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Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Mais Gilbert ne voulait pas avoir peur, et telle �tait la puissance de volont� de ce jeune homme qu�il n�eut pas peur. Il se souvenait d�avoir entendu dire � un �quilibriste que, pour marcher heureusement sur les chemins �troits, il ne fallait pas regarder � ses pieds, mais � dix pas devant soi, et ne jamais songer � l�ab�me qu�� la mani�re de l�aigle, c�est-�-dire avec la conviction qu�on est fait pour planer au-dessus.

Gilbert, au reste, avait d�j� mis en pratique ces pr�ceptes dans plusieurs visites rendues � Nicole, � cette m�me Nicole, si hardie maintenant, qu�elle se servait de clefs et de portes au lieu de toits et de chemin�es.

Il avait ainsi pass� sur les �cluses des moulins de Taverney et sur les poutres des toits d�nud�s d�un vieux hangar.

Il arriva donc au but sans un seul fr�missement, et, une fois arriv� au but, se glissa tout fier dans son escalier.

Mais, arriv� sur le palier, il s�arr�ta court. Des voix retentissaient aux �tages inf�rieurs: c��taient celles de Th�r�se et de certaines voisines qui s�entretenaient du g�nie de M. Rousseau, du m�rite de ses livres et de l�harmonie de sa musique.

Ces voisines avaient lu la Nouvelle H�lo�se et trouvaient ce livre graveleux, elles l�avouaient franchement. En r�ponse � cette critique, madame Th�r�se leur faisait observer qu�elles ne comprenaient pas la port�e philosophique de ce beau livre.

Ce � quoi les voisines n�avaient rien � r�pondre, si ce n�est de confesser leur incomp�tence en pareille mati�re.

Cette conversation transcendante avait lieu d�un palier � l�autre, et le feu de la discussion �tait moins ardent que celui des fourneaux sur lesquels cuisait le souper odorant de ces dames.

Gilbert entendait donc raisonner les arguments et rissoler les viandes.

Son nom, prononc� au milieu de ce tumulte, lui causa un frisson d�sagr�able.

� Apr�s mon souper, disait Th�r�se, j�irai voir si ce cher enfant ne manque de rien dans sa mansarde.

Ce cher enfant lui fit moins de plaisir que la promesse de la visite ne lui fit de peur. Heureusement, il r�fl�chit que Th�r�se, lorsqu�elle soupait seule, causait longuement avec sa dive bouteille; que le r�ti semblait app�tissant, que l�apr�s-souper signifiait� � dix heures. Il n�en �tait pas huit trois quarts. D�ailleurs, apr�s souper, selon toute probabilit�, le cours des id�es de Th�r�se aurait chang�, et elle penserait � toute autre chose qu�au cher enfant.

Toutefois, le temps se perdait, au grand d�sespoir de Gilbert, lorsque tout � coup un des r�tis alli�s br�la� Un cri de cuisini�re alarm�e retentit, cri d�effroi qui rompit toute conversation.

Chacun se pr�cipita vers le th��tre de l��v�nement.

Gilbert profita de la pr�occupation culinaire de ces dames pour glisser comme un sylphe dans l�escalier.

Au premier �tage, il trouva le plomb dispos� pour recevoir sa corde, l�y fixa par un n�ud coulant, monta sur la fen�tre et se mit lestement � descendre.

Il �tait suspendu entre ce plomb et la terre, quand un pas rapide retentit sous lui dans le jardin.

Il eut le temps de se retourner en se cramponnant aux n�uds, et de regarder quel �tait le malencontreux survenant.

C��tait un homme.

Comme il venait du c�t� de la petite porte, Gilbert ne douta point un instant que ce ne f�t l�heureux mortel attendu par Nicole.

Il concentra donc toute son attention sur cet autre intrus qui venait l�arr�ter au milieu de sa p�rilleuse descente.

� sa marche, � un soup�on de profil esquiss� sous le tricorne, � une fa�on particuli�re dont ce tricorne �tait pos� sur le coin d�une oreille qui paraissait de son c�t� fort attentive, Gilbert crut reconna�tre le fameux Beausire, cet exempt dont Nicole avait fait connaissance � Taverney.

Presque aussit�t, il vit Nicole ouvrir la porte de son pavillon, s��lancer dans le jardin en laissant cette porte ouverte, et, rapide comme une bergeronnette qui court, l�g�re comme elle, se diriger vers la serre, c�est-�-dire du c�t� vers lequel s�acheminait d�j� M. Beausire.

