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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Alors Balsamo se reprenait � sa confiance en lui-m�me et dans la science.

Pourquoi, en effet, ce secret magique, et auquel il devait tout son pouvoir, serait-il devenu tout � coup sans transition, une chim�re bonne � jeter au vent comme un souvenir �vanoui, comme la fum�e d�un feu �teint? Jamais, relativement � lui, Lorenza n�avait �t� plus lucide, plus voyante: toutes les pens�es qui se formulaient dans son esprit, toutes les impressions qui faisaient tressaillir son c�ur, Lorenza les reproduisait � l�instant m�me.

Restait � savoir si cette lucidit� n��tait pas de la sympathie; si, en dehors de lui et de la jeune femme, de l�autre c�t� du cercle trac� par leur amour, et que leur amour inondait de lumi�re, restait � savoir si ces yeux de l��me, si clairvoyants avant la chute de cette nouvelle �ve, pourraient encore percer l�obscurit�.

Balsamo n�osait faire d��preuve d�cisive, il esp�rait toujours, et l�esp�rance faisait une couronne �toil�e � son bonheur.

Parfois, Lorenza lui disait avec une douce m�lancolie:

� Acharat, tu penses � une autre femme que moi, � une femme du Nord, aux cheveux blonds, aux yeux bleus; Acharat, ah! Acharat, cette femme marche toujours � c�t� de moi dans ta pens�e.

Alors Balsamo regardait tendrement Lorenza.

� Tu vois cela en moi? disait-il.

� Oh! oui, aussi clairement que je verrais dans un miroir.

� Alors, tu sais si c�est par amour que je pense � cette femme, lui r�pondait Balsamo; lis, lis dans mon c�ur, ch�re Lorenza!

� Non, disait celle-ci en secouant la t�te, non, je le sais bien; mais tu partages ta pens�e entre nous deux, comme au temps o� Lorenza Feliciani te tourmentait, cette m�chante Lorenza qui dort et que tu ne veux plus r�veiller.

� Non, mon amour, non, s��criait Balsamo; je ne pense qu�� toi, avec le c�ur, du moins; vois un peu si je n�ai pas tout oubli�, si depuis notre bonheur je n�ai pas tout n�glig�: �tudes, politique, travaux.

� Et tu as tort, dit Lorenza; car, dans ces travaux, je puis t�aider, moi.

� Comment?

� Oui; ne t�enfermais-tu pas autrefois dans ton laboratoire des heures enti�res?

� Certes; mais je renonce � tous ces vains essais; ce seraient autant d�heures retranch�es de mon existence � car pendant ce temps je ne te verrais pas.

� Et pourquoi ne te suivrais-je pas dans tes travaux comme dans ton amour? Pourquoi ne te ferais-je pas puissant comme je te fais heureux?

� Parce que ma Lorenza est belle, c�est vrai, mais que ma Lorenza n�a pas �tudi�. Dieu donne la beaut� et l�amour, mais l��tude seule donne la science.

� L��me sait toute chose.

� C�est donc bien r�ellement avec les yeux de l��me que tu vois?

� Oui.

� Et tu peux me guider, dis-tu, dans cette grande recherche de la pierre philosophale?

� Je le crois.

� Viens, alors.

Et Balsamo, entourant de son bras la taille de la jeune femme, la conduisit dans son laboratoire.

Le fourneau gigantesque, que nul n�avait entretenu depuis quatre jours, �tait �teint.

Les creusets �taient refroidis sur leurs r�chauds.

Lorenza regarda tous ces instruments �tranges, derni�res combinaisons de l�alchimie expirante, sans �tonnement: elle semblait conna�tre la destination de chacun d�eux.

� Tu cherches � faire de l�or? dit-elle en souriant.

� Oui.

� Tous ces creusets renferment des pr�parations � diff�rents degr�s?

� Toutes arr�t�es, toutes perdues; mais je ne le regrette pas.

� Et tu as raison; car ton or � toi ne sera jamais que du mercure color�; tu le rendras solide peut-�tre, mais tu ne le transformeras pas.

� Cependant on peut faire de l�or?

� Non.

� Et pourtant Daniel de Transylvanie a vendu vingt mille ducats, � Cosme Ier, la recette pour la commutation des m�taux.

� Daniel de Transylvanie a tromp� Cosme Ier.

� Cependant le Saxon Payken, condamn� � mort par Charles II, a rachet� sa vie en changeant un lingot de plomb en un lingot d�or, dont on tira quarante ducats, tout en distrayant de ce lingot de quoi faire une m�daille qui fut frapp�e � la plus grande gloire de l�habile alchimiste.

