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Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Je veux tout.

� C�est raisonnable.

� Et je l�aurai?

� Belle question! Mais serez-vous satisfaite, au moins, et ne me demanderez-vous que cela?

� Que cela, et quelque chose encore avec.

� Dites.

� Vous connaissez M. de Taverney?

� C�est un ami de quarante ans.

� Il a un fils?

� Et une fille.

� Pr�cis�ment.

� Apr�s?

� C�est tout.

� Comment, c�est tout?

� Oui, ce quelque chose qui me reste � vous demander, je vous le demanderai en temps et lieu.

� � merveille!

� Nous nous sommes entendus, duc.

� Oui, comtesse.

� C�est sign�?

� Bien mieux, c�est jur�.

� Renversez-moi mon arbre, alors.

� J�ai des moyens.

� Lesquels?

� Mon neveu.

� Apr�s?

� Les j�suites.

� Ah! ah!

� Tout un petit plan fort agr�able, que j�avais form� � tout hasard.

� Peut-on le savoir?

� H�las! comtesse�

� Oui, oui, vous avez raison.

� Vous savez, le secret�

� C�est la moiti� de la r�ussite, j�ach�ve votre pens�e.

� Vous �tes adorable!

� Mais, moi, je veux aussi secouer l�arbre de mon c�t�.

� Tr�s bien! secouez, secouez, comtesse; cela ne peut pas faire de mal.

� J�ai mon moyen.

� Et vous le croyez bon?

� Je suis pay�e pour cela.

� Lequel?

� Ah! vous le verrez, duc, ou plut�t�

� Quoi?

� Non, vous ne le verrez pas.

Et, sur ces mots, prononc�s avec une finesse que cette charmante bouche seule pouvait avoir, la folle comtesse, comme si elle revenait � elle, abaissa rapidement les flots de satin de sa jupe, qui, dans l�acc�s diplomatique, avait op�r� un mouvement de flux �quivalent � celui de la mer.

Le duc, qui �tait quelque peu marin, et qui, par cons�quent, �tait familiaris� avec les caprices de l�Oc�an, rit aux �clats, baisa les mains de la comtesse, et devina, lui qui devinait si bien, que son audience �tait finie.

� Quand commencerez-vous � renverser, duc? demanda la comtesse.

� Demain. Et vous, quand commencerez-vous � secouer?

On entendit un grand bruit de carrosses dans la cour, et presque aussit�t les cris de Vive le roi!

� Moi, dit la comtesse en regardant par la fen�tre, moi, je vais commencer tout de suite.

� Bravo!

� Passez par le petit escalier, duc, et attendez-moi dans la cour. Vous aurez ma r�ponse dans une heure.

Chapitre 78. Le pis-aller de Sa Majest� Louis XV

Le roi Louis XV n��tait pas tellement d�bonnaire, que l�on p�t causer tous les jours politique avec lui.

En effet, la politique l�ennuyait fort, et, dans ses mauvais jours, il s�en tirait avec cet argument, auquel il n�y avait rien � r�pondre:

� Bah! la machine durera bien toujours autant que moi!

Lorsque la circonstance �tait favorable, on en profitait; mais il �tait rare que le monarque ne repr�t pas son avantage qu�un moment de bonne humeur lui avait fait perdre.

Madame du Barry connaissait si bien son roi, que, comme les p�cheurs qui savent leur mer, elle ne s�embarquait jamais par le mauvais temps.

Or, ce moment o� le roi la venait voir � Luciennes �tait un des meilleurs instants possible. Le roi avait eu tort la veille, il savait d�avance qu�on l�allait gronder. Il devait �tre de bonne prise ce jour-l�.

Toutefois, si confiant que soit le gibier qu�on attend � l�aff�t, il y a toujours chez lui un certain instinct dont il faut savoir se d�fier. Mais cet instinct est mis en d�faut quand le chasseur sait s�y prendre.

Voici comment s�y prit la comtesse � l�endroit du gibier royal qu�elle voulait amener dans ses panneaux.

Elle �tait, comme nous croyons l�avoir d�j� dit, dans un d�shabill� fort galant, comme Boucher en met � ses berg�res.

Seulement, elle n�avait pas de rouge; le rouge �tait l�antipathie du roi Louis XV.

Aussit�t qu�on e�t annonc� Sa Majest�, la comtesse sauta sur son pot de rouge et commen�a de se frotter les joues avec acharnement.

Le roi vit, de l�antichambre, � quelle occupation se livrait la comtesse.

� Fi! dit-il en entrant; la m�chante, elle se farde!

� Ah! bonjour, sire, dit la comtesse sans se d�ranger de devant sa glace, et sans s�interrompre dans son op�ration, m�me lorsque le roi l�embrassa sur le cou.

