Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Joseph Balsamo. Tome II
Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
1 ... 65 66 67 68 69 70 71 72 73 ... 86
Перейти на страницу:

Jemprunte madame Thrse toutes les ficelles pour une nuit, jy fais des nuds, et, une fois arriv ma bienheureuse fentre du premier tage, jaccroche la corde au petit balcon ou mme au plomb, et je glisse dans le jardin.

La gouttire inspecte, les ficelles dtaches pour tre mesures, la hauteur prise avec lil, Gilbert se sentit fort et rsolu.

Il tressa de faon faire de toutes ces ficelles une corde solide; il essaya ses forces en se pendant une solive du galetas, et, heureux de voir quil navait vomi quune fois le sang au milieu de ses efforts, il se dcida pour lexpdition nocturne.

Afin de mieux tromper M. Jacques et Thrse, il contrefit le malade et garda le lit jusqu deux heures, moment o, aprs son dner, Rousseau partait pour la promenade et ne rentrait plus que le soir.

Gilbert annona une envie de dormir qui durerait jusquau lendemain matin.

Rousseau rpondit que, soupant le soir mme en ville, il tait heureux de voir Gilbert en des dispositions si rassurantes.

On se spara sur ces affirmations respectives.

Derrire Rousseau, Gilbert dtacha de nouveau ses ficelles et les tressa pour tout de bon cette fois.

Il ttonna encore la gouttire et les tuiles, puis se mit guetter dans le jardin jusquau soir.

Chapitre 72. Voyage arien

Gilbert tait ainsi prpar son dbarquement dans le jardin ennemi, cest ainsi quil qualifiait tacitement la maison de Taverney, et de sa lucarne il explorait le terrain avec lattention profonde dun habile stratgiste qui va livrer la bataille, lorsque dans cette maison si muette, si impassible, une scne se passa qui attira toute lattention du philosophe.

Une pierre sauta par-dessus le mur du jardin et vint frapper en angle le mur de la maison.

Gilbert savait dj quil ny a point deffet sans cause: il se mit donc chercher la cause, ayant vu leffet.

Mais Gilbert, quoiquen se penchant beaucoup, ne put apercevoir la personne qui, de la rue, avait lanc la pierre.

Seulement et tout aussitt, il comprit que cette manuvre se rattachait lvnement qui venait darriver seulement, il vit souvrir avec prcaution lun des contrevents dune pice du rez-de-chausse, et, par lentrebillement de ce volet, passa la tte veille de Nicole.

la vue de Nicole, Gilbert fit un plongeon dans sa mansarde, mais sans perdre un instant de vue lalerte jeune fille.

Celle-ci, aprs avoir explor du regard toutes les fentres, et particulirement celles de la maison, Nicole, disons-nous, sortit de sa demi-cachette et courut dans le jardin comme pour sapprocher de lespalier, o quelques dentelles schaient au soleil.

Ctait sur le chemin de cet espalier quavait roul la pierre que, non plus que Nicole, Gilbert ne perdait point de vue. Gilbert la vit crosser dun coup de pied cette pierre, qui pour le moment acqurait une si grande importance, la crosser encore devant elle et continuer enfin ce mange jusqu ce quelle ft au bord de la plate-bande sous lespalier.

L, Nicole leva les mains pour dtacher ses dentelles, en laissa tomber une quelle ramassa longuement, et, en la ramassant, sempara de la pierre.

Gilbert ne devinait rien encore; mais, en voyant Nicole plucher cette pierre, comme un gourmand fait dune noix, et lui enlever une corce de papier quelle avait, il comprit le degr dimportance rel que mritait larolithe.

Ctait, en effet, un billet, ni plus ni moins quun billet que Nicole venait de trouver roul autour de la pierre.

La ruse leut bien vite dpli, dvor, mis dans sa poche, et alors elle neut plus besoin de regarder rien ses dentelles, les dentelles taient sches.

Gilbert, cependant, secouait la tte en se disant, avec cet gosme des hommes qui dprcient les femmes, que Nicole tait bien rellement une nature vicieuse, et que lui, Gilbert, avait fait acte de morale et de saine politique en rompant si brusquement et si courageusement avec une fille qui recevait des billets par-dessus les murs.

Et, en raisonnant ainsi, lui, Gilbert, qui venait de faire un si beau raisonnement sur les causes et les effets, il condamnait un effet dont peut tre il tait la cause.

