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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Aussit�t cette volont� formul�e dans l�esprit de Balsamo, un courant magn�tique s��tait �tabli entre lui et la jeune femme, laquelle, ob�issant � l�ordre qu�elle recevait par intuition, s��tait lev�e et retir�e sans que personne s�oppos�t � son d�part.

M. de Sartine, le soir m�me, se mit au lit et se fit saigner; la r�volution avait �t� trop forte pour qu�il put la supporter impun�ment, et un quart d�heure de plus, assura le m�decin, il e�t succomb� � une attaque d�apoplexie.

Pendant ce temps, Balsamo avait reconduit la comtesse � son carrosse, et avait essay� de prendre cong� d�elle; mais elle n��tait pas femme � le quitter ainsi sans savoir, ou tout au moins sans chercher � savoir le mot de l��trange �v�nement qui venait de s�accomplir sous ses yeux.

Elle pria donc le comte de monter pr�s d�elle; le comte ob�it, et un piqueur emmena Dj�rid en main.

� Vous voyez, comte, si je suis loyale, dit-elle, et si, quand j�ai appel� quelqu�un mon ami, j�ai dit la parole avec la bouche ou avec le c�ur. J�allais retourner � Luciennes, o� le roi m�a dit qu�il devait venir me voir demain matin; mais votre lettre est venue et j�ai tout quitt� pour vous. Beaucoup se fussent �pouvant�s de ces mots de conspirations et de conspirateurs que M. de Sartine nous jetait au visage; mais je vous ai regard� avant que d�agir et j�ai fait selon vos v�ux.

� Madame, r�pondit Balsamo, vous avez pay� amplement le faible service que j�ai pu vous rendre; mais avec moi rien n�est perdu; je sais �tre reconnaissant, vous vous en apercevrez. Ne croyez pas cependant que je sois un coupable, un conspirateur, comme dit M. de Sartine. Ce cher magistrat avait re�u des mains de quelqu�un qui me trahit ce coffret plein de mes petits secrets chimiques, secrets, madame la comtesse, que je veux vous faire partager, pour que vous conserviez cette immortelle, cette splendide beaut�, cette �blouissante jeunesse. Or, voyant les chiffres de mes formules, le cher M. de Sartine a appel� � son aide la chancellerie, laquelle, pour ne pas se laisser prendre en d�faut, a interpr�t� mes chiffres � sa mani�re. Je crois vous l�avoir dit une fois, madame, le m�tier n�est pas encore affranchi de tous les p�rils qui l�entouraient au Moyen �ge; il n�y a que les esprits intelligents et jeunes comme le v�tre qui lui soient favorables. Bref, madame, vous m�avez sauv� d�un embarras; je vous en t�moigne et vous en prouverai ma reconnaissance.

� Mais que vous e�t-il donc fait si je ne fusse pas venue � votre secours?

� Il m�e�t, pour faire pi�ce au roi Fr�d�ric, que Sa Majest� d�teste, renferm� � Vincennes ou � la Bastille. J�en serais sorti, je le sais bien, gr�ce � mon proc�d� pour fondre la pierre sous le souffle; mais j�eusse perdu � cela mon coffret, qui renferme, j�ai eu l�honneur de vous le dire, beaucoup de curieuses et d�impayables formules, arrach�es par un heureux hasard de la science aux �ternelles t�n�bres.

� Ah! comte, vous me rassurez et me charmez tout � la fois. Vous me promettez donc un philtre pour rajeunir?

� Oui.

� Et quand me le donnerez-vous?

� Oh! nous ne sommes pas press�s. Vous me le demanderez dans vingt ans, belle comtesse. Maintenant, je pense que vous n�avez pas envie de redevenir enfant.

� Vous �tes un homme charmant, en v�rit�; mais une derni�re question et je vous laisse, car vous me semblez fort press�.

� Parlez, comtesse.

� Vous m�avez dit que quelqu�un vous avait trahi: est-ce un homme ou une femme?

� C�est une femme.

� Ah! ah! comte: de l�amour!

� H�las! oui, doubl� d�une jalousie qui va jusqu�� la rage, et qui produit les beaux effets que vous avez vus; voil� une femme qui, n�osant me donner un coup de couteau, parce qu�elle sait qu�on ne me tue pas, a voulu me faire enterrer dans une prison ou me ruiner.

� Comment, vous ruiner?

� Elle le croyait du moins.