� Vous ne m�attendiez donc pas, comtesse? demanda le roi.

� Pourquoi donc cela, sire?

� Que vous salissiez ainsi votre figure?

� Au contraire, sire, j��tais s�re que la journ�e ne se passerait point sans que j�eusse l�honneur de voir Votre Majest�.

� Ah! comme vous me dites cela, comtesse.

� Vous trouvez?

� Oui. Vous �tes s�rieuse comme M. Rousseau quand il �coute sa musique.

� C�est qu�en effet, sire, j�ai quelque chose de s�rieux � dire � Votre Majest�.

� Ah! bon! je vous vois venir, comtesse.

� Vraiment?

� Oui, des reproches!

� Moi? Allons donc, sire� Et pourquoi, je vous prie?

� Mais parce que je ne suis pas venu hier.

� Oh! sire, vous me rendrez cette justice que je n�ai pas la pr�tention de confisquer Votre Majest�.

� Jeannette, tu te f�ches.

� Oh! non pas, sire, je suis toute f�ch�e.

� �coutez, comtesse, je vous assure que je n�ai pas cess� de songer � vous.

� Bah!

� Et que cette soir�e m�a sembl� �ternelle.

� Mais, encore un coup, sire, je ne vous parle point de cela, ce me semble. Votre Majest� passe ses soir�es o� il lui pla�t, cela ne regarde personne.

� En famille, madame, en famille.

� Sire, je ne m�en suis pas m�me inform�e.

� Pourquoi cela?

� Dame! vous conviendrez, sire, que ce serait mals�ant de ma part.

� Mais alors, s��cria le roi, si vous ne m�en voulez point de cela, de quoi m�en voulez-vous? car, enfin, il s�agit d��tre juste en ce monde.

� Je ne vous en veux pas, sire.

� Cependant, puisque vous �tes f�ch�e�

� Je suis f�ch�e, oui, sire; quant � cela, c�est vrai.

� Mais de quoi?

� D��tre un pis-aller.

� Vous, grand Dieu?

� Moi, oui, moi! la comtesse du Barry! la jolie Jeanne, la charmante Jeannette, la s�duisante Jeanneton, comme dit Votre Majest�; oui, je suis le pis-aller.

� Mais en quoi?

� En ceci que j�ai mon roi, mon amant, quand madame de Choiseul et madame de Grammont n�en veulent plus.

� Oh! oh! comtesse�

� Ma foi! tant pis, je dis tout net les choses que j�ai sur le c�ur, moi. Tenez, sire, on assure que madame de Grammont vous a souvent guett� � l�entr�e de votre chambre � coucher. Moi, je prendrai le contre-pied de la noble duchesse; je guetterai � la sortie, et le premier Choiseul ou la premi�re Grammont qui me tombera sous la main� Tant pis, ma foi!

� Comtesse! comtesse!

� Que voulez-vous! je suis une femme mal �lev�e, moi. Je suis la ma�tresse de Blaise, la belle Bourbonnaise, vous savez.

� Comtesse, les Choiseul se vengeront.

� Que m�importe! pourvu qu�ils se vengent de ma vengeance.

� On vous conspuera.

� Vous avez raison.

� Ah!

� J�ai un moyen merveilleux, et je vais le mettre � ex�cution.

� C�est?� demanda le roi inquiet.

� C�est de m�en aller purement et simplement.

Le roi haussa les �paules.

� Ah! vous n�y croyez pas, sire?

� Ma foi, non.

� C�est que vous ne vous donnez pas la peine de raisonner. Vous me confondez avec d�autres.

� Comment cela?

� Sans doute. Madame de Ch�teauroux voulait �tre d�esse; madame de Pompadour voulait �tre reine; les autres voulaient �tre riches, puissantes, humilier les femmes de la cour du poids de leur faveur. Moi, je n�ai aucun de ces d�fauts.

� C�est vrai.

� Tandis que j�ai beaucoup de qualit�s.

� C�est encore vrai.

� Vous ne pensez pas un mot de ce que vous dites.

� Oh! comtesse! personne n�est plus convaincu que moi de ce que vous valez.

� Soit, mais �coutez; ce que je vais dire ne peut pas nuire � votre conviction.

� Dites.

� D�abord, je suis riche et n�ai besoin de personne.

� Vous voulez me le faire regretter, comtesse.

� Ensuite, je n�ai pas le moindre orgueil pour tout ce qui flattait ces dames, le moindre d�sir pour ce qu�elles ambitionnaient; j�ai toujours voulu aimer mon amant avant toute chose, mon amant f�t-il mousquetaire, mon amant f�t-il roi. Du jour o� je n�aime plus, je ne tiens � rien.

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