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Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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Enfin, au moment o� les premi�res lueurs du jour blanchissaient l�orient, Philippe, ext�nu�, pr�t � tomber lui-m�me au milieu de ces cadavres moins p�les que lui, saisi d�un vertige �trange, esp�rant � son tour, comme avait esp�r� son p�re, qu�Andr�e serait revenue ou aurait �t� ramen�e � la maison, Philippe reprit le chemin de la rue Coq-H�ron.

De loin il aper�ut � la porte le m�me groupe qu�il y avait laiss�.

Il comprit qu�Andr�e n�avait point reparu et s�arr�ta.

De son c�t�, le baron le reconnut.

� Eh bien? cria-t-il � Philippe.

� Quoi! ma s�ur n�est point revenue? demanda celui-ci.

� H�las! s��cri�rent ensemble le baron, Nicole et La Brie.

� Rien? aucune nouvelle? aucun renseignement? aucun espoir?

� Rien!

Philippe tomba sur le banc de pierre de l�h�tel; le baron poussa une sauvage exclamation.

En ce moment m�me, un fiacre apparut au bout de la rue, s�approcha lourdement, et s�arr�ta en face de l�h�tel.

Une t�te de femme apparaissait � travers la porti�re, renvers�e sur son �paule et comme �vanouie. Philippe, r�veill� en sursaut � cette vue, bondit de ce c�t�.

La porti�re du fiacre s�ouvrit, et un homme en descendit, portant Andr�e inanim�e entre ses bras.

� Morte! morte!� On nous la rapporte, s��cria Philippe en tombant � genoux.

� Morte! balbutia le baron. Oh! monsieur, est-elle v�ritablement morte?�

� Je ne crois pas, messieurs, r�pondit tranquillement l�homme qui portait Andr�e, et mademoiselle de Taverney, je l�esp�re, n�est qu��vanouie.

� Oh! le sorcier, le sorcier! s��cria le baron.

� M. le baron de Balsamo! murmura Philippe.

� Moi-m�me, monsieur le baron, et assez heureux pour avoir reconnu mademoiselle de Taverney dans l�affreuse m�l�e.

� O� cela, monsieur? demanda Philippe.

� Pr�s du Garde-meubles.

� Oui, dit Philippe.

Puis, passant tout � coup de l�expression de la joie � une sombre d�fiance:

� Vous la ramenez bien tard, baron? dit-il.

� Monsieur, r�pondit Balsamo sans s��tonner, vous comprendrez facilement mon embarras. J�ignorais l�adresse de mademoiselle votre s�ur, et je l�avais fait transporter par mes gens chez madame la marquise de Savigny, l�une de mes amies, qui loge pr�s des �curies du roi. Alors, ce brave gar�on que vous voyez et qui m�aidait � soutenir mademoiselle� Venez, Comtois.

Balsamo accompagna ces derni�res paroles d�un signe, et un homme � la livr�e royale sortit du fiacre.

� Alors, continua Balsamo, ce brave gar�on, qui est dans les �quipages royaux, a reconnu mademoiselle pour l�avoir conduite un soir de la Muette � votre h�tel. Mademoiselle doit cette heureuse rencontre � sa merveilleuse beaut�. Je l�ai fait monter avec moi dans le fiacre, et j�ai l�honneur de vous ramener, avec tout le respect que je lui dois, mademoiselle de Taverney moins souffrante que vous ne le croyez.

Et il acheva en remettant avec les �gards les plus respectueux la jeune fille dans les bras de son p�re et de Nicole.

Le baron sentit pour la premi�re fois une larme au bord de sa paupi�re, et, tout �tonn� qu�il dut �tre int�rieurement de cette sensibilit�, il laissa franchement couler cette larme sur sa joue rid�e. Philippe pr�senta la seule main qu�il e�t libre � Balsamo.

� Monsieur, lui dit-il, vous savez mon adresse, vous savez mon nom. Mettez-moi, je vous prie, en demeure de reconna�tre le service que vous venez de nous rendre.

� J�ai accompli un devoir, monsieur, r�pliqua Balsamo; ne vous devais-je pas l�hospitalit�?

Et, saluant aussit�t, il fit quelques pas pour s��loigner, sans vouloir r�pondre � l�offre que lui faisait le baron d�entrer chez lui.

Mais, se retournant:

� Pardon, dit-il, j�oubliais de vous donner l�adresse pr�cise de madame la marquise de Savigny; elle a son h�tel rue Saint-Honor�, proche les Feuillants. Je vous dis cela au cas o� mademoiselle de Taverney croirait devoir lui rendre une visite.

Il y avait dans ces explications, dans cette pr�cision de d�tails, dans cette accumulation de preuves, une d�licatesse qui toucha profond�ment Philippe et m�me le baron.

