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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Et il �treignit d�un tendre regard le regard amoureux de Lorenza, tout en abaissant lentement une main sur sa t�te.

En ce moment, Lorenza, qui semblait lire dans la pens�e de Balsamo comme dans un livre ouvert, poussa un long soupir, se souleva doucement et, avec la gracieuse lenteur du sommeil, vint attacher ses deux bras blancs et doux aux �paules de Balsamo, qui sentit son haleine parfum�e � deux doigts de ses l�vres.

� Oh! non, non! s��cria Balsamo en passant sa main sur son front br�lant et sur ses yeux �blouis; non, cette vie enivrante conduirait au d�lire; non, je ne pourrais r�sister toujours, et avec ce d�mon tentateur, avec cette sir�ne, la gloire, la puissance, l�immortalit� m��chapperaient. Non, non, elle se r�veillera, je le veux, il le faut.

�perdu, hors de lui, Balsamo repoussa vivement Lorenza, qui se d�tacha de lui et, comme un voile flottant comme une ombre, comme un flocon de neige, alla tomber sur le sofa.

La coquette la plus raffin�e n�e�t pas choisi, pour s�offrir aux regards de son amant, une pose plus enivrante.

Balsamo eut encore la force de faire quelques pas en s��loignant; mais, comme Orph�e, il se retourna; comme Orph�e, il fut perdu!

� Oh! si je la r�veille, pensa-t-il, la lutte va recommencer; si je la r�veille, elle se tuera, ou me tuera moi-m�me, ou me forcera de la tuer.

�Ab�me! Ab�me!

�Oui, la destin�e de cette femme est �crite, il me semble la lire en caract�res de feu: mort! amour!� Lorenza! Lorenza! tu es pr�destin�e � aimer et � mourir. Lorenza! Lorenza! je tiens ta vie et ton amour entre mes mains!�

Pour toute r�ponse, l�enchanteresse se souleva, marcha droit � Balsamo, tomba � ses pieds, et le regarda de ses yeux noy�s dans le sommeil et dans la volupt�; elle prit une de ses mains qu�elle appuya sur son c�ur.

� Mort! dit-elle tout bas, de ses l�vres humides et brillantes comme le corail qui sort de la mer, mort, mais amour!

Balsamo fit deux pas en arri�re, la t�te renvers�e, la main sur ses yeux.

Lorenza, haletante, le suivit sur ses genoux.

� Mort! r�p�ta-t-elle de sa voix enivrante, mais amour! amour! amour!

Balsamo ne put r�sister plus longtemps; un nuage de flamme l�enveloppa.

� Oh! dit-il, c�en est trop; aussi longtemps qu�un �tre humain peut lutter, je l�ai fait; d�mon ou ange de l�avenir, qui que tu sois, tu dois �tre content: j�ai sacrifi� assez longtemps � l��go�sme et � l�orgueil toutes les passions g�n�reuses qui bouillonnent en moi. Oh! non, non, je n�ai pas le droit de me r�volter ainsi contre le seul sentiment humain qui fermente au fond de mon c�ur. J�aime cette femme, je l�aime, et cet amour passionn� fait contre elle plus que ne ferait la haine la plus terrible. Cet amour lui donne la mort; oh! l�che, oh! fou f�roce que je suis; je ne sais pas m�me composer avec mes d�sirs. Quoi! lorsque je m�appr�terai � para�tre devant Dieu; moi, le trompeur, moi, le faux proph�te, lorsque je d�pouillerai mon manteau d�artifice et d�hypocrisie devant le souverain juge, je n�aurai pas une seule action g�n�reuse � m�avouer, pas un seul bonheur dont le souvenir vienne me consoler au milieu des souffrances �ternelles!

�Oh! non, non, Lorenza, je sais bien qu�en t�aimant je perds l�avenir; je sais bien que mon ange r�v�lateur va remonter aux cieux d�s que la femme descendra dans mes bras.

�Mais tu le veux, Lorenza, tu le veux!

� Mon bien-aim�! soupira-t-elle.

� Alors, tu acceptes cette vie factice, au lieu de la vie r�elle?

� Je la demande � deux genoux, je prie, je supplie; cette vie, c�est l�amour, c�est le bonheur.

� Et elle te suffira, une fois ma femme? car je t�aime ardemment, vois-tu.

� Oh! je le sais, je le sais, puisque je lis dans ton c�ur.

� Et jamais tu ne m�accuseras, ni devant les hommes ni devant Dieu, d�avoir surpris ta volont�, d�avoir tromp� ton c�ur?

� Jamais, jamais! oh! devant les hommes, devant Dieu, au contraire, je te remercierai de m�avoir donn� l�amour, le seul bien, la seule perle, le seul diamant de ce monde.

