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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� En v�rit�!

� Oh! j�en ai �t� effray�; elle est entr�e ici comme une temp�te; elle a mont� l�escalier sans prendre haleine, et tout � coup, en entrant dans la chambre, elle est tomb�e sur la peau du grand lion noir. Vous la trouverez l�.

Balsamo monta pr�cipitamment et trouva, en effet, Lorenza qui se d�battait sans force contre les premi�res convulsions d�une crise nerveuse. Il y avait trop longtemps que le fluide pesait sur elle et la for�ait � des actes violents. Elle souffrait, elle g�missait; on e�t dit qu�une montagne pesait sur sa poitrine, et que, des deux mains, elle tentait de l��carter.

Balsamo la regarda un instant d�un �il �tincelant de col�re, et, l�enlevant entre ses bras, l�emporta dans sa chambre, dont la porte myst�rieuse se referma sur lui.

Chapitre 127. L��lixir de vie

On sait dans quelles dispositions Balsamo venait de rentrer dans la chambre de Lorenza.

Il s�appr�tait donc � la r�veiller pour lui faire les reproches qui couvaient en sa sourde col�re, et il �tait bien d�cid� � la punir selon les conseils de cette col�re, lorsqu�une triple secousse du plafond l�avertit qu�Althotas avait guett� sa rentr�e et voulait lui parler.

Cependant Balsamo attendit encore; il esp�rait ou s��tre tromp�, ou que le signal n��tait qu�accidentel, lorsque l�impatient vieillard r�it�ra son appel coup sur coup; de sorte que Balsamo, craignant sans doute, soit qu�il ne descend�t comme cela lui �tait arriv� quelquefois, soit que Lorenza, r�veill�e par une influence contraire � la sienne, ne pr�t connaissance de quelque nouvelle particularit� non moins dangereuse pour lui que ses secrets politiques; de sorte que Balsamo, disons-nous, apr�s avoir, si l�on peut s�exprimer ainsi, charg� Lorenza d�une nouvelle couche de fluide, sortit pour se rendre pr�s d�Althotas.

Il �tait temps qu�il arriv�t; la trappe �tait d�j� � moiti� chemin du plafond. Althotas avait quitt� son fauteuil roulant et se montrait accroupi sur cette partie mobile du plancher qui s��levait et descendait.

Il vit sortir Balsamo de la chambre de Lorenza.

Ainsi accroupi, le vieillard �tait � la fois terrible et hideux � voir.

Sa blanche figure � dans quelques parties de cette figure qui semblaient vivantes encore � s��tait empourpr�e du feu de la col�re; ses mains, effil�es et noueuses comme celles d�un squelette de main humaine, tremblotaient en cliquetant; ses yeux caves semblaient vaciller dans leur orbite profonde et, dans une langue inconnue m�me de son �l�ve, il prof�rait contre lui les invectives les plus violentes.

Sorti de son fauteuil pour faire jouer le ressort, il semblait ne vivre et ne se mouvoir qu�� l�aide de ses deux longs bras, gr�les et arrondis comme ceux de l�araign�e; et, sortant, comme nous l�avons dit, de sa chambre inaccessible � tous, except� � Balsamo, il �tait en train de se transporter dans la chambre inf�rieure.

Pour que ce faible vieillard, si paresseux, e�t quitt� son fauteuil, intelligente machine qui lui �pargnait toute fatigue; pour qu�il e�t consenti � accomplir un de ces actes de la vie vulgaire; pour qu�il se f�t donn� le souci et la fatigue d�op�rer un pareil changement dans ses habitudes, il fallait qu�une extraordinaire surexcitation l�e�t fait sortir de sa vie contemplative et forc� de rentrer dans la vie r�elle.

Balsamo, surpris en quelque sorte en flagrant d�lit, s�en montra d�abord �tonn�, puis inquiet.

� Ah! s��cria Althotas, te voil�, fain�ant! te voil�, l�che, qui abandonnes ton ma�tre!

Balsamo, selon son habitude lorsqu�il parlait au vieillard, appela toute sa patience � son aide:

� Mais, r�pliqua-t-il tout doucement, il me semble, mon ami, que vous venez seulement d�appeler.

� Ton ami! s��cria Althotas, ton ami! vile cr�ature humaine! Je crois que tu me parles, � moi, la langue de tes semblables. Ami pour toi, je le crois bien. Plus qu�ami, p�re, p�re qui t�a nourri, qui t�a �lev�, instruit, enrichi. Mais ami pour moi, oh! non! car tu m�as d�laiss�, car tu m�affames, car tu m�assassines.

� Voyons, ma�tre; vous vous troublez la bile, vous vous aigrissez le sang, vous vous rendez malade.

