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Joseph Balsamo. Tome IV - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome IV

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome IV». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Moi? s��cria le magistrat en posant son poing sur l�objet en litige avec tant de force, qu�il faillit le briser.

� Oui, vous.

� C�est bien, raillez, monsieur! mais, quant � reprendre ce coffret, je vous le dis, vous ne l�aurez qu�avec ma vie. Et qu�est-ce que je dis, avec ma vie! ne l�ai-je pas risqu�e mille fois? Ne la dois-je pas, jusqu�� la derni�re goutte de mon sang, au service de Sa Majest�? Tuez-moi, vous en �tes le ma�tre; mais le bruit attirerait des vengeurs, mais j�aurais encore assez de voix pour vous convaincre de tous vos crimes. Ah! vous rendre ce coffret! ajouta-t-il avec un rire amer, l�enfer le r�clamerait que je ne le rendrais pas!

� Aussi n�emploierai-je pas l�intervention des puissances souterraines; il me suffira de l�intervention de la personne qui fait heurter en ce moment � la porte de votre cour.

En effet, trois coups frapp�s magistralement venaient de retentir.

� Et dont le carrosse, continua Balsamo, �coutez, entre en ce moment dans votre cour.

� C�est un ami � vous, � ce qu�il para�t, qui me fait l�honneur de me visiter?

� Comme vous dites, un ami � moi.

� Et je lui rendrai ce coffret?

� Oui, cher monsieur de Sartine, vous le lui rendrez.

Le lieutenant de police n�avait pas achev� un geste de supr�me d�dain, lorsqu�un valet empress� ouvrit la porte et annon�a que madame la comtesse du Barry demandait une audience � monseigneur.

M. de Sartine tressaillit et regarda, stup�fait, Balsamo, qui usait de toute sa puissance sur lui-m�me pour ne pas rire au nez de l�honorable magistrat.

En ce moment, derri�re le valet, une femme qui ne croyait pas avoir besoin de permission entra, rapide et toute parfum�e; c��tait la belle comtesse, dont les jupes ondoyantes fr�l�rent avec un doux bruit la porte du cabinet.

� Vous, madame, vous! murmura M. de Sartine, qui, par un reste de terreur, avait saisi dans ses mains et serrait sur sa poitrine le coffret encore ouvert.

� Bonjour, Sartine, dit la comtesse avec son gai sourire.

Puis, se tournant vers Balsamo:

� Bonjour, cher comte, ajouta-t-elle.

Et elle tendit sa main � ce dernier, qui s�inclina famili�rement sur cette main blanche et posa ses l�vres o� s��taient tant de fois pos�es les l�vres royales.

Dans ce mouvement, Balsamo avait eu le temps de prof�rer tout bas trois ou quatre paroles que n�avait pu entendre M. de Sartine.

� Ah! justement, s��cria la comtesse, voil� mon coffret.

� Votre coffret! balbutia M. de Sartine.

� Sans doute, mon coffret. Tiens, vous l�avez ouvert, vous ne vous g�nez pas!

� Mais, madame�

� Oh! c�est charmant, j�en avais eu l�id�e� On m�avait vol� ce coffret; alors je me suis dis: �Il faut que j�aille chez Sartine, il me le retrouvera.� Vous l�avez retrouv� auparavant, merci.

� Et, comme vous le voyez, dit Balsamo, monsieur l�a m�me ouvert.

� Oui, vraiment!� A-t-on imagin� cela? Mais c�est odieux, Sartine.

� Madame, sauf tout le respect que j�ai pour vous, dit le lieutenant de police, j�ai peur que vous ne vous en laissiez imposer.

� Imposer, monsieur! dit Balsamo; est-ce pour moi, par hasard, que vous dites ce mot?

� Je sais ce que je sais, r�pliqua M. de Sartine.

� Et moi, je ne sais rien, dit tout bas madame du Barry � Balsamo. Voyons, qu�y a-t-il, cher comte? Vous avez r�clam� la promesse que je vous ai faite de vous accorder la premi�re demande que vous me feriez. J�ai de la parole comme un homme; me voici. Voyons, que voulez-vous de moi?

� Madame, r�pondit tout haut Balsamo, vous m�avez, il y a peu de jours, confi� cette cassette et tout ce qu�elle renferme.

� Mais sans doute, dit madame du Barry, r�pondant par un regard au regard du comte.

� Sans doute! s��cria M. de Sartine; vous dites sans doute, madame?

� Mais oui, et madame a prononc� ces paroles assez haut pour que vous les ayez entendues.

� Une cassette qui renferme dix conspirations peut-�tre!

� Ah! monsieur de Sartine, vous savez bien que vous n�avez pas de bonheur avec ce mot; ne le r�p�tez donc pas. Madame vous redemande sa cassette, rendez-la-lui, voil� tout.

� Vous me la redemandez, madame? dit en tremblant de col�re M. de Sartine.

