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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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�� midi, le roi allait mieux, prenait un bouillon et mangeait une aile de perdrix, et le soir�

La comtesse s�arr�ta, regardant Balsamo avec ce sourire qui n�appartenait qu�� elle.

� Et le soir? r�p�ta Balsamo.

� Eh bien, le soir, r�p�ta madame du Barry, Sa Majest�, qui sans doute ne voulait pas rester � Trianon apr�s sa terreur de la veille, le soir, Sa Majest� venait me trouver � Luciennes, o�, cher comte, je m�aper�us, ma foi, que M. de Richelieu �tait presque aussi grand sorcier que vous.

La figure triomphante de la comtesse, son geste plein de gr�ce et de coquetterie achev�rent sa pens�e et rassur�rent compl�tement Balsamo � l�endroit de la puissance qu�exer�ait encore la favorite sur le roi.

� Alors, dit-il, vous �tes contente de moi, madame?

� Enthousiasm�e, je vous jure, comte; car vous m�avez, en me parlant des impossibilit�s que vous aviez cr��es, dit l�exacte v�rit�.

Et elle lui tendit en preuve de remerciement, cette main si blanche, si douce, si parfum�e, qui n��tait pas fra�che comme celle de Lorenza, mais dont la ti�deur avait aussi son �loquence.

� Et maintenant, � vous, comte, dit-elle.

Balsamo s�inclina en homme pr�t � �couter.

� Si vous m�avez pr�serv�e d�un grand danger, continua madame du Barry, je crois vous avoir sauv� � mon tour d�un p�ril qui n��tait pas mince.

� Moi, dit Balsamo, cachant son �motion, je n�ai point besoin de cela pour vous �tre reconnaissant; cependant veuillez me dire�

� Oui, le coffret en question.

� Eh bien, madame?

� Il contenait bien des chiffres que M. de Sartine a fait traduire � tous ses commis; tous ont sign� leur traduction faite en particulier, et toutes les traductions ont donn� le m�me r�sultat. De sorte que M. de Sartine est arriv� ce matin � Versailles, tandis que j�y �tais, porteur de toutes ces traductions et du dictionnaire des chiffres diplomatiques.

� Ah! ah! Et qu�a dit le roi?

� Le roi a paru surpris d�abord, puis effray�. On est facilement �cout� de Sa Majest� lorsqu�on lui parle danger. Depuis le coup de canif de Damiens, il est un mot qui r�ussit � tout le monde aupr�s de Louis XV, c�est: �Prenez garde!�

� Ainsi M. de Sartine m�a accus� de complot?

� D�abord, M. de Sartine a essay� de me faire sortir; mais je m�y suis refus�e, d�clarant que, comme personne n��tait plus attach� que moi au roi, personne n�avait le droit de me faire sortir lorsqu�on lui parlait danger. M. de Sartine insistait; mais j�ai r�sist�, et le roi a dit en souriant et me regardant d�une certaine fa�on � laquelle je me connais:

�� Laissez-la, Sartine, je n�ai rien � lui refuser aujourd�hui.�

�Alors, vous comprenez, comte, moi �tant l�, M. de Sartine, qui se souvenait de notre adieu si nettement formul�, M. de Sartine a craint de me d�plaire en vous chargeant, il s�est rejet� sur les mauvais vouloirs du roi de Prusse � l��gard de la France, sur les dispositions des esprits � s�aider du surnaturel pour faciliter la marche de leur r�bellion. Il a accus� en un mot beaucoup de gens, prouvant toujours, ses chiffres � la main, que ces gens �taient coupables.

� Coupables de quoi?

� De quoi?� Comte, dois-je dire le secret de l��tat?

� Qui est notre secret, madame. Oh! vous ne risquez rien! J�ai int�r�t, ce me semble, � ne point parler.

� Oui, comte, je le sais, grand int�r�t. M. de Sartine a donc voulu prouver qu�une secte nombreuse, puissante, form�e d�adeptes courageux, adroits, r�solus, minaient sourdement le respect d� � Sa Majest� royale, r�pandant certains bruits sur le roi.

� Quels bruits?

� Disant, par exemple, que Sa Majest� �tait accus�e d�affamer son peuple.

� Ce � quoi le roi a r�pondu?

� Comme le roi r�pond toujours, par une plaisanterie.

Balsamo respira.

� Et cette plaisanterie, demanda-t-il, quelle est-elle?

�� Puisqu�on m�accuse d�affamer mon peuple, a-t-il dit, il n�y a qu�une seule r�ponse � faire � cette accusation: nourrissons-le.

�� Comment cela, sire? a dit M. de Sartine.