� L�habile alchimiste �tait un habile escamoteur. Il substitua le lingot d�or au lingot de plomb, voil� tout. Ta plus s�re mani�re de faire de l�or, Acharat, c�est de fondre en lingots, comme tu le fais, les richesses que tes esclaves t�apportent des quatre parties du monde.

Balsamo demeura pensif.

� Ainsi, dit-il, la transmutation des m�taux est impossible?

� Impossible.

� Mais, par exemple, hasarda Balsamo, le diamant?

� Oh! le diamant, c�est autre chose, dit Lorenza.

� On peut donc faire du diamant?

� Oui; car faire du diamant n�est pas op�rer la transmutation d�un corps dans un autre; faire du diamant, c�est tenter la simple modification d�un �l�ment connu.

� Mais tu connais donc l��l�ment dont le diamant se forme?

� Sans doute; le diamant, c�est la cristallisation du carbone pur.

Balsamo demeura �tourdi; une lumi�re �blouissante, inattendue, inou�e, jaillissait � ses yeux: il les couvrit de ses deux mains comme s�il e�t �t� aveugl� de cette flamme.

� Oh! mon Dieu, dit-il, mon Dieu, tu fais trop pour moi; quelque danger me menace. Mon Dieu, quel est l�anneau pr�cieux que je puis jeter � la mer pour conjurer ta jalousie? Assez, assez pour aujourd�hui, Lorenza, assez.

� Ne suis-je pas � toi? Ordonne, commande.

� Oui, tu es � moi, viens, viens.

Et Balsamo entra�na Lorenza hors du laboratoire, traversa la chambre des fourrures, et, sans faire attention � un l�ger craquement qu�il entendit au dessus de sa t�te, il rentra avec Lorenza dans la chambre grill�e.

� Ainsi, demanda la jeune femme, tu es content de ta Lorenza, mon Balsamo bien-aim�?

� Oh! fit celui-ci.

� Que craignais-tu donc? Dis, parle.

Balsamo joignit les mains et regarda Lorenza avec une expression de terreur dont un spectateur qui n�e�t pas su lire dans son �me e�t eu peine � se rendre compte.

� Oh! murmura-t-il, moi qui ai failli tuer cet ange, et moi qui ai failli mourir de d�sespoir avant de r�soudre ce probl�me d��tre heureux et puissant � la fois; moi qui ai oubli� que les limites du possible d�passent toujours l�horizon trac� par l��tat pr�sent de la science, et que la plupart des v�rit�s, qui sont devenues des faits, ont toujours commenc� par �tre regard�es comme des visions; moi qui croyais tout savoir et qui ne savais rien!

La jeune femme souriait divinement.

� Lorenza, Lorenza, continua Balsamo, il est donc r�alis�, ce myst�rieux dessein du Cr�ateur, qui fait na�tre la femme de la chair de l�homme, et qui leur dit de n�avoir qu�un c�ur � eux deux! �ve est ressuscit�e pour moi; �ve, qui ne pensera pas sans moi et dont la vie est suspendue au fil que je tiens! C�est trop, mon Dieu, pour une seule cr�ature, et je succombe sous le poids de ton bienfait.

Et il tomba � genoux, �treignant avec adoration cette suave beaut�, qui lui souriait comme on ne sourit pas sur la terre.

� Eh bien, dit-il, non, tu ne me quitteras plus; sous ton regard qui perce les t�n�bres, je vivrai en toute s�curit�; tu m�aideras dans ces recherches laborieuses que toi seule, comme tu l�as dit, pouvais compl�ter, et qu�un mot de toi rendra faciles et f�condes; c�est toi qui me diras si je ne puis faire de l�or, puisque l�or est une mati�re homog�ne, un �l�ment primitif, c�est toi qui me diras dans quelle parcelle de sa cr�ation Dieu l�a cach�; c�est toi qui me diras o� gisent les tr�sors s�culaires engloutis dans les vastes profondeurs de l�oc�an. Je verrai avec tes yeux s�arrondir la perle dans la coquille nacr�e, et grandir la pens�e de l�homme sous les couches fangeuses de sa chair. J�entendrai, avec tes oreilles, la sourde sape du ver qui creuse le sol, et les pas de mon ennemi s�approchant de moi. Je serai grand comme Dieu et plus heureux que Dieu, ma Lorenza; car Dieu n�a pas au ciel son �gal et sa compagne, car Dieu est tout-puissant, mais il est seul dans sa majest� divine et ne partage avec aucun autre �tre, divin comme lui, cette toute-puissance qui le fait Dieu.

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