� Malade! d�rision! ai-je �t� malade jamais, sinon lorsque tu m�as fait participer, malgr� moi, � quelques-unes des mis�res de la sale condition humaine? Malade! as-tu oubli� que c�est moi qui gu�ris les autres?

� Enfin, ma�tre, repartit froidement Balsamo, me voici: ne perdons pas le temps en vain.

� Oui, je te conseille de me rappeler cela; le temps, le temps que tu me forces � �conomiser, moi pour qui cette �toffe mesur�e � chaque cr�ature ne devrait avoir ni fin ni limite; oui, mon temps se passe; oui, mon temps se perd; oui, mon temps, comme le temps des autres, tombe minute par minute dans l��ternit�, quand mon temps � moi devrait �tre l��ternit� elle-m�me!

� Allons, ma�tre, dit Balsamo avec une inalt�rable patience, tout en abaissant la trappe jusqu�� terre, tout en se pla�ant pr�s de lui et tout en faisant jouer le ressort qui le r�int�grait dans son appartement, allons, que vous faut-il? Parlez. Vous dites que je vous affame; mais est-ce que vous n��tes pas dans votre quarantaine de di�te absolue?

� Oui, oui, sans doute; l��uvre de r�g�n�ration est commenc�e depuis trente-deux jours.

� Alors, dites-moi, de quoi vous plaignez-vous? Je vois l� deux ou trois carafes d�eau de pluie, la seule que vous buviez.

� Sans doute; mais te figures-tu que je sois un ver � soie pour op�rer seul cette grande �uvre du rajeunissement et de la transformation? Te figures-tu que, n�ayant plus de forces, je pourrai composer seul mon �lixir de vie? Te figures-tu que, couch� sur le flanc, amolli par les boissons rafra�chissantes, ma seule nourriture, j�aurai l�esprit bien pr�sent, si tu ne m�y aides pas, pour faire, abandonn� � mes seules ressources, le minutieux travail de ma r�g�n�ration, dans lequel, tu le sais bien, malheureux, je dois �tre aid� et secouru par un ami?

� Je suis l�, ma�tre, je suis l�; voyons, r�pondez, dit Balsamo tout en r�installant presque malgr� lui le vieillard dans son fauteuil, comme il e�t fait d�un hideux enfant; voyons, r�pondez, vous n�avez pas manqu� d�eau distill�e, puisque, comme je vous le disais, j�en vois l� trois pleines carafes; cette eau a bien �t� recueillie au mois de mai, vous le savez; voil� vos biscuits d�orge et de s�same; je vous ai d�j� saign� deux fois sur trois et � chaque jour de d�cade, je vous ai moi-m�me administr� les gouttes blanches que vous avez prescrites.

� Oui, mais l��lixir! l��lixir n�est pas compos�; tu ne te rappelles pas cela, tu n�y �tais pas: c��tait ton p�re, ton p�re, plus fid�le que toi; mais, � ma derni�re cinquantaine, je composai l��lixir un mois d�avance. J�avais fait retraite sur le mont Ararat. Un juif me fournit pour son poids en argent un enfant chr�tien qui t�tait encore sa m�re; je le saignai selon le rite: je pris les trois derni�res gouttes de son sang art�riel, et en une heure, mon �lixir, auquel il ne manquait plus que cet ingr�dient, fut compos�; aussi ma r�g�n�ration de cinquantaine se passa-t-elle merveilleusement bien; mes cheveux et mes dents tomb�rent pendant les convulsions qui succ�d�rent � l�absorption de cet �lixir bienheureux; mais ils repouss�rent, les dents assez mal, je le sais, parce que je n�gligeai cette pr�caution d�introduire mon �lixir dans ma gorge avec un conduit d�or. Mais mes cheveux et mes ongles repouss�rent dans cette seconde jeunesse, et je me pris � revivre comme si j�avais quinze ans� Mais voil� que j�ai revieilli de nouveau, voil� que je touche au dernier terme; voil� que si l��lixir n�est pas pr�t, que s�il n�est pas renferm� dans cette bouteille, que si je ne donne pas tout soin � cette �uvre, la science d�un si�cle sera an�antie avec moi, et que ce secret admirable, sublime, que je tiens, sera perdu pour l�homme, qui touche en moi et par moi � la divinit�! Oh! si j�y manque, oh! si je me trompe, oh! si je faux, Acharat, c�est toi, toi qui en seras cause; et, prends-y garde, ma col�re sera terrible, terrible!

Et, en pronon�ant ces derniers mots qui firent jaillir comme une �tincelle livide de sa prunelle mourante, le vieillard tomba dans une petite convulsion � laquelle succ�da un violent acc�s de toux.

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