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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Balsamo, apr�s avoir ferm� la porte, jeta donc rapidement les yeux sur le canap� o� il avait laiss� Lorenza.

Elle n�y �tait plus.

Seulement, la fine mante de cachemire brod�e de fleurs d�or, qui l�enveloppait comme une �charpe, �tait demeur�e seule sur les coussins, comme un t�moignage de son s�jour dans l�appartement, de son repos sur ce meuble.

Balsamo demeura immobile, les yeux tendus vers le sofa vide. Peut-�tre Lorenza s��tait-elle trouv�e incommod�e par une odeur �trange qui paraissait s��tre r�pandue dans l�appartement depuis qu�elle en �tait sortie; peut-�tre, par un mouvement machinal, avait-elle usurp� sur les habitudes de la vie r�elle, et instinctivement avait-elle chang� de place.

La premi�re id�e de Balsamo fut que Lorenza �tait rentr�e dans le laboratoire o�, un instant auparavant, elle l�avait accompagn�.

Il entra dans le laboratoire. Au premier aspect, il paraissait vide; mais, � l�ombre du fourneau gigantesque, derri�re la tapisserie d�orient, une femme pouvait facilement se cacher.

Il souleva donc les tapisseries, il tourna donc autour du fourneau; nulle part il ne put retrouver m�me la trace du passage de Lorenza.

Restait la chambre de la jeune femme, o� sans doute elle �tait rentr�e.

Cette chambre n��tait une prison pour elle que dans son �tat de veille.

Il courut � la chambre et trouva la plaque ferm�e.

Ce n��tait point une preuve que Lorenza ne f�t point rentr�e chez elle. Rien ne s�opposait, en effet, � ce que Lorenza, dans son sommeil si lucide, se f�t souvenue de ce m�canisme, et, s�en souvenant, e�t ob�i aux hallucinations d�un r�ve mal effac� dans son esprit.

Balsamo poussa le ressort.

La chambre �tait vide comme le laboratoire: Lorenza ne paraissait pas m�me y �tre entr�e.

Alors une pens�e douloureuse, une pens�e qui, on s�en souvient, l�avait d�j� mordu au c�ur, vint chasser toutes les suppositions, toutes les esp�rances de l�amant heureux.

Lorenza aurait jou� un r�le; elle aurait feint de dormir, elle aurait ainsi dissip� toute d�fiance, toute inqui�tude, toute vigilance dans l�esprit de son �poux et, � la premi�re occasion de libert�, elle se serait enfuie de nouveau, plus s�re de ce qu�elle avait � faire, instruite qu�elle �tait par une premi�re, ou plut�t par une seconde exp�rience.

Balsamo bondit � cette id�e et sonna Fritz.

Puis, comme, au gr� de son impatience, Fritz tardait, il s��lan�a au-devant de lui et le trouva dans l�escalier d�rob�.

� La signora? dit-il.

� Eh bien, ma�tre? demanda Fritz comprenant, � l�agitation de Balsamo, qu�il se passait quelque chose d�extraordinaire.

� L�as-tu vue?

� Non, ma�tre.

� Elle n�est pas sortie?

� D�o� cela?

� Mais de la maison.

� Personne n�est sorti que la comtesse, derri�re laquelle je viens de fermer la porte.

Balsamo remonta comme un fou. Il se figura alors que la folle jeune femme, si diff�rente dans le sommeil de ce qu�elle �tait dans la veille, avait eu un moment d�espi�glerie enfantine; qu�elle lisait, de quelque coin o� elle �tait cach�e, son effroi dans son c�ur, et qu�elle se divertissait � l��pouvanter, pour le rassurer ensuite.

Alors commen�a une recherche minutieuse.

Pas un coin ne fut �pargn�, pas une armoire oubli�e, pas un paravent laiss� en place. Il y avait, dans cette recherche de Balsamo, quelque chose de l�homme aveugl� par la passion, du fou qui ne voit plus, de l�homme ivre qui chancelle. Il n�avait plus de force que pour ouvrir les deux bras et pour crier: �Lorenza! Lorenza!� esp�rant que cette ador�e cr�ature viendrait s�y pr�cipiter tout � coup avec un grand cri de joie.

Mais le silence seul, un morne et obstin� silence, r�pondit � sa pens�e extravagante et � son appel insens�.

Courir, remuer les meubles, parler aux murs, appeler Lorenza, regarder sans voir, �couter sans entendre, palpiter sans vivre, tressaillir sans penser, voil� l��tat dans lequel Balsamo passa trois minutes, c�est-�-dire trois si�cles d�agonie.

