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Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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� Deux hommes de bonne volont� pour aider M. Rousseau, deux hommes du peuple, dit le chirurgien.

� Nous! nous! cri�rent dix voix.

Rousseau n�eut qu�� choisir; il d�signa deux vigoureux commissionnaires qui prirent l�enfant entre leurs bras.

En se retirant, il passa pr�s de Philippe.

� Tenez, monsieur, dit-il, moi, je n�ai plus besoin de ma lanterne: prenez-la.

� Merci, monsieur, merci, dit Philippe.

Il saisit la lanterne, et, tandis que Rousseau reprenait le chemin de la rue Pl�tri�re, il se remit � sa recherche.

� Pauvre jeune homme! murmura Rousseau en se retournant et en le voyant dispara�tre dans les rues encombr�es.

Et il continuait son chemin en frissonnant, car on entendait toujours vibrer au-dessus de ce champ de deuil la voix stridente du chirurgien qui criait:

� Les gens du peuple! rien que les gens du peuple! Malheur aux nobles, aux riches et aux aristocrates!

Chapitre 69. Le retour

Pendant que ces mille catastrophes se succ�daient les unes aux autres, M. de Taverney �chappait comme par miracle � tous les dangers.

Incapable de d�ployer une r�sistance physique quelconque � cette force d�vorante qui brisait tout ce qu�elle rencontrait, mais calme et habile, il avait su se maintenir au centre d�un groupe qui roulait vers la rue de la Madeleine.

Ce groupe, froiss� aux parapets de la place, broy� aux angles du Garde-meubles, laissait sur ses flancs une longue tra�n�e de bless�s et de morts, mais avait r�ussi, tout d�cim� qu�il �tait, � pousser son centre hors du p�ril.

Aussit�t la grappe d�hommes et de femmes s��tait �parpill�e sur le boulevard, en plein air, en jetant des cris de joie.

M. de Taverney se trouva alors, comme tous ceux qui l�entouraient, tout � fait hors de danger.

Ce que nous allons dire serait chose difficile � croire, si nous n�avions pas dessin� depuis longtemps et d�une fa�on si franche le caract�re du baron; pendant tout cet effroyable voyage, Dieu lui pardonne, mais M. de Taverney n�avait absolument song� qu�� lui.

Outre qu�il n��tait pas d�une complexion fort tendre, le baron �tait homme d�action, et, dans les grandes crises de la vie, ces sortes de temp�raments mettent toujours en pratique cet adage de C�sar: Age quod agis. [5]

Ne disons donc point que M. de Taverney avait �t� �go�ste; admettons seulement qu�il avait �t� distrait.

Mais, une fois sur le pav� des boulevards, une fois � l�aise dans ses mouvements, une fois �chapp� de la mort pour rentrer dans la vie, une fois s�r de lui-m�me enfin, le baron poussa un grand cri de satisfaction, qui fut suivi d�un autre cri.

Ce dernier cri, plus faible que le premier, �tait cependant un cri de douleur.

� Ma fille! dit-il; ma fille!

Et il demeura immobile, laissant retomber ses mains contre son corps, les yeux fixes et atones, cherchant dans ses souvenirs tous les d�tails de cette s�paration.

� Pauvre cher homme! murmur�rent quelques femmes compatissantes.

Et il se fit un cercle autour du baron, cercle pr�t � plaindre, mais surtout pr�t � interroger.

M. de Taverney n�avait pas les instincts populaires. Il se trouva mal � l�aise au milieu de ce cercle de gens compatissants; il fit un effort pour le rompre, le rompit, et, disons-le � sa louange, fit quelques pas vers la place.

Mais ces quelques pas �taient le mouvement irr�fl�chi de l�amour paternel, lequel n�est jamais compl�tement �teint dans le c�ur de l�homme. Le raisonnement vint � l�instant m�me � l�aide du baron et l�arr�ta court.

Suivons, si on le veut, la marche de sa dialectique.

D�abord, l�impossibilit� de remettre le pied sur la place Louis XV. Il y avait l�-bas encombrement, massacre, et, les flots arrivant de la place, il e�t �t� aussi absurde de chercher � les fendre qu�il serait insens� au nageur de chercher � remonter la chute du Rhin � Schaffhouse.

En outre, quand m�me un bras divin l�e�t replac� dans la foule, comment retrouver une femme parmi ces cent mille femmes? Comment ne pas s�exposer de nouveau et pour rien � une mort miraculeusement �vit�e?

Puis venait l�esp�rance, cette lueur qui dore toujours les franges de la plus sombre nuit.