Nicole rentra, puis ressortit, et, cette fois, elle avait la main dans sa poche.

Elle en tira une clef; Gilbert la vit un instant briller entre ses doigts comme un clair; puis aussitt, cette clef, la jeune fille la glissa sous la petite porte du jardin, porte de jardinier situe lautre extrmit du mur de la rue, paralllement la grande porte usite.

Bon! dit Gilbert, je comprends: un billet et un rendez-vous. Nicole ne perd pas son temps. Nicole a donc un nouvel amant?

Et Gilbert frona le sourcil avec le dsappointement dun homme qui a cru que sa perte devait causer un vide irrparable dans le cur de la femme quil abandonnait, et qui, son grand tonnement, voit ce vide parfaitement rempli.

Voil qui pourrait bien contrarier mes projets, continua Gilbert en cherchant une cause factice sa mauvaise humeur. Nimporte, reprit Gilbert aprs un autre moment de silence, je ne suis point fch de connatre lheureux mortel qui me succde dans les bonnes grces de mademoiselle Nicole.

Mais Gilbert, certains endroits, tait un esprit parfaitement juste; il calcula aussitt que la dcouverte quil venait de faire, et que lon ignorait quil et faite, lui donnait sur Nicole un avantage dont il pourrait profiter loccasion, puisquil savait le secret de Nicole avec des dtails que celle-ci ne pouvait nier, tandis quelle souponnait peine le sien, et quaucun dtail ne venait donner un corps ses soupons.

Gilbert se promit donc de profiter de son avantage loccasion.

Pendant toutes ces alles et venues, cette nuit si impatiemment attendue arriva enfin.

Gilbert ne craignait plus quune chose, ctait la rentre imprvue de Rousseau, Rousseau le surprenant sur le toit ou dans lescalier, ou mme encore Rousseau trouvant la chambre vide. Dans ce dernier cas, la colre du Genevois devait tre terrible; Gilbert crut en dtourner les coups laide dun billet quil laissa sur sa petite table, ladresse du philosophe.

Ce billet tait conu en ces termes:

Mon cher et illustre protecteur,

Ne concevez pas de moi une mauvaise opinion, si, malgr vos recommandations, et mme vos ordres, je me suis permis de sortir. Je ne puis tarder rentrer, moins quil ne marrive quelque accident pareil celui qui mest arriv dj; mais, au risque dun accident pareil et mme pire, il faut que je quitte ma chambre pour deux heures.

Jignore ce que je dirai au retour, pensait Gilbert, mais au moins M. Rousseau ne sera pas inquit, ni mis en colre.

La soire fut sombre. Il rgnait une chaleur touffante, comme cest lhabitude pendant les premires chaleurs du printemps; aussi le ciel fut-il nuageux, et huit heures et demie lil le plus exerc net rien distingu au fond du gouffre noir quinterrogeaient les regards de Gilbert.

Ce fut alors seulement que le jeune homme saperut quil respirait difficilement, que des sueurs subites envahissaient son front et sa poitrine, signes certains de faiblesse et datonie. La prudence lui conseillait de ne pas saventurer en cet tat dans une expdition o toute la force, toute la sret des organes taient ncessaires non seulement pour le succs de lentreprise, mais mme pour la sret de lindividu; mais Gilbert ncouta rien de ce que lui conseillait linstinct physique.

La volont morale avait parl plus haut; ce fut elle, comme toujours, que le jeune homme suivit.

Le moment tait venu; Gilbert roula son petit cordeau en douze cercles autour de son cou, commena, le cur palpitant, escalader sa lucarne, et, sempoignant fortement au chambranle de cette mme lucarne, il fit son premier pas dans la gouttire, vers la lucarne de droite, qui, comme nous lavons dit, tait celle de lescalier et se trouvait spare de lautre par un intervalle denviron deux toises.

Ainsi les pieds dans un conduit de plomb de huit pouces de large au plus, lequel conduit, bien que soutenu de distance en distance par des crampons de fer, cdait sous ses pas, cause de la mollesse du plomb; les mains appuyes sur les tuiles, auxquelles il ne fallait demander quun point dappui pour lquilibre, mais nullement un soutien en cas de chute, car les doigts navaient pas de prise: voil quelle fut la position de Gilbert durant le trajet arien, qui dura deux minutes, cest--dire deux ternits.

1 ... 65 66 67 68 69 70 71 72 73 ... 86
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)