� Jamais tu ne regretteras tes ailes, pauvre colombe? car, sache-le bien, tu n�iras plus d�sormais dans les espaces radieux chercher pour moi, pr�s de J�hovah, le rayon de lumi�re qu�il mettait autrefois au front de ses proph�tes. Quand je voudrai savoir l�avenir, quand je voudrai commander aux hommes, h�las! h�las! ta voix ne me r�pondra plus. J�avais en toi � la fois la femme aim�e et le g�nie auxiliaire; je n�aurai plus que l�un des deux, et encore�

� Ah! tu doutes, tu doutes! s��cria Lorenza; je vois le doute comme une tache noire sur ton c�ur.

� Tu m�aimeras toujours, Lorenza?

� Toujours, toujours!

Balsamo passa sa main sur son front.

� Eh bien, soit, dit-il. D�ailleurs�

Il resta un instant enseveli dans sa pens�e.

� D�ailleurs, ai-je donc absolument besoin de celle-ci? continua-t-il. Est-elle seule au monde? Non, non; tandis que celle-ci me fera heureux, l�autre continuera de me faire riche et puissant. Andr�e est aussi pr�destin�e, aussi voyante que toi. Andr�e est jeune, pure, vierge, et je n�aime pas Andr�e; et cependant, pendant son sommeil, Andr�e m�est soumise comme toi; j�ai dans Andr�e une victime toute pr�te pour te remplacer et pour moi celle-l�, pour moi, c�est l��me vile du m�decin, et qui peut servir aux exp�riences; elle vole aussi loin, plus loin que toi, peut-�tre, dans les ombres de l�inconnu. Andr�e! Andr�e! je te prends pour ma royaut�. Lorenza, viens dans mes bras; je te garde pour mon amante et pour ma ma�tresse. Avec Andr�e je suis puissant; avec Lorenza je suis heureux. � partir de cette heure seulement, ma vie est compl�te et, moins l�immortalit�, j�ai r�alis� le r�ve d�Althotas; moins l�immortalit�, je suis l��gal des dieux!

Et, relevant Lorenza, il ouvrit sa poitrine haletante contre laquelle Lorenza vint s�enlacer aussi �troitement que s�enlace le lierre au ch�ne.

Chapitre 129. Amour

Une autre vie avait commenc� pour Balsamo, vie inconnue jusqu�alors � cette existence active, troubl�e, multiple. Depuis trois jours, pour lui plus de col�res, plus d�appr�hensions, plus de jalousies; depuis trois jours, il n�avait plus ou� parler de politique, de conspirations, ni de conspirateurs. Aupr�s de Lorenza, qu�il n�avait point quitt�e un seul instant, il avait oubli� le monde entier. Cet amour �trange, inou�, qui planait en quelque sorte au-dessus de l�humanit�, cet amour plein d�ivresse et de myst�re, cet amour de fant�me � car il ne pouvait se dissimuler que, d�un mot, il changerait sa douce amante en une ennemie implacable �, cet amour arrach� � la haine, gr�ce � un caprice inexplicable de la nature ou de la science, jetait Balsamo dans une f�licit� qui tenait tout � la fois de la stupeur et du d�lire.

Plus d�une fois, dans ces trois journ�es, se r�veillant des torpeurs opiac�es de l�amour, Balsamo regardait sa compagne, toujours souriante, toujours extatique; car d�sormais, dans l�existence qu�il venait de lui cr�er, il la reposait de sa vie factice avec l�extase, sommeil �galement menteur; et, quand il la voyait calme, douce, heureuse, l�appelant des noms les plus tendres et r�vant tout haut sa myst�rieuse volupt�, plus d�une fois il se demanda si Dieu ne s��tait point irrit� contre le titan moderne qui avait essay� de lui ravir ses secrets; s�il n�avait pas envoy� � Lorenza l�id�e de l�abuser par un mensonge, afin d�endormir sa vigilance et, cette vigilance une fois endormie, pour fuir et ne repara�tre que pareille � l�Eum�nide vengeresse.

Dans ces moments-l�, Balsamo doutait de cette science, re�ue par tradition de l�antiquit�, mais dont il n�avait pour preuve que des exemples.

Cependant, bient�t cette perp�tuelle flamme, bient�t cette soif de caresses le rassuraient.

� Si Lorenza avait dissimul�, se disait-il, si elle avait l�intention de me fuir, elle chercherait les occasions de m��loigner, elle trouverait des motifs de solitude; mais, loin de cela, ce sont toujours ses bras qui m�enferment comme une cha�ne inextricable; c�est toujours son regard br�lant qui me dit: �Ne t�en va pas�; c�est toujours sa douce voix qui me dit: �Reste.�

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