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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Balsamo lui prodigua � l�instant m�me les soins les plus empress�s.

Le vieillard revint � lui; sa p�leur �tait devenue de la lividit�. Ce faible acc�s avait �puis� ses forces � ce point qu�on e�t pu croire qu�il allait mourir.

� Voyons, ma�tre, lui dit alors Balsamo, formulez ce que vous voulez.

� Ce que je veux�, dit-il en regardant fixement Balsamo.

� Oui�

� Ce que je veux, le voici�

� Parlez, je vous �coute et je vous ob�is, si la chose que vous d�sirez est possible.

� Possible� possible! murmura d�daigneusement le vieillard. Tout est possible, tu le sais bien.

� Oui, sans doute, avec le temps et la science.

� La science, je l�ai; le temps, je suis sur le point de le vaincre; ma dose a r�ussi; mes forces sont presque totalement disparues; les gouttes blanches ont provoqu� l�expulsion d�une partie des restes de la nature vieillie. La jeunesse, pareille � cette s�ve des arbres en mai, monte sous la vieille �corce et pousse, pour ainsi dire, l�ancien bois. Tu remarqueras, Acharat, que les sympt�mes sont excellents: ma voix est affaiblie, ma vue a baiss� des trois quarts, je sens par intervalles ma raison s��garer; la transition du chaud au froid m�est devenue insensible, il est donc urgent pour moi d�achever mon �lixir, afin que, le propre jour de ma seconde cinquantaine, je passe de cent ans � vingt sans h�sitation; mes ingr�dients pour cet �lixir sont pr�par�s, le conduit est fait; il ne manque plus que les trois derni�res gouttes de sang que je t�ai dit.

Balsamo fit un mouvement de r�pugnance.

� C�est bien, dit Althotas, renon�ons � l�enfant, puisque tu aimes mieux t�enfermer avec ta ma�tresse que de me le chercher.

� Vous savez bien, ma�tre, que Lorenza n�est point ma ma�tresse, r�pondit Balsamo.

� Ah! ah! ah! fit Althotas, tu dis cela, tu crois m�en imposer � moi comme � la multitude; tu veux me faire croire � la cr�ature immacul�e et tu es homme!

� Je vous jure, ma�tre, que Lorenza est chaste comme la sainte M�re de Dieu; je vous jure qu�amour, d�sirs, volupt�s terrestres, j�ai tout sacrifi� � mon �uvre; car, moi aussi, j�ai mon �uvre r�g�n�ratrice; seulement, au lieu de s�appliquer � moi seul, elle s�appliquera au monde entier.

� Fou, pauvre fou! s��cria Althotas; je crois qu�il va encore me parler de ses cataclysmes de cirons, de ses r�volutions de fourmis, quand je lui parle de la vie �ternelle, de l��ternelle jeunesse.

� Qui ne peut s�acqu�rir qu�au prix d�un crime �pouvantable, et encore�

� Tu doutes, je crois que tu doutes, malheureux!

� Non, ma�tre; mais enfin, puisque vous renoncez � votre enfant, dites, voyons, que vous faut-il?

� Il me faut la premi�re cr�ature vierge qui te tombera sous la main: homme ou femme, peu importe; cependant une femme vaudrait mieux. J�ai d�couvert cela � cause de l�affinit� des sexes; trouve-moi donc cela, et h�te toi, car je n�ai plus que huit jours.

� C�est bien, ma�tre, dit Balsamo; je verrai, je chercherai.

Un nouvel �clair, plus terrible que le premier, passa dans les yeux du vieillard.

� Tu verras, tu chercheras! s��cria-t-il; oh! c�est donc l� ta r�ponse. Je m�y attendais, d�ailleurs, et je ne sais pas comment je m�en �tonne. Et depuis quand, infime vermisseau, cr�ature parle-t-elle ainsi � son cr�ateur? Ah! tu me vois sans forces, ah! tu me vois couch�, tu me vois sollicitant, et tu es assez sot pour me croire � ta merci? Oui ou non, Acharat, et n�aie dans les yeux ni embarras ni mensonge; car je vois et je lis dans ton c�ur, car je te juge et je te poursuivrai.

� Ma�tre, r�pondit Balsamo, prenez garde, votre col�re va vous nuire.

� R�ponds! r�ponds!

� Je ne sais dire � mon ma�tre que ce qui est vrai; je verrai si je puis vous procurer ce que vous d�sirez, sans nous nuire � tous deux, sans nous perdre m�me. Je chercherai un homme qui nous vende la cr�ature dont vous avez besoin; mais je ne prendrai pas le crime sur moi. Voil� tout ce que je puis vous dire.

� C�est fort d�licat, dit Althotas avec un rire amer.

� C�est ainsi, ma�tre, dit Balsamo.

Althotas fit un effort si puissant, qu�� l�aide de ses deux bras appuy�s sur ceux de son fauteuil, il se dressa tout debout.