�� Je prends � mon compte la nourriture de tous ceux qui r�pandent ce bruit, et je leur offre, de plus, un logement dans mon ch�teau de la Bastille.�

Balsamo sentit un l�ger frisson courir dans ses veines, mais il demeura souriant.

� Ensuite? demanda-t-il.

� Ensuite, le roi sembla me consulter par un sourire.

�� Sire, lui dis-je alors, on ne me fera jamais croire que ces petits chiffres noirs que vous apporte M. de Sartine veulent dire que vous �tes un mauvais roi.

�Alors le lieutenant de police s�est r�cri�.

�� Pas plus, ai-je ajout�, qu�ils ne prouveront que vos commis sachent lire.�

� Et qu�a dit le roi, comtesse? demanda Balsamo.

� Que je pouvais avoir raison, mais que M. de Sartine n�avait pas tort.

� Eh bien, alors?

� Alors on a exp�di� beaucoup de lettres de cachet, parmi lesquelles j�ai vu clairement que M. de Sartine cherchait � en glisser une pour vous. Mais je n�ai point fl�chi et je l�ai arr�t� d�un seul mot.

�� Monsieur, lui ai-je dit tout haut et devant le roi, arr�tez tout Paris si bon vous semble, c�est votre �tat; mais qu�on ne s�avise pas de toucher � un seul de mes amis� sinon!�

�� Oh! oh! fit le roi, elle se f�che. Gare � vous, Sartine!

�� Mais, sire, l�int�r�t du royaume�

�� Oh! vous n��tes pas un Sully, lui ai-je dit rouge de col�re, et je ne suis pas une Gabrielle.

�� Madame, on veut assassiner le roi comme on a assassin� Henri IV.

�Pour le coup, le roi p�lit, trembla, passa la main sur son front.

�Je me crus vaincue.

�� Sire, dis-je, il faut laisser monsieur continuer; car ses commis ont sans doute aussi lu dans tous ces chiffres que je conspirais contre vous.

�Et je sortis.

�Dame! c��tait le lendemain du philtre, cher comte. Le roi pr�f�ra ma pr�sence � celle de M. de Sartine, et courut apr�s moi.

�� Ah! par gr�ce, comtesse, ne vous f�chez pas, dit-il.

�� Alors, chassez ce vilain homme, sire; il sent la prison.

�� Allons, Sartine, allez-vous-en, dit le roi en haussant les �paules.

�� Et je vous d�fends � l�avenir, non seulement de vous pr�senter chez moi, ajoutai-je, mais encore de me saluer.

�Pour le coup, notre magistrat perdit la t�te; il vint � moi, et me baisa humblement la main.

�� Eh bien, soit, dit-il, n�en parlons plus, belle dame; mais vous perdez l��tat. Votre prot�g�, puisque vous le voulez � toute force, sera respect� par mes agents.�

Balsamo parut plong� dans une r�verie profonde.

� Allons, dit la comtesse, voil� que vous ne me remerciez pas de vous avoir �pargn� la connaissance de la Bastille, ce qui e�t �t� injuste peut-�tre, mais n�en e�t pas �t� moins d�sagr�able.

Balsamo ne r�pondit rien; seulement, il tira de sa poche un flacon renfermant une liqueur vermeille comme du sang.

� Tenez, madame, dit-il, pour cette libert� que vous me donnez, je vous donne, moi, vingt ans de jeunesse de plus.

La comtesse glissa le flacon dans son corset et partit joyeuse et triomphante.

Balsamo demeura r�veur.

� Ils �taient sauv�s peut-�tre, se dit-il, sans la coquetterie d�une femme. Le petit pied de cette courtisane les pr�cipite au plus profond de l�ab�me. D�cid�ment, Dieu est avec nous!

Chapitre 131. Le sang

Madame du Barry n�avait pas encore vu la porte de la maison se refermer derri�re elle que Balsamo remontait l�escalier d�rob� et rentrait dans la chambre aux fourrures.

La conversation avec la comtesse avait �t� longue, et son empressement tenait � deux causes.

La premi�re, le d�sir de revoir Lorenza; la seconde, la crainte que la jeune femme ne f�t fatigu�e; car, dans la vie nouvelle qu�il venait de lui faire, il ne pouvait y avoir place pour l�ennui; fatigu�e en ce qu�elle pouvait passer, comme cela lui arrivait quelquefois, du sommeil magn�tique � l�extase.

Or, � l�extase succ�daient presque toujours des crises nerveuses qui brisaient Lorenza, si l�intervention du fluide r�parateur ne venait pas ramener un �quilibre satisfaisant entre les diverses fonctions de l�organisme.

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