� Oui, cher magistrat.

� Mais, au moins, sachez�

Balsamo regarda la comtesse.

� Je n�ai rien � savoir que je ne sache, dit madame du Barry; rendez-moi le coffret; je ne me suis pas d�rang�e pour rien, comprenez-vous?

� Au nom du Dieu vivant, au nom de l�int�r�t de Sa Majest�, madame�

Balsamo fit un geste d�impatience.

� Ce coffret, monsieur! dit bri�vement la comtesse, ce coffret, oui ou non! R�fl�chissez avant de dire non.

� Comme il vous plaira, madame, dit humblement M. de Sartine.

Et il tendit � la comtesse le coffret, dans lequel Balsamo avait d�j� fait rentrer tous les papiers �pars sur le bureau.

Madame du Barry se tourna vers ce dernier avec un charmant sourire.

� Comte, dit-elle, voulez-vous me porter ce coffret jusqu�� mon carrosse et m�offrir la main pour que je ne traverse pas seule toutes ces antichambres meubl�es de si vilains visages? � Merci, Sartine.

Et Balsamo se dirigeait d�j� vers la porte avec sa protectrice, quand il vit M. de Sartine se diriger, lui, vers la sonnette.

� Madame la comtesse, dit Balsamo en arr�tant son ennemi du regard, soyez assez bonne pour dire � M. de Sartine, qui m�en veut �norm�ment de ce que je lui ai r�clam� votre cassette, soyez assez bonne pour lui dire combien vous seriez d�sesp�r�e s�il m�arrivait quelque malheur par le fait de M. le lieutenant de police, et combien vous lui en sauriez mauvais gr�.

La comtesse sourit � Balsamo.

� Vous entendez ce que dit M. le comte, mon cher Sartine? Eh bien, c�est la pure v�rit�; M. le comte est un excellent ami � moi, et je vous en voudrais mortellement si vous lui d�plaisiez en quelque chose que ce f�t. Adieu, Sartine.

Et, cette fois, la main dans celle de Balsamo, qui emportait le coffret, madame du Barry quitta le cabinet du lieutenant de police.

M. de Sartine les vit partir tous deux sans montrer cette fureur que Balsamo s�attendait � voir �clater.

� Va! murmura le magistrat vaincu; va, tu tiens la cassette; mais, moi, je tiens la femme!

Et, pour se d�dommager, il sonna de fa�on � briser toutes les sonnettes.

Chapitre 126. O� M. de Sartine commence � croire que Balsamo est sorcier

Au tintement pr�cipit� de la sonnette de M. de Sartine, un huissier accourut.

� Eh bien, demanda le magistrat, cette femme?

� Quelle femme, monseigneur?

� Cette femme qui s�est �vanouie ici, et que je vous ai confi�e?

� Monseigneur, elle se porte � merveille, r�pliqua l�huissier.

� Tr�s bien; amenez-la-moi.

� O� faut-il l�aller chercher, monseigneur?

� Comment! mais dans cette chambre.

� Elle n�y est plus, monseigneur.

� Elle n�y est plus! O� est-elle donc, alors?

� Je n�en sais rien.

� Elle est partie?

� Oui.

� Toute seule?

� Oui.

� Mais elle ne pouvait se soutenir.

� Monseigneur, c�est vrai, elle demeura quelques instants �vanouie; mais, cinq minutes apr�s que M. de F�nix eut �t� introduit dans le cabinet de monseigneur, elle se r�veilla de cet �trange �vanouissement auquel ni essences ni sels n�avaient apport� de rem�de. Alors elle ouvrit les yeux, se leva au milieu de nous tous, et respira d�un air de satisfaction.

� Apr�s?

� Apr�s, elle se dirigea vers la porte; et, comme monseigneur n�avait en rien ordonn� qu�on la ret�nt, elle est partie.

� Partie? s��cria M. de Sartine. Ah! malheureux que vous �tes! je vous ferai tous p�rir � Bic�tre! Vite, vite, qu�on m�envoie mon premier agent!

L�huissier sortit vivement pour ob�ir � l�ordre qu�il venait de recevoir.

� Le mis�rable est sorcier, murmura l�infortun� magistrat. Je suis lieutenant de police du roi, moi; il est lieutenant de police du diable, lui.

Le lecteur a d�j� compris, sans doute, ce que M. de Sartine ne pouvait s�expliquer. Aussit�t apr�s la sc�ne du pistolet, et tandis que le lieutenant de police essayait de se remettre, Balsamo, profitant de ce moment de r�pit, s��tait orient�, et, se tournant successivement vers les quatre points cardinaux, bien s�r de rencontrer Lorenza vers l�un d�eux, il avait ordonn� � la jeune femme de se lever, de sortir, et de retourner par le m�me chemin qu�elle avait d�j� pris, c�est-�-dire rue Saint-Claude.

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