� Oui ou non! dit-il.

� Ma�tre, oui, si je trouve; non, si je ne trouve pas.

� Alors, tu m�exposeras � la mort, mis�rable; tu �conomiseras trois gouttes de sang d�un animal immonde et nul comme la cr�ature qu�il me faut pour laisser tomber dans l�ab�me �ternel la cr�ature parfaite que je suis. �coute, Acharat, je ne te demande plus rien, dit le vieillard avec un sourire effrayant � voir; non, je ne te demande absolument rien; j�attendrai; mais, si tu ne m�ob�is pas, je me servirai moi-m�me; si tu m�abandonnes, je me secourrai. Tu m�as entendu, n�est-ce pas? Va, maintenant.

Balsamo, sans rien r�pondre � cette menace, pr�para autour du vieillard ce qui lui �tait n�cessaire; il mit � sa port�e la boisson et la nourriture, s�acquitta de tous les soins, enfin, qu�un vigilant serviteur aurait eus pour son ma�tre, qu�un fils d�vou� aurait eus pour son p�re; puis, absorb� dans une autre pens�e que celle qui torturait Althotas, il baissa la trappe pour descendre, sans remarquer que l��il ironique du vieillard le suivait presque aussi loin qu�allaient son esprit et son c�ur.

Althotas souriait encore comme un mauvais g�nie, lorsque Balsamo se retrouva en face de Lorenza toujours endormie.

Chapitre 128. Lutte

L�, Balsamo s�arr�ta, le c�ur gonfl� de douloureuses pens�es.

Nous disons douloureuses, et non plus violentes.

La sc�ne qui avait eu lieu entre lui et Althotas, en lui faisant envisager peut-�tre le n�ant des choses humaines, avait chass� hors de lui toute col�re. Il en �tait � se rappeler ce proc�d� du philosophe qui r�citait l�alphabet grec en entier avant d��couter la voix de cette noire divinit� conseill�re d�Achille.

Apr�s un instant de froide et muette contemplation devant ce canap� o� �tait couch�e Lorenza:

� Me voici, se dit-il, triste mais r�solu et envisageant nettement ma situation; Lorenza me hait; Lorenza m�a menac� de me trahir, et elle m�a trahi; mon secret ne m�appartient plus, je l�ai laiss� aux mains de cette femme, qui le jette au vent; je ressemble au renard qui, du pi�ge aux dents d�acier, a retir� seulement l�os de sa jambe mais qui y a laiss� la chair et la peau, de mani�re que le chasseur peut dire le lendemain: �Le renard a �t� pris ici, je le reconna�trai mort ou vif.�

�Et ce malheur inou�, ce malheur qu�Althotas ne peut comprendre et que, pour cette raison, je ne lui ai pas m�me racont�; ce malheur qui brise toutes mes esp�rances de fortune en ce pays, et, par cons�quent, dans ce monde, dont la France est l��me, c�est � la cr�ature que voici endormie, c�est � cette belle statue au doux sourire que je le dois. Je dois � cet ange sinistre le d�shonneur et la ruine, en attendant que je lui doive la captivit�, l�exil et la mort.

�Donc, continua-t-il en s�animant, la somme du bien a �t� d�pass�e par celle du mal, et Lorenza m�est nuisible.

�O serpent aux replis gracieux, mais qui �touffent; � la gorge dor�e, mais pleine de venin; dors donc, car je vais �tre oblig� de te tuer quand tu te r�veilleras!�

Et Balsamo, avec un sinistre sourire, se rapprocha lentement de la jeune femme, dont les yeux, charg�s de langueur, se lev�rent sur lui � mesure qu�il s�approchait, comme s�ouvrent les tournesols et les volubilis au premier rayon du soleil levant.

� Oh! dit Balsamo, il faudra cependant que je ferme � tout jamais ces yeux qui, � cette heure, me regardent si tendrement; ces beaux yeux pleins d��clairs aussit�t qu�ils ne sont pas pleins d�amour.

Lorenza sourit doucement, et, en souriant, montra la double rang�e si suave et si pure de ses dents de perles.

� Mais, en tuant celle qui me hait, continua Balsamo en se tordant les bras, je tuerai donc aussi celle qui m�aime!

Et son c�ur s�emplit d�un profond chagrin, �trangement m�l� d�un vague d�sir.

� Non, murmura-t-il, non; j�ai jur� en vain. J�ai menac� inutilement, non, je n�aurai jamais le courage de la tuer; non, elle vivra, mais elle vivra sans jamais plus �tre �veill�e; mais elle vivra de cette vie factice qui sera pour elle le bonheur, tandis que l�autre est le d�sespoir. Puiss�-je la rendre heureuse! Qu�importe le reste� elle n�aura plus qu�une existence, celle que je lui ferai, celle pendant laquelle elle m�aime, celle dont elle vit en ce moment.

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