Ce n��tait pas le premier rendez-vous de ce genre qui avait lieu, selon toute certitude, puisque ni l�un ni l�autre ne manifestaient la moindre h�sitation sur le lieu qui les r�unissait.

� Maintenant, je puis achever ma descente, pensa Gilbert; car, si Nicole a re�u son amant � cette heure, c�est qu�elle est s�re de son temps. Andr�e est donc seule, mon Dieu! seule�

On n�entendait, en effet, aucun bruit, et l�on ne voyait qu�une faible lumi�re au rez-de-chauss�e.

Gilbert, arriv� au sol sans accident aucun, ne voulut pas traverser diagonalement le jardin; il longea le mur, gagna un massif, le traversa en se courbant, et arriva sans avoir pu �tre devin� � la porte laiss�e ouverte par Nicole.

De l�, abrit� par un immense aristoloche qui grimpait jusqu�au-dessus de la porte et la festonnait amplement, il observa que la premi�re pi�ce, antichambre assez spacieuse, ainsi qu�il l�avait devin�, �tait parfaitement vide.

Cette antichambre donnait entr�e � l�int�rieur par deux portes, l�une ferm�e, l�autre ouverte; Gilbert devina que la porte ouverte �tait celle de la chambre de Nicole.

Il p�n�tra lentement dans cette chambre, en �tendant les mains devant lui de peur d�accident, car cette chambre �tait priv�e de toute lumi�re.

Cependant, au bout d�une esp�ce de corridor, on voyait une porte vitr�e dessiner sur la lumi�re de la pi�ce voisine les traverses qui enfermaient ses vitres. De l�autre c�t� de ces vitres, un rideau de mousseline flottait.

En s�avan�ant dans le corridor, Gilbert entendit une faible voix dans la pi�ce �clair�e.

C��tait la voix d�Andr�e; tout le sang de Gilbert reflua vers son c�ur.

Une autre voix r�pondait � celle-l�, c��tait celle de Philippe. Le jeune homme s�informait avec sollicitude de la sant� de sa s�ur.

Gilbert, en garde, fit quelques pas, et se pla�a derri�re une de ces demi-colonnes surmont�es d�un buste quelconque, qui formaient � cette �poque la d�coration des portes doubles en profondeur.

Ainsi en s�ret�, il �couta et regarda, si heureux, que son c�ur se fondait de joie; si �pouvant�, que ce m�me c�ur se r�tr�cissait au point de n��tre plus qu�un point dans sa poitrine.

Il �coutait et voyait.

Chapitre 73. Le fr�re et la s�ur

Gilbert entendait et voyait, avons-nous dit.

Il voyait Andr�e couch�e sur sa chaise longue le visage tourn� vers la porte vitr�e, c�est-�-dire tout � fait en face de lui. Cette porte �tait l�g�rement entreb�ill�e.

Une petite lampe � large abattoir, plac�e sur une table voisine charg�e de livres, indiquant la seule distraction � laquelle pouvait se livrer la belle malade, �clairait le bas seulement du visage de mademoiselle de Taverney.

Quelquefois, cependant, lorsqu�elle se renversait en arri�re, de fa�on � �tre adoss�e � l�oreiller de la chaise longue, la clart� envahissait son front si blanc et si pur sous la dentelle.

Philippe, assis sur le pied m�me de la chaise longue, tournait le dos � Gilbert; son bras �tait toujours en �charpe, et tout mouvement �tait d�fendu � ce bras.

C��tait la premi�re fois qu�Andr�e se levait; c��tait la premi�re fois que Philippe sortait.

Les deux jeunes gens ne s��taient donc pas revus depuis la terrible nuit; seulement, chacun des deux avait su que l�autre allait de mieux en mieux et marchait � sa convalescence.

Tous deux, r�unis depuis quelques minutes � peine, causaient donc librement, car ils savaient qu�ils �taient seuls, et que, s�il venait quelqu�un, ils seraient pr�venus de l�approche de ce quelqu�un par le bruit de la sonnette plac�e � cette porte, que Nicole avait laiss�e ouverte.

Mais tout naturellement ils ignoraient cette circonstance de la porte laiss�e ouverte, et comptaient sur la sonnette.

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