Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Joseph Balsamo. Tome II
Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
1 ... 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86
Перейти на страницу:

� Esp�rons que vous tenez encore un peu � moi, comtesse.

� Je n�ai pas fini, sire.

� Continuez donc, madame.

� J�ai encore � dire � Votre Majest� que je suis jolie, que je suis jeune, que j�ai encore devant moi dix ann�es de beaut�, que je serai non seulement la plus heureuse femme du monde, mais encore la plus honor�e, du jour o� je ne serai plus la ma�tresse de Votre Majest�. Vous souriez, sire. Je suis f�ch�e de vous dire alors que c�est que vous ne r�fl�chissez pas. Les autres favorites, mon cher roi, quand vous aviez assez d�elles, et que votre peuple en avait trop, vous les chassiez, et vous vous faisiez b�nir de votre peuple, qui ex�crait la disgraci�e comme auparavant; mais, moi, je n�attendrai pas mon renvoi. Moi, je quitterai la place et je ferai savoir � tous que je l�ai quitt�e. Je donnerai cent mille livres aux pauvres, j�irai passer huit jours pour faire p�nitence dans un couvent, et, avant un mois, j�aurai mon portrait dans toutes les �glises pour faire pendant � Madeleine repentante.

� Oh! comtesse, vous ne parlez pas s�rieusement, dit le roi.

� Regardez-moi, sire, et voyez si je suis ou non s�rieuse; jamais de ma vie, je vous le jure, au contraire, je ne parlai plus s�rieusement.

� Vous ferez cette mesquinerie, Jeanne? Mais savez-vous que vous me mettez le march� � la main, madame la comtesse?

� Non, sire; car vous mettre le march� � la main, ce serait vous dire simplement: �Choisissez entre ceci et cela.�

� Tandis?�

� Tandis que je vous dis: �Adieu, sire!� et voil� tout.

Le roi p�lit, mais cette fois de col�re.

� Si vous vous oubliez ainsi, madame, prenez garde�

� � quoi, sire?

� Je vous enverrai � la Bastille.

� Moi?

� Oui, vous, et, � la Bastille, on s�ennuie plus encore qu�au couvent.

� Oh! sire, dit la comtesse en joignant les mains, si vous me faisiez cette gr�ce�

� Quelle gr�ce?

� De m�envoyer � la Bastille.

� Hein!

� Vous me combleriez.

� Comment cela?

� Eh! oui. Mon ambition cach�e est d��tre populaire comme M. de La Chalotais ou M. de Voltaire. La Bastille me manque pour cela; un peu de Bastille, et je suis la plus heureuse des femmes. Ce sera une occasion pour moi d��crire des m�moires sur moi, sur vos ministres, sur vos filles, sur vous-m�me, et de transmettre ainsi toutes les vertus de Louis le Bien-Aim� � la post�rit� la plus recul�e. Fournissez la lettre de cachet, sire. Tenez, moi, je fournis la plume et l�encre.

Et elle poussa vers le roi une plume et un encrier qui se trouvaient sur le gu�ridon.

Le roi, ainsi brav�, r�fl�chit un moment, et, se levant:

� C�est bien. Adieu, madame, dit-il.

� Mes chevaux! s��cria la comtesse. Adieu, sire.

Le roi fit un pas vers la porte.

� Chon! dit la comtesse.

Chon parut.

� Mes malles, mon service de voyage et la poste; allons, allons, dit-elle.

� La poste! fit Chon atterr�e; qu�y a-t-il donc, bon Dieu?

� Il y a, ma ch�re, que, si nous ne partons au plus vite, Sa Majest� va nous envoyer � la Bastille. Il n�y a donc pas de temps � perdre. D�p�che, Chon, d�p�che.

Ce reproche frappa Louis XV au c�ur; il revint � la comtesse et lui prit la main.

� Pardon, comtesse, de ma vivacit�, dit-il.

� En v�rit�, sire, je suis �tonn�e que vous ne m�ayez pas aussi menac�e de la potence.

� Oh! comtesse!

� Sans doute� Est-ce qu�on ne pend pas les voleurs?

� Eh bien?

� Est-ce que je ne vole pas la place de madame de Grammont?

� Comtesse!

� Dame! c�est mon crime, sire.

� �coutez, comtesse, soyez juste: vous m�avez exasp�r�.

� Et maintenant?

Le roi lui tendit les mains.

� Nous avions tort tous deux. Maintenant, pardonnons-nous mutuellement.

� Est-ce s�rieusement que vous demandez une r�conciliation, sire?

� Sur ma foi.

� Va-t�en, Chon.

