Joseph Balsamo. Tome II
- Автор: Дюма Александр
- Серия: Les Mémoires d’un médecin #2
- Язык: французский
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:
� Et vous concluez?� demanda le duc.
� Je conclus que je vais courir � Paris pour acheter un peu de charpie et pas mal d�onguent pour mettre sur toutes nos blessures. Donnez-moi de l�argent, petite s�ur.
� Combien? demanda la comtesse.
� La moindre chose, deux ou trois cents louis.
� Vous voyez, duc, dit la comtesse en se tournant vers Richelieu, voil� d�j� que je paie les frais de la guerre.
� C�est l�entr�e en campagne, comtesse; semez aujourd�hui, vous recueillerez demain.
La comtesse haussa les �paules avec un indescriptible mouvement, se leva, alla � son chiffonnier, l�ouvrit, en tira une poign�e de billets de caisse, qu�elle remit sans compter � Jean, lequel, sans compter aussi, les empocha en poussant un gros soupir.
Puis, se levant, s��tirant, tordant les bras comme un homme accabl� de fatigue, Jean fit trois pas dans la chambre.
� Voil�, dit-il en montrant le duc et la comtesse; ces gens-l� vont s�amuser � la chasse, tandis que moi, je galope � Paris; ils verront de jolis cavaliers et de jolies femmes; moi, je vais contempler les hideuses faces des gratte papier. D�cid�ment, je suis le chien de la maison.
� Notez, duc, fit la comtesse, qu�il ne va pas s�occuper de nous le moins du monde; il va donner la moiti� de mes billets � quelque dr�lesse, et jouer le reste dans quelque tripot; voil� ce qu�il va faire, et il pousse des hurlements, le mis�rable! Tenez, allez-vous-en, Jean, vous me faites horreur.
Jean d�valisa trois bonbonni�res, qu�il vida dans ses poches, vola sur l��tag�re une Chinoise qui avait des yeux de diamants, et partit en faisant le gros dos, poursuivi par les cris nerveux de la comtesse.
� Quel charmant gar�on! dit Richelieu, du ton qu�un parasite prend pour louer un de ces terribles enfants sur lequel il appelle tout bas la chute du tonnerre; il vous est bien cher� n�est-ce pas, comtesse?
� Comme vous dites, duc, il a plac� sa bont� sur moi, et elle lui rapporte trois ou quatre cent mille livres par an.
La pendule tinta.
� Midi et demi, comtesse, dit le duc; heureusement que vous �tes presque habill�e; montrez-vous un peu � vos courtisans, qui croiraient qu�il y a �clipse, et montons vite en carrosse: vous savez comment se gouverne la chasse?
� C��tait convenu hier entre Sa Majest� et moi: on allait dans la for�t de Marly, et l�on me prenait en passant.
� Oh! je suis bien s�r que le roi n�aura rien chang� au programme.
� Maintenant votre plan � vous, duc? Car c�est � votre tour de le donner.
� Madame, d�s hier, j�ai �crit � mon neveu, qui, du reste, si j�en crois mes pressentiments, doit d�j� �tre en route.
� M. d�Aiguillon?
� Je serais bien �tonn� qu�il ne se crois�t pas demain avec ma lettre, et qu�il ne f�t pas ici demain ou apr�s-demain au plus tard.
� Et vous comptez sur lui?
� Eh! madame, il a des id�es.
� N�importe, nous sommes bien malades. Le roi c�derait peut-�tre, s�il n�avait une peur horrible des affaires.
� De sorte que?�
� De sorte que je tremble qu�il ne consente jamais � sacrifier M. de Choiseul.
� Voulez-vous que je vous parle franc, comtesse?
� Certainement.
� Eh bien, je ne le crois pas non plus. Le roi aura cent tours pareils � celui d�hier. Sa Majest� a tant d�esprit! Vous, de votre c�t�, comtesse, vous n�irez pas risquer de perdre son amour par un ent�tement inconcevable.
� Dame! c�est � r�fl�chir.
� Vous voyez bien, comtesse, que M. de Choiseul est l� pour une �ternit�; pour l�en d�loger, il ne faudrait rien moins qu�un miracle.
� Oui, un miracle, r�p�ta Jeanne.
� Et malheureusement, les hommes n�en font plus, r�pondit le duc.
� Oh! r�pliqua madame du Barry, j�en connais un qui en fait encore, moi.
� Vous connaissez un homme qui fait des miracles, comtesse?
� Ma foi, oui.
� Et vous ne m�avez pas dit cela?
� J�y pense � cette heure seulement, duc.
� Croyez-vous ce gaillard-l� capable de nous tirer d�affaire?
� Je le crois capable de tout.
� Oh! oh!� Et quel miracle a-t-il op�r�? Dites-moi un peu cela, comtesse, que je juge par l��chantillon.
� Duc, dit madame du Barry en se rapprochant de Richelieu et en baissant la voix malgr� elle, c�est un homme qui, il y a dix ans, m�a rencontr�e sur la place Louis XV et m�a dit que je serais reine de France.
� En effet, c�est miraculeux, et cet homme-l� serait capable de me pr�dire que je mourrai premier ministre.
� N�est-ce pas?
� Oh! je n�en doute pas un seul instant. Comment l�appelez-vous?
� Son nom ne vous apprendra rien.
� O� est-il?
� Ah! voil� ce que j�ignore.
� Il ne vous a pas donn� son adresse?
� Non, il devait venir lui-m�me chercher sa r�compense.
� Que lui aviez-vous promis?
� Tout ce qu�il me demanderait.
� Et il n�est pas venu?
� Non.
� Comtesse! voil� qui est plus miraculeux que sa pr�diction. D�cid�ment, il nous faut cet homme.
� Mais comment faire?
� Son nom, comtesse? son nom?
� Il en a deux.
� Proc�dons par ordre: le premier?
� Le comte de F�nix.
� Comment, cet homme que vous m�avez montr� le jour de votre pr�sentation?
� Justement.
� Ce Prussien?
� Ce Prussien.
� Oh! je n�ai plus de confiance. Tous les sorciers que j�ai connus avaient des noms qui finissaient en i ou en o.
� Cela tombe � merveille, duc; son second nom finit � votre guise.
� Comment s�appelle-t-il?
� Joseph Balsamo.
� Enfin, n�auriez-vous aucun moyen de le retrouver?
� J�y vais r�ver, duc. Je crois que je sais quelqu�un qui le conna�t.
� Bon! Mais h�tez-vous, comtesse. Voici les trois quarts avant une heure.
� Je suis pr�te. Mon carrosse!
Dix minutes apr�s, madame du Barry et M. le duc de Richelieu couraient c�te � c�te � la rencontre de la chasse.