� Comte, je fais arr�ter, dit la comtesse en riant. Est-ce donc au vif-argent qui court dans vos veines que vous devez cette immortalit� qui fait qu�on vous d�nonce au lieu de vous tuer? Faut-il que je vous descende ici ou que je vous reconduise chez vous?

� Non, madame; ce serait trop de bont� � vous que de vous d�ranger pour moi de votre chemin. J�ai l� mon cheval Dj�rid.

� Ah! ce merveilleux animal qui d�passe, dit-on, le vent � la course?

� Je vois qu�il vous pla�t, madame.

� C�est un magnifique coursier, en effet.

� Permettez-moi de vous l�offrir, � cette condition que vous le monterez seule.

� Oh! non, merci; je ne monte pas � cheval, ou du moins j�y monte fort timidement. Votre intention a donc pour moi tout le m�rite du pr�sent. Adieu, cher comte, n�oubliez pas, dans dix ans, mon philtre r�g�n�rateur.

� J�ai dit vingt ans.

� Comte, vous connaissez le proverbe: �J�aime mieux tenir�� Et m�me, si vous pouvez me le donner dans cinq ans� On ne sait pas ce qui peut arriver.

� Quand il vous plaira, comtesse. Ne savez-vous pas que je suis tout � vous?

� Un dernier mot, comte.

� J��coute, madame.

� Il faut que je vous aie en bien grande confiance pour vous l�adresser.

Balsamo, qui avait d�j� mis pied � terre, surmonta son impatience et se rapprocha de la comtesse.

� On dit partout, continua madame du Barry, que le roi a du go�t pour cette petite Taverney.

� Ah! madame, dit Balsamo, est-ce possible?

� Un go�t fort vif, � ce qu�on pr�tend. Il faut que vous me le disiez: si cela est vrai, comte, ne me m�nagez pas; comte, traitez-moi en amie, je vous en conjure; comte, dites-moi la v�rit�.

� Madame, r�pliqua Balsamo, je ferai plus; je vous garantis, moi, que jamais mademoiselle Andr�e ne sera la ma�tresse du roi.

� Et pourquoi cela, comte? s��cria madame du Barry.

� Parce que je ne le veux pas, dit Balsamo.

� Oh! fit madame du Barry, incr�dule.

� Vous doutez?

� N�est-ce point permis?

� Ne doutez jamais de la science, madame. Vous m�avez cru quand j�ai dit oui; quand je dis non, croyez-moi.

� Mais enfin vous avez donc des moyens�?

Elle s�arr�ta en souriant.

� Achevez.

� Des moyens capables d�annihiler la volont� du roi ou de combattre ses caprices?

Balsamo sourit.

� Je cr�e des sympathies, dit-il.

� Oui, je sais cela.

� Vous y croyez m�me.

� J�y crois.

� Eh bien, je cr�erai de m�me des r�pugnances, et, au besoin, des impossibilit�s. Ainsi tranquillisez-vous, comtesse, je veille.

Balsamo r�pandait tous ces lambeaux de phrases avec un �garement que madame du Barry n�e�t pas pris, comme elle le prit, pour de la divination, si elle eut connu toute la soif fi�vreuse qu�avait Balsamo de retrouver Lorenza au plus vite.

� Allons, dit-elle, d�cid�ment, comte, vous �tes non seulement mon proph�te de bonheur, mais encore mon ange gardien. Comte, faites-y bien attention, je vous d�fendrai, d�fendez-moi. Alliance! alliance!

� C�est fait, madame, r�pliqua Balsamo.

Et il baisa encore une fois la main de la comtesse.

Puis, refermant la porti�re du carrosse, que la comtesse avait fait arr�ter aux Champs-�lys�es, il monta sur son cheval, qui hennit de joie, et disparut bient�t dans l�ombre de la nuit.

� � Luciennes! cria madame du Barry consol�e.

Balsamo, cette fois, fit entendre un l�ger sifflement, pressa l�g�rement les genoux et enleva Dj�rid, qui partit au galop.

Cinq minutes apr�s, il �tait dans le vestibule de la rue Saint-Claude, regardant Fritz.

� Eh bien? demanda-t-il avec anxi�t�.

� Oui, ma�tre, r�pondit le domestique, qui avait l�habitude de lire dans son regard.

� Elle est rentr�e?

� Elle est l�-haut.

� Dans quelle chambre?

� Dans la chambre aux fourrures.

� Dans quel �tat?

� Oh! bien fatigu�e; elle courait si rapidement que, moi qui la vis venir de loin, parce que je la guettais, je n�eus pas m�me le temps de courir au devant d�elle.

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