Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Joseph Balsamo. Tome II
Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
1 ... 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86
Перейти на страницу:

� onze heures cinq minutes, M. de Choiseul descendit de voiture et traversa la galerie, son portefeuille sous le bras.

� son passage, il se fit un grand mouvement de gens qui se retournaient pour avoir l�air de causer entre eux et ne pas saluer le ministre.

Le duc ne fit pas attention � ce man�ge; il entra dans le cabinet, o� le roi feuilletait un dossier en prenant son chocolat.

� Bonjour, duc, lui dit le roi amicalement; sommes-nous bien dispos, ce matin?

� Sire, M. de Choiseul se porte bien, mais le ministre est fort malade, et vient prier Votre Majest�, puisqu�elle ne lui parle encore de rien, d�agr�er sa d�mission. Je remercie le roi de m�avoir permis cette initiative; c�est une derni�re faveur dont je lui suis bien reconnaissant.

� Comment, duc, votre d�mission? qu�est-ce que cela veut dire?

� Sire, Votre Majest� a sign� hier, entre les mains de madame du Barry, un ordre qui me destitue; cette nouvelle court d�j� tout Paris et tout Versailles. Le mal est fait. Cependant, je n�ai pas voulu quitter le service de Votre Majest� sans en avoir re�u l�ordre avec la permission. Car, nomm� officiellement, je ne puis me regarder comme destitu� que par un acte officiel.

� Comment, duc, s��cria le roi en riant, car l�attitude s�v�re et digne de M. de Choiseul lui imposait jusqu�� la crainte; comment, vous, un homme d�esprit et un formaliste, vous avez cru cela?

� Mais, sire, dit le ministre surpris, vous avez sign�

� Quoi donc?

� Une lettre que poss�de madame du Barry.

� Ah! duc, n�avez-vous jamais eu besoin de la paix? Vous �tes bien heureux!� Le fait est que madame de Choiseul est un mod�le.

Le duc, offens� de la comparaison, fron�a le sourcil.

� Votre Majest�, dit-il, est d�un caract�re trop ferme et d�un caract�re trop heureux pour m�ler aux affaires d��tat ce que vous daignez appeler les affaires de m�nage.

� Choiseul, il faut que je vous conte cela: c�est fort dr�le. Vous savez qu�on vous craint beaucoup par l�?

� C�est-�-dire qu�on me hait, sire.

� Si vous le voulez. Eh bien, cette folle de comtesse ne m�a-t-elle pas pos� cette alternative: de l�envoyer � la Bastille ou de vous remercier de vos services.

� Eh bien, sire?

� Eh bien, duc, vous m�avouerez qu�il eut �t� trop malheureux de perdre le coup d��il que Versailles offrait ce matin. Depuis hier, je m�amuse � voir courir les estafettes sur les routes, � voir s�allonger ou se rapetisser les visages� Cotillon III est reine de France depuis hier. C�est on ne peut plus r�jouissant.

� Mais la fin, sire?

� La fin, mon cher duc, dit Louis XV redevenu s�rieux, la fin sera toujours la m�me. Vous me connaissez, j�ai l�air de c�der et je ne c�de jamais. Laissez les femmes d�vorer le petit g�teau de miel que je leur jetterai de temps en temps, comme on faisait � Cerb�re; mais nous, vivons tranquillement, imperturbablement, �ternellement ensemble. Et, puisque nous en sommes aux �claircissements, gardez celui-ci pour vous: Quelque bruit qui coure, quelque lettre de moi que vous teniez� ne vous abstenez pas de venir � Versailles� Tant que je vous dirai ce que je vous dis, duc, nous serons bons amis.

Le roi tendit la main au ministre, qui s�inclina dessus sans reconnaissance comme sans rancune.

� Travaillons, si vous voulez, cher duc, maintenant.

� Aux ordres de Votre Majest�, r�pliqua Choiseul en ouvrant son portefeuille.

� Voyons, pour commencer, dites-moi quelques mots du feu d�artifice.

� ǒa �t� un grand d�sastre, sire.

� � qui la faute?

� � M. Bignon, pr�v�t des marchands.

� Le peuple a-t-il beaucoup cri�?

� Oh! beaucoup.

� Alors il fallait peut-�tre destituer ce M. Bignon.

� Le parlement, dont un des membres a failli �touffer dans la bagarre, avait pris l�affaire � c�ur; mais M. l�avocat g�n�ral S�guier a fait un fort �loquent discours pour prouver que ce malheur �tait l��uvre de la fatalit�. On a applaudi, et ce n�est plus rien � pr�sent.

� Tant mieux! Passons aux parlements, duc� Ah! voil� ce qu�on nous reproche.