� Monsieur, dit le baron, ma fille vous doit la vie.

� Je le sais, monsieur, et j�en suis fier et heureux, r�pondit Balsamo.

Et cette fois, suivi de Comtois, qui refusa la bourse de Philippe, Balsamo remonta en fiacre et disparut.

Presque au m�me moment, et comme si le d�part de Balsamo e�t fait cesser l��vanouissement de la jeune fille, Andr�e ouvrit les yeux.

Cependant elle resta encore quelques instants muette, �tourdie, les regards effar�s.

� Mon Dieu! mon Dieu! murmura Philippe. Dieu ne nous l�aurait-il rendue qu�� moiti�, serait-elle devenue folle?

Andr�e sembla comprendre ces paroles et secoua la t�te. Cependant, elle continuait de rester muette et comme sous l�empire d�une esp�ce d�extase.

Elle se tenait debout, et un de ses bras �tait �tendu dans la direction de la rue par laquelle avait disparu Balsamo.

� Allons, allons dit le baron, il est temps que tout cela finisse. Aide ta s�ur � rentrer, Philippe.

Le jeune homme soutint Andr�e de son bras valide. La jeune fille s�appuya de l�autre c�t� sur Nicole, et, marchant, mais � la mani�re d�une personne endormie, elle rentra dans l�h�tel et gagna son pavillon.

L� seulement, la parole lui revint.

� Philippe!� Mon p�re! dit-elle.

� Elle nous reconna�t, elle nous reconna�t! s��cria Philippe.

� Sans doute, je vous reconnais; mais que s�est-il donc pass�, mon Dieu?

Et Andr�e referma ses yeux, cette fois-ci non point pour l��vanouissement, mais pour un sommeil calme et paisible.

Nicole, rest�e seule avec Andr�e, la d�shabilla et la mit au lit.

En rentrant chez lui, Philippe trouva un m�decin que le pr�voyant La Brie avait couru chercher du moment o� l�inqui�tude avait cess� pour Andr�e.

Le docteur examina le bras de Philippe. Il n��tait point cass�, mais lux� seulement. Une pression habilement combin�e fit rentrer l��paule dans l�articulation d�o� elle �tait sortie.

Apr�s quoi, Philippe, encore inquiet pour sa s�ur, conduisit le m�decin pr�s du lit d�Andr�e.

Le docteur prit le pouls de la jeune fille, �couta sa respiration et sourit.

� Le sommeil de votre s�ur est calme et pur comme celui d�un enfant, dit il. Laissez-la dormir, chevalier, il n�y a rien autre chose � faire.

Quant au baron, suffisamment rassur� sur son fils et sur sa fille, il dormait depuis longtemps.

Chapitre 70. M. de Jussieu

Si nous nous transportons encore une fois dans cette maison de la rue Pl�tri�re, o� M. de Sartine envoya son agent, nous y trouverons, le matin du 31 mai, Gilbert �tendu sur un matelas dans la chambre m�me de Th�r�se, et autour de lui Th�r�se et Rousseau avec plusieurs de leurs voisins contemplant cet �chantillon lugubre du grand �v�nement dont tout Paris frissonnait encore.

Gilbert, p�le, sanglant, avait ouvert les yeux, et, sit�t que la connaissance lui �tait venue, il avait cherch�, en se soulevant, � voir autour de lui, comme s�il �tait encore sur la place Louis XV.

Une profonde inqui�tude d�abord, puis une grande joie s��taient peintes sur ses traits; puis �tait venu un autre nuage de tristesse qui avait de nouveau effac� la joie.

� Souffrez-vous, mon ami? demanda Rousseau en lui prenant la main avec sollicitude.

� Oh! qui donc m�a sauv�? demanda Gilbert; qui donc a pens� � moi, pauvre isol� dans le monde?

� Ce qui vous a sauv�, mon enfant, c�est que vous n��tiez pas encore mort; celui qui a pens� � vous, c�est Celui qui pense � tous.

� C�est �gal, c�est bien imprudent, grommela Th�r�se, d�aller se m�ler � de pareilles foules!

� Oui, oui, c�est bien imprudent! r�p�t�rent en ch�ur les voisins.

� Eh! mesdames, interrompit Rousseau, il n�y a pas d�imprudence l� o� il n�y a pas de danger patent, et il n�y a pas de danger patent � aller voir un feu d�artifice. Quand le danger arrive en ce cas, on n�est pas imprudent, on est malheureux: mais, nous qui parlons, nous en eussions fait autant.

Gilbert regarda autour de lui, et, se voyant dans la chambre de Rousseau, il voulut parler.

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