� Sans rien commander? demanda la jeune femme � sa s�ur.

� Au contraire, commande tout ce que j�ai dit.

� Comtesse�

� Mais qu�on attende de nouveaux ordres.

� Ah!

Chon sortit.

� Vous me voulez donc? dit la comtesse au roi.

� Par-dessus tout.

� R�fl�chissez � ce que vous dites l�, sire.

Le roi r�fl�chit en effet, mais il ne pouvait reculer; et d�ailleurs, il voulait voir jusqu�o� iraient les exigences du vainqueur.

� Parlez, dit-il.

� Tout � l�heure. Faites-y attention, sire!� Je partais sans rien demander.

� Je l�ai bien vu.

� Mais, si je reste, je demanderai quelque chose.

� Quoi? Il s�agit de savoir quoi, voil� tout.

� Ah! vous le savez bien.

� Non.

� Si fait, puisque vous faites la grimace.

� Le renvoi de M. de Choiseul?

� Pr�cis�ment.

� Impossible, comtesse.

� Mes chevaux, alors�

� Mais, mauvaise t�te�

� Signez ma lettre de cachet pour la Bastille, ou la lettre qui cong�die le ministre.

� Il y a un milieu, dit le roi.

� Merci de votre cl�mence, sire; je partirai sans �tre inqui�t�e, � ce qu�il para�t.

� Comtesse, vous �tes femme.

� Heureusement.

� Et vous raisonnez politique en v�ritable femme mutine et col�re. Je n�ai pas de raison pour cong�dier M. de Choiseul.

� Je comprends, l�idole de vos parlements, celui qui les soutient dans leur r�volte.

� Enfin, il faut un pr�texte.

� Le pr�texte est la raison du faible.

� Comtesse, c�est un honn�te homme que M. de Choiseul, et les honn�tes gens sont rares.

� C�est un honn�te homme qui vous vend aux robes noires, lesquelles vous mangent tout l�or de votre royaume.

� Pas d�exag�ration, comtesse.

� La moiti� alors.

� Mon Dieu! s��cria Louis XV d�pit�.

� Mais, au fait, s��cria de son c�t� la comtesse, je suis bien sotte; que m�importent, � moi, les parlements, les Choiseul, son gouvernement; que m�importe le roi m�me, � moi, son pis-aller.

� Encore!

� Toujours, sire.

� Voyons, comtesse, deux heures de r�flexion.

� Dix minutes, sire. Je passe dans ma chambre, glissez-moi votre r�ponse sous la porte: le papier est l�, la plume est l�, l�encrier est l�. Si dans dix minutes vous n�avez pas r�pondu ou n�avez pas r�pondu � ma guise, adieu, sire! Ne songez plus � moi, je serai partie. Sinon�

� Sinon?

� Tournez la bobinette et la chevillette cherra.

Louis XV, pour se donner une contenance, baisa la main de la comtesse, qui, en se retirant, lui lan�a, comme le Parthe, son sourire le plus provocant.

Le roi ne s�opposa aucunement � cette retraite, et la comtesse s�enferma dans la chambre voisine.

Cinq minutes apr�s, un papier pli� carr�ment fr�la le bourrelet de soie de la porte et la laine du tapis.

La comtesse lut avidement le contenu du billet, �crivit � la h�te quelques mots � M. de Richelieu, qui se promenait dans la petite cour, sous un auvent, avec grande frayeur d��tre vu faisant ainsi le pied de grue.

Le mar�chal d�plia le papier, lut, et, prenant sa course malgr� ses soixante et quinze ans, il arriva dans la grande cour � son carrosse.

� Cocher, dit-il, � Versailles, ventre � terre!

Voici ce que contenait le papier jet� par la fen�tre � M. de Richelieu.

�J�ai secou� l�arbre, le portefeuille est tomb�.�

Chapitre 79. Comment le roi Louis XV travaillait avec son ministre

Le lendemain, la rumeur �tait grande � Versailles. Les gens ne s�abordaient qu�avec des signes myst�rieux et des poign�es de main significatives, ou bien avec des croisements de bras et des regards au ciel, qui t�moignaient de leur douleur et de leur surprise.

M. de Richelieu, avec bon nombre de partisans, �tait dans l�antichambre du roi, � Trianon, vers dix heures.

Le comte Jean, tout chamarr�, tout �blouissant, causait avec le vieux mar�chal, et causait gaiement, si l�on en croyait sa figure �panouie.

Vers onze heures, le roi passa, se rendant � son cabinet de travail, et ne parla � personne. Sa Majest� marchait fort vite.

1 ... 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)