� On me reproche, sire, de ne pas soutenir M. d�Aiguillon, contre M. de La Chalotais; mais qui me reproche cela? Les m�mes gens qui ont colport� avec des fus�es de joie la lettre de Votre Majest�. Songez donc, sire, que M. d�Aiguillon a outrepass� ses pouvoirs en Bretagne, que les j�suites �taient r�ellement exil�s, que M. de La Chalotais avait raison, que Votre Majest� elle-m�me a reconnu par acte public l�innocence de ce procureur g�n�ral. On ne peut cependant faire se d�dire ainsi le roi. Vis-�-vis de son ministre, c�est bien; mais vis-�-vis de son peuple!

� En attendant, les parlements se sentent forts.

� Ils le sont, en effet. Quoi! on les tance, on les emprisonne, on les vexe et on les d�clare innocents, et ils ne seraient pas forts! Je n�ai pas accus� M. d�Aiguillon d�avoir commenc� l�affaire La Chalotais, mais je ne lui pardonnerai jamais d�y avoir eu tort.

� Duc! duc! allons, le mal est fait; au rem�de� Comment brider ces insolents?�

� Que les intrigues de M. le chancelier cessent, que M. d�Aiguillon n�ait plus de soutien, et la col�re du parlement tombera.

� Mais j�aurai c�d�, duc!

� Votre Majest� est donc repr�sent�e par M. d�Aiguillon� et non par moi?

L�argument �tait rude, le roi le sentit.

� Vous savez, dit-il, que je n�aime pas � d�go�ter mes serviteurs, lors m�me qu�ils se sont tromp�s� Mais laissons cette affaire qui m�afflige et dont le temps fera justice� Parlons un peu de l�ext�rieur� On me dit que je vais avoir la guerre?

� Sire, si vous avez la guerre, ce sera une guerre loyale et n�cessaire.

� Avec les Anglais� diable!

� Votre Majest� craint-elle les Anglais, par hasard?

� Oh! sur mer�

� Que Votre Majest� soit en repos: M. le duc de Praslin, mon cousin, votre ministre de la marine, vous dira qu�il a soixante-quatre vaisseaux, sans ceux qui sont en chantier, plus des mat�riaux pour en construire douze autres en un an� Enfin, cinquante fr�gates de premi�re force, ce qui est une position respectable pour la guerre maritime. Quant � la guerre continentale, nous avons mieux que cela, nous avons Fontenoy.

� Fort bien; mais pourquoi aurais-je � combattre les Anglais, mon cher duc? Un gouvernement beaucoup moins habile que le v�tre, celui de l�abb� Dubois, a toujours �vit� la guerre avec l�Angleterre.

� Je le crois bien, sire! l�abb� Dubois recevait par mois six cent mille livres des Anglais.

� Oh! duc.

� J�ai la preuve, sire.

� Soit; mais o� voyez-vous des causes de guerre?

� L�Angleterre veut toutes les Indes: j�ai d� donner � vos officiers les ordres les plus s�v�res, les plus hostiles. La premi�re collision l�-bas donnera lieu � des r�clamations de l�Angleterre; mon avis formel est que nous n�y fassions pas droit. Il faut que le gouvernement de Votre Majest� soit respect� par la force, comme il l��tait gr�ce � la corruption.

� Eh! patientons; dans l�Inde, qui le saura? C�est si loin!

Le duc se mordit les l�vres.

� Il y a un casus belli plus rapproch� de nous, sire, dit-il.

� Encore! Quoi donc?

� Les Espagnols pr�tendent � la possession des �les Malouines et Falkland� Le port d�Egmont �tait occup� par les Anglais arbitrairement, les Espagnols les en ont chass�s de vive force; de l�, fureur de l�Angleterre: elle menace les Espagnols des derni�res extr�mit�s si on ne lui donne satisfaction.

� Eh bien, mais, si les Espagnols ont tort pourtant, laissez-les se d�m�ler.

� Sire, et le pacte de famille? Pourquoi avez-vous tenu � faire signer ce pacte, qui lie �troitement tous les Bourbons d�Europe et leur fait un rempart contre les entreprises de l�Angleterre?

Le roi baissa la t�te.

� Ne vous inqui�tez pas, sire, dit Choiseul; vous avez une arm�e formidable, une marine imposante, de l�argent. J�en sais trouver sans faire crier les peuples. Si nous avons la guerre, ce sera une cause de gloire pour le r�gne de Votre Majest�, et je projette des agrandissements dont on nous aura fourni le pr�texte et l�excuse.

� Alors, duc, alors la paix � l�int�rieur; n�ayons pas la guerre partout.

1 ... 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)