— C’est moi qu’ils veulent, lieutenant. Il serait stupide de vouer tout le monde à la mort quand il me suffit de…

— Colonel Rogero, le coupa Bradamont, c’est sans doute vous qu’ils veulent, mais ils prendront tout le cargo en otage. Vous, tout le monde et tout ce qui se trouve à son bord. Ils ne se contenteront pas de vous arrêter et de le laisser repartir.

— Je peux prendre le module de survie et…

— Si vous étiez éjecté, ils en déduiraient que vous cherchez, pour on ne sait quelle raison, à détourner l’attention du cargo. Ils vous laisseraient voguer à la dérive dans votre module pour vous récupérer ensuite à leur guise et continueraient de traquer ce cargo et tous ceux qu’ils pourraient rattraper. » Bradamont inspira brièvement. « Je ne cherche pas seulement à sauver votre peau, colonel. Si les commandos nous attrapent, ils nous retiendront tous indéfiniment. Dans le meilleur des cas, cette mission aura échoué. À mon avis, il y a de fortes chances pour qu’ils montent à bord en tiraillant parce que quelqu’un dans leur chaîne de commandement aura décidé que votre histoire de système stellaire libre et indépendant n’est qu’une ruse, et que tous les occupants des cargos sont des Syndics masqués exécutant en sous-main une mission qui enfreint le traité de paix. Cessez de réfléchir à des moyens de vous sacrifier. Aucun ne nous avancerait.

— Et vous ? demanda Ito à Bradamont. Que vous arrivera-t-il si les cargos sont pris ? »

Bradamont eut un geste d’impuissance empreint d’exaspération. « Des ordres de l’amiral Geary justifient ma présence. Je serais néanmoins très étonnée qu’ils me soient utiles si je tombe entre les mains des forces terrestres ou de l’aérospatiale en de telles circonstances. » Elle se tourna vers Rogero et ils échangèrent un regard de connivence : ils ne pouvaient pas faire ouvertement allusion à certaines relations qu’ils avaient l’un et l’autre entretenues avec le SSI syndic ou le service du renseignement de l’Alliance.

Rogero ne voyait pas trop que répondre dans ces conditions, mais Ito vint à sa rescousse. « Je sais, moi, ce que me feraient les serpents s’ils me trouvaient à bord d’un vaisseau de l’Alliance en train de collaborer avec son équipage, laissa-t-elle tomber.

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