Andr�e n��tait-elle pas pr�s de Philippe, suspendue � son bras, sous la protection de l�homme et du fr�re?

Que lui, le baron, un vieillard faible et chancelant, ait �t� entra�n�, rien de plus simple; mais Philippe, cette nature ardente, vigoureuse, vivace; Philippe, ce bras d�acier; Philippe responsable de sa s�ur, c��tait impossible: Philippe avait lutt� et devait avoir vaincu.

Le baron, comme tout �go�ste, ornait Philippe de toutes les qualit�s qu�exclut l��go�ste pour lui-m�me, mais qu�il recherche dans les autres: ne pas �tre fort, g�n�reux, vaillant, pour l��go�ste, c�est �tre �go�ste, c�est-�-dire son rival, son adversaire, son ennemi; c�est lui voler des avantages qu�il croit avoir le droit de pr�lever sur la soci�t�.

M. de Taverney s��tant ainsi rassur� par la force de son propre raisonnement, conclut d�abord que Philippe avait tout naturellement d� sauver sa s�ur; qu�il avait perdu peut-�tre un peu de temps � chercher son p�re, pour le sauver � son tour; mais que, vraisemblablement, certainement m�me, il avait repris le chemin de la rue Coq-H�ron, pour ramener Andr�e un peu �tourdie de tout ce fracas.

Il fit donc volte-face, et, descendant la rue du couvent des Capucines, il gagna la place des Conqu�tes ou Louis-le-Grand, appel�e aujourd�hui la place des Victoires.

Mais � peine le baron �tait-il arriv� � vingt pas de l�h�tel, que Nicole, plac�e en sentinelle sur le seuil de la porte, o� elle bavardait avec quelques comm�res, cria:

� Et monsieur Philippe! et mademoiselle Andr�e! que sont-ils devenus?

Car tout Paris savait d�j� des premiers fuyards la catastrophe, exag�r�e encore par la terreur.

� Oh! mon Dieu! s��cria le baron un peu �mu, est-ce qu�ils ne sont pas rentr�s, Nicole?

� Mais non, mais non, monsieur, on ne les a pas vus.

� Ils auront �t� forc�s de faire un d�tour, r�pliqua le baron tremblant de plus en plus � mesure que se d�molissaient les calculs de sa logique.

Le baron demeura donc dans la rue � attendre � son tour, avec Nicole, qui g�missait, et La Brie, qui levait les bras au ciel.

� Ah! voici M. Philippe, s��cria Nicole avec un accent de terreur impossible � d�crire, car Philippe �tait seul.

En effet, dans l�ombre de la nuit accourait Philippe, haletant, d�sesp�r�.

� Ma s�ur est-elle ici? cria-t-il du plus loin qu�il aper�ut le groupe qui encombrait le seuil de l�h�tel.

� Oh! mon Dieu! fit le baron p�le et tr�buchant.

� Andr�e! Andr�e! cria le jeune homme en approchant de plus en plus; o� est Andr�e?

� Nous ne l�avons pas vue; elle n�est pas ici, monsieur Philippe. Oh! mon Dieu! mon Dieu! ch�re demoiselle! cria Nicole �clatant en sanglots.

� Et tu es revenu? dit le baron avec une col�re d�autant plus injuste, que nous avons fait assister le lecteur aux secrets de sa logique.

Philippe, pour toute r�ponse, s�approcha, montra son visage sanglant et son bras bris� et pendant � son c�t� comme une branche morte.

� H�las! h�las! soupira le vieillard, Andr�e, ma pauvre Andr�e!

Il retomba sur le banc de pierre adoss� � la porte.

� Je la retrouverai morte ou vive! s��cria Philippe d�un air sombre.

Et il reprit sa course avec une fi�vreuse activit�. Tout en courant, il arrangeait de son bras droit son bras gauche dans l�ouverture de sa veste. Ce bras inutile l�e�t g�n� pour rentrer dans la foule, et, s�il e�t eu une hache, il se le f�t abattu en ce moment.

Ce fut alors qu�il retrouva sur ce champ fatal des morts, que nous avons visit�, Rousseau, Gilbert et le fatal op�rateur qui, rouge de sang, semblait bien plut�t le d�mon infernal qui avait pr�sid� au massacre que le g�nie bienfaisant qui venait y porter secours.

Philippe erra une partie de la nuit sur la place Louis XV.

Ne pouvant se d�tacher de ces murailles du Garde-meubles, pr�s duquel Gilbert avait �t� retrouv�, portant incessamment ses yeux sur ce lambeau de mousseline blanche que le jeune homme avait conserv�, froiss� dans sa main.

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[5] �Fais ce que tu fais.�

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