Il sortit de cet �tat d�hallucination � moiti� fou, trempa sa main dans un vase d�eau glac�e, s�en mouilla les tempes, puis, comprimant une de ses mains avec l�autre, comme pour se forcer � l�immobilit�, il chassa, par la volont�, le bruit importun de ce battement du sang contre le cr�ne, bruit fatal, incessant, monotone, qui, lorsqu�il est mouvement et silence, indique la vie, mais qui, lorsqu�il devient tumultueux et perceptible, signifie la mort ou la folie.

� Voyons, raisonnons, dit-il; Lorenza n�y est plus; plus de faux-fuyants avec moi-m�me; Lorenza n�y est plus; donc elle est sortie. Oui, sortie, bien sortie!

Et il regarda encore une fois autour de lui, et il appela une fois encore.

� Sortie! r�p�ta-t-il. En vain Fritz pr�tend-il ne l�avoir pas vue: elle est sortie, bien sortie.

�Deux cas se pr�sentent:

�Ou il n�a rien vu en effet, ce qui, � tout prendre, est possible, car l�homme est sujet � l�erreur, ou bien il a vu et il a �t� corrompu par Lorenza.

�Corrompu, Fritz?

�Pourquoi non? En vain sa fid�lit� pass�e plaide contre cette supposition. Si Lorenza, si l�amour, si la science, ont pu � ce point tromper et mentir, pourquoi la nature si fragile, si faillible d�une cr�ature humaine ne tromperait-elle pas � son tour?

�Oh! je saurai tout, je saurai tout! Ne me reste-t-il pas mademoiselle de Taverney?

�Oui, par Andr�e je saurai la trahison de Fritz; par Andr�e, la trahison de Lorenza; et, cette fois� oh! cette fois, comme l�amour aura �t� mensonger, comme la science aura �t� une erreur, comme la fid�lit� aura �t� un pi�ge� oh! cette fois, Balsamo punira sans piti�, sans r�serve, comme un homme puissant qui se venge, ayant chass� la mis�ricorde et conserv� l�orgueil.

�Voyons, il ne s�agit plus que de sortir au plus vite, de ne rien laisser deviner � Fritz et de courir � Trianon.�

Et Balsamo, saisissant son chapeau, qui avait roul� � terre, s��lan�a contre la porte.

Mais tout � coup il s�arr�ta.

� Oh! dit-il, avant toute chose� Mon Dieu! pauvre vieillard, je l�avais oubli�! Avant toute chose, il faut que je voie Althotas; pendant cet acc�s de d�lire, pendant ce spasme d�amour monstrueux, j�ai d�laiss� le malheureux vieillard. J�ai �t� ingrat, j�ai �t� inhumain.

Et Balsamo, avec cette fi�vre qui animait � cette heure tous ses mouvements, Balsamo s�approcha du ressort qui faisait jouer la bascule du plafond.

Aussit�t le mobile �chafaudage descendit rapidement.

Balsamo se pla�a dessus et, � l�aide du contrepoids, commen�a de monter, mais tout entier encore au trouble de son esprit et de son c�ur, et sans songer � autre chose qu�� Lorenza.

� peine toucha-t-il le niveau de la chambre d�Althotas, que la voix du vieillard vint frapper son oreille et le tira de sa douloureuse r�verie.

Mais, au grand �tonnement de Balsamo, ses premi�res paroles ne furent point un reproche, comme il s�y attendait: ce fut un �clat de gaiet� naturel et simple qui l�accueillit.

L��l�ve leva sur le ma�tre un regard �tonn�.

Le vieillard �tait renvers� sur sa chaise � ressorts; il respirait bruyamment et avec d�lices, comme si � chaque aspiration il e�t repris un jour de vie; ses yeux, pleins d�un feu sombre, mais dont le sourire �panoui sur ses l�vres �gayait l�expression, ses yeux s�attachaient avec importunit� sur son visiteur.

Balsamo recueillit ses forces et rassembla ses id�es pour ne rien laisser voir de son trouble au ma�tre, si peu indulgent pour les faiblesses de l�humanit�.

Pendant cette minute de recueillement, Balsamo sentit une oppression �trange peser sur sa poitrine. L�air, sans doute, �tait vici� par une r�sorption trop constante; une odeur lourde, fade, ti�de, naus�abonde; cette m�me odeur qu�il avait d�j� respir�e en bas, mais � un plus faible degr�, nageait dans l�air, et pareille � ces vapeurs qui montent des lacs et des marais en automne, au lever et au coucher du soleil, elle avait pris un corps et terni les vitres.

Dans cette atmosph�re �paisse et �cre, le c�ur de Balsamo faiblit, sa t�te s�embarrassa, un vertige le saisit, il sentit que la respiration et les forces allaient lui